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Féminisation et accord de genre - Langues d'ici & d'ailleurs - Forum Babel
Féminisation et accord de genre
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ghiles olivia



Inscrit le: 19 Jan 2007
Messages: 17
Lieu: Québec

Messageécrit le Tuesday 23 Jan 07, 20:59 Répondre en citant ce message   

Je suis en train de rédiger un devoir de français (principes et procédés de communication)

J'ai une phrase qui commence comme ceci: « En tant que futur critique littéraire... »

Je suis une femme. Le mot futur, je dois lui mettre un « e » ou non?
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Feintisti
Animateur


Inscrit le: 09 Oct 2005
Messages: 1600
Lieu: Liège, Belgique

Messageécrit le Tuesday 23 Jan 07, 21:00 Répondre en citant ce message   

Oui, un -e à future, puisque la terminaison -e est normalement pour le féminin.
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Jean-Charles
Animateur


Inscrit le: 15 Mar 2005
Messages: 3142
Lieu: Helvétie

Messageécrit le Tuesday 23 Jan 07, 21:08 Répondre en citant ce message   

Je dirais que tu fais comme tu le sens (ce n'est pas si fréquent en français):
- Si tu considères qu'il s'agit d'une fonction indépendante du sexe, ce serait le neutre, qui en français s'écrit comme le masculin.
- Si tu considères qu'il faut absolument féminiser, ce serait féminin. Dans ce dernier cas, il y a malheureusement confusion avec le nom commun (le jugement) qui, lui, est féminin.

En conséquence, je mettrais plutôt le neutre, donc écrit comme le masculin.


Dernière édition par Jean-Charles le Wednesday 14 Dec 11, 2:02; édité 1 fois
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Glossophile
Animateur


Inscrit le: 21 May 2005
Messages: 2097

Messageécrit le Tuesday 23 Jan 07, 21:12 Répondre en citant ce message   

Il n'est pas possible de féminiser critique qui est déjà du féminin.
En effet, LE critique procède à LA critique des œuvres.

Le futur critique, c'est un aspirant critique, la future critique, c'est l'article en cours de rédaction, ou encore, une fiancée (future) qui ne s'en laisse pas conter (critique).

En foi de quoi, je ne mettrais pas de E à futur.
De toutes façons, le rédacteur d'une dissertation n'a ni âge ni sexe, c'est un pur esprit désincarné s'adressant à d'autres esprits.
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Tjeri



Inscrit le: 13 Sep 2006
Messages: 999

Messageécrit le Tuesday 23 Jan 07, 21:36 Répondre en citant ce message   

Quand j'ai fait mon service militaire, il m'est arrivé quelquefois d'être désigné comme "estafette". Jamais je n'aurais pensé à demander à ce que ce mot soit masculinisé puisque j'étais un homme.
Et quand mon fils allait naître, à la maternité j'ai vu arriver un grand jeune homme qui s'est présenté à nous: "je suis la sage-femme" !


Dernière édition par Tjeri le Wednesday 24 Jan 07, 10:23; édité 1 fois
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Lou caga-blea
Animateur


Inscrit le: 05 Sep 2006
Messages: 515
Lieu: Nissa

Messageécrit le Wednesday 24 Jan 07, 14:59 Répondre en citant ce message   

Pour en revenir au problème du genre, ce qui m'énerve, actuellement, c'est que le débat mené par certains groupes en faveur de l'extension de l'accord au féminin, confond honteusement genre naturel et genre grammatical. Le féminin n'a RIEN à voir avec le sexe féminin, sauf pour une section très réduite du lexique (noms propres féminins, subst. désignant des êtres animés de sexe féminin, type "la couturière" ou "la chanteuse"). Pour le reste, ça n'a rien à voir: une chaise n'est pas plus femelle que le fauteuil n'est mâle. Arrêtons de tout confondre: ce n'est pas en ajoutant un -e à n'importe quel mot qu'on fera avancer la parité ou les droits inaliénables (mais souvent pourtant aliénés) des femmes.
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Lou caga-blea
Animateur


Inscrit le: 05 Sep 2006
Messages: 515
Lieu: Nissa

Messageécrit le Friday 26 Jan 07, 12:29 Répondre en citant ce message   

La question du genre grammatical est d'ordre morphologique et syntaxique. Syntaxique, puisqu'on doit faire l'accord, le beau fauteuil > la belle chaise, et morphologique, puisque certains mots n'ont pas la même forme au masculin et au féminin. Et c'est là, je crois, que tout le problème se loge: cette modification partielle est un héritage diachronique: un adjectif comme "beau" connaît un féminin distinct du masculin, mais ce n'est pas le cas de "utile" ou "nécessaire". Il en va de même pour des substantifs comme "professeur" ou "maître-nageur", qui, contrairement à d'autres, comme "chanteur-chanteuse" ou "acteur-actrice" (qui entrent dans un paradigme productif), n'ont pas de féminin morphologique. La confusion vient peut-être du fait que, dans la classe des noms en -eur, qui regroupe des noms d'agent, certains ont un féminin morphologique (cf. chanteuse), d'autres non; mais c'est parce que le fr. -eur représente des suffixes différents: lat. -tor, qui a son "parèdre" féminin -trix, et -or, qui n'a pas d'équivalent féminin marqué, et, surtout, que le français a très largement brouillé les correspondances ("chanteur-chanteuse", refait sur les adj. en -eux/-euse, du lat. -osus/-osa, alors qu'on a cantator-cantatrix; cf. le savant cantatrice). Du coup, le français ne semble s'être arrêté en chemin, que si l'on pose comme norme que tout substantif masc. doit avoir un fém. correspondant marqué, ce qui est somme toute un a priori largement aussi arbitraire que la pétition de principe inverse. Cette position me semble même plus pernicieuse, car, comme on l'a suggéré, elle amène a marquer systématiquement le féminin, par l'adjonction d'une marque (en substance -e) à la forme de masculin, et donc à présenter le premier comme le référent ou la norme, et le second comme ce qui s'en écarte. On stigmatise ainsi encore plus les femmes, en oubliant que le masc., en français, est aussi un neutre. Croire qu'en changeant la langue, on change le monde est un phantasme vieux comme le monde ou presque (n'est-ce pas, Cratyle ?); mais c'est aussi une illusion, qui peut trop facilement servir de prétexte pour ne rien changer: "bah c'est comme ça, c'est inscrit dans la langue, on y peut rien".
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gilou
Animateur


Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 1530
Lieu: Paris et Rambouillet

Messageécrit le Friday 26 Jan 07, 14:04 Répondre en citant ce message   

Citation:
On stigmatise ainsi encore plus les femmes, en oubliant que le masc., en français, est aussi un neutre.
Le problème vient de la confusion de deux notions:
- Une notion syntaxique, le genre grammatical: il y en a deux en français, Masculin et Féminin. Pas de Neutre à ce niveau. On lit parfois que certains pronoms, certaines tournures nominales ou verbales (infinitif) sont neutres, mais il suffit de considérer l'accord adjectival pour voir qu'en fait ce sont des masculins.
- Une notion sémantique, le genre naturel, qui ne concerne que les noms désignant les êtres vivants (ou une partie d'entre eux), avec en général deux valeurs (certaines espèces en ont 3, 4 ou 5), Masculin et Féminin. On peut qualifier les noms qui ne possèdent pas ce trait sémantique "genre naturel" de neutres vis à vis de ce trait.

Le lien entre les deux est le suivant: Au genre naturel masculin, on associe le genre grammatical masculin, et au genre naturel féminin, on associe le genre grammatical féminin. Les noms qui n'ont pas de genre naturel sont répartis dans les genres grammaticaux masculins et féminins suivant des critères relativement opaques et qu'on peut voir comme arbitraires.
Les noms qualifiant des êtres vivants n'ont pas de genre naturel, et leur genre grammatical va être plus ou moins arbitraire, lorsqu'ils n'ont qu'une seule forme, même si le plus souvent, lorsqu'ils qualifient majoritairement des êtres d'un genre naturel particulier, leur genre grammatical va être celui associé à ce genre naturel. Mais ce n'est pas systématique, comme on peut le voir pour les noms de métier (un soprano, une basse...) ou les noms de qualité (une brute, une victime...).

Le problème provient de ce que la correspondance genre naturel vers genre grammatical est prise pour une équivalence et que l'on veut alors renverser la correspondance et déduire un genre naturel du genre grammatical.
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Tjeri



Inscrit le: 13 Sep 2006
Messages: 999

Messageécrit le Friday 26 Jan 07, 23:18 Répondre en citant ce message   

Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec le monde animal.
Certains animaux ont un nom pour le mâle et un autre pour la femelle; un chien, une chienne, un lion, une lionne, un éléphant, une éléphante. Mais d'autres, la plupart, n'ont qu'un mot pour les deux sexes, une souris, un écureuil, une baleine, un dauphin, une taupe, un moineau, une chouette, un hibou, une mouche, un moustique.
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Abdüssalâm
Animateur


Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 909
Lieu: Aiguillon

Messageécrit le Sunday 28 Jan 07, 6:26 Répondre en citant ce message   

Certaines langues comme le turc et le persan (et,dans une moindre mesure, l'anglais) se passent totalement des problêms de genre et de ce genre, et, à part les noms désignant une personne de sexe féminin et quelques animaux, rien dans ces langues ne distingue le masculin du féminin et si on veut préciser le sexe au sujet d'un animal, on ajoutera à son nom erkek (masc) et dişi (fem, mais kız ou hanım pour les personnes) en turc et nar نر(masc) et mâde ماده(fem) pour le persan, mais seulement si cela est absolument necessaire. Ainsi un poême de Hâfez pourra , au choix, être considéré comme s'adressant à une belle ou à un éphèbe. Alors que l'arabe, quant à lui note la différence grammaticale jusque dans les pron. pers de 2° pers, sauf au duel et à la particuliarité d'accorder les noms désignant plus de trois "non-humains"(animaux, choses, concepts abstraits) au féminin singulier quelque soit leur sexe (pour les animaux bien sûr) ou leur genre grammatical au singulier.
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gilou
Animateur


Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 1530
Lieu: Paris et Rambouillet

Messageécrit le Sunday 28 Jan 07, 18:29 Répondre en citant ce message   

Le problème, c'est l'idéologisme qui veut appliquer ses solutions là ou il n'y avait pas de problème AMHA.

Le fait de décréter que des formes comme "une auteure" sont des formes correctes, alors que ce ne sont pas des formes parlées, sauf peut être dans quelques salons de St Germain des Prés, ce n'est pas suivre l'usage, mais faire plaisir à un groupe de pression.
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José
Animateur


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10761
Lieu: Lyon

Messageécrit le Monday 28 Nov 16, 12:02 Répondre en citant ce message   

Papou JC a écrit:
En moyen français, un fillon, c'était un petit garçon mais UNE fillon, c'était une petite fille.

Le moyen français donne une bonne leçon aux "féminisateurs" : "En français, le genre des noms leur est donné par leur déterminant".

Extrait du MDJ fils.
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Fayet



Inscrit le: 03 Jun 2016
Messages: 269
Lieu: Mâcon

Messageécrit le Monday 28 Nov 16, 13:00 Répondre en citant ce message   

La plupart des messages de ce sujet sont philosophiques plus que linguistiques Il faudrait revenir à des notions linguistiques Un "chien" est un mot non marqué et non un neutre Par ailleurs les genres sont des notions qui ne sont qu'un vestige de mentalité antique qui attribuait un sexe à toute notion : le soleil masculin et la terre (fécondée) féminine. Aussi, maintenant, le genre n'a guère de pertinence linguistique. Sa seule utilité est de distinguer le cas échéant deux mots mais le problème c'est que cette distinction conserve des idées fâcheuses : un taureau / une vache - un courtisan / une courtisane - un gars / une garce. Le genre est donc un épiphénomène fort ennuyeux et sans pertinence. Quel intérêt d'information s'attache au fait qu'une chaise soit féminine ? On ne pourra pas corriger cela et ça restera une verrue. Quelle utilité y a-t-il à préciser qu'un docteur peut enfanter ?
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Buidheag



Inscrit le: 13 Jun 2016
Messages: 90
Lieu: Dùn Èideann

Messageécrit le Monday 28 Nov 16, 17:10 Répondre en citant ce message   

Du point de vue grammatical, la question est sans intérêt. Glossophile explique bien l’intérêt de mettre à profit la différence grammaticale des genres pour réduire le sens.
Toutefois, réduire le sens n’est pas toujours le but recherché, notamment en littérature.
À mon avis, ceux (ou plus particulièrement « celles » !) qui exploitent l’accord féminin sous toutes ses formes possibles confondent genre naturel et genre grammatical exprès, afin de refléter à l’écrit un déséquilibre qui existe dans la société.
Déclarer que telle ou telle forme est « correcte » ou que telle ou telle autre ne correspond pas à « l’usage », c’est implicitement accepter le fait qu’un usage particulier doit dominer les autres (en général, le plus répandu, mais pas forcément) et que les autres usages ne sont pas de « vrais » usages, c’est-à-dire des usages illégitimes. C’est une façon de les décrédibiliser.
On peut être en désaccord avec ceux qui détournent le genre grammatical de sa fonction première, mais je ne crois pas que les raisons avancées par leurs détracteurs soient plus « pratiques » ou plus « logiques ».
Elles ne sont qu’un état de fait à une époque donnée, résultant d’une évolution : le vieil anglais possédait 3 genres, comme l’allemand. Aujourd’hui, ils ont pratiquement disparu, sauf pour certains cas particuliers.
Ce n’est certes pas en ajoutant un -e à n’importe quel mot qu’on fera avancer la parité ou les droits inaliénables des femmes (on ferait mieux de commencer par les salaires, à mon avis), mais contrairement à l’argent ou au pouvoir, le langage appartient à tous (au moins en théorie). Chacun est donc libre de l’utiliser comme bon lui semble.
Après évidemment, la question est de savoir à qui on s’adresse : au final, c’est toujours le lecteur qui est le juge ultime.
Et dans le cas d’un devoir d’école ou d’université, le lecteur ultime, c’est le prof. Dans ce cas, le risque minimum consiste probablement à suivre les règles de la grammaire traditionnelle.
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Fayet



Inscrit le: 03 Jun 2016
Messages: 269
Lieu: Mâcon

Messageécrit le Monday 28 Nov 16, 17:29 Répondre en citant ce message   

Buidhaeg a écrit " contrairement à l’argent ou au pouvoir, le langage appartient à tous (au moins en théorie). Chacun est donc libre de l’utiliser comme bon lui semble".
Malheureusement on ne peut pas dire que la langue appartient également à tout le monde car selon l'appartenance sociale la compétence est bien différente et je ne parle pas de langue plus ou moins ornée . Je parle de la matière sur laquelle se fait le raisonnement d'un locuteur. Entre une personne qui possède bien 100 000 mots et celle qui en utilise deux mille avec une réelle exactitude on peut dire que la possession de la langue est très inégale ! L'enseignement sur ce point doit viser la précision et l'exactitude plus que l'académisme qui n'est souvent que le déguisement du vide.
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