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Les Arabes et l'arabe - Forum arabe, berbère, hébreu - Forum Babel
Les Arabes et l'arabe
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Ο Γαλλος



Inscrit le: 17 Aug 2006
Messages: 16
Lieu: Nice

Messageécrit le Tuesday 19 Jun 07, 18:44 Répondre en citant ce message   

Quelques questions auxquelles personne ne m'a jamais apporté de réponses claires et univoques.


1. Qu'appelle-t-on l'arabe moderne ?

2. Quelle différence y a-t-il entre l'arabe moderne et l'arabe employé par la presse
égyptienne ?

3. An Nahar le libanais, Al Ahram l'egyptien et El Moudjahid l'algérien ecrivent-ils la
exactement la même langue ?

4. Quand est né l'arabe moderne ?

5. Les "arabes" de la péninsule arabique sont-ils plus proches de l'arabe classique
que les "arabes" syro-libanais ? Que les arabes du Maghreb ?

6. L'arabe enseigné dans les écoles marocaines est-il le même que l'arabe
enseigné dans les écoles égyptiennes ? dans les écoles libanaises ?

7. Existe-t-il dse pays ou l'arabe dialectal local est langue officielle ?

8. Y a-t-il des mouvements en faveur de la reconnaissance des arabes dialectaux
locaux comme langues officielles ? je me souviens d'une lettre ouverte de
Boualem Sansal aux Algériens ou il se faisait l'avocat chaleureux de l'arabe
dialectal algérien et considerait comme une catastrophe la politique d'arabisation
menée en Algérie.

Merci d'avance pour vos réponses.
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Abdüssalâm
Animateur


Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 909
Lieu: Aiguillon

Messageécrit le Tuesday 19 Jun 07, 20:55 Répondre en citant ce message   

1°/ Il n'y a aucune différence morphologique, syntaxique ou lexicale entre l'arabe classique et ce qu'on pourra appeler l'arabe littéral moderne. Ou si peu. La seule différence est le style, plus foisonnant dans le cas de l'arabe classique, plus direct pour l'arabe moderne. Tout comme, on ne peut pas dire que le français de Chateaubriand et à celui de Djian ne sont pas la même langue, mais, seulement, qu'elle est abordée avec un style différent. A l'écrit, seul le style, les thêmes et, peut-être un vocabulaire plus fourni peut permettre de distinguer la date d'un écrit, encore y a -t-il des auteurs modernes qui affectionnent le style classique confus . un doute de ma part, sur l'utilisation des "temps" arabes qui aurait tendance à suivre dans l'arabe contemporain l'usage indo-européen (fixité des temps à partir du "présent" du discours). En tout cas, rien de comparable avec l'hébreu moderne et l'hébreu biblique, et encore moins entre le français médiéval et le moderne. A l'oral, je ne sais pas, je n'ai jamais entendu parler un arabe du moyen-âge.

2°/ aucune, sauf quand l'article reprend des propos tenus en arabe dialectal égyptien. mais l'ensemble du texte sera en arabe littéral.

3°/ oui pour an-nahar et al-ahrâm, d'ailleurs certains journalistes ou intervenants peuvent écrire dans les deux. Al-jazira, la chaine qatari emploie des journalistes provenant de l'ensemble du monde arabe. Non, pour al-moudjahid, car c'est un journal francophone Clin d'œil . Sinon al-khabar journal algérien arabophone utilise la même langue.

4°/ On peut dater une certaine rénovation de la langue arabe, qui après un âge d'or classique, avait connu une période de déclin où le style précieux et d'imitation prédominait, au milieu du XIX°s., d'abord au Liban, et dans ce mouvement qu'on appela la "nahḍa" (renaissance)dans lequel les Chrétiens jouèrent un rôle déterminant, puis en Egypte. Mais je le répète, il ne s'agit pas d'une fondation, mais d'un mouvement progressif et inégal.

5°/ Cette question qui revient souvent n'a pas grand sens pour qui connait la langue arabe. Que signifie proche? L'arabe littéral est une langue "littéraire" et elle l'était déjà au temps de l'avènement de l'Islâm. Certaines choses peuvent l'être plus dans un dialecte par rapport à un autre, telles autres non; Il faudrait juger sur de nombreux critères et faire des synthèses. Mais pour un arabe un peu cultivé, le problème se pose autrement. Mais j'en parlerai dans un autre message afin de pouvoir répondre à toutes les questions sans en faire 10 pages.

6°/ oui, c'est le même arabe qui est enseigné dans une école mauritanienne, marocaine, algérienne, tunisienne, ..., égyptienne, ..., irakienne; libanaise, etc. C'est aussi le même qu'on enseignait à Cordoue en l'an 1000, seule la méthode a changé et encore (pas assez à mon sens ou peut-être même est-elle moins adaptée à son public).

7°/ oui, Malte. Si on considère que le maltais est encore de l'arabe. Pour moi non.

8°/ La formulation de ta question montre déjà de quel côté tu te situes. La formulation de ma réponse montrera que je me situe à l'opposé. Mais là c'est déjà, je le regrette, de la politique. permets-moi d'attendre pour répondre.


Dernière édition par Abdüssalâm le Monday 23 Nov 09, 15:11; édité 3 fois
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Ο Γαλλος



Inscrit le: 17 Aug 2006
Messages: 16
Lieu: Nice

Messageécrit le Wednesday 20 Jun 07, 10:07 Répondre en citant ce message   

Merci beaucoup pour tes réponses détaillées

Je suis impardonable pour El Moudjahid qui est bien sur un journal de langue française ... confus
Quant à ma dernière question c'est vrai, je me suis trahi, je n'ai pas pu garder mes sentiments dans ma poche.
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meuuh



Inscrit le: 12 Jun 2006
Messages: 982
Lieu: Mie en ole opaštuja Karjalašša

Messageécrit le Wednesday 20 Jun 07, 10:38 Répondre en citant ce message   

Citation:
c'est déjà, je le regrette, de la politique

Pas tant que ca... La question est plus d'ordre culturel...
C'est d'ailleurs un problême auquel on est confronté avec toutes les langues (ex: langues scandinaves). Il est donc, je pense, important de parler de la diversité de la langue arabe et de son statut...
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Abdüssalâm
Animateur


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Messages: 909
Lieu: Aiguillon

Messageécrit le Wednesday 20 Jun 07, 11:03 Répondre en citant ce message   

@ Meuuh: tout à fait d'accord avec toi, d'ailleurs, dans la réponse que je prépare, j'établis un parallèle avec l'occitan que je connais mieux que les langues scandinaves (et c'est un euphémisme). Mais dans le cadre de l'arabe, le problême revêt aussi une dimension politico-religieuse ô combien sensible ces derniers temps. Même si personnellement, je pense qu'on en peut extraire le partie la plus explosive (c'est le cas de le dire mort de rire ), on ne peut pas faire abstraction par contre du traumatisme profond qu'à constituer le colonialisme et la lutte pour l'indépendance pour toute une génération, qui peu à peu disparait mais dont l'œuvre politique est encore présente, dans l'aire arabe en général et en Algérie en particulier.
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meuuh



Inscrit le: 12 Jun 2006
Messages: 982
Lieu: Mie en ole opaštuja Karjalašša

Messageécrit le Wednesday 20 Jun 07, 11:08 Répondre en citant ce message   

Je comprend tout à fait ce que tu veux dire... Et j'attend donc ta réponse avec impatience... Clin d'œil
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Abdüssalâm
Animateur


Inscrit le: 02 Jan 2007
Messages: 909
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Messageécrit le Saturday 23 Jun 07, 3:51 Répondre en citant ce message   

Je ne connais pas Boualem Sansal, mais de quel dialecte algérien parle-t-il? un dialecte arabe, et en particulier ceux parlés en Algérie, dépend de nombreux critères. Entre l'arabe parlé par un paysan de Biskra, un commerçant de Tlemcen, un "hittiste" (jeune chômeur) d'Alger, un ingénieur formé dans les écoles françaises, un étudiant en sciences islamiques de Constantine, il y a des niveaux de langues très importants, comme, par exemple, la proportion de mots français ou, à contrario, d'arabe littéral introduits par le locuteur. Pour créer de toutes pièces une "langue algérienne" quels éléments du lexique qui ne se trouvent pas dans le dialecte traditionnel va-t-on officialiser? les mots français? des mots empruntés de l'arabe littéral? Dans la situation actuelle, les emprunts se font au gré du locuteur avec un facteur modérateur d'intercompréhension. Et pour les berbères, cet arabe deviendra aussi leur langue ou devront-ils créer de toutes pièces aussi un tamazight algérien à partir des différents dialectes? l'arabe algérien qui en sortirait créerait plus de confusion que de clarté. Et quel alphabet utiliser? Le latin qui lui est plus adapté? au risque de voir une partie non négligeable de la population (et parmi eux certains qui ne lisent pas l'arabe) s'affronter à un tel projet.

Tout d'abord, j'évacuerai d'emblée le problême des langues berbères qui demanderait un traitement à part et nous amènerait trop loin, mais il n'est pas dit que nous n'y revenions par la suite.

Je vais commencer par situer le problême dans un domaine que les Babéliens connaissent bien, celui des langues minoritaires du domaine français.
La France appartient à une société où l'écrit a pris une place prépondérante et un prestige allant de pair avec un mépris condescendant pour l'oralité qui n'est pas directement transposable à d'autres types de société (Ahmadou Hamphaté-Bâ disait: "En Afrique, quand un viellard meurt, c'est une bibliothèque qui disparait"). Ce qui, même au sein de celle-ci, entraîne une problématique particulière. A savoir, celle de l'écriture des langues minoritaires. En parcourant les forums bilingues consacrés aux langues d'oc et d'oïl, ou l'excellente introduction de Meuuh sur le normand, on peut se rendre compte que cette problématique est une des préoccupations (sinon la préoccupation principale des participants). Quel est l'énoncé du problême?: la notation des langues minoritaires. Deux opinions s'affrontent (courtoisement):
La première, majoritaire dans ce forum, est de conserver par écrit la diversité de ces langues. Et l'on voit se développer, selon l'origine de chaque participant, une palette bariolée de parlers dont on nous épargne aucun des particuliarismes, certes pittoresques, mais qui ne favorisent pas toujours la clarté des textes. La seconde, préconise de trouver, pour ces langues, une version écrite standart, interdialectale, qui n'aurait pas vocation à éliminer la diversité, mais à se superposer à ces parlers locaux dans les textes littéraires et les relations interdialectale ou destinés à une diffusion plus large.
En france, il ne me semble pas que cette opinion fasse beaucoup d'adeptes. Pourtant, la première, si elle permet de conserver la richesse dialectale de ces langues n'en facilite pas l'apprentissage. Quand je parcours le forum occitan, quelque soit le variété utilisée, je comprends plus ou moins ce que je lis. Mais cela parce que je suis francophone, parlant deux ou trois langues latines supplémentaires, que je suis assez doué, comme bien d'autres de mes chers frères Babéliens, sinon nous ne serions pas ici et, surtout, qu'une grande partie de l'occitan est transparente par rapport à ces langues (bizarrement, j'ai plus de problême avec le wallon, mais c'est sûrement dû à sa graphie déroutante). Mais que serait-ce pour un non-romanophone? Décourageant!

Un exemple: un anglais vient s'installer dans le Périgord et désire en apprendre l'occitan. Si, par chance, il trouve des locuteurs naturels, ce sera facile. Il apprendra la variété de l'occitan en vigueur dans la région. Mais si, quelques mois ou années avant de s'installer dans le sud de la France (l'Occitanie), sans connaitre encore le lieu exact (il n'a pas encore acheté sa maison), il voudrait l'apprendre par le biais d'un manuel, il va tout de suite se trouver devant un dilemme: Il n'existe pas de version littéraire de cette langue! Et chacun de ses dialectes entend conserver sa totale indépendance par rapport aux autres, voire à l'intérieur d'une même aire dialectale, entre sous-dialectes!
Il en résulte une cacophonie peu encourageante pour qui observe le problême de l'extérieur. Tout cela parce que chacun pense qu'une langue (sous son acceptation la plus large), pour tenir son rang, se doit d'avoir obligatoirement une norme écrite.
mais ne pourrait-on pas penser le problême autrement? Il est certain que la disparition rapide des locuteurs naturels a considérablement atténué la vie culturelle de ces langues et que c'est par l'écrit que les jeunes générations peuvent acquérir leur dialecte local. mais ne pourrait-on pas imaginer une langue littéraire unique de l'occitan (je crois que c'est ce qui c'est fait en breton avec le KLM) dont les domaines seraient l'écrit et les relations interdialectales et des dialectes vivants, véhicules de la culture orale, qui n'est pas, loin s'en faut, inférieure à l'écrit? Cette idée fausse de la supériorité de l'écrit se retrouve dans la définition des "patois-qui-ne-s'ecrivent-pas".
la problématique des langues d'Etat est différente. Leur norme écrite est fixe et unie, leurs variétés orales sont pourtant presqu'aussi nombreuses (plus dans le cas du castillan et de l'italien, moins dans celui du français). Que dirait-on si chaque région avait sa propre norme écrite? Et, dans le même ordre d'idée, pourquoi penser en termes géographiques et non pas sociologiques, voire personnels. On aurait donc:"je ne sais pas/j'sais pas/j'sé pa/ ch'ais pas/ ché pa, etc. En Espagne, le problême est différent. Un andalou parle un dialecte vivant de l'espagnol, un dialecte qu'il partage avec tous ses compatriotes andalous, qu'il n'abandonne pas, ou si peu, lorsqu'il parle avec un autre hispanophone et doté d'une vie culturelle orale très riche. Mais Garcia Lorca écrit dans un castillan littéraire qui redevient "andalou" lorsqu'il est chanté par Camarón.

L'arabe se situe dans cette veine. Ses dialectes sont très vivants, la culture orale qu'ils véhiculent n'est pas seulement folklorique, elle évolue constemment. Ces dialectes s'ancrent dans le local, ils sont la langue maternelle de tout arabophone. Ils constituent l'identité de toute communauté régionale. On peut les parler avec style ou non. Quand Cheb Khalid chantait (avant qu'il vende son âme au showbiz français) dans le parler des rues d'Oran, pas dans un "algérien" reconstitué, ni en arabe littéral.
L'arabe littéral est une langue à l'unité spatio-temporelle particulière puisque celui qui la connait peut aussi bien lire des textes écrits il y a plus de mille ans (chose impossible dans la plupart des langues européennes sans une solide initiation) qu'un article écrit hier, un livre composé par un auteur de Bassora, en Irak que le journal télévisé de la chaîne marocaine. Elle situe tout Arabe au centre d'une des grandes aires religio-culturelle (ce qui n'implique pas nécessairement qu'il s'identifie en totalité aux crédos du dogme musulman, ni même qu'il soit adepte de cette religion). Ce dont ils sont, dans leur majorité et quelque soit leurs options spirituelles ou politiques, très fiers.

Bien sûr, on pourra objecter à cela que cet arabe est difficile et que peu de gens le maitrisent vraiment. Mais que doit dire un turc de l'orthographe française, lui dans la langue écrite notée en caractères latins à une époque récente (1929) s'approche tant d'une écriture phonétique? et ma fille, un des meilleurs élèves de sa classe de CM1, qui parle, outre le français, l'arabe dialectal du quartier "tabrikt" à Salé et un peu d'espagnol, fait encore une faute d'orthographe tous les deux mots. De nombreux adultes, travailleurs manuels à la scolarité moyenne sont incapables de l'écrire correctement hormis quelques notes à usage professionnel. Doit-on pour autant décréter l'abolition de toute norme écrite et proclamer l'avenement du "jécri com je veu et tanpi si tu compran pa skya marké". Ce serait déroger au règlement "Babel" qui proscrit le langage SMS et les fautes d'orthographe! Si un certain nombre d'Arabes (et encore cela dépent où et les choses évoluent vite dans ce domaine) ne maîtrisent pas parfaitement l'arabe littéral, ce n'est pas dû à la structure de la langue qui, cela dit en passant à une orthographe proche du phonétique, mais au condition socio-économique et politique des pays où elle se parlent:
Manques de moyens, méthodes éculées, absence de débouchés. Que voulez-vous qu'un homme dont la visibilité économique ne dépasse pas parfois la journée pense des normes linguistique? il s'en tape le coquillard! ou un jeune dont l'avenir dans son pays se limite au mur sur lequel on lui laisse le droit de s'appuyer et qui ne rêve que de vie différente à l'étranger pense de la langue officielle à établir dans son pays? de toutes façons, lui, il préfèrera apprendre le français ou l'anglais plus porteurs d'avenir. Là où, économiquement la vie est aisée (ce qui est rare en terre arabe), la langue officielle, l'arabe littéral est très prisée et le nombre de ce qui la maitrise important. Et ce n'est pas parce que le dialecte local est plus proche de la norme écrite.
Le nœud du problème concernant l'arabisation de la société algérienne n'est pas le dialecte, ni même, dans un premier temps, la question berbère, car un pays comme l'Algérie ne pourrait s'isoler par une ou deux langues comprises que par eux-mêmes. l'affrontement premier se fait,d'abord, entre deux élites. Une élite formée dans les écoles française, maitrisant peu l'arabe, même dialectal, très occidentalisée et une élite formée en langue arabe, nassérienne ou islamiste (pas obligatoirement les "khwanji" fanatiques dont nous abreuvent les médias, mais aussi ceux qui pensent que l'Islâm est un des éléments constituants de la nation et donc à prendre en compte), pour qui l'arabe dans laquelle ont écrit leurs œuvres des gens comme ibn khaldûn (né à Biskra) et l'émir Abd-elQâder (né à Mascara et auteur d'une somme mystique) est la langue nationale algérienne.
Mais avant d'aborder le problême algérien en particulier, commençons par donner un aperçu général sur la langue arabe quitte à y revenir plus tard dans un autre fil.

Avant l'Islâm: la langue arabe dite "arabe du Nord", en opposition au sudarabique, ou "langue de MuDar" (nom éponyme de l'ancêtre supposé des Arabes bédouins) est divisé en dialectes regroupés en "arabe occidental" ou "Hijâzî" et "arabe oriental" dont le plus important représentant est le parler de la tribu "tamîm". C'est une civilisation presqu'entièrement orale, c'est-à-dire où la transmission du fait culturel par la mémoire est primordiale. La parole, poétique, éloquente, polémique y avait une place prestigieuse. Pour une tribu d'une certaine importance, l'éloquence de ses poètes attitrés était autant motif de fierté que le courage de ses guerriers. Mais ces poètes, qui pour la plupart appartenaient à l'aristocratie tribale, ne s'exprimaient pas dans leurs dialectes, mais dans une "koïnê" déjà conservatrice par rapport aux parlers locaux, quoiqu'encore assez proche de la langue quotidienne pour pouvoir être directement comprise et être assimilée sans formation scolaire, par simple imitation.

Après l'Islâm: le Coran s'exprime dans cette koïnê, mais la tradition a accepté une certaine licence dialectale en la matière. Il ne reste aujourd'hui que deux versions (on parlait auparavant de sept lectures), qui ne varient pas dans le sens du texte, ni dans sa formulation, mais dans la prononciation de certains mots.
Dans les permiers temps, la situation ne varia guère. L'arabe restait proche de celui qu'on peut encore lire dans le Coran et largement oral, d'ailleurs, son système graphique demeurait imprécis et fluctuant, ce qui atteste qu'il était encore considéré plus comme une aide à la mémoire que comme une manière de conserver l'héritage culturel. Mais au début du II° s. de l'hégire (IX°s), avec la mixité ethnique entre les différentes tribus arabes et les non-arabes (3ajam), la situation changea et l'arabe commença à évoluer, dans sa forme parlée. Les élites intellectuelles de l'époque virent dans cette évolution (à leurs yeux, une altération) un danger à voir la langue du Coran devenir incomprise. Ils s'attelèrent à fixer la grammaire de la langue telle qu'elle était encore connue d'un certains nombres d'Arabes nommés " fuṣaḥâ'" (éloquents). le plus célèbre d'entre eux se nommait sibawayh (un persan), son oeuvre reste impressionante, si on la compare à ce qui se faisait à l'époque en Europe ( les carolingiens). Mais les motivations qui poussèrent les premiers grammairiens à réaliser ce travail monumental allait déterminer le sort de la langue jusqu'à nos jours, car, ajouté au fait qu'elle était considée comme la langue dans laquelle Dieu avait choisi de s'exprimer au dernier de ses prophètes, cette oeuvre allait figer l'arabe dans le cours de l'évolution qu'il avait suivi, comme toutes les langues humaines, depuis la nuit des temps. Dorénavant, la langue arabe serait ce qu'en ont dit sibawayh et ses confrères de l'époque classique. Et toute évolution ne pourra plus se faire sur le fond et à peine sur la forme.

Les philologues arabes ne s'intéressèrent que très peu aux dialectes parlés dans le domaine arabe. Ce n'était pas à leurs yeux un sujet noble et nous ne pouvons pas, à ma connaissance, reconstituer leur évolution historique. Il faudra attendre la fin du XIX° et début du XX° pour voir certains orientalistes publier des études scientifiques descriptives des dialectes arabes (Marçais). Mais c'est aussi à cette époque que les dialectes, surtout ceux d'Algérie allait subir l'influence nouvelle du français qui dans le cadre de la colonisation de peuplement boulversera profondément le paysage linguistique de ce pays.

Au cours du XX° s, la conscience nationale des Arabes se réveilla. Le souvenir du passé glorieux de ce peuple, leur situation présente de peuple subjugué alimentèrent le nationalisme arabe. Au Moyen-Orient (Syrie, Liban,Palestine et Irak), ce nationalisme était plutôt laïque, puisqu'un certain nombre de ses dirigeants étaient chrétiens, d'autres druzes, alaouïtes, musulmans chiites ou sunnites et le dominant, à la naissance du nationalisme dans cette région, étant musulman (le calife ottoman). Mais au Maghreb, il revêtit aussi un caractère religieux puisque l'immense majorité de la population était musulmane, sunnite et de l'école juridique mâlikite, mais dont une partie non-négligeable étaient non-arabes, berbère en l'occurence. Caractère que le pouvoir colonial avait souvent tenté d'utiliser pour diviser la population "indigène" (fait important pour l'avenir des rapports entre partisans de la culture berbère et nationalistes arabes). Ce caractère religieux etait sensible en Algérie puisque le premier mouvement considérable d'opposition politique au colonialisme fut le "Mouvements des Oulémas" (savants en sciences religieuses islamiques) dirigé par Ben Badis et dont la profession de foi était: "l'Islâm est ma religion, l'Algérie est mon pays, l'arabe est ma langue". Il s'agissait, bien entendu de l'arabe littéral, sans prendre en considération le parler arabe ou berbère de chacun. Pourtant la situation de l'arabe était catastrophique dans l'Algérie coloniale dont la langue officielle était le français, les élites traditionnelles décimées ou mal formées et les élites nouvelles (fort rares) formées dans le système français.

A l'indépendance, comme dans tous les pays du domaine arabe où Gamal Abd-en-naser, le président d'Egypte, qui s'appelait, à l'époque, la république arabe unie, faisait figure de leader incontesté et de modèle, l'arabe dit littéraire devint la langue officielle. Il est à noter que c'est la "langue arabe" qui devint langue officielle, non pas la "langue arabe classique ou littéraire", car pour un Arabe, et à fortiori un nationaliste arabe, la barrière qui sépare son dialecte et la langue littéraire est moins franche qu'elle n'apparait aux yeux des Européens. Le dialecte est le mode d'expression du quotidien, de l'usage parlé, il est appris dans le cercle familial, et il est donc la langue maternelle, dans sa variété régionale de tout Arabe (au Maghreb, on le dénomme "darîja"). L'arabe dit littéral est l'expression écrite ou solennelle de la langue, elle est apprise par une formation scolaire plus ou moins poussée. Elle peut ne pas dépasser l'école coranique et alors la personne ne pourra s'exprimer dans cet aspect de la langue hors de la récitation des versets qu'il aura appris. Ce qui ne veut pas dire, surtout à une époque de généralisation des médias audio-visuels, qu'il n'en comprendra pas plus, selon une quantité variable. Elle pourra aussi si cette formation est universitaire, devenir un prolongement de sa langue maternelle, et non pas une seconde langue. Cet universitaire emploiera son dialecte en famille ou chez son épicier, un dialecte plus "littéralisé" avec ses collègues ou l'arabe littéral dans un contexte plus solennel, dans un cours, par exemple. Le dialecte n'est pas méprisé, loin s'en faut et on appréciera chez untel sa façon de s'exprimer dans cet aspect de la langue, mais son usage restera celui de la langue parlée, pas de l'écriture. Un exemple que j'ai souvent remarqué chez ma femme, qui est marocaine, dont niveau scolaire équivaud à une 2° française: si elle me téléphone pour m'avertir qu'elle est partie au parc avec les enfants, elle me dira: "mshît lel-jardâ m3a-d-drâri", par contre si , pour la même information, elle me laisse un mot sur la porte du frigo, elle écrira: "laqad ahabtu ila- l-Hadîqäti ma3a-l-awlâd", les 2 phrases vous apparaissent à vous francophones comme tout-à-fait différentes, mais pour nous c'est la même chose. C'est juste la fonction qui change.

mais revenons à l'Algérie. Contrairement au Maroc, qui avait plus ou moins conservé son cadre traditionnel, n'ayant été qu'un protectorat, l'Algérie manquait cruellement de cadre formés en langue arabe. Elle conserva donc (à titre provisoire, mais, en Algérie, le provisoire peut durer très longtemps) le français, non par pragmatisme, comme au Maroc ou en Tunisie, mais par la force des choses et tout en rechechant son extirpation du paysage linguistique du pays.

Choisir d'officialiser un dialecte normalisé dans l'Algérie d'aujourd'hui, ou tout autre pays du Maghreb au détriment de l'arabe littéral serait ouvrir la voie royale au français et, à terme par criolisation puis patoïsation, la disparition même des dialectes arabes alors que déjà, l'influence de cette langue est forte économiquement, se ressent énormément sur les dialectes notament urbains d'Algérie. Or on ne peut vouloir pour le Maghreb, ce qu'on ne veut pas pour la Normandie ou la Provence, à moins de faire preuve d'un géocentrisme indécrottable.

Pour moi, la solution se trouve dans un apprentissage aux méthodes rénovées de l'arabe littéral quand cela est possible économiquement, qui doit rester la norme écrite et une place culturelle entière aux dialectes dont le génie repose précisemment dans le mouvement de l'oralité.

PS: moi, j'aurais plutôt écrit le titre de ce sujet: "les Arabes et l'arabe" et non pas: "les arabes et l'Arabe" Clin d'œil


Dernière édition par Abdüssalâm le Monday 23 Nov 09, 15:34; édité 4 fois
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Quevenois



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Messageécrit le Monday 25 Jun 07, 20:49 Répondre en citant ce message   

Citation:
"mshît lel-jardâ m3a-d-drâri" // "laqad dahabtu ila- l-Hadîqäti ma3a-l-awlâd"


Pourquoi une telle différence, y compris dans le vocabulaire? J'ai l'impression que pour aucune autre langue on n'aurait une telle différence entre l'écrit courant et l'oral... Qu'est-ce qui empêche les gens d'écrire comme ils parlent, pour des choses quotidiennes comme ça?
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mansio



Inscrit le: 19 Feb 2005
Messages: 1127

Messageécrit le Monday 25 Jun 07, 21:18 Répondre en citant ce message   

Peut-être que l'arabe dialectal n'a jamais été mis par écrit? Donc au lieu de réfléchir comment cela pourrait s'écrire, on se sert de l'arabe littéral. Juste une supposition.

Nous avons un peu le même phénomène avec l'alsacien quand sa forme écrite était l'allemand.
La grande différence est que l'alsacien est presque mot pour mot transposable en allemand ou vice-versa, ce qui n'est pas le cas dans l'exemple arabe donné par Abdusselam.
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Abdüssalâm
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Messages: 909
Lieu: Aiguillon

Messageécrit le Monday 25 Jun 07, 22:42 Répondre en citant ce message   

Il est certain que dans l'exemple que j'ai choisi sur le jardin les deux phrases comportent des termes presque tous différents, il n'avait comme vertu que d'être un exemple vécu. Mais, parfois les deux aspects de l'arabe peuvent être plus proches.
ar. litt:"qara'tu-l-kitâba lladî kâna fi dârî" قرأت الكتاب الذي كان في داري
dial.: "qrît el-ktâb elli kân fî dârî"
fr.: "j'ai lu le livre qui était dans ma maison (chez moi)"
On voit qu'ici la différence, à part le pronom relatif (a)lladî/elli (qui) ne concerne que les voyelles et qu'à la rigueur la phrase écrite en arabe pourrait se lire en dialecte.
De plus, les mots utilisés en dialectal dans "mšît l-el-jardâ m3a-d-drârî", à part le mot "jardâ" qui est un emprunt du français (jardin), le verbe "mšît"(je suis allé) existe en ar. litt. "mašâ/yamšî" et signifie "aller à pied". En dialectal, son sens est plus général. "drârî" vient de duriyya (avec passage de l'interdentale à la dentale d courant en dialecte du Maghreb et qui signifie "descendance", mais on peut aussi dire "l-ûlâd" qui est proche du littéral "(a)l-awlâd".

En fait, c'est comme si les dialectes et langues romanes de France étaient restés très vivants, mais que les Français n'utilisaient que le français académique pour écrire. Situation qui existe, comme l'a mentionné Mansio, dans les pays de langue allemande, il me semble.

Mais dire que les dialectes ne s'écrivent pas est partiellement faux (je sais, je me contredis), les groupes de musique qui reprennent les chansons "chaâbî" (musique populaire), par exemple lisent les paroles écrites en dialecte et certaines personnes à la scolarité faible s'ils écrivent le font dans un arabe à mi-chemin entre les deux et le lisent de même. Mais il y a comme un blocage psychologique d'écrire en dialectal et tout un chacun ayant fait plus ou moins des études s'applique à écrire en littéral.


Dernière édition par Abdüssalâm le Sunday 18 Nov 07, 2:09; édité 1 fois
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José
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Messageécrit le Tuesday 26 Jun 07, 12:00 Répondre en citant ce message   

Au sujet de l'écriture de l'arabe dialectal, on trouve en librairie des méthodes d'arabe marocain (donc dialectal) ou autre. On a donc clairement pris le parti d'écrire le dialectal. J'ai l'impression que ces méthodes sont assez récentes. J'ai trouvé également une méthode d'arabe maghrébin, je ne l'ai pas détaillée plus que ça, je l'avoue! Ce serait a priori une tentative d'unification des parlers maghrébins, comme on a pu le faire pour le basque et le catalan. Cependant, vu la relative hétérogénéité de ces parlers, je serais curieux de voir comment les rédacteurs et éditeurs ont tranché!
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Abdüssalâm
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Messageécrit le Tuesday 26 Jun 07, 12:41 Répondre en citant ce message   

Il est vrai qu'il existe en librairie des manuels d'arabe dialectal qui utilise une graphie arabe pour transcrire l'arabe dialectal, mais ces méthodes s'adressent à un public francophone, non pas arabophone, car l'écriture du dialecte en graphie arabe pose un problême lié à la place des voyelles brèves très différente entre le dialecte et le littéral, or comme celles-ci ne s'écrivent généralement pas et que leur acquisition pour un arabophone alphabétisé d'un conditionnement spychologique plus que d'une reflexion actuelle à la lecture, il aura tendance à lire le dialecte comme du littéral "fautif" ou de devoir comprendre avant de lire. Pour ma part, je préfère le transcrire en caractères latins.

Quant à l'arabe standart maghrébin qu'aimeraient bien nous refiler les auteurs de manuels, il est une construction artificielle, sans tradition littéraire, ni culture orale , contrairement aux dialectes vivants du Maghreb, de plus, pour tous les Arabes avec qui j'en ai parlé autour de moi, et je me promets de faire ma petite enquête au Maroc, cet été, l'arabe littéral joue ce rôle de langue écrite. Ce qui pose problême dans l'enseignement de l'arabe littéral, ce n'est pas la langue, mais les conditions socio-économiques, valable quelque soit la langue, et les méthodes d'enseignement dépassées. Mais seule une infime minorité songera à délaisser une langue littéraire vivante (Nagîb Mahfouz), unifiée dans l'espace (le monde arabe) et le temps (plus de 1400 ans d'histoire), et qui plus est, langue liturgique d'une des plus importante religion, dont ils sont, pour la plupart, très attachés. Et cela pour un raffistolage à base dialectale sans passé, ni avenir, car la place qu'il faudra donner aux langues internationales tels que le français et l'anglais ne sera que plus importante.

On peut voir, par contre, dans les émissions populaires diffusées par les télévisions de ces pays, des formes dialectales unifiées autour du dialecte central et remplaçant les tournures et les termes trop archaïques ou d'origine étrangère des dialectes par d'autres issues de l'arabe littéral moderne et qui ont tendance à devenir des paliers intermédiaires nationaux unifiés entre le littéraire trop solennel et les dialectes trop particuliers et jugés souvent un peu "plouc". Un dialecte intellectuel, en quelque sorte, mais dont la vocation est de demeurer au stade de l'oral "distingué", l'écrit restant le domaine du littéral.


Dernière édition par Abdüssalâm le Monday 23 Nov 09, 15:37; édité 2 fois
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Luc de Provence



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Messageécrit le Wednesday 11 Jul 07, 19:04 Répondre en citant ce message   

Bonjour Oustaz 'Abdu el Salâm,
je suis depuis peu inscrit sur le forum des Babéliens : c'est passionnant !
que de longues ( mais jamais vaines ) discussions sur l'intercompréhension entre arabophones !
Mon témoignage est que, ayant étudié l'Arabe à Marseille avec Mme Victoria Roger-Yaghmour au CCIMA, à l'aide des livres de Mr Atoui ( le tome jaune, le tome vert, le tome bleu ) j'ai été compris de Rabat à.........Mascate ( où mes guides parlaient .....Swahili ).

C'est pour cela que je ne me suis jamais découragé malgré les affirmations d'un grand savant comme Jacques Berque qui portant écrivait qu'il avait dû se résoudre à étudier des dialectes.....pour se faire comprendre lors de ses pérégrinations dans l'aire linguistique Arabe !

Quant au Maltais que j'ai un peu étudié, pourquoi dis-tu qu'il n'est plus de l'Arabe ? sa grammaire l'est toujours, quant au vocabulaire il est évident qu'il s'européanise toujours un peu plus.
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Abdüssalâm
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Messageécrit le Monday 16 Jul 07, 12:48 Répondre en citant ce message   

@ luc
les livres dont tu parles sont-ils "l'arabe langue vivante". Une très bonne méthode pour apprendre l'arabe. la partie d'apprentissage de l'écriture est complête mais progressive. Néanmoins elle ne permet pas facilement de faire l'économie d'un professeur, car elle est basée essentiellement sur les exercices qu'un autodidacte ne pourra peut-être pas se faire corriger à loisir.
Pour ce qui est du maltais, je pense que ce n'est déjà plus de l'arabe car ce dialecte s'est détaché du rameau culturel (je dis culturel et non pas religieux car cela concerne aussi bien les Musulmans que les minorités chrétiennes et les laïques) de l'Islâm et donc de la référence de l'arabe littéral auquel les dialectes restent puissament liés et et par ce fait, le maltais dérive vers une évolution opposée. Processus un peu analogue de celui des langues romanes.
Quant aux dialectes, je pense que dans la mesure où on ne fréquente qu'une seule région ou ressortissants d'une seule région de l'aire arabe, l'apprentissage du dialecte adéquat est indispensable pour bien comprendre l'esprit de ces peuples car un dialogue en arabe littéral reste toujours un peu artificiel. Pour les contacts occasionnels avec des arabophones d'autres régions on pourra alors utilisé l'arabe littéral. c'est pour cela que je préconise un apprentissage paralelle des deux aspects de la langue telle que le montre mes interventions ici sur la grammaire arabe où je donne par exemple les formes de conjugaison de l'arabe littéral et du dialecte marocain à charge pour ceux qui connaissent d'autres formes dialectales de les inclure.


Dernière édition par Abdüssalâm le Wednesday 18 Jul 07, 11:23; édité 1 fois
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Luc de Provence



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Messageécrit le Monday 16 Jul 07, 15:39 Répondre en citant ce message   

En " creusant " un peu sur Internet j'ai appris que le Maltais était issu de l'Arabe de l'Ifriqiya mais pré-Hillalien : voilà pourquoi on dit toujours à Malte : meta et pas waqt'esh, kam et pas sh'hall, ghanzir et pas halluf, tina et pas karmus............

pour la chaussure c'est zarbun et l'olive c'est zebbuja ! ( peux-tu m'éclairer ? )

Sur le plan phonétique le maltais a ( depuis quand ? je l'ignore ) "adouci" les lettres emphatiques; ainsi le ghayn avec un point dessus s'est confondu avec le ghayn sans point dessus;
Pour la sémantique citons wara qui signifie " après " en Maltais et non pas " derrière " : lorsque je suis allé à Malte des touristes Libyens ont demandé du café. Comme il n'était pas encore prêt le barman Maltais leur a répondu " wara " ; les Libyens ont très bien compris qu'il voulait dire " après " sinon ils se seraient retournés croyant que le café était derrière.................
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