Les noms des éléments chimiques et l'onomastique






    par Gérard Lang



INDEX


A - MOLECULE, ATOME, ION, ISOTOPE, ELEMENT CHIMIQUE

B - NOMS ET SYMBOLES DES ELEMENTS CHIMIQUES

C - LE TABLEAU DE MENDELEEV EN 2007

D - FICHE DESCRIPTIVE DES ELEMENTS CHIMIQUES


E - LES ELEMENTS CHIMIQUES

1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne

1.1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne réelle (13)

1.2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne mythique (8)

2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un astre (9)

3. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu

3.1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu mythique (1)

3.2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu réel (24)

4. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une couleur (15)

5. Eléments chimiques dont le nom évoque une autre origine


F - RETOUR SUR LA PHYSIQUE THEORIQUE









 




A - MOLECULE, ATOME, ION, ISOTOPE, ELEMENT CHIMIQUE


1. La matière chimique est formée de molécules ; celles-ci sont des combinaisons d'atomes (ou d'ions, voir en A.3). Le modèle semi-quantique de Bohr-Rutherford, dépassé au sens de la théorie quantique moderne, mais bien commode permet de représenter l'atome comme suit.

Un atome est formé :

- d'un noyau, au sein duquel sont concentrés, d'une part un nombre entier Z de protons (particule [quasi-] élémentaire dotée d'une masse unité et d'une charge électrique unité positive) et, d'autre part, un nombre entier N de neutrons (particule [quasi-] élémentaire dotée d'une masse un tout petit peu plus élevée [environ 1,38 pour mille] que celle du proton et électriquement neutre) ;

- autour duquel gravite un nuage électronique, formé d'un nombre entier Z d'électrons (particule [quasi-] élémentaire dotée d'une masse très petite [environ 1836 plus petite que celle du proton] et d'une charge électrique unité négative), organisés en "couches" successives correspondant à des niveau d'énergie.

L'entier Z est le numéro atomique de l'atome considéré.




2. On note A la somme Z + N, nommée nombre de masse de l'atome considéré, qui est un nombre entier.

La charge électrique d'un atome est nulle (car Z - Z = 0 !).



3. Un ion est dérivé d'un atome par le retranchement, ou l'ajout, d'un (ou plusieurs) électron(s) de la couche externe de son nuage électronique. De ce fait, un ion est doté d'une charge électrique (positive ou négative) non nulle.



4. Plusieurs atomes peuvent être dotés du même nombre Z de protons et d'électrons, mais de nombres N de protons différents. Ces atomes distincts sont alors des isotopes du même élément chimique ; celui-ci est donc caractérisé par son nombre atomique Z, nombre de ses protons nucléaires.





 

B - NOMS ET SYMBOLES DES ELEMENTS CHIMIQUES

1. Depuis l'Antiquité, puis Lavoisier, la découverte et l'identification des éléments chimiques est reconnue comme fondamentale pour la science.

L'utilité d'affecter un nom à chaque élément (donc d'associer un nom à chaque entier "Z" découvert) est reconnue depuis longtemps et a sans doute été exprimée clairement pour la première fois en 1792 par L.B. Guyton de Morveau qui écrit dans son ouvrage "Sur les dénominations chimiques, la nécessité d'en perfectionner le système et les régles pour y parvenir" que :

"……il exige une méthode constante de dénomination qui aide l'intelligence et soulage la mémoire".




2. Pour ce qui concerne le choix du nom officiel d'un nouvel élément chimique, celui-ci doit être validé par (la commission des nomenclatures de chimie non-organique de) l'Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée (UICPA), dont la doctrine a été exprimée, dans la "Recommandation de l'UICPA de 2002 sur les noms des éléments" publiée par le Journal de Chimie Pure et Appliquée (vol. 74, n° 5, 2002), comme suit :

"CHOIX DES NOMS DES NOUVEAUX ELEMENTS
En accord avec la tradition, les éléments sont nommés en référence à :
- un concept ou un personnage mythique (y compris objet astronomique) ;
- un minéral ou un substance similaire ;
- un lieu ou une région géographique ;
- une propriété de l'élément concerné ; ou
- un savant.
Pour des raisons de cohérence linguistique, les noms des nouveaux éléments se termineront par - ium".





3. En outre, le nom officiel de chaque élément chimique est accompagné d'un symbole officiel, formé soit d'une des 26 lettres de l'alphabet latin en majuscule, soit de deux des 26 lettres de l'alphabet latin avec la première en majuscule et la seconde en minuscule. Ainsi C est le symbole du Carbone (les autres symoles reconnus formés d'une seule lettre sont : B, F, H, I, K, N, O, P, S, U,V,W,Y) et Pb est celui du Plomb. L'utilisation de cette symbolique est extrêmement pratique tant pour écrire la formule atomique des molécules que pour décrire les réactions chimiques.



Ainsi une molécule d'eau (H2O) est formée d'un ion d'oxygène (chargé deux fois négativement) O-- ayant emprunté un électron à chacun des deux ions d'hydrogène (chargés une fois positivement) H+ auxquels il est lié, et la réaction correspondante s'écrit :

2(H+) + (0-) ® H2O, souvent écrite plus simplement 2H+ + 0- ®  H2O





4. Enfin, des symboles provisoires formés de 3 lettres, dont une majuscule suivie de deux minuscules, servent à abreger le nom systematique interimaire donné à un élement dans l'attente de l'attribution d'un nom officiel. Ainsi, le nom systematique provisoire de l'élement 117 est Unounseptium avec pour symbole Uus, et celui de l'élement 118 est Unounoctium avec pour symbole Uuo.





 


C - LE TABLEAU DE MENDELEEV EN 2007

1. Les sept premières lignes du "Tableau périodique des éléments de Mendeleev" qui permet de visualiser la liste des éléments chimiques dans l’ordre de leur nombre de protons nucléaires, tout en respectant les règles quantitatives de remplissage des couches successives du nuage électronique (chaque ligne du tableau correspond à une couche du nuage), compte 118 cases.

Parmi elles les 111 premières correspondent à un élément chimique considéré comme parfaitement déterminé et auquel un nom et un symbole officiel, validés par l’UICPA, ont été donnés.




2. Il a fallu un arbitrage donné en 1996 par le « Transfermium Working Group », groupe de travail ad hoc conjoint de l’UICPA et de l’UIPPA (Union Internationale de Physique Pure et Appliquées) crée en 1986 pour clore (presque !) les disputes entre les trois laboratoires (Laboratoire Lawrence de Berkeley, USA ; Laboratoire GSI à Darmstad, Allemagne ; Institut d'études nucléaires de Dubna, Russie), en compétition dans la chasse aux éléments superlourds (transfermium, car le Fermium est l’élément « 100 ») et permettre une recommandation officielle de l’IUPAC datée du 30 août 1997 attribuant, après reconnaissance des priorités dans leurs découvertes, un nom et un symbole aux éléments chimiques 101 à 109. Par contre, les attributions relatives aux éléments (110 en 2003) et 111 (en 2004) n’ont pas donné lieu à contestation.




3. En outre, des revendications ont été émises sur la découverte des éléments 112, 113, 114, 115, 116 et 118, mais n’ont pas été reconnues par l’UICPA. Celles relatives aux éléments 112 (faite en 1996), 113 (faite en 1999), aux éléments 114 et 115 (faite en 2003) sont considérées comme crédibles, sans être complétement décisives. Par contre l’annonce triomphale faite par Berkeley le 7 juin 1999 de la découverte des éléments 116 et 118 a été suivie en 2001 d’une honteuse rétractation, suivie du licenciement pour fraude scientifique du principal responsable de cette annonce.

Une publication conjointe (Physical Review datée du 9 octobre 2006) du laboratoire russe de Dubna (qui a réalisé l'expérience) et du laboratoire américain de Berkeley (qui l'a validée) annonce la synthèse décisive de l'élément superlourd 118.

A la suite, l'IUPAC a mandaté un groupe de travail pour se prononcer sur les reclamations de priorité relatives aux élements 112 à 118



4. Les 92 premiers éléments chimiques (à l'exception du Technetium, 43, du Prométhéum, 61, du Polonium, 84, puis du Radon, 86, du Francium, 87, du Radium, 88 et de l'Actinium 90) sont (i.e. : possèdent au moins un isotope) stables et naturels (i.e. : on peut trouver dans la nature une trace d'un isotope stable de cet élément ; même si celui-ci est naturellement radioactif) ; les éléments chimiques suivants (93 et au-delà) sont , sans aucune exception, des artefacts dont tous les isotopes ne peuvent être produits (le plus souvent pour des durées très brèves, car ils ne sont pas stables et se décomposent spontanément en éléments plus légers ; il existe toutefois quelques rares isotopes artificiels dont la demi-vie dépasse les 10 000 ans) qu'à la suite de réactions chimiques non spontanées dans les conditions strictement controlées et reproductibles du laboratoire (ce qui est également le cas pour beaucoup d'isotopes des 92 premiers éléments).


Ajoutons que l'identification des "isotopes naturels" demeure contingente, dans la mesure où il n'est pas exclus que des isotopes n'ayant pas de présence naturelle dans l'environnement terrestre puissent être produits naturellement (et repérés grâce aux progrès de la science et de la technologie !) par des réactions chimiques n'existant que dans certaines conditions astronomiques spécifiques.

Ainsi la liste des isotopes naturels qui figure en annexe 1, et qui est extraite du chapitre 5 de l'annuaire du Bureau des longitudes de 1976 est-elle légèrement différente de celle qui résulte des fiches individuelles du point E de la présente note.



 


D FICHE DESCRIPTIVE DES ELEMENTS CHIMIQUES

1. On peut résumer la situation actuelle des 111 dénominations officielles de éléments chimiques comme suit :

(i) Le nom de 21 éléments évoque le nom d’une personne (réelle ou mythique) ;

(ii) Le nom de 9 éléments évoque un astre ;

(iii) Le nom de 25 éléments évoque un lieu (mythique ou réel) ;

(iv) Le nom de 15 éléments évoque une couleur ;

(v) Le nom des 41 autres éléments provient d’une autre origine.

Ainsi l’onomastique, qu’il s’agisse de l’anthroponymie (réelle ou mythique) ou de toponymie (terrrestre ou astronomique) produit des effets sur 55 des 111 noms officiels des éléments chimiques reconnus, soit pratiquement la moitié de ceux-ci.




2. Les paragraphes qui suivent donnent, pour chacune des cinq catégories de nom distinguées au 1, la liste (classée selon l’ordre croissant des entiers Z les caractérisant) des éléments chimiques concernés.

Chaque élément chimique est décrit par une fiche signalétique comprenant :

- sur la première ligne, séparés par des virgules, l’entier Z, le symbole officiel et le nom officiel de l’élément chimique, suivis entre parenthèses :

* d’un éventuel nom usuel ;

* entre crochets, d’un éventuel nom ancien ;

* de la liste (éventuellement vide !), dans l’ordre croissant, des poids atomiques (A = Z + N) des isotopes naturels connus de cet élément chimique, le poids étant affecté d’une étoile si cet isotope est radioactif et le poids de l’isotope le (éventuellement de chacun des) plus abondant(s) étant en gras ;

* entre crochets, du nombre total (prenant en compte les isotopes artificiels créés au laboratoire) des isotopes réputés connus de cet élément chimique ;

* du poids atomique de cet élément chimique, officiellement reconnu par l'IUPAC, qui est une moyenne des nombres de masse des isotopes de cet élément pondérée par les abondances relatives de ces isotopes pour les éléments naturels et correspond à une convention (mise entre parenthèses) pour les autres éléments ;

- sur la (ou les) ligne(s) suivante (s), l’explication de l’origine du nom de cet élément chimique ;

- éventuellement, in fine, l'indication des isotopes artificiels de cet élément dont la demi-vie a une durée dépassant les 10 000 ans (ce qui a parfois conduit à considérer, par erreur, ces isotopes comme naturels !).











 



E LES ELEMENTS CHIMIQUES

1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne

1.1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne réelle (13)


Samarium
Sm, 62 (144, 147*, 148, 149, 150, 152, 154 ; [21] ; 150,36)

Le nom du Samarium évoque celui du minerai samarskite, dans lequel on a trouvé du Samarium. Ce minerai doit son nom à W.J. von Samarski, qui l'a découvert.





Gadolinium
Ga, 64 (152, 154, 155, 156, 157, 158, 160 ; [21] ; 157,25)

Le nom du Gadolinium évoque celui de J. Gadolin, chimiste finlandais, qui a consacré sa vie à l'étude des "terres rares" (ou lanthanides).





Curium
Cm, 96 ([16] ; (247))

Le nom de Curium a été donné en l'honneur de Marie et Pierre Curie, qui ont extensivement étudiés le phénomène du rayonnement radioactif spontané découvert en 1896 par Henri Becquerel (et dont Jean Perrin établit définitivement le mécanisme en 1906), ce qui fut récompensé par le prix Nobel de physique pour 1903 (pour Henri Bequerel, Pierre et Marie Curie, cette dernière étant la première femme nommée au prix Nobel). La radioactivité donna aussi leurs noms au radium et au radon.

Les isotopes artificiels 247 et 248 du curium ont une demi-vie dépassant les 10 000 ans.






Einsteinium
Es, 99 ([17] ; (252))

Le nom de l'Einsteinium a été donné en l'honneur d'Albert Einstein, fondateur de la théorie de la relativité, décédé peu de temps avant la découverte de cet élément dans le Pacifique, après l'explosion de la première bombe H.





Fermium
Fm, 100 ([18] ; (257))

Le nom de Fermium a été donné en l'honneur d'Enrico Fermi, un des fondateurs de la physique moderne et un des concepteurs du premier réacteur nuclaire à Chicago en 1942 ; cet élément fut, comme l'Einsteinium, détecté parmi les résidus de l'explosion de la première bombe H.





Mendélévium
Md, 101 ([13] ; (258))

Le nom du Mendelevium a été donné en l'honneur de Dimitri Ivanovitch Mendelëev, chimiste russe créateur du tableau périodique des éléments chimiques.





Nobélium
No, 102 ([13] ; (259))

Le nom du Nobélium a été donné en l'honneur d'Alfred Nobel, industriel suédois, inventeur de la dynamite et fondateur du prix Nobel.

Le choix de ce nom résulte d'un consensus, car la paternité de cet élément est revendiquée simultanément par deux laboratoires, l'un russe et l'autre américain.





Lawrencium
Lr, 103 ([12] ; (262))

Le nom du Lawrencium a été donné en l'honneur du physicien Ernest Orlando Lawrence, inventeur du cyclotron, appareil qui a permis de produire systématiquemet les éléments "transuraniens".

Lawrence a également donné son nom au laboratoire du département de l'Energie des USA, localisé au sein de l'Université de Berkeley, spécialisé dans la recherche des éléments superlourds.





Rutherfordium
Rf, 104 ([12] ; (261))

Le nom du Rutherfordium a été donné en l'honneur du physicien Ernest Rutherford, qui démontra l'existence au cours des décompositions radioactives de trois types de rayonnements (α, β, γ) et qui a établi un modèle de structure atomique possédant un noyau.





Seaborgium
Sg, 106 ([9] ; (266))

Le nom de Seaborgium a été donné en l'honneur de Glenn Théodore Seaborg, physicien américain associé à "l'invention" de plusieurs éléments transuraniens, dont le plutonium, l'américium, le curium, le berkélium et le californium par le laboratoire Lawrence de l'Université de Berkeley.





Bohrium
Bh, 107 ([Nielsbohrium] ; [8] ; (264))


Le nom du Bohrium (autre nom proposé et déclassé : Nielsbohrium) a été donné en l'honneur de Niels Bohr, atomiste et physicien danois, qui a proposé un modèle fondé sur la théorie des quantas de Max Planck et prédit (à partir de ce modèle) un certain nombre de propriétés de l'élément 72 (Hafnium).





Meitnerium
Mt, 109 ([7], (268))

Le nom du Meitnerium a été donné en l'honneur de Lise Meitner, physicienne viennoise spécialiste de l'étude des rayonnements liés à la radioactivité ; elle partage avec Otto Hahn la découverte du proactinium.





Roentgénium
Rg, 111 ([1] ; (272))

Le nom du Roentgénium a été donné en l'honneur de Wilhelm Conrad Roentgen, physicien allemand, qui découvrit les rayons X "par accident" en 1895 (X, pour cause inconnue !).




 


1.2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une personne mythique (8)


Titane
Ti, 22 (46, 47, 48, 49, 50 ; [13] ; 47,867)

Le nom du Titane évoque le souvenir des Titans de la mythologie grecque, dieux géants, fils de la Terre (Gaïa) et du Ciel (Uranus) ; en lien avec la résistance de ce métal.





Vanadium
V, 23 (50*, 51 ; [11] ; 50,942)

Le nom du Vanadium évoque Vanadis, déesse scandinave de l'amour et de la beauté, en lien avec les splendides et nombreuses couleurs de ses composés.





Cobalt
Co, 27 (59 ; [12] ; 58,933)

Le nom du Cobalt évoque l'allemand Kobold (lutin), d'où provient le nom des Kobolden, démons des montagnes et des mines dans les légendes germaniques ; la production de ce métal étant impossible à réaliser à partir du procédé usuel, on croyait que l'origine de cette impossibilité tenait à des mauvais esprits qui sabotaient le travail des mineurs en corrompant le minerai.





Nickel
Ni, 28 (58, 60, 61, 62, 64 ; [16] ; 58,693)

Le nom du Nickel évoque le suèdois Kopparnickel, faux cuivre ; de nickel, mauvais génie qui, suivant la croyance populaire, vivait dans les mines. De l'allemand Kupfernickel, cuivre du diable.

En lien avec l'impossibilité d'extraire du cuivre du minerai de nickel ; on croyait que ce minerai avait subi un mauvais sort des démons. En fait, c'était bien du nickel et pas du minerai de cuivre !





Niobium
Nb, 41 ([Columbium] ; 93 ; [22] ; 92,906)

Le nom du Niobium évoque Niobé, fille du demi-dieu Tantale, l'un des héros de la mythologie grecque ; en lien avec la découverte du Tantale, qui en fait comportait deux éléments, le Niobium et le Tantale, aux propriétés chimiques très semblables.

Le nom antérieur du Niobium étant Columbium, en référence à Christophe Colomb.





Prométhium
Pm, 61 ([18] ; (145))

Le nom du Prométhium vient du grec Prometheus, nom de Prométhée, le titan qui avait volé une parcelle de feu au char du Soleil pour l'offrir à l'humanité.

Nom attribué en raison des immenses efforts déployés pour isoler cet élément dans les produits de fusion de l'uranium.





Tantale
Ta, 73 (180*, 181 ; [21] ; 180,95)

Le nom du Tantale évoque Tantale, roi de Lybie, père de Niobé et fils de Zeus, dans la mythologie grecque. Tantale a vécu un chatiment après avoir dévoilé les secrets divins aux humains : la nourriture et la boisson refluaient devant sa bouche comme le tantale fuit les acides avec lesquels on cherche à le mettre en contact (le tantale ne forme pas de sels avec les acides).





Thorium
Th, 90 (227*, 228*, 230*, 231*, 232*, 234* ; [24] ; 232,04)

Le nom du Thorium évoque celui de Thor, dieu de la guerre et du tonnerre en Scandinavie ; par référence aux étincelles qui jaillissent quand on frappe le Thorium avec de l'acier.





 


2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un astre (9)


Hélium
He, 2 (3, 4 ; [5] ; 4,0026)

Le nom de l'Hélium fait référence à Hélios, nom grec du Soleil. Cet élément a été d'abord décelé dans la lumière du soleil, à partir de son spectre lumineux.





Sélénium
Se, 34 (74, 76, 77, 78, 80, 82 ; [23] ; 78,96)

Le nom du Sélénium fait référence à Selene, nom grec de la Lune.

Le Tellure et le Sélénium ayant des propriétés très semblables et se trouvant toujours ensemble, on a donné ce nom en lien avec la Terre et la Lune qui sont indissociables.





Palladium
Pd, 46 (102, 104, 105, 106, 108, 110 ; [22] ; 106,42)

Le nom du Palladium fait référence à l'astéroïde Pallas, découvert un an auparavant. Ce nom provient de Pallas Athena, déesse grecque de la sagesse.





Tellure
Te, 52 (120, 122, 123, 124, 125, 126, 128, 130* ; [31] ; 127,60)

Le nom de Tellure fait référence au latin Tellus, déesse romaine de la Terre.

Il rappelle que le Tellure et le Sélénium ayant des propriétés très semblables et se trouvant toujours ensemble sont aussi indissociables que le sont la Terre et la Lune.





Cérium
Ce, 58 (136, 138, 140, 142* ; [23] ; 140,12)

Le nom du Cérium fait référence à l'astéroïde Cérès, découvert le 1er janvier 1801, soit deux ans avant la découverte du Cérium. Ce nom provient de Cérès, divinité des blés en Italie Antique.





Hydrargyrum
Hg, 80 (Mercure ; 196, 198, 199, 200, 201, 202, 204 ; [30] ; 200,59)

Le nom de l'Hydrargyrum provient du grec hydrarguros, argent liquide, par référence à l'aspect physique de cet élément. Le nom usuel de cet élément est Mercure et rappelle Mercurius, dieu romain des marchands et dieu messager aux pieds ailés, en lien avec la mobilité de ce métal liquide.






Uranium
U, 92 (234*, 235*, 238* ; [15] ; 238,03)

Le nom de l'Uranium fait référence à celui de la planète Uranus. Ce nom évoque le dieu grec Uranus, père des Titans, qui forme avec Gaïa le couple divin le plus ancien. Ce choix a été fait pour célébrer le grand événement astronomique qu'a constitué la découverte, huit ans auparavant, de cette planète qui a eu un impact important dans le monde scientifique.





Neptunium
Np, 93 ([14] ; (237))

Le nom du Neptunium fait référence à celui de la planète Neptune, qui suit Uranus dans le système solaire comme le Neptunium suit l'Uranium dans le tableau périodique des éléments. Ce nom évoque Neptune, déesse romaine de la mer.

Les isotopes artificiels 236 et 237 du Neptunium ont une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Plutonium
Pu, 94 ([15] ; (244))

Le nom du Plutonium fait référence à celui de la planète [en cours de rétrogradation dans la nouvelle catégorie des "planètes naines" par l'Union astronomique internationale] Pluton, qui suit Neptune dans le système solaire comme le Plutonium suit le Neptunium dans le tableau périodique des éléments. Ce nom évoque Pluton, dieu grec des Enfers, le plutonium étant le combustible infernal par excellence.

Les isotopes artificiels 239, 242 et 244 du Plutonium est une demi-vie dépassant les 10 000 ans.




 



3. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu

3.1. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu mythique


Thullium
Tm, 69 (169 ; [25] ; 168,93)

Le nom du Thullium évoque la Scandinavie avec son île mythique de Thulé ; en l'honneur de son découvreur, le chimiste norvégien Per Theodor Cleve.






3.2. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'un lieu réel (24)


Magnésium
Mg, 12 (24, 25, 26 ; [13] ; 24,305

Le nom du Magnésium provient du grec Magnesia, région de la Thessalie en Ecosse dans laquelle on a trouvé le minerai de Magnésie (oxyde de magnésium).





Scandium
Se, 21 (45 ; [12] ; 44,956)

Le nom du Scandium provient du latin Scandia, Scandinavie, qui est l'unique région dans laquelle on trouve des minerais contenant du Scandium : en l'honneur de son découvreur, le chimiste suédois Kilson.





Cuprum
Cu, 29 (Cuivre ; 63, 65 ; [13] ; 63,546)

Le nom du Cuprum provient du latin Cyprium comme du grec Kupros, dérivant de Chypre , île ou l'on a trouvé les premières traces du cuivre il y a 6000 ans. L'île doit son nom aux nombreux cyprès qui y sont présents.

Le nom usuel du Cuprum, le Cuivre, provient de la même origine.





Gallium
Ga, 31 (69, 71 ; [21] ; 69,723)

Le nom du Gallium provient du latin Gallia, France, en l'honneur du pays dans lequel cet élément a été découvert. Il évoque également le latin gallus, coq, en lien avec le nom de celui qui l'a découvert, le chimiste français P.E. Lecoq de Boisbaudran.





Germanium
Ge, 32 (70, 72, 73, 74, 76 ; [22] ; 72,64)

Le nom du Germanium provient du latin Germania, Allemagne, par référence à sa découverte à Freiberg, en Saxe, par le chimiste allemand C.A. Winkler.






Strontium
Sr, 38 (84, 86, 87, 88 ; [23] ; 87,62)

Le nom deu Strontium fait référence à la ville écossaise de Strontian, lieu où l'on a trouvé et analysé les premiers minerais de Strontium, la strontiamite.





Yttrium
Y, 39 (89 ; [20] ; 88,906)

Le nom de l'Yttrium (comme ceux de l'Erbium, du Terbium et de l'Ytterbium) fait référence à la ville suédoise d'Ytterby, proche de Stockholm, où l'on a trouvé le minerai pour la première fois.





Ruthenium
Ru, 44 (96, 98, 99, 100, 101, 102, 104 ; [22] ; 101,07)

Le nom du Ruthenium provient du latin Ruthenia, Russie, en l'honneur de son découvreur, le chimiste russe Carl Ernst Claus (ou Klaus Karl Karlovicz), et du lieu de sa découverte





Europium
Eu, 63 (151, 153 ; [22] ; 151,96)

Le nom de l'Europium fait référence à l'Europe, continent de sa découverte à Paris par le chimiste français E.A. Demarçay.

Dans la mythologie grecque Europe, fille d'Agénor roi de Phénicie fut enlevée par Zeus, qui avait pris la forme d'un taureau.





Terbium
Tb, 65 (159* ; [19] ; 158,93

Le nom du Terbium (comme ceux de l'Erbium, de l'Ytterbium et de l'Yttrium) fait référence à celui de la ville suédoise d'Ytterby, proche de Stockholm, capitale chimique des" terres rares" (ou lanthanides), lieu où l'on a trouvé le minerai.





Holmium
Ho, 67 (165* ; [21] ; 164,93)

Le nom du Holmium provient du latin Holmia, ancien nom de Stockholm ; en l'honneur de son découvreur, le chimiste suédois P.T. Cleve, et en lien avec son lieu de découverte.





Erbium
Er, 68 (162, 164, 166, 167, 168, 170 ; [24] ; 167,26)

Le nom de l'Erbium (comme ceux du Terbium, de l'Ytterbium et de l'Yttrium) fait référence à celui de la ville suédoise d'Ytterby, proche de Stockholm, lieu où l'on a trouvé le minerai.






Ytterbium
Yb, 70 (168, 170, 171, 172, 173, 174, 176 ; [24] ; 173,04)

Le nom de l'Ytterbium (comme ceux de l'Erbium, du Terbium et de l'Yttrium) fait référence à celui de la ville suédoise d'Ytterby, proche de Stockholm, lieu où l'on a trouvé le minerai.





Lutetium
Lu, 71 (175, 176* ; [21] ; 174,97)

Le nom du Lutetium fait référence au latin Lutetia, pour Lutèce ancien nom de Paris, lieu de naissance du découvreur de cet élément.





Hafnium
Hf, 72 (174, 176, 177, 178, 179, 180 ; [25] ; 178,49)

Le nom du Hafnium provient du latin Hafnia, ancien nom de Copenhague, capitale du Danemark et lieu où cet élément a été isolé.





Rhénium
Re, 75 (185, 187 ; [21] ; 186,21)

Le nom du Rhénium provient du latin Rhenus, nom du fleuve Rhin, en hommage au pays de découverte de cet élement, l'Allemagne, qui est baigné par ce fleuve.





Polonium
Po, 84 (210*, 211*, 212*, 214*, 215*, 216*, 218* ; [26] ; (209))

Le nom du Polonium vient du latin Polonia, nom de la Pologne, en l'honneur du pays d'origine de Marie Curie, née Sklodowska à Varsovie le 7 novembre 1867, qui a découvert cet élément.





Francium
Fr, 87 (223* ; [217] ; (223))

Le nom du Francium vient du latin Francia, nom de la France, en l'honneur du pays natal de la découvreuse de cet élément, Marguerite Perey.





Americium
Am, 95 ([15] ; (243))

Le nom de l'Americium a été donné en hommage au rôle joué par les américains dans le développement de la science des éléments transuraniens ; par analogie avec l'Europium dont l'Americium partage de nombreuses propriétés chimiques. America fait référence au prénom du navigateur italien Amerigo Vespucci, auquel la découverte du Nouveau continent est attribuée.






Berkélium
Bk, 97 ([16] ; (247))

Le nom du Berkélium fait référence à celui de la ville californienne de Berkeley, dont l'université a contribué a beaucoup de découvertes chimiques et dans laquelle est installé le laboratoire Lawrence.





Californium
Cf, 98 ([17] ; (251))

Le nom du Californium fait référence à celui de l'Etat américain de Californie, où est installé le laboratoire de l'Université de Berkeley qui a découvert cet élément.





Dubnium
Db, 105 ([11] ; (262))

Le nom du Dubnium fait référence à celui de la ville russe de Dubna, dans laquelle est installée l'Institut nucléaire qui a découvert cet élément.

Le nom provisoire de Hahnium, du nom du physicien allemand OHO Hahn, qui lui avait été provisoirement donné, a été déclassé.





Hassium
Hs, 108 ([7] ; (277))

Le nom du Hassium fait référence à celui de la Hesse, Etat allemand, dans lequel se trouve la ville de Darmstadt où cet élément a été découvert.





Darmstadium
Ds, 110 ([6] ; (271))

Le nom de cet élément fait référence à celui de la ville allemande de Darmstadt, où se trouve le laboratoire de la Gesellschaft für SchwerIonforschung (GSI ; société pour la recherche des ions lourds) qui a découvert cet élément.



 


4. Eléments chimiques dont le nom évoque celui d'une couleur (15)


Béryllium
Bc, 4 ([Glucinium] ; 9, 10; [8] ; 9,0122)

Le nom du Béryllium provient du grec berullos, vert, faisant référence à la couleur de l'émeraude, pierre précieuse de couleur verte provenant d'une modification du béryl.

Le premier nom du Béryllium était Glucinium, à partir du grec glukus, sucré.





Chlore
Cl, 17 (35, 37 ; [13] ; 35,453)

Le nom de Chlore provient du grec khloros, jaune verdâtre, en lien avec la couleur de ce gaz, qui ressemble à celle de jeunes pousses d'herbes.

L'isotope artificiel 36 du Chlore a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Chrome
Cr, 24 (50, 52, 53, 54 ; [13] ; 51,996)

Le nom du Chrome provient du grec khroma, couleur, en référence aux nombreuses couleurs des composés à base de chrome.





Arsenic
As, 33 (75 ; [20] ; 74,922)

Le nom de l'Arsenic provient du grec arsenikon, qui dompte le mâle, en raison de sa forte toxicité. Du latin arsenicum, pigment jaune ; origine du minerai orpiment (As2S3), utilisé comme pigment jaune citron.





Rubidium
Rb, 37 (85, 87* ; [26] ; 85,468)

Le nom du Rubidium provient du latin rubidus, rouge foncé ; pour rappeler la couleur rouge foncé de sa raie spectrale d'émission lumineuse.





Zirconium
Zr, 40 (90, 91, 92, 94, 96 ; [22] ; 91,224)

Le nom du Zirconium provient de l'arabe zarkoen et du perse zargûn, couleur or, en lien avec la couleur or de la pierre précieuse, le zircon ZrSiO4.





Rhodium
Rh, 45 (103 ; [20] ; 102,91)

Le nom du Rhodium provient du grec rhodon, rose, en lien avec la couleur rose de ses sels.






Argentum
Ag, 47 (107, 109 ; [25] ; 107,87)

Le nom de l'argentum provient du latin argentum, qui dérive du grec arguros, blanc étincelant, en référence à l'aspect physique de cet élément.

Le nom usuel de l'Argentum, Argent, provient de la même origine.





Indium
In, 49 (113*, 115* ; [29] ; 114,82)

Le nom de l'Indium provient du latin indicum, bleu, d'après la brillante ligne bleue de son spectre atomique lumineux.





Iode
I, 53 (127 ; [28] ; 126,90)

Le nom de l'Iode provient du grec ioeides, violet, en lien avec la couleur violette des vapeurs d'iode, qui se subliment facilement.





Césium
Cs, 55 (133 ; [31] ; 132,91)

Le nom du Césium provient du latin caesius, bleu ciel, qui évoque la teinte bleu clair de ses deux raies spectrales lumineuses.





Praséodyme
Pr, 59 (141 ; [20] ; 140,91)

Le nom du Praséodyme provient des mots grecs prasios, vert, et didymos, jumeau ; par référence à la couleur verte de son oxyde et à la présence du néodyme et du praséodyme dans un oxyde que l'on croyait être une substance pure.





Iridium
Ir, 77 (191, 193 ; [28] ; 192,22)

Le nom de l'Iridium provient du latin iridos, arc-en-ciel, par référence aux couleurs variées des sels d'iridium.





Thallium
Tl, 81 (203, 205, 206*, 207*, 208*, 210*, 211*, 212*, 214* ; [27] ; 204,38)

Le nom du Thallium provient du grec thallos, rameau vert, couleur qui caractérise une de ses raies spectrales lumineuses.






Bismuth
Bi, 83 (209*, 210*, 211*, 212*, 213*, 214*, 215* ; [27] ; 208,98)

Le nom du Bismuth, donné par Paracelse, dérive de l'allemand "wiesmut" contraction de "wiesen" et "gemutet", du fait que le premier minerai trouvé a été exploité ('en hollandais "gemutet") dans la région des prairies (en allemand "Wiesen") le long du fleuve Schneeberger en Saxe-Bohème, soit wiesmut.

Selon d'autres sources, wismut provient de l'allemand weisse masse, masse blanche ; par référence à la couleur blanc argenté de cet élément solide.




 

5. Eléments chimiques dont le nom évoque une autre origine


Hydrogène
H, 1 (1, 2, 3* ; [3] ; 1,0079)

Le nom de l'hydrogène provient du grec hydor gennan (eau production) ; en lien avec le fait que l'on prépare ce gaz à partir de l'eau (hydrolyse)





Lithium
Li, 3 (6, 7 ; [6] ; 6,941)

Le nom du Lithium provient du grec lithios, pierre ; par référence à son origine minérale en opposition aux composés du sodium et du potassium qui font partie de la même famille et sont d'origine végétale.





Bore
5 (10,11 ; [9] ; 10,811)

Le nom du Bore provient de l'arabe buraq, brillant

Nom anglais, boron, origine du borax et carbon qui indique aussi bien sa provenance (minerai de borax, cristaux brillants) que sa ressemblance avec le carbone (on a longtemps cru que le Bore était une forme de Carbone)





Carbone
C, 6 (12, 13, 14* ; [12] ; 12,011)

Le nom de Carbone provient du latin Carbo, charbon, en lien avec sa provenance, les charbons.





Nitrogénium
N, 7 (Azote ; 14, 15 ; [11] ; 14,007)

Le nom du Nitrogénium provient du grec nitron gennan, formateur de salpêtre.

Le nom usuel, Azote, a été choisi par Antoine Lavoisier et provient du grec azotikos, sans vie ; en référence aux êtres vivants qui sont asphyxiés par ce gaz.

L'Azote a été isolé par Daniel Rutherford en 1772.






Oxygène
O, 8 (16, 17, 18 ; [12] ; 15,999)

Le nom de l'Oxygène provient du grec oxys, acide, et geinomai, formateur d'acide, par le fait que tous les acides connus à cette époque contenaient de l'oxygène. Cet élément a ainsi reçu son nom par erreur, car Lavoisier pensait que cet élément était indispensable pour donner lieu à la formation d'un acide, ce qui n'est pas le cas.





Fluor
F, 9 (19 ; [10] ; 18,998)

Le nom du Fluor provient du latin fluere, écoulement, en lien avec le minerai CaF2 utilisé pour liquéfier les résidus lors de la production des métaux ; le nom de fluorescence en dérive car la fluorite émet de la lumière lorsqu'on la chauffe.





Néon
Ne, 10 (20, 21, 22 ; [11] ; 20,180)

Le nom du Néon provient du grec néos, nouveau, en raison de la découverte de ce nouveau gaz par Ramsay et Travers.





Natrium
Na, 11 (Sodium ; 23 ; [15] ; 22,990)

Le nom de Natrium provient de l'allemand et du latin natrium, dérivé de natron, mot désignant les effervescences de carbonate de sodium sur les bords des lacs Amers (appelés aussi Lacs Natron).

Le nom usuel du Natrium, Sodium provient de l'arabe sod ou souwad, plante contenant beaucoup de carbonate de sodium (soude).





Aluminium
Al, 13 (27 ; [12] ; 26,982)

Le nom de l'Aluminium provient du latin alumin, alun, signifiant amer. Cela dérive du goût amer de la pierre d'alun (sulfate double d'aluminium et de potassium) utilisé comme astringent au Moyen-Age.

L'isotope artificiel 26 de l'aluminium a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Silicium
Si, 14 (28, 29, 30 ; [12] ; 28,086)

Le nom de Silicium provient du latin silicis, silex, caillou, en référence à son origine, parce que le silex est principalement formé de SiO2 (dioxyde de silicium)






Phosphore
P, 15 (31 ; [13] ; 30,974)

Le nom du phosphore provient du grec phos, lumière, et phoros (porteur) ; en lien avec le phosphore blanc qui, en présence d'oxygène, éclaire dans le noir (phosphorescence).





Soufre
S, 16 (32, 33, 34, 36 ; [12] ; 32,065)

Le nom du Soufre provient de la racine indo-européenne suelf ou swel, signifiant "bruler sous forme du feu qui couve", comme le fait un morceau de soufre ; du latin sulphurium, pierre qui brule.





Argon
Ar, 18 (36, 38, 40 ; [14] ; 39,948)

Le nom de l'Argon provient du grec argos, inactif, paresseux ; en référence au caractère inerte de ce gaz, ne pouvant pas subir de transformation chimique par manque de réaction.





Kalium
K, 19 (Potassium ; 39, 40*, 41 ; [16] ; 39,098)


Le nom du Kalium provient du latin kalium et de l'arabe kali, pour carbonate de potassium.

Le nom usuel du Kalium, Potassium, provient de l'allemand pottash, cendres en pot, en lien avec le carbonate de sodium qui se retrouve sous forme solide, en cendre, dans le brasier.





Calcium
Ca, 20 (40, 42, 43, 44, 46, 48 ; [14] ; 40,078)

Le nom de Calcium provient du latin calx, chauw (oxyde de calcium), en référence à son extraction par électrolyse d'une solution d'eau de chaux par le chimiste anglais Humphry Davy.

L'isotope artificiel 46 du calcium a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Manganèse
Mn, 25 (55 ; [11] ; 54,936)

Le nom du Manganèse provient du grec magnes, aimant, en liaison avec les propriétés magnétiques de la pyrolysite, minerai utilisé par les pharaons pour fabriquer le verre.

L'isotope artificiel 53 du Manganèse a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Ferrum
Fe, 26 (Fer ; 54, 56, 57, 58 ; [14] ; 55,845)


Le nom du Ferrum, non usuel Fer, provient du latin ira, colère, en référence à la force de ce métal ; du latin ferrum, fer.

L'isotope artificiel 60 du Fer a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Zinc
Zn, 30 (64, 66, 67, 68, 70 ; [18] ; 65,409)

Le nom du Zinc provient de l'allemand zinke, dent, en lien avec la forme des précipités formés lors de la préparation du Zinc, en sortie des fourneaux.





Brome
Br, 35 (79, 81 ; [21] ; 79,904)

Le nom du Brome provient du grec bromos, puanteur, en lien avec l'odeur piquante et irritante de ses vapeurs.





Krypton
Kr, 36 (78, 80, 82, 84, 86 ; [24] ; 83,798)

Le nom du Krypton provient du grec kruptos, dissimulé (dans l'atmosphère) ; en lien avec la difficulté de repérer et d'isoler ce gaz, et avec la rareté de cet élément.

L'isotope artificiel 81 du Krypton a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Molybdène
Mo, 42 (92, 94, 95, 96, 97, 98, 100 ; [22] ; 95,94)

Le nom de Molybdène provient du grec molubdaina, plomb, en lien avec la grande ressemblance physique de la blende du molybdène avec le plomb.





Technétium
Tc, 43 ([21] ; (98))

Le nom du Technétium provient du grec technetos, artificiel ; premier élément a être produit par la technique de l'homme et absent dans la nature.

Les isotopes artificiels 97, 98 et 99 du Technétium ont une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Cadmium
Cd, 48 (106, 1408, 110, 111, 112, 113, 114, 116 ; [22] ; 112,41)

Le nom du Cadmium provient du grec kadmeia et du latin cadmia, calamine, ancien nom donné au carbonate de zinc, minerai dont le cadmium était extrait et trouvé aux environ de la ville de Thèbes créée par Kadmos ; et/ou aussi du grec cadmios, minerai de zinc dans lequel le cadmium a été découvert.





Stannum
Sn, 50 (Etain ; 112, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 122, 124* ; [28] ; 118,71)

Le nom du Stannum provient du latin stannum, fer blanc, nom utilisé pour un mélange d'argent et de plomb qui avait la même apparence que l'étain, blanc brillant.

Le nom usuel du Stannum, Etain, provient de l'allemande zin et du norvégien tin, petite barre, en lien avec son aspect physique.

L'isotope artificiel 126 de l'Etain a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.






Stibium
Sb, 51 (Antimoine ; 121, 123 ; [36] ; 121,76)

Le nom du Stibium provient du latin stibium, venant du grec stibi, qui désignait une poudre cosmétique de formule Sb2S3.

Le nom usuel du Stibium, Antimoine, provient du grec anti-monos (pas seul), du fait que cet élément a toujours été trouvé en compagnie d'autres métaux ; et aussi de l'arabe al-uthmud, brillant, par référence à l'aspect de cet élément. On dit aussi qu'au Moyen-Âge, l'antimoine rendait malade les moines auxquels l'alchimiste Basil Valentin l'admiistrait !

Une autre version prétend que Antimoine est une corruption latine de l'arabe [al]-lithmid, lui-même dérivé du latin stibium et du grec stibi !





Xénon
Xe, 54 (124, 126, 128, 129, 130, 131, 132, 134, 136 ; [31] ; 131,29)

Le nom du Xénon provient du grec xénos, étranger, par référence à sa présence à côté du krypton, élément que l'on pensait alors avoir isolé.





Baryum
Ba, 56 (130, 132, 134, 135, 136, 137, 138 ; [26] ; 137,33)

Le nom du Baryum provient du grec barus, lourd, en référence à sa densité, la plus élevée de la famille des éléments alcalino-terreux ; l'origine de cet élément provient du minerai baryte.





Lanthane
La, 57 (138*, 139 ; [23] ; 138,91]

Le nom du Lanthane provient du grec lanthanein, caché (dans des minerais avec plusieurs éléments nommés "terres rares" ; ce qui explique l'autre nom collectif de "lanthanides" donné aux éléments 57 à 71) ; ce nom évoque aussi les difficultés rencontrées pour l'extraction de cet élément.

L'isotope artificiel 137 du lanthane a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.






Néodyme
Nd, 60 (142, 143, 144*, 145*, 146, 148, 150 ; [19] ; 144,24)

Le nom du Néodyme provient du grec neos, nouveau, et didymos, jumeau ; par référence aux nouveaux jumeaux, les éléments praséodyme et néodyme. On croyait avoir trouvé un unique élément nouveau (que Mosander nomma didyme) ressemblant au Lanthane, mais Auer démontra qu'on était en présence de deux éléments distincts.





Dysprosium
Dy, 66 (156*, 158, 160, 161, 162, 163, 164 ; [20] ; 162,50)

Le nom du Dysprosium provient du grec dysprositos, peu accessible.

Cet élément fut l'un des plus difficiles à isoler.

L'isotope artificiel 154 du Dysprosium a une demi-vie dépassant les 10 000 ans.






Wolfram
W, 74 ([Tungstène] ; 180, 182, 183, 184, 186 ; [26] ; 183,84)


Le nom du Wolfram vient de l'allemand Wolf Rahm, bave de loup ; des échantillons de cet élément présents dans le minerai lors de la préparation de l'étain diminuaient considérablement le rendement, comme des loups qui engloutissent leur proie.

Le nom usuel du Wolfram, Tungstène, provient du suèdois, tung sten, pierre lourde, en lien avec la grande densité du minerai schulite dans lequel on a trouvé le tungstène.





Osmium
Os, 76 (184, 186*, 187, 188, 189, 190, 192 ; [27] ; 190,23)

Le nom de l'Osmium provient du grec osmê, odorant, ; par référence à la forte odeur du OsO4, entre le poivre et le chou pourri, que l'on obtient lors de la préparation de l'Osmium.





Platine
Pt, 78 (190*, 192, 194, 195, 196, 198 ; [28] ; 195,08)

Le nom du Platine provient de l'espagnol platina, dimunutif de plata, argent (petit argent), en lien avec l'aspect physique du platine, qui ressemble à celui de l'argent.





Aurum
Au, 79 (197 ; [28] ; 196,97)

Le nom de l'Aurum provient du latin aurum, briller, faisant référence à l'aspect physique de ce métal.

Le nom usuel de l'Aurum, Or, dérive également du latin aurum.






Plumbum
Pb, 82 (Plomb ; 206*, 207*, 208* ; [29] ; 207,20)

Le nom du Plumbum provient du latin plumbum, lourd, en lien avec la grande masse volumique de cet élément.

Le usuel du Plumbum, le Plomb, provient de la même origine.

Les isotopes artificiels 202, 204 et 205 du Plomb ont une demi-vie dépassant les 10 000 ans.





Astate
At, 85 (215* ; [25] ; (211))

Le nom de l'Astate provient du grec astatosn, instable ; en référence au caractère instable de tous ses isotopes, qui sont radioactifs, y compris le 215 qui est son unique isotope naturel.





Radon
Rn, 86 ([27] ; (222))

Le nom du Radon vient du latin radium, émanation, le radon étant un gaz produit par désintégration du radium.





Radium
Ra, 88 ([25] ; (222))

Le nom du Radium vient du latin radius, rayon ; par référence au rayonnement correspondant à la radioactivité émise par cet élément.





Actinium
Ac, 89 ([24] ; (227))

Le nom de l'Actinium provient du grec aktinos, rayonnement ; par référence du rayonnement radioactif émis par cet élément.

Le nom collectif d' "actinides" est donné aux éléments 89 à 103.





Proactinium
Pa, 91 (231*, 234* ; [18] ; 231,04)

Le nom du Protoactinium provient du grec protos, précédent, et d'actinium ; le Protoactinium, lors de sa désintégration radioactive, émet des particules α et forme de l'actinium.



 









F - RETOUR SUR LA PHYSIQUE THEORIQUE

1. Comme indiqué en A.1, le modèle semi quantique de Bohr-Rutherford est aujourd'hui dépassé au sens de la théorie quantique moderne. Malheureusement celle-ci n'autorise plus aucune représentation accessible à l'intuition des phénomènes physiques qu'elle décrit avec un appareil mathématique très sophistiqué qui fait principalement appel à la théorie des opérateurs dans les espaces de Hilbert.


2. En effet, la théorie physique actuelle est dominée par :
- d'une part, la théorie de la Relativité générale issue des travaux de A. Einstein ;
- d'autre part, la mécanique quantique, issue notamment des travaux de M. Planck, L. de Broglie, A. Einstein, P. Dirac, N. Bohr et prinicipalement dans son interprétation dominante (dite "de Copenhague" en référence à N. Borh).
Ainsi tous les phénomènes physiques seraient réglés par quatre interactions fondamentales :
- l'interaction électro-magnétique ;
- l'interaction faible ;
- l'interaction forte ;
- l'interaction gravifique.
Dans ce cadre, le but à atteindre serait l'élaboration d'une théorie conciliant la Relativité générale et la Mécanique quantique, et donc les quatre interactions qu'elles déterminent en produisant la "grande unification".


3. En réalité, la théorie actuelle a d'abord réalisé l'unification des interactions faibles et électromagnétique à l'intérieur de la théorie "electro-faible", puis la "petite unification" qui concilie la théorie chronodynamique quantique de l'interaction forte, avec la théorie électro-faible à l'intérieur du "Modèle Standard".


4. Le modèle standard décrit chacun des types d'interaction par un échange de "boson intermédiaire", vecteur de cette interaction :

- l'interaction électromagnétique a pour vecteur le photon, boson de masse nulle ;
- l'interaction faible a pour vecteurs les bosons W+, W- et Z, de masse non nulle ;
- l'interaction forte a pour vecteurs huit variétés de bosons, tous de masse nulle ;
- la gravitation devrait avoir pour vecteur le graviton, boson de masse nulle (non observé à ce jour).


Le modèle standard reconnaît, en outre, comme particules élémentaires :

- d'une part, six leptons (particules insensibles à l'interaction forte), fermions répartis en trois générations chacune formés d'un couple, et tous observés expérimentalement :

* l'électon et le neutrino ;
* le muon mu et le neutrino mu ;
* le muon tau et le neutrino tau.

- d'autre part, six quarks à partir desquels sont formés les hadrons (particules sensibles à l'interaction forte), également répartis en trois générations chacune formée d'un couple :

* les quarks u ("up") et d ("down") ;
* les quarks s ("strange") et c ("charm") ;
* les quarks b ("bottom") et t ("top").



5. Par contre, la réalisation de la grande unification, qui nécessite d'établir une quantification de la matière gravifique, c'est-à-dire une théorie quantique des champs applicable à la Relativité générale, ne semble pas toute proche, même si la théorie des cordes paraît à certains une approche prometteuse.



6. On trouvera, pour illustrer ce qui précéde, la table des constantes physiques fondamentales au 31 décembre 2006, publiée le 9 mars 2007 par le CODATA (Committee on Data for Science and Technologie) en remplacement de la table au 31 décembre 2002, publiée le 9 décembre 2003.













dossier réalisé par Gérard Lang