Les mots arabes d'origine grecque ou latine





Note : l'abréviation MDJ signifie "Mot du jour" du forum Babel. Il est vivement recommandé d'ouvrir le fil indiqué entre parenthèses pour y lire, sur l'histoire du mot, d'importants développements qu'il aurait été souvent difficile de résumer ici.

Sources bibliographiques :
– Bailly, A., Dictionnaire grec-français, Hachette, 1901. (Abrégé en ligne).
– Belot, J., Dictionaire arabe-français « El-faraïd », Beyrouth, 1955.
– Chantraine, P., Dictionnaire étymologique de la langue grecque, 1968. (En ligne).
– Ernout, A. et Meillet, A., Dictionnaire étymologique de la langue latine, Klincksieck, 2000.
– Gaffiot, F., Dictionnaire latin-français, Hachette, 1934. (En ligne).
– Kazimirski, A. de Biberstein, Dictionnaire arabe-français, 1860. (En ligne).
– Rajki, A, Arabic Etymological Dictionary, 2002. (En ligne).
– Real Academia Española, Diccionario de la lengua española, 1970. (En ligne).
– Reig, D., Dictionnaire arabe-français français-arabe « As-Sabil », Librairie Larousse, 1983.
– Wehr, H., A dictionary of modern written arabic, edited by J. Milton Cowan, Cornell University Press, 1966. (Et en ligne).



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Etymologie arabe, dictionnaire des mots de l'arabe moderne d'origine non sémitique



إبليسʾiblīs : “diable, démon”, de διαϐολος [diabolos], « celui qui désunit, dénigre, calomnie ». (Voir la grande famille BAL.)


أبنوسʾabnūs : “ébène”, de έϐενος [ebenos], “ébénier ; bois de l'ébénier”
Remarque : le mot grec pourrait bien être issu de l'égyptien [hbn(y)], même sens.


أخينوسʾaẖīnūs : “oursin”, de εχίνος [echinos], « hérisson, oursin ».


أرزّʾaruzz : “riz”, de όρυζα [oryza], même sens.


إزميلʾizmil : “ciseau (de sculpteur)”, de σμιλη [smilê], “couteau, ciseau, scalpel”.


أسطوانةʾusṭuwāna : “cylindre”, de στοα [stoa], « portique, galerie à colonnes ». (Voir la grande famille STATION).


إسفنجʾisfanj : “éponge”, de σπόγγος [spongos], même sens. (Voir le MDJ éponge).


أسقفʾusquf : “évèque”, de επισκοπος [episkopos], « gardien, surveillant ». (Voir la grande famille SPECTACLE).


إسمنتʾismant : “ciment”, de caementum, “moellon, pierre de taille”. (Voir la grande famille CADENCE, Homonymes et faux frères, et note 2).


إفريزʾifrīz : « frise », du bas latin phrygium (opus), « ouvrage phrygien », via l'italien dialectal du Nord friso, freso, correspondant à l'italien fregio, attesté comme terme d'architecture.


أفنديʾafandī : “monsieur, effendi”, via le turc, du grec vulgaire αφεντης [aphentês], “maître, seigneur”, du grec classique αυθεντης [authentês], “auteur responsable”.


أفيونʾafyūn : “opium”, de οπιον [opion], “suc du pavot”.


إقليمʾiqlīm : “région”, de κλίμα [klima], “inclinaison du ciel”. Cf. français climat.


أقيانوسʾuqyanus : “océan”, de Ωκεανός [Okeanos], “Océan (dieu de la mer), l’océan Atlantique”.
Remarque : uqyanus ne figure dans aucun dictionnaire courant. Hans Wehr donne cependant uqyanusiya, “Océanie”. Le mot arabe usuel pour “océan” est muḥīṭ.


إكسيرʾiksīr : « élixir », de ξηρίον [xêrion], « poudre siccative que l'on met sur les blessures », dérivé de ξηρός [xêros], « sec ».


ألماسʾalmās : “diamant”, de αδαμας [adamas], même sens. (Voir le MDJ adamantin).


إنجيلʾinǧīl : “évangile”, de ευαγγέλιον [evangelion], “récompense, action de grâces, sacrifice offert pour une bonne nouvelle ; évangile”.


أوقيةʾūqia : “once”, de uncia, même sens.


بتولةbatūla : “bouleau”, de betulla, même sens.


بدرومbadrūm : “cave, sous-sol”, de υποδρομος [hypodrome], “asile, refuge, abri”
Remarque : attention, ne pas confondre avec hippodrome...


برجburj : “bastion, tour”, de πύργος [pyrgos], “tour, enceinte formée de tours, citadelle, rempart”. (Voir le MDJ bourg).


برغلburġul : “gruau”, du grec moderne πλιγούρι [pligouri], même sens.


برفيرbirfir : “pourpre”, de πορφυρα [porphyra], même sens. (Voir le MDJ porphyre).


برقوقbarqūq : “prune, abricot”, de praecox, “précoce”. (Voir la grande famille CUISINE et le MDJ abricot).


بركانburkān : “volcan”, de Vulcanus, “Vulcain”.


برنسburnus : “burnous”, de βίρρος [birros], “courte capote à capuchon”.


بريدbarīd : “courrier, messager”, du latin tardif veredus, “cheval de poste”, via le grec byzantin βέρεδος. (Voir le MDJ palefroi).


بزلّةbizilla : “petit pois”, de l’italien piselli, même sens.
Remarques :
- Rajki vocalise bazilla.
- piselli est issu de πισος [pisos], “pois” via le latin pisum, même sens.


بطاقةbiṭāqa : “ticket, billet”, du grec tardif πιττακιον [pittakion], “tablette, billet, reçu”.


بطريكbaṭrīk : “patriarche”, de πατριάρχης [patriarchês], même sens.
Remarques :
- En fait, Rajki écrit baṭraq mais les trois dictionnaires consultés (Reig, Wehr, Kazimirski) s’accordent sur baṭrīk.
- Voir aussi biṭrīq : “aristocrate”, de patricius, “patricien”.


بظريقbiṭrīq : “patricien”, de patricius, même sens.
Remarques :
- Pour Reig, biṭrīq a le sens de “pingouin”, sans doute par métaphore, et pour Kazimirski, celui de “général d’une armée chrétienne”. Wehr donne les trois traductions.
- Voir baṭrīk : “patriarche”, issu de πατριάρχης.


بقدونسbaqdūnis : “persil”, de Μακεδόνες [Makedones], “Macédoniens”. Cf. français macédoine.


بقسbaqs : “buis”, de πυξος [pyxos], même sens.


بلغم balġam : “phlegme, pituite”, de φλέγμα [phlegma], même sens. (Voir le MDJ phlox)


بلورbillaur : “cristal”, de βήρυλλος [bêryllos], “béryl, pierre précieuse couleur de mer”. (Voir le MDJ Brille).


بوق būq : “clairon, cor, corne, trompette”, de būcina, “trompette”, via l’araméen bucina.


بيطريbaiṭarī : “vétérinaire”, du latin tardif vetarius ?
Question : Ce vetarius donné par Rajki est-il attesté ? Ne serait-ce pas plutôt veterarius, “de vieille date” ? Ou tout simplement veterinarius, « relatif aux bêtes de somme, vétérinaire ; médecin vétérinaire », donné par le TLF comme étymon de l’équivalent français ? (Voir le MDJ vetus).


تربيزة
طرابيظة
tarabīza ou ṭarābīza : « table », de τράπεζα [trapeza], même sens. (Cf. français trapèze).
Remarque : mot propre à l’arabe égyptien.


ترياقtiryāq : « antidote ; contrepoison ; panacée ; thériaque », de θηριακή [thêriakê], féminin substantivé de l'adjectif θηριακός [thêriakos], « qui concerne les bêtes sauvages, bon contre les morsures des bêtes sauvages », dérivé de θηρίον [thêriov] « bête féroce ou sauvage ».


تنّtunn : « thon », de θύννος [thynnos], via le latin thunnus, thynnus, même sens.


جمركǧumruk : “douane”, du latin tardif commercium.
Remarques :
- Rajki écrit kumruk mais c'est la graphie turque.
- Il écrit excommercium mais on peut se contenter de commercium, le préfixe ex- ne semblant pas avoir eu d'incidence sur l'arabe.


جمستǧamast : “améthyste”, de αμεθυστος [amethystos], “remède contre l’ivresse”, dérivé de μεθυ [methy], “vin”.
Remarques :
- Hypothèse étymologique personnelle, à vérifier.
- Les Anciens attribuaient à cette pierre de couleur violette – celle du vin coupé d’eau – la propriété de préserver de l’ivresse...


جنسǧins : “genre”, de γενος [genos], « naissance, famille, race ». (Voir la grande famille GENS).


جنّǧinn : “génie ; démon”, de genius, divinité qui préside à la naissance. (Voir la grande famille GENS).
Remarque : C'est l'option de Rajki. Elle ne fait pas l'unanimité. Certains pensent que ce mot relève de la racine homonyme ǧanna, "rendre fou", d'origine inconnue. D'autres qu'il relève de la racine ǧanna, "cacher, couvrir", d'origine sémitique, et que ces deux racines n'en font qu'une.


خريطةẖarīṭa : “carte (de géographie)”, de χαρτης [khartês], « rouleau de papyrus ».
Remarques :
1. avec son i long (absent du grec) et sa forme d'adjectif féminin (substantivé), ce mot est plus probablement dérivé de la racine ẖrṭ, "dépouiller une branche de ses feuilles ; façonner (une pièce de bois ou de métal)". C'est le choix de Reig et de Wehr. (C'est aussi celui de Kazimirski mais avec un autre sens, celui de "sac, cabas"...).
2. voir aussi qirṭās.


خوريẖūrī : “prêtre”, de χορός [khoros], “chœur”. Cf. français chœur.


درهمdirham : “dirham”, de δραχμή [drakhmê ], “drachme”. (Voir le MDJ drahoma).


دفترdaftar : “cahier”, de διφθέρα [diphthera], “peau travaillée, fourrure, cuir ; peau pour écrire, parchemin”. Cf. français diphtérie.


دفلىdiflā : “laurier-rose”, de δάφνη [daphnê], “laurier”. (Voir le MDJ espagnol adelfa).


دلفينdulfīn : “dauphin”, de δελφίς [delphis], même sens.
Remarque : Rajki et Wehr donnent aussi la variante darfīl.


دومانdūmān : “gouvernail, timon”, via l’italien timone, même sens, du latin populaire timonem, accusatif de timo, altération de temo, -onis « flèche d'un char, d'une charrue, perche, traverse ». Il pourrait s’agir d’un terme d’origine gauloise.


دينارdīnār : “denier, dinar”, de denarius, “denier”, via le bas grec δηνάριον.


زمردzumurrud : “émeraude”, de σμάραγδος [smáragdos], “émeraude ou autre pierre verte”. (Voir le MDJ émeraude).


زنجفرzinǧafr : “cinabre”, de κιννάϐαρι [kinnabari], “cinabre, sang de dragon, sorte de teinture ; plante tinctoriale, garance”.


سجّلsaǧǧala : “enregistrer”, de sigillum, « sceau, seing », diminutif de signum. (Voir la grande famille SIGNE.)


سطلsaṭl : “seau”, de situla, même sens.


سفودsaffud : “brochette”, de σποδος [spodos], “braise, cendre”.


سقلبيsaqlabī : “slave”, du latin médiéval sclavus, “slave ; esclave”. (Voir la grande famille CLOVIS, Curiosités, esclave).


سكرsukkar : “sucre”, de σάκχαρ [sakchar], même sens.
Remarques :
- Le mot grec est lui-même un emprunt au pāli sakharā, même sens (du sanskrit sarkarā f.) ; en fait, il s'agit d'une concrétion siliceuse qui se trouve dans les entre-noeuds de certains bambous, importée d'Inde en petite quantité et utilisée pour la médecine.
- Il reste à vérifier si, sans passer par le grec, l'arabe n'aurait pas été lui aussi emprunté directement au pāli. (Remarque de Christian Boudignon, Université de Provence).
- Le latin saccharum est formé sur l’accusatif σάκχαρον [sakcharon].
- C'est le mot arabe qui est à l'origine des dénominations du sucre dans la plupart des langues européennes modernes.
(Voir le MDJ sucre)

سلورsillaur : « sillure », de σιλουρος [silouros], « grand poisson de rivière ».


سليمانيsulaimānī : “chlorure de mercure”, du latin médiéval sublimatum, même sens, avec contamination évidente de sulaimān, “Salomon”.


سمة sima : “signe, marque”, de σημα [sêma], même sens.


سمتsamt : “sentier”, de semita, même sens.
Remarque : samt étant l’étymon de zénith et azimut, on voit que ces deux mots sont eux aussi finalement d’origine latine.


سمندرsamandar : “salamandre”, de σαλαμάνδρα [salamandra], même sens.


سنطورsunṭūr : “psaltérion ; tympanon”, de ψαλτήριον [psaltêrion], même sens.


سيماءsima : “signe, caractère”, de σῆμα [sêma], “signe”. (Voir le MDJ sémaphore).


شمندورةšamandūra : “bouée”, de σημαντηριον [sêmantêrion], “sceau, marque”. (Voir le MDJ sémaphore).


صراطṣirāṭ : “route”, du latin tardif strata (via), “chaussée”. (Cf. italien strada et anglais street).


صندقṣanduq : “boîte”, de συνδοχειον [syndocheion], même sens.
Remarque : voir plus bas funduq de πανδοχεῖον, autre dérivé du verbe δεχομαι.


طاجنṭāǧin : “tajine”, de ταγηνον [tagênon], “poêle (à cuire)”.


طاولةṭāwla : “table”, de tabula, “planche”.


طاووسṭāwūs : “paon”, de ταως [taôs], même sens.


طرخونṭarẖūn : « estragon », de δρακόντιον [drakontion], «serpentaire», via le syriaque.
Remarque : à l’article estragon, le TLF précise : « Emprunt, par l'intermédiaire du latin médiéval tarcon, altarcon, latin botanique tarchon, grec médiéval ταρχόν, à l'arabe tarẖūn et celui-ci probablement au grec classique δρακόντιον « serpentaire ». Le es- initial s'explique mal. »


طقسṭaqs : “temps (qu’il fait) ; rite”, de ταξις [taxis], “arrangement, ordre”. Cf. français taux, taxer.


طلسمṭilasm : “talisman”, de τέλεσμα [telesma], “imposition, impôt, contribution ; rite religieux ; objet consacré, talisman”.


عربة ‘araba : “voiture, char”, de αρμα [harma], “char de combat ou de course”. (Cf. fr. arme, harmonie, etc. Voir la grande famille ART).


عسكر ‘askar : “troupe armée”, de exercitus, “armée, corps de troupes”.
Remarques :
- Cette étymologie est mise en doute par Christian Boudignon (Université de Provence)
- Ce mot est probablement l’étymon du français lascar. (Voir le MDJ lascar).


غنغرةġanġara : « gangrène », de γάγγραινα [gangraina], même sens.


فاتورةfātūra : “facture”, du latin impérial factura, « façon, fabrication », d'origine populaire, via l’italien fattura, “facture”. (Voir la grande famille FAIRE.)


فاصوليةfāṣūliya : « haricot », de φάσηλος [phasêlos], “banette”, via le grec moderne φασούλι [phasouli], “haricot”.
Remarque : les mots français flageolet, fayot et faséole ont le même étymon, via les formes latines phaseolus et fasiolus.


فانوسfānūs (syrien) : “lanterne, fanal”, de φανος [phanos], “torche”.


فراولةfarāwula : “fraise”, du latin populaire fraga, pluriel neutre du classique fragum, « fraise (des bois) », via l’italien fragola, même sens.


فربيونfarbiyūn : « euphorbe », du latin impérial euphorbea, euphorbia, même sens, du nom d'Euphorbus, médecin du roi de Mauritanie Juba.


فردوسfirdaus : “paradis”, de παραδεισος [paradeisos], “parc clos pour bêtes sauvages ; jardin d’agrément”.
Remarque : d’après Chantraine, le grec est pris à un iranien moyen *pardēz. Il n’est pas sûr que le mot ait transité par le grec pour arriver à l’arabe.


فرفورةfurfūra : “pourpre (coquillage)”, de πορφυρα [porphyra], “coquillage dont on tire la pourpre”, via le latin purpura, même sens.
Remarque : le même étymon est à l’origine de birfir, même sens.


فرنfurn : "fourneau, boulangerie", de furnus, via l’italien forno, même sens.


فسيفساءfusaifisāʾ : “mosaïque”, de ψηφος [psêphos], “petit caillou”.


فلسfils : “fils” (nom d’une monnaie), de φολις [pholis], “écaille, plaque”.
Problème : cette étymologie a été contestée et longuement discutée dans le MDJ flousse. Certaines questions restent en suspens.


فلسفةfalsafa : “philosophie”, de φιλοσοφία [philosophia], même sens.


فلكfulk : “felouque”, de εφολκιον [epholkion], “barque tirée par un plus gros bateau”. (Voir le MDJ felouque).


فلنكةfalanka (égyptien) : “traverse (de chemin de fer)”, de φάλαγξ [phalanx], “bille de bois, rondin”. Cf. français phalange.
Remarque : le même étymon est à l’origine de faylak, “phalange (militaire)”.


فنارfanar : “phare ; lanterne, lampe”, du grec byzantin φανάριον [phanárion], “lanterne”. (Voir le MDJ phare).


فندقfindiq ou funduq : “noix avellane”, de ποντικος [pontikos], “originaire du Pont”.
Remarque : Kazimirski vocalise funduq et renvoie à bunduq, dont il est une variante moins ambigüe puisqu’elle évite une éventuelle confusion avec funduq = français auberge. Rajki fait l’inverse : il renvoie de bunduq à funduq findiq. (Voir les MDJ pontife, et surtout Pont Euxin).


فندقfunduq : “auberge”, de πανδοχεῖον [pandokheion], même sens. (Cf. espagnol fonda).
Remarques :
- Homonyme de funduq variante de bunduq, “noix avellane”.
- Voir ṣanduq de συνδοχεῖον, autre dérivé du verbe δεχομαι.


فوانياfawāniya : « pivoine », de παιωνία [paiônia], même sens, féminin substantivé de l'adjectif παιώνιος [paiônios], « relatif à Paeôn, propre à guérir », de παιών [paiôn], « Paeôn, littéralement le guérisseur, le secourable ».
Remarques :
- Hypothèse étymologique personnelle, à vérifier.
- Le français pivoine est issu du même étymon via le latin paeonia.


فيلقfaylak : “phalange (militaire)”, de φάλαγξ [phalanx], même sens.
Remarque : le même étymon est, avec son sens initial de “bille de bois, rondin”, à l’origine de falanka (égyptien) : “traverse (de chemin de fer)”.


قاربqārib : “bateau”, de καραϐος [karabos], “langouste, bateau léger”.


قالبqālab, qālib  : “forme, moule”, de καλόπους, καλάπους [kalopous, kalapous], “forme en bois pour fabriquer des chaussures”. Cf. français calibre.


قانونqanun : “loi, canon”, κανων [kanon], “baguette droite, règle”. (Voir le MDJ canon).


قرشqirš : “piastre”, de grossus, “gros (nom d’une monnaie)”.
Remarque : grossus qualifie denarius, sous-entendu. Voir note qui suit.
Note : Le gros de Prague (en tchèque : pražský groš, en allemand : Prager Groschen, en latin : grossus pragensis, en polonais : grosz praski) est une unité monétaire d'argent, créée sur les conseils de banquiers et d'avocats lombards, en 1300, par le roi de Bohême Venceslas II. Elle est longtemps la monnaie de référence en Europe centrale. Son nom est issu du latin denarius grossus ou gros denier. (Wikipedia)


قرطاس qirṭās : “cahier, feuille, papier”, de χαρτης [khartês], « rouleau de papyrus ».
Remarques :
1. On vocalise aussi qurṭās et qarṭās.
2. Voir aussi ẖarīṭa.


قرن qarn : “siècle”, de χρονος [chronos], “temps”
Remarque : étymologie proposée par Nourai.


قرنبيطqarnabīṭ : “chou-fleur”, du grec moderne κουνουπιδι [kounoupidi], même sens.


قرنفلqaranful : “œillet”, de καρυοφυλλον [karyophyllon], “bouton séché de la girofle, clou de girofle”.


قسطلqasṭal : “châtaignes”, de κάστανον [kastanov], même sens.
Remarque : le mot grec a probablement été lui-même emprunté à une langue de l’Asie Mineure.


قصرqaṣr : “château”, de castrum, “retranchement, lieu fortifié”. (Cf. espagnol alcázar).


قفص qafaṣ : “cage”, du latin capsa, “boîte, caisse en bois circulaire”, via le grec καψα [kapsa], même sens.


قلايةqallāya : “cellule”, de cella, “petite chambre, cellule”. (Voir la grande famille CELER).


قلقاسqulqās : “colocase”, de κολοκάσιον [kolokasion], désignant la racine d'une plante égyptienne et cette plante elle-même.
Remarque : colocase est le nom savant d’une plante plus connue sous celui de taro, mot emprunté au tahitien. À la Réunion et à l’Ile Maurice, cette plante est connue sous le nom de songe ou arouille violette. En Guyane, Martinique et Guadeloupe on l’appelle dachine ou madère ou encore chou de Chine.


قلمqalam : “calame”, de κάλαμος [kalamos], “roseau”. (Voir le MDJ calmar).


قميصqamīṣ : "chemise", du latin tardif camisia, même sens, d’origine inconnue.


قنبqinnab : “cannabis”, de κάνναϐις [kannabis], même sens.


قنديلqandīl : “lampe”, de candela, “cierge, chandelle”. (Cf. espagnol candíl, “lampe à huile”).


قنطارqinṭār : “quintal”, du latin tardif centenarium, « poids de cent livres », via le grec médiéval κεντηνάριον [kentênarion].
Remarque : le mot français quintal est issu de l’arabe qinṭār par l'intermédiaire du latin médiéval quintale.


قنطاريونqinṭāriyūn : “centaurée”, de κενταύρειον [kentaureion], proprement « plante de centaure ».


قولنجqūlanǧ : “colique”, de κωλικός [kôlikos], « qui souffre du côlon », dérivé de κω̃λον [kôlon], « côlon ».


قيتارqītār : “cithare”, de κιθάρα [kithara], « sorte de luth ou de lyre ».
Remarque : le mot et l’instrument qu’il désigne sont probablement d’origine orientale.


قيراط qīrāṭ : “carat”, de κεράτιον [keration], « caroube ; petit poids ».


قيصارqayṣār : “empereur”, de Caesar, “César, empereur”. (Cf. Kaiser, Tsar).


كبرkabar : “câpre”, de καππαρις [kapparis], même sens.


كتيبة katība : « bataillon, détachement, cohorte, phalange », de caterva, "corps de troupe, bataillon, troupe, bande guerrière"
Remarque : c’est une hypothèse personnelle qui repose sur la difficulté sémantique à rattacher ce mot à la racine k-t-b, "écrire", et sur la proximité sémantico- formelle entre les deux mots.


كربال
غربال
kirbāl ou ġirbāl  : “crible”, de cribellum, même sens. (Voir la grande famille CRIBLE).


كرزkaraza : “prêcher (l’Évangile), répandre (la bonne nouvelle)”, de κηρυξ [kêryx], “héraut”.


كرنبkurnub : “chou”, de κραμϐη [krambê], même sens.


كروياkarawyā : « carvi, cumin des prés », du grec κάρον, καρώ, [karon, karô], même sens.


كنيسة kanīsa : “église, synagogue, temple”, de εκκλησια [ekklêsia], « assemblée de citoyens » employé dans le Nouveau Testament au sens de « assemblée de Chrétiens ».
Remarque : le mot est à l’évidence sans rapport avec la racine kns, « balayer », qui est probablement sémitique.


كوب kūb : “coupe, gobelet”, de cuppa, via le syriaque kūba, même sens.


كيمياءkīmiāʾ : “chimie”, du grec tardif χημεία [chêmeia], même sens.


لوكاندةlūkānda : “hôtel bon marché, pension de famille” de l’italien locanda, même sens.
Remarques :
- lūkānda est de l’arabe égyptien.
- L’italien locanda est issu du latin locanda, féminin de locandus, gérondif du verbe locare, « placer ; louer ».


ليمانliman : “port”, de λιμην [limên], “port, rade”.


مرجانmarǧān : “corail”, de μαργαρίτης [margaritês], “perle”. (Voir le MDJ marguerite).


مرمرmarmar : « marbre », de marmor, même sens.


مصطكاءmaṣṭakāʾ : « mastic », de μαστίχη [mastikhê], « gomme du lentisque ».


مغنطيسmaġnaṭīs : “aimant”, de Μαγνηθις [Magnêtis], “Magnète, de Magnésie”. Cf. français magnétique.


مكينةmakīna : “machine” , de l’italien macchina, même sens.
Remarque : l’italien macchina est issu, comme le français machine, du latin machina, « invention, machination » et, au sens concret, de « machine, engin » ; emprunt ancien au grec μαχανα [machana]́, forme dorienne de μηχανή [mêchanê], « moyen (en général) » d'où le sens matériel « machine », notamment « machine de guerre ; machinerie de théâtre » et aussi toute espèce de combinaison, d'invention, parfois pris en mauvaise part.


منجلةminǧala : “étau”, de μαγγανον [manganon], “machin, truc”. (Voir le MDJ mangonneau)


منديلmandīl : “mouchoir”, du latin tardif mantellum, “manteau, couverture”. (Cf. espagnol mandíl, “tablier”)


موسيقىmūsīqā : “musique”, de μουσική [mousikê], “(art) propre aux Muses”.


موضة
مودة
mūda ou mūḍa : “mode”, de l’italien moda, même sens.
Remarque : l’italien moda est issu, comme le français mode, du latin modus (qui était masculin), « mesure, étendue ; modération » et divers autres sens en musique et grammaire.


ميلmīl : “mile, mille (distance)”, de mille, “un millier, mille”


ناموسnāmūs : “loi”, de νόμος [nomos], “conforme à la règle, à l’usage, aux lois ; loi”. (Voir le MDJ numismatique).


نرفزةnarfaza : “nervosité”, de nervosus, -a, “nerveux”.


نوتيnūtī : “marin, nautique”, de ναυτικός [nautikos], même sens.


هالةhāla : “halo”, de άλως [halôs], “aire à battre le blé ; surface ronde et unie ; cercle lumineux autour du soleil ou de la lune”.


هرطوقيharṭūqī : « hérétique (religion chrétienne) », de αιρετικός [hairetikos], « apte à choisir, qui choisit », via le latin d’Église haereticus, « hérétique ».


هملجhamlaǧa : “aller l’amble”, de ambulare, “aller et venir, marcher, se promener”, via l’ancien provençal amblar, “aller l’amble”.


هيولىhayūlā : “matière, substance”, de ύλη [hylê], “bois, matière”. Cf. français éthyle.


وابورwābūr : “machine à vapeur, locomotive, train ; réchaud à kérosène ”, du latin vapor, “vapeur”, via l’ialien vapore, même sens.
Remarque : il existe une variante populaire bābūr ; c’est celle que donne Rajki, avec le seul sens de “locomotive”.


ياقوتyāqūt : “rubis”, de υάκινθος [hyakinthos], “jacinthe ; hyacinthe”.


ينسونyansūn : “anis”, de ανησον [anêson], “anis vert”.


يونانyunan : “grec, ionien”, de Ιωνες [Iônes], “Ioniens”. (Voir le MDJ grec).





Auteur : Jean-Claude Rolland
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