erictus
Inscrit le: 07 Aug 2022 Messages: 18 Lieu: Ales
|
écrit le Sunday 04 Aug 24, 20:05 |
|
|
Hello,
Je m'intéresse à une formule épigraphique que l'on retrouve surtout sur des bornes frontières Hispaniques :
"terminus augustalis"
Ce qui est traduis par "la borne d'Auguste".
Je m'interroge sur une autre possibilité de lecture qui serait "la borne est Auguste", comme si elle reflétait cette ambivalence entre le pouvoir politique et religieux d'Auguste (c'est le pontifex maximus en même temps que le Caesar).
Outre que "Auguste" a une connotation religieuse, cela pourrait s’accorder avec le fait que terminus, la borne en latin est aussi le dieu Terminus (ou Jupiter Terminus).
Les textes qui parlent de Terminus, comme Ovide dans les Fastes au sujet des terminalia fêtées le 23 février (Ovide, Fastes, II, 639-684), montrent en gros que la borne terminus, l'objet, est Terminus le dieu. Ils sont vus comme consubstantiels.
Ovide s'adresse à la borne/dieu :
"Ô Terminus, que tu sois pierre ou souche enfoncée dans la terre, toi aussi, de toute antiquité tu as un pouvoir divin."
Dans la fête, la borne est choyée, décorée de guirlandes et en plus de lui faire des offrandes, on lui verse dessus le sang sacrificiel.
De plus, l'ambiance religieuse se vérifie dans la forme de deux de ces bornes : ce sont des autels.
Bref la borne est sacrée et divine, d'où mon interrogation.
Vu comme ça, la formule "terminus augustalis" serait le point de vue terrestre en miroir du point de vue céleste, l'épiclèse : "Jupiter terminalis" (chez les grecs "Zeus horios")
Plausible ?
Une de ces inscriptions au complet (AE 1946, 0011 - CIL 02, 00858) :
[I]mp(erator) C[aes]ar Au[gustu]s / [p]ontif(ex) max(imus) tribun(icia) potes(tate) / XXVIII co(n)s(ul) XIII pater patr(iae) / [t]erminus August(alis) inter / M[ir]obr(igam) Valut(am) et Bletis(ae) val(lem) |
|