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Méduse, phénomène et anecdote : mots français issus de participes grecs - Forum grec - Forum Babel
Méduse, phénomène et anecdote : mots français issus de participes grecs

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Ion
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Messageécrit le Wednesday 13 Jun 18, 18:31 Répondre en citant ce message   

I. Participe présent actif
a) masculin (finale -ων, -οντος -ōn, -ontos)
horizon : repose sur le grec ὁρίζων, ὁρίζοντος horízōn horízontos « bornant, qui délimite », de ὁρίζω horízō « borner, définir, délimiter », d’abord dans l’expression ὁ ὁρίζων κύκλος ho horízōn kúklos, « le cercle limitant (la vue) ».
Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française a écrit:
réfection étymologique tardive (déb. XVIIe siècle) de orizonte (après 1250) puis orizon (1328) cf. lat. savant horizon, horizontis
N.B. all. Horizont russe горизо́нт gorizont
archonte nom français d’un haut magistrat notamment athénien, dont le nom grec est ὁ ἄρχων ἄρχοντος : ho árchōn, árchontos « commandant, qui commande » participe présent actif substantivé de ἄρχω árchō au sens de « commander ».
b) féminin (finale -ουσα, -ούσης -ousa, oúsēs)
méduse : le nom de l’animal aux longs tentacules ondoyants repose sur le nom propre Μέδουσα « Méduse » qui désignait une Gorgone à la chevelure de serpents. Ce nom est le participe du verbe μέδω médō « régner sur, maintenir fermement dans la bonne règle, dans la juste mesure ». Bizarre, pour un monstre.
hypoténuse : célèbre pour son carré constituant le Pont aux Ânes, repose sur le pariticipe de ὑποτείνω hupoteínō«  sous-tendre », d’abord dans l’expression ἡ τὴν ὀρθὴν γωνίαν ὑποτείνουσα πλευρά hē tḕn orthḕn gōnían hupoteínousa pleurá « le côté qui sous-tend l’angle droit » (c.-à-d. « le côté opposé à l’angle droit »)

II. Participe présent moyen-passif (finale masc. : -μενος -menos, fém. -μένη -ménē, neutre -μενον -menon)
prolégomènes προλεγόμενα (neutre pluriel) prolegómena « choses dites d’abord, discours préalables, préface », de προλέγω prolégō « dire d’abord ». Cf. les Prolégomènes à toute métaphysique future, de Kant. Au XIXe siècle, les éditions d’auteurs anciens étaient précédées de dizaines de pages de prolegomena.
énergumène repose sur ἐνεργούμενος energoúmenos « travaillé de l’intérieur »,  ensuite « possédé du démon », de ἐνεργέω energéō « agir, agir sur, influencer » (en- « dans », érgon « action »)
oekoumène « espace habitable de la surface terrestre » est le participe (féminin sing.) de οἰκέω oikéō « habiter », d’abord dans l’expression ἡ οἰκουμένη γῆ hē oikouménē gê « la Terre habitée ». Cf. oecuménique, « qui concerne la Terre entière »
phénomène repose sur le neutre τὸ φαινόμενον tò fainómenon « ce qui se montre, ce qui apparaît », de φαίνομαι faínomai « briller, se montrer, apparaîre, être évident », aussi « sembler », moyen-passif de φαίνω faínō « faire briller... » Cf. le noumène de Kant, « ce qui est conçu par l’esprit » formation parallèle à phénomène (τὸ νοούμενον tò noοúmenon de νοέω noéō)
catéchumène « aspirant au baptême chrétien recevant l’instruction appropriée » repose sur le participe présent passif κατηχούμενος katēkhoúmenos de κατηχέω katēkhéō « faire résonner,  instruire par la voix », lui-même composé de ἠχέω ēkhéō, cf. ἡ ἠχώ, ἠχοῦς hē ēkhṓ, ēkhoûs « l’écho ». Cet aspirant est donc « celui dont on rebat les oreilles, celui à qui l’on fait une tête comme un camion ».

III. J’ajoute enfin des mots reposant sur des adjectifs verbaux en -tós qui équivalent parfois à un participe parfait passif [1]
anecdote repose sur ἀνέκδοτος anékdotos, « inédit », composé d’un an- privatif et de ἔκδοτος, ékdotos adjectif verbal de ἐκδίδωμι ekdídōmi « faire sortir en donnant, livrer, éditer ». Le sens actuel de « petite information sans importance mais pittoresque » dérive d’un titre d’ouvrage au neutre pluriel, Ἀνέκδοτα Anékdota « Inédits », où Procope, auteur byzantin du VIe siècle, relate des anecdotes plus croustillantes que ce que contenaient ses travaux historiques précédemment édités.
asymptote « droite qui ne rencontre une courbe qu’à l’infini » repose sur ἀσύμπτωτος, composé d’un an- privatif et de l’adjectif verbal inusité de συμπίπτω sumpíptō « tomber sur, se rencontrer, se réunir », qui a le sens actif dans l’expression ἀσύμπτωτος γραμμή asúmptōtos grammḗ « ligne qui ne rencontre pas (une courbe) »
asyndète « absence de liaison » (nom d’une figure de style) : repose sur ἀσύνδετος asúndetos « non-attaché » composé d’un a- privatif et de l’adjectif verbal σύνδετος súndetos de συνδέω sundéō « attacher ensemble »
azote « (gaz) qui n’entretient pas la vie » est un mot forgé par Guyton de Morveau et Lavoisier (1787) cf. Le Robert, Dict. Hist., avec un a- privatif et un adjectif verbal refait sur ζώω zṓō « vivre ». En grec, ἄζωτον ázōton existe seulement chez Hésychios, glosé ἀβίωτον (abíōton « qu’on ne peut vivre, insupportable à vivre, invivable » mot qui désigne aussi la ciguë, κώνειον kṓneion (« à laquelle on ne survit pas »).
ptérygote « insecte dont la forme adulte porte des ailes ou des vestiges d’ailes » (PLI – c’est-à-dire environ tous les insectes) repose sur πτερυγωτός pterugōtós « ailé » (Aristote, Aristophane…), adjectif verbal de πτερυγόω pterugóō « munir d’ailes ».
zygote « œuf fécondé avant la première segmentation » (Petit Robert) repose sur ζυγωτός zugōtós « attelé  », adjectif verbal de ζυγόω zugóō « atteler ». C’est que les gènes paternels et maternels sont appariés. On parle d’homozygote quand les gènes appariés sont semblables et d’hétérozygote quand il s’agit d’allèles différents.

[1] Cet adjectif verbal peut prendre des valeurs différentes : dans certain cas le sens est actif (ex. : ἱππόβοτος hippóbotos « qui nourrit les chevaux » en face de τὸ βοτόν tò botón « tête de bétail, animal que l’on mène au pâturage » supposant l’adjectif verbal passif inusité *βοτός *botós de βόσκω bóskō « faire paître, mener paître » ) - et souvent l’adjectif exprime une possibilité (διδακτός didaktós « enseignable »).
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embatérienne
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Messageécrit le Thursday 14 Jun 18, 7:38 Répondre en citant ce message   

Merci Ion, très intéressant.
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Outis
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Messageécrit le Thursday 14 Jun 18, 15:23 Répondre en citant ce message   

Oui, très belle et claire étude.

À propos de Méduse, je recommande la très-exhaustive page que Wikipedia lui consacre. On peut d'ailleurs y constater que les multiples analyses du mythe s'offusquent assez peu du nom de souveraine et de dirigeante porté par cette monstrueuse héroïne. Je me demande si, lors d'une étape primitive, Méduse n'était pas tout simplement la « reine » des Gorgones …
J'avouerai être chaque fois effrayé par sa tête coupée d'où sort toute vermine (Rubens, Vienne Kunsthistorisches M.) mais j'ajouterai avoir été plus que séduit par l'ophidienne figure de cette dame dans le Choc des Titans

Enfin, j'ajouterai à la liste de participes de Ion les paralipomènes, du grec παραλείπω, [paraleípō] « omettre, oublier, laisser à part » qui désignent des fragments de texte que l'on ajoute à la suite d'un ouvrage parce qu'ils y ont été oubliés. C'est en particulier le nom qui est donné aux Chroniques dans l'Ancien Testament qui relatent des faits omis dans les livres des Rois.
En fait, ces paralipomènes ne sont jamais que des reliquats et on ne s'étonnera pas que le grec /lipo/ et le latin /liqua/ soient tous deux issus de l'eurindien *lei-kʷ- « laisser ».
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Ion
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Messageécrit le Thursday 14 Jun 18, 20:04 Répondre en citant ce message   

Merci pour ces compliments !

La tête de Méduse semble avoir été le spectacle le plus effrayant que les Grecs pouvaient concevoir : je connais une peinture sur vase [1] qui la représente sur un bouclier, Les yeux écarquillés la bouche grande ouverte, langue sortie, mufle retroussé découvrant des défenses de sanglier... On espérait sans doute « pétrifier » l’adversaire de terreur. Curieusement, les serpents ne sont pas toujours visibles.

[1] Faites une recherche sur « Oinochoe (ou oenochoé) Chigi ». Méduse est sur l’un des deux boucliers visibles en entier.

Parmi les paralipomènes, mentionnons aussi Τὰ παραλειπόμενα Ὁμήρου Tà paraleipómena Homḗrou « Ce qu’Homère laisse de côté », titre parfois donné anciennement au poème de Quintus de Smyrne plus connu sous le nom de Τὰ μεθ᾿ Ὅμηρον Tà meth’ Hómēron « Ce qui suit Homère » (depuis la mort d’Hector jusqu’à la chute de Troie).
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Ion
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Messageécrit le Tuesday 19 Jun 18, 20:41 Répondre en citant ce message   

Le nom de Méduse (« qui impose fermement la bonne règle ») est donc bizarre pour un monstre, car il désigne un rôle honorable de dirigeant attentif à la bonne tenue de ses subordonnés.

Remarquons d’abord que, si Méduse est effrayante, elle ne cherche pas spécialement à nuire. Elle habite d’ailleurs loin à l’Ouest, sur une île de l’Océan, dans un cadre agréable (tendre prairie parsemée de fleurs de printemps), et ne fréquente aucun humain : pour arriver chez elle et la décapiter, le héros Persée doit accomplir un long voyage aérien.

Mais Méduse ne vivait qu’avec ses deux sœurs, qui ont bien l’air de personnifier l’une sa force et l’autre son agilité. Grosso modo, elle était seule. Sur qui pouvait-elle bien régner ?

La littérature ne nous en dit rien, mais dans l’iconographie grecque archaïque (antérieure à 480 av. J-C.), nous trouvons plusieurs fois Méduse munie des attributs d’une maîtresse des animaux.

La Maîtresse des animaux est un personnage bien connu chez les Anciens. Ceux-ci étaient très sensibles à la différence entre deux mondes : le monde civilisé, qu’ils habitaient, et le monde de la nature sauvage, avec ses divinités particulières, comme ladite Maîtresse des animaux.

Voyez par exemple une assiette de Camiros (vers 600 av. J.-C. - Voir au bas de la page signalée) où Méduse tient deux canards par le cou. Méduse est d’ailleurs associée plusieurs fois à Artémis (Diane), la déesse classique des Forêts et Animaux sauvages. En effet, on trouve Méduse sur le fronton du temple d’Artémis à Corfou, accompagnée de deux grands félins, tandis que, sur le vase François, Artémis est figurée en Maîtresse des animaux, tenant par le cou un grand félin et un cervidé. Voir un autre exposé ici.

Ce trait de Méduse est néanmoins peu compatible avec le reste de ce que l’on sait d’elle. La conception de ce personnage a dû évoluer au cours des temps. Mais voici un petit hymne védique où transparaît chez le poète une certaine inquiétude, un certain malaise de se trouver dans le monde sauvage. Est-ce à mettre en rapport avec le caractère effrayant de Méduse ?

Ṛg Veda, 10, 146, cf. Le Veda, textes réunis et présentés par Jean Varenne, 1 p. 173 a écrit:
Araṇyānī (« la Forestière »)

Fée des bois ! Fée des bois !
Est-ce toi qui t’en vas là-bas ?
Comment ne t’enquiers-tu point du village ?
La peur ne te saisit-elle donc point ?

Ah ! le grillon appelle
et la cigale l’accompagne ;
on dirait la suite d’un roi marchant au son des cymbales
et c’est la Fée des bois qu’ils magnifient !

Sont-ce là des vaches qui paissent ?
Est-ce bien une maison que l’on voit ?
Ou un char qui grince ?
C’est la Fée des bois dans le soir !

En voici un qui appelle sa vache !
Un autre qui coupe du bois !
Il pense entendre des cris celui qui le soir
demeure chez la Fée des bois.

La Fée des bois ne frappe pas
à moins qu’on ne l’attaque ;
chez elle, on goûte à des fruits délicieux,
on se couche comme on le veut.

Parée de senteurs et d’onguents,
sans labourer elle a sa nourriture.
Mère des animaux sauvages,
la Fée des bois, je la salue !
(trad. J. Varenne)
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Outis
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Messageécrit le Wednesday 20 Jun 18, 11:43 Répondre en citant ce message   

Je ne crois pas beaucoup à l'assimilation Méduse/Artémis. Une tête ronde ne suffit pas à faire une gorgone et le fronton de Corfou manque de crocs. Quant à l'Artémis du vase François, elle n'a strictement rien d'une gorgone, elle y est une maîtresse des animaux, figure classique de cette Déesse.

Et il en est bien de même de l'Araṇyāni védique. La traduction/adaptation bucolique que Varenne donne de ṚV, X.146 masque un peu l'essentiel.

Le nom est formé sur araṇya avec le suffixe -ni/-nī (< eur. -*n(e)h₂) qui construit des théonymes féminins (cf. skr. Indraṇī, épouse d'Indra, lat. Lunā, Celle de la lumière, gr. Σελήνη, Celle de la splendeur).

Quant à araṇya, ce nom désigne toute terre qui n'est ni cultivée ni paturée (elle n'a pas été ordonnée/établie), cela va en Inde du désert à la forêt, c'est le domaine des animaux sauvages. Mais, ici, pas n'importe lesquels. L'hymne nomme Araṇyāni « mṛgāṇāṃ mātaram » mère des gibiers. Car mṛga n'est pas n'importe quel animal sauvage mais, indistinctement, le gibier quadrupède : cerf, biche, chevreuil, daim, antilope, etc. Cette mère des animaux est donc une pourvoyeuse de gibier, comme Artémis elle préside à la chasse, comme Artémis elle habite les ἔσχατα, ces terres au-delà de la cité et de ses champs et pâtures.

Loin d'être une gorgone, elle est en général favorable. L'hymne précise « na vā araṇyānir hanty anyaś cen nābhigachati », mot à mot « Araṇyāni ne frappe pas sauf si un autre s'approche ». Pour Sāyaṇa, cité par Geldner dans sa traduction, cet « autre » pourrait être un tigre, un brigand ou un équivalent.

Pour info, le texte de ṚV, X.146 :

araṇyāny araṇyāny asau yā preva naśyasi
kathāgrāmaṃ na pṛchasi na tvā bhīriva vindatīm [1]
vṛṣāravāya vadate yad upāvati ciccikaḥ
āghāṭibhir iva dhāvayann araṇyānir mahīyate [2]
uta gāva ivādanty uta veśmeva dṛśyate
uto araṇyāniḥ sāyaṃ śakaṭīr iva sarjati [3]
gām añgaiṣa ā hvayati dārv añgaiṣo apāvadhīt
vasann araṇyānyāṃ sāyam akrukṣad iti manyate [4]
na vā araṇyānir hanty anyaś cen nābhigachati
svādoḥ phalasya jagdhvāya yathākāmaṃ ni padyate [5]
āñjanagandhiṃ surabhiṃ bahvannām akṛṣīvalām
prāham mṛgāṇāṃ mātaram araṇyānim aśaṃsiṣam [6]
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Omicron



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Messageécrit le Wednesday 11 Jul 18, 9:01 Répondre en citant ce message   

Pour revenir au mot horizon dans la toute première intervention d'Ion ...

'horizon : repose sur le grec ὁρίζων, ὁρίζοντος horízōn horízontos « bornant, qui délimite », de ὁρίζω horízō « borner, définir, délimiter », d’abord dans l’expression ὁ ὁρίζων κύκλος ho horízōn kúklos, « le cercle limitant (la vue) ».
Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française a écrit: réfection étymologique tardive (déb. XVIIe siècle) de orizonte (après 1250) puis orizon (1328) cf. lat. savant horizon, horizontis'

L'étymologie donnée par le Robert ne semble pas donner le lien avec le mot Grec ... le dictionnaire Latin/Français de Gaffiot fait bien référence au mot grec pour horizon, ontis (m)

Le dictionnaire Littré semble être un peu plus fiable pour les étymologies de mot français : https://www.littre.org/definition/horizon
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Outis
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Messageécrit le Wednesday 11 Jul 18, 11:56 Répondre en citant ce message   

Le TLFi donne bien les deux étymons, le latin horizon, -ontis et le grec ὁρίζων, -οντος mais la mention de ce dernier n'apporte pas grand chose si on ne va pas un peu plus loin.

Le participe présent ὁρίζων « limitant » est issu du verbe ὁρίζω [horízō] « séparer, délimiter, définir ». Comme ὁριῶ et ὁρίσω (de mêmes sens) ces verbes sont des dénominatifs de ὃρος [hóros] « limite, borne, frontière », à ne pas confondre avec ὂρος [óros, sans aspiration] « montagne » en dépit de ce que certains prendraient à tort pour une proximité sémantique.

Parmi les dérivés de ὃρος on trouvera aussi bien ὃρια [hória] « région frontalière », que Ὃριος [Hórios] épithète de Zeus gardien des bornes des champs (il sera assimilé au petit dieu latin Terminus) ou même l'adjectif ὁρικός [horikós] « qui concerne la définition », cette dernière étant pour Aristote ce qui délimite une notion.

ὃρος n'a pas d'étymologie sûre mais on en rapproche le mycénien wo-wo [PYlos An 172] qui pourrait être ϝορϝος [worwos] (la chute des deux digammas entraînant l'aspiration initiale). Précédé d'un nom d'homme au génitif, il pourrait désigner le champ ou le pacage de celui-ci.
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Omicron



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Messageécrit le Wednesday 11 Jul 18, 14:59 Répondre en citant ce message   

On peut souligner, sans faire de lien avec les Grecs, que chez les Égyptiens, le hiéroglyphe de l'horizon est une montagne car le monde au-delà de leur pays était au-delà des montagnes. Le hiéroglyphe du coucher de soleil représente un soleil entre deux montagnes, c'est-à-dire quand le soleil touchait l'horizon.

A propos des rapprochements phonétiques, est-ce que l'on peut rapprocher ὁρίζων des mots qui tourne autour de horo-scope, heure/année, sommeil avec ὧρος , etc ...
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Outis
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Messageécrit le Wednesday 11 Jul 18, 15:46 Répondre en citant ce message   

On peut toujours tout rapprocher de tout. C'est amusant, donc légitime, et ça s'appelle de la poésie

Avec l'horoscope et l'heure nous aurons les Heures, et Héra, et Héraklès, sans oublier Horus, bien sûr, dans sa titulature Horus-des-deux-horizons ou Horus-habitant-l'horizon, selon qu'on considère la désinence -t comme marquant un duel ou un locatif (mes souvenirs de l'égyptien sont bien trop éloignés pour que j'en décide).

Et ça a sûrement sa place sur Babel à condition d'en bien préciser les limites et de ne pas croire que le chien est naturellement domestique par le simple fait de la paronymie chien/sien
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