Présentation et histoire de la langue roumaine - Projet Babel
grammaire roumain  





1. INTRODUCTION


Ceci est une brève présentation de la langue roumaine. Elle n’est pas suffisante pour apprendre la langue, mais elle est censée donner un aperçu de ses principales caractéristiques, étant conçue de façon à ce que ceux qui s’y intéressent puissent prendre conscience de ses particularités structurelles par rapport au français.


1.1. CLASSIFICATION ET STATUT


Le roumain (ou daco-roumain) est une langue indo-européenne du groupe italique, faisant partie du sous-groupe oriental des langues romanes. Parmi celles-ci, le roumain est au cinquième rang quant au nombre de locuteurs, après l’espagnol, le portugais, le français et l’italien.


Le roumain est parlé par 26 millions de personnes environ, dont 20 millions en Roumanie (où le roumain est langue officielle et, conformément aux données du recensement de 2002, langue maternelle de plus de 90% de la population). Le roumain a le statut de langue d’État en République de Moldavie, où il porte le nom de moldave, étant la langue maternelle de 80% de la population. Il est aussi l’une des six langues officielles de la Province autonome de Voïvodine (Serbie). Le roumain est également langue officielle ou administrative dans quelques organismes internationaux, tels l’Union Latine et l’Union Européenne.


1.2. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE


Le roumain est parlé, en dehors de la Roumanie (20 millions de locuteurs), dans les pays suivants : République de Moldavie (2,6 millions), Etats-Unis (300 000), Ukraine (330 000), Israël (250 000), Russie (180 000), Serbie (70 000), Canada (60 000), Kazakhstan (20 000), Hongrie (8 500). Il y a des locuteurs du roumain émigrés dans d'autres pays aussi : Italie, Espagne, Allemagne, France, Australie, etc.


1.3. LANGUES LES PLUS PROCHES


– l’aroumain (300 000 locuteurs) – en Grèce, République de Macédoine, Albanie, Bulgarie

– le mégléno-roumain (12 000 à 20 000) – en Grèce

– l’istro-roumain (500 à 1500) – en Croatie (péninsule d’Istrie)


Traditionnellement, les linguistes roumains considèrent ces langues comme des dialectes du roumain, à côté du daco-roumain (le roumain de Roumanie), mais l’idée que ce sont des langues à part s’impose de plus en plus.


1.4. VARIANTES RÉGIONALES


Les linguistes qui considèrent que les langues mentionnées plus haut sont des dialectes du roumain, parlent de sous-dialectes ou parlers du daco-roumain. Si on considère ces langues comme à part, on peut parler de dialectes du roumain de Roumanie. De toutes façons, les différences entre ceux-ci sont très petites, contrairement aux dialectes de l’allemand ou de l’italien, par exemple.


Ces parlers sont celui de Valachie, celui de Moldavie (où on peut inclure la langue majoritaire de la République de Moldavie), celui de Transylvanie, celui du Banat et celui du Maramureş.


1.5. HISTOIRE


Le roumain s’est formé à la suite de la conquête de la Dacie (actuel territoire de la Roumanie) par les Romains, au 1er siècle après J.-Ch. Le territoire où il s’est formé est controversé. Certains affirment que c’est au sud du Danube et en Dacie, d’autres que c’est seulement au sud du Danube. De toutes façons, le substrat du roumain est le thraco-dace, langue indo-européenne qu’on ne connaît guère. Il y a un certain nombre de mots en roumain considérés comme provenant de cette langue: ce sont ceux dont on ne sait rien, sauf qu’ils sont commun avec l’albanais, langue dont l’origine est l’illyrien qui est apparenté au thraco-dace. Quelques mots de ce genre: barză « cigogne », brad « sapin », viezure « blaireau » (l’animal), copil « enfant ».


Le fonds lexical principal provient du latin : les noms des parties du corps (cap « tête », deget – « doigt », mână « main »), des jours de la semaine (luni, marţi, miercuri, joi, vineri, sâmbătă, duminică), câine « chien », pâine « pain », apă « eau », a mânca « manger », a veni « venir », etc.


Sur le substrat daco-romain viennent s’ajouter diverses influences, dont la plus importante est celle du slave ancien. Beaucoup de mots proviennent de cette langue : plug « charrue », lopată « pelle », brazdă « sillon », etc. L’influence slave se poursuit par l’église, la religion des Roumains étant le christianisme orthodoxe et la langue de l’église étant le slavon.


D’autres influences, plus tardives, par ordre chronologique, sont celle des langues slaves modernes (bulgare, serbe, ukrainien), du hongrois, du turc, du grec, etc.


On n’écrit pas en roumain jusqu’au 16e siècle à peu près. Le premier document connu en roumain est une lettre, celle de Neacşu de Câmpulung, adressée à un marchand de Braşov. Des textes religieux suivent, puis la Bible. Tous cela est écrit avec l’alphabet cyrillique.


Au 19e siècle, les intellectuels roumains s’orientant vers l’Occident, surtout aux environs de la révolution de 1848, les langues romanes occidentales, surtout le français, exercent une très grande influence sur le roumain. On estime que 38% du vocabulaire du roumain standard provient du français et de l’italien: birou « bureau », pireu « purée », avion, a exploata « exploiter », deja, vizavi (écrit aussi « vis-à-vis »), etc. Si on prend en compte les mots hérités du latin, les mots savants du latin et les emprunts aux langues romanes, on arrive à un total de 75 à 85% de mots roumains d’origine latine.













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