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Pâques (français) - Le mot du jour - Forum Babel
Pâques (français)
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Horatius
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Messageécrit le Saturday 04 Apr 15, 17:37 Répondre en citant ce message   

telephos a écrit:
Ceci veut-il dire que, lorsque le terme hébreu a été traduit en grec, il n'y a pas eu de jeu de mots ?

La question est intéressante, je trouve (car tout passage s'accompagne de souffrance, non ?). Mais pour pouvoir affirmer qu'il y a jeu de mots (ou, disons, étymologie populaire) il faudrait trouver dans les textes des phrases qui associeraient les deux mots. Je viens de regarder ICI les différentes attestations du mot πάσχα dans la Septante : j'ai pu me tromper (d'autant plus que je n'ai regardé chaque fois qu'une phrase sans le contexte), mais je ne vois pas de phrase où πάσχειν serait également présent.


Mais cette étymologie populaire, si elle ne paraît pas attestée par le texte biblique, est cependant ancienne et, déjà Saint Augustin, dans une lettre datée de 400, en faisait mention pour s'y opposer :
Citation:
Nam etiam vocabulum ipsum quod Pascha dicitur, non graecum, sicut vulgo videri solet, sed hebraeum esse dicunt qui linguam utramque noverunt. Neque enim a passione, quoniam graece πάσχειν dicitur pati, sed ab eo quod transitur, ut dixi, de morte ad vitam, hebraeo verbo res appellata est: in quo eloquio Pascha transitus dicitur, sicut perhibent qui hoc sciunt.

Le terme lui-même de la Pâque, d'après ceux qui connaissent les langues, n'est pas grec, comme le vulgaire a l'habitude de le croire, mais hébreu. Cette fête est appelée d'après un mot hébreu : il ne vient pas du mot "passion", sous prétexte qu'en grec patir se dit paskhein, mais de l'idée de passage de la mort à la vie, comme je l'ai dit. Dans cette langue hébraïque, passage se dit Pascha, comme l'assurent ceux qui la connaissent. (Saint Augustin, lettre 55 : réponse aux questions de Janvier, PL 33)


De fait, non seulement dans l'Exode qui parle de la Pâque juive, mais également dans le Nouveau Testament écrit directement en grec, et annonçant l'institution des Pâques chrétiennes, on trouve sans difficulté des passages qui rappellent cette étymologie hébraïque, en rapprochant le mot Pâque de l'idée de passage. Ainsi dans l'évangile de Jean, ch 13 :
Citation:
Πρὸ δὲ τῆς ἑορτῆς τοῦ πάσχα εἰδὼς ὁ Ἰησοῦς ὅτι ἐλήλυθεν αὐτοῦ ἡ ὥρα ἵνα μεταβῇ ἐκ τοῦ κόσμου τούτου πρὸς τὸν πατέρα,...

Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer (metabainein) de ce monde à son père, ...


Dernière édition par Horatius le Saturday 04 Apr 15, 20:43; édité 2 fois
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Xavier
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Messageécrit le Saturday 04 Apr 15, 19:43 Répondre en citant ce message   

Merci pour cette citation d'Augustin !

Concernant le passage de Jean, je suis assez sceptique. Il peut s'agir d'une coïncidence.

D'autant plus que cela ne correspond pas vraiment au sens de l'hébreu qui donne en anglais, pour Paque : Passover : "passer outre"

Le terme utilisé en grec pour traduire l'hébreu passer פָּסַח est : παρέρχομαι
voir son emploi dans le Nouveau Testament : http://www.blueletterbible.org/lang/lexicon/lexicon.cfm?Strongs=G3928&t=NKJV
Voir Exode 12, 13 : En voyant ce signe, je passerai outre et vous échapperez au fléau destructeur"
(le signe, c'est du sang sur les maisons)
Voir aussi Exode 12, 23.

Cependant dans Exode 12, 27 où le verset hébreu emploie les deux termes Pâque et passer, la Septante utilise un autre verbe σκεπάζω (sous la forme : ἐσκέπασεν) qui exprime l'idée de protéger.
"C'est le sacrifice de la Pâque pour Yahvé qui a passé au-delà des maisons des Israélites en Egypte lorsqu'il frappait l'Egypte mais épargnait nos maisons" (BJ)
la traduction de la Septante donne :
"C'est le sacrifice de la pâque du Seigneur, parce que lorsqu'en Égypte il a frappé les Égyptiens, il a protégé les maisons des fils d'Israël et sauvé leurs demeures."
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Horatius
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Messageécrit le Saturday 04 Apr 15, 19:58 Répondre en citant ce message   

Xavier a écrit:
cela ne correspond pas vraiment au sens de l'hébreu

Il faudrait un sémitisant pour nous dire exactement le sens de ce mot hébreu. Mais si j'en crois ce que disent Dubsar, Patrick et Papou au début du fil, il y a bien l'idée de passage d'un état à l'autre.

Pour l'extrait de Jean, je ne crois pas à une coïncidence : l'évangile de Jean est trop profond et érudit pour cela. D'ailleurs, l'édition de la TOB, en note, repère également ce jeu de mots.

J'ai corrigé deux lapsus dans mon message précédent : "passage de la mort à la vie" bien-sûr, et la translittération metabainein
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Xavier
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Inscrit le: 10 Nov 2004
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Messageécrit le Saturday 04 Apr 15, 22:18 Répondre en citant ce message   

La Bible de Jérusalem note effectivement :
"Une tradition juive interprétait le mot "Pâque" au sens de "Passage" avec référence au passage de la mer Rouge . Le Christ (et nous avec lui) va "passer" de ce monde, captif du péché, vers le Père, la Terre promise".

Il s'agit d'une tradition juive, laquelle ? je l'ignore. Mais je ne vois pas de trace de passage de la mer rouge dans les encyclopédies du judaïsme que je viens de consulter.
Pâque, c'est avant tout l'exode, et le passage de la Mer rouge en fait partie.

Est-ce que l'auteur de cet Évangile a fait allusion à ce passage ? je reste toujours prudent. C'est possible mais cela ne me semble pas évident, a priori.

Compte tenu du passage de la Septante, je me demande si ce n'est pas l'idée de protection, ou de préservation, qui domine, plutôt que celle de passage.
Dieu va protéger son peuple du fléau destructeur qui va s'abattre sur les Égyptiens.
Et le sang de l'agneau devait constituer à l'origine un rite pour protéger sa maison (par exemple des esprits malfaisants pour qu'ils évitent, sautent, passent sur la maison...).

Autre point, Jean compare Jésus à l'agneau pascal. Pâque, c'est l'agneau pour les juifs que l'on sacrifie.
Il y a une contradiction entre l'idée de sacrifice et l'idée d'épargner du fléau.


Enfin, pour répondre à la transcription du grec. Je découvre que l'hébreu est transcrit φασεκ (phasek) dans la Septante (2 Chroniques 30, 15)
Et le grec Πάσχα vient de l'araméen pasḥāʾ
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telephos



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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 3:51 Répondre en citant ce message   

Xavier a écrit:
Enfin, pour répondre à la transcription du grec. Je découvre que l'hébreu est transcrit φασεκ (phasek) dans la Septante (2 Chroniques 30, 15)
Et le grec Πάσχα vient de l'araméen pasḥāʾ


Et Flavius Josèphe a φάσκα.

Citation:
Οἱ δὲ πεντήκοντα προελθόντες στάδια βάλλονται στρατόπεδον ἀπὸ δέκα σταδίων τῆς Ἱεριχοῦντος, Ἰησοῦς τε τόν τε βωμὸν ἐκ τῶν λίθων ὧν ἕκαστος ἀνείλετο τῶν φυλάρχων ἐκ τοῦ βυθοῦ τοῦ προφήτου κελεύσαντος ἱδρυσάμενος τεκμήριον γενησόμενον τῆς ἀνακοπῆς τοῦ ῥεύματος ἔθυεν ἐπ᾽ αὐτοῦ τῷ θεῷ, καὶ τὴν φάσκα ἑώρταζον ἐν ἐκείνῳ τῷ χωρίῳ, πάντων ὧν αὐτοῖς πρότερον συνέβαινε σπανίζειν τότε ῥᾳδίως εὐποροῦντες: τόν τε γὰρ σῖτον ἀκμάζοντα ἤδη τῶν Χαναναίων ἐθέριζον καὶ τὰ λοιπὰ λείαν ἦγον: τότε γὰρ αὐτοὺς καὶ ἡ τῆς μάννας ἐπελελοίπει τροφὴ χρησαμένους ἐπὶ ἔτη τεσσαράκοντα.

(Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 5, chapitre 1, section 4)

http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0145%3Abook%3D5%3Awhiston+chapter%3D1%3Awhiston+section%3D4
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Papou JC
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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 6:51 Répondre en citant ce message   

Cette forme φάσκα est effectivement très étonnante. Chantraine n’en pipe pas mot. Avec son /f/ initial au lieu d’un /p/, elle a l’air d’un retour à l’envoyeur sémitique mais comme si l’envoyeur avait été l’arabe - où le /p/ n'existe pas - au lieu d’être l’hébreu ou l’araméen !

À propos de l’arabe, une petite recherche complémentaire me permet de rectifier certaines des choses dites plus haut, y compris par moi.

Preuve s'il en fallait qu'il s'agit bien d'un emprunt, il y a en arabe deux racines et plusieurs mots pour désigner Pâque / Pâques :

– La racine فصح f-ṣ-ḥ qui donne فصح fiṣḥ, فصح faṣḥ et فاصح fāṣiḥ. Le plus usuel est فصح fiṣḥ, « Pâques » (fête chrétienne).

– Et la racine فسخ f-s-ḫ qui donne فاسخ fāsiḫ (avec ou sans article). Ce dernier, qui n’est répertorié que chez Kazimirski, ne désignerait que la Pâque juive. C’est probablement le plus ancien et le plus proche de l’hébreu. C’est aussi celui qui nous donne un sens de la racine qui nous intéresse ici, à savoir « ignorer une chose, en détourner le regard, passer sans voir, sans regarder, sans s’arrêter » d’où « passer outre » signalé plus haut, en somme « sauter une case » comme on dirait au jeu de l’oie, d’où « épargner certaines maisons, les laisser tomber, les oublier » en parlant du fléau. Il faut savoir aussi que la forme فاسخ fāsiḫ est celle du participe actif, elle désigne le « passant sans voir », non l’action. Ce sens d' "ignorer,oublier", assez isolé parmi les autres sens, est peut-être bien lui-même emprunté.

On voit par ailleurs que le fameux « passage » de la Mer Rouge n’a effectivement rien à voir dans cette histoire.
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Xavier
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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 13:32 Répondre en citant ce message   

Concernant Flavius Josephus, il emploie les deux termes Πάσχα et φάσκα mais ce dernier est rare.

Cette idée de passage correspond-elle au sens d'origine ? Je ne pense pas.
Voir ce texte :
From protection to passover: possible greek influences

L'auteur cite Chaim Cohen qui pense qu'il y aurait deux homonymes
L'un a donné le sens de to limp (boiter, voir 2 Samuel 4, 4) et aurait modifié le sens de l'autre.

Il y a plusieurs "pâques" :
La fête célébrée par les chrétiens qui commémore la résurrection du Christ, mais se fait sur fond de Pâque juive
La fête célébrée par les juifs qui commémore l'exode, mais repose sur une ancienne fête
La fête pastorale qui repose sur le sacrifice de l'agneau. Avec le sang recueilli, on le place sur les maisons pour se préserver des démons etc...

Dans le livre de l'Exode, on a redonné un autre sens à cette fête pastorale en la plaçant dans le contexte égyptien.

Quel pourrait être le sens premier de ce verbe ?


Le sens de "passover", d'où l'idée de passage, semble être issue d'une tradition que l'on retrouve chez Flavius Josephus, avec le terme ὑπερβάσια.
Il emploie le préfixe hyper-, alors que Jean emploie le préfixe méta-
Je reste toujours sceptique sur l'interprétation du terme chez Jean. Il ne faut pas trop "sacraliser" la Bible et donner un sens à tous les termes. Si Jean avait voulu reprendre l'idée de passage, je pense qu'il aurait été plus explicite. Une allusion n'est bien sûr pas impossible...

Cette idée de "pass over" se retrouve dans la Septante dans la traduction du passage Exode 12,23 : παρέρχομαι
Cependant ce verbe hébreu est traduit par d'autres verbes grecs dans d'autres contextes.

On peut supposer que ce sens de "pass over" n'est pas la véritable étymologie du verbe hébreu.


Dans la Septante le terme hébreu est traduit par
-passer au-dessus (Exode 12, 23)
-protéger (Exode 12, 13 et 12, 27)

Si on regarde ce verset Exode 12, 23 :
la BJ traduit ainsi : "Lorsque Yahvé traversera l'Egypte pour la frapper, il verra le sang sur le linteau et sur les deux montants, il passera au-delà de cette porte et ne laissera pas l'Exterminateur pénétrer dans vos maisons pour frapper"

Je constate que l'idée de traversée est donnée par ce verbe hébreu עָבַר ('abar) qui se traduit en anglais par : to pass over.

Que signifie ce rite ?
Exode 12, 27 (Septante) :
C'est le sacrifice de la pâque du Seigneur, parce que lorsqu'en Égypte il a frappé les Égyptiens, il a protégé les maisons des fils d'Israël et sauvé leurs demeures.
protéger renvoie à notre verbe traduit par "passer au-delà" (des maisons) dans la BJ
et le verbe sauver traduit l'hébreu נָצַל (natsal) qui pourrait avoir un sens très proche.

le sens d'épargner pourrait convenir. Il est apparenté à l'anglais to spare

Voir aussi sur l'origine du terme hébreu :
https://books.google.fr/books?id=LW8XieaBETIC&pg=PA5
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Horatius
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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 14:08 Répondre en citant ce message   

Merci pour ces remarques, de Papou et de Xavier, qui me font effectivement reconsidérer le sens du mot.

Concernant l'alternance πασχα / φασκα, je n'y verrais rien d'autre qu'une hésitation liée à l'application de la loi phonétique de Grassmann qui interdit la présence de deux aspirées dans le même radical. Par conséquent, l'aspiration est mise tantôt à la dernière consonne (πασχα), tantôt à la première (φασκα). On n'oubliera pas en effet qu'avant le IIe siècle après J-C, la lettre φ note l'occlusive [p] accompagnée d'une aspiration.
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Azwaw



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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 14:41 Répondre en citant ce message   

telephos a écrit:
Et Flavius Josèphe a φάσκα.

Il existe en berbère le terme tafaska qui pendant longtemps était perçu comme un emprunt au latin pascha et aurait désigné Pâques à l'époque de l'Afrique chrétienne. Cette piste semble écartée aujourd'hui. Le mot parait plutôt être une production locale - il désigne la fête musulmane de l'Aïd de nos jours - dont le sens premier renvoie à la notion de sacrifice et par extension à fête du sacrifice, ce qui convient à la fois à Pâques et à l'Aïd.

Le mot tafaska se retrouve dans plusieurs parlers au Maroc et en Algérie mais c'est dans le domaine touareg que la racine est la plus productive :
    ⵜⴼⵙⴾⵉ tafaske > sacrifice religieux // victime destinée au sacrifice

    ⵙⴼⵙⴾⵜ seffesket > sacrifier

    ⵙⴼⵙⴾⵜ seffeskut > sacrifier habituellement en sacrifice religieux

    ⵙⴼⵙⴾⵓ asffesku // ⵙⴼⵙⴾⵉ asffeski > fait de sacrifier
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Xavier
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Messageécrit le Sunday 05 Apr 15, 20:31 Répondre en citant ce message   

Merci Azwaw !
Selon Salem Chaker, tafaska est bien lié à Pâque.
http://encyclopedieberbere.revues.org/2507

Le grec vient de l'araméen פסחא qu se prononce phasḥa, d'où les deux termes en grec (merci Horatius pour la règle)
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Azwaw



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Messageécrit le Monday 06 Apr 15, 18:52 Répondre en citant ce message   

C'est effectivement la position "traditionnelle". J'ai lu - j'essaierai de retrouver la source - qu'il était possible que la racine soit locale notamment parce que le terme tafaska n'est pas isolé en berbère et aussi parce qu'il est présent dans des régions où l'influence romaine était inexistante (le sud du Maroc entre autres).

Il semblerait également que le mot wolof tabaski - qui désigne l'Aïd - tire son origine du berbère tafaska.
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Papou JC
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Messageécrit le Saturday 06 Jun 15, 6:57 Répondre en citant ce message   

Pâques est déjà loin mais il y a encore quelques pâquerettes dans les prés et pelouses.

J'ai récemment découvert l'existence d'une fleur qui, en anglais, a nom pasque flower (en un mot ou en deux), dont le nom français savant est anémone pulsatille.
On lit dans Wikipedia : La fleur s'épanouit au début du printemps, ce qui conduit parfois à lui donner le nom de « fleur de Pâques ».
Eh, non, je ne crois pas. D'ailleurs, s'il fallait appeler ainsi toutes les fleurs qui s'épanouissent au printemps...
En fait, si j'en crois mon vieil Oxford Dictionary, pasque flower est une altération - sous l'influence de Pasques comme on disait autrefois - du français passe-fleur, nom masculin ou féminin, selon les ouvrages, fleur ainsi nommée dès le moyen français à cause de sa beauté qui dépasserait celle de toutes les autres fleurs...

Le ou la passe-fleur donc ne doit, à son tour, pas être confondu - comme le fait le Wiktionnaire - avec la passiflore importée d'Amérique latine, et dont le nom signifie, dit-on, "fleur de la Passion". Wikipedia vous explique pourquoi.
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embatérienne
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Messageécrit le Saturday 06 Jun 15, 7:40 Répondre en citant ce message   

Papou JC a écrit:
Eh, non, je ne crois pas. D'ailleurs, s'il fallait appeler ainsi toutes les fleurs qui s'épanouissent au printemps...

On a aussi les pâquettes, en sus des pâquerettes. Mais bon, c'est vrai, il y aurait beaucoup de candidats. Et puis, on a bien la primevère ! Cela dit, il suffit que l'un ait pris la place et le nom, tant pis pour les autres. En anglais, elle peut s'appeler aussi Easter flower, May Day flower, ... Il y a une sorte d'insistance.

Papou JC a écrit:
En fait, si j'en crois mon vieil Oxford Dictionary, pasque flower est une altération - sous l'influence de Pasques comme on disait autrefois - du français passe-fleur, nom masculin ou féminin, selon les ouvrages, fleur ainsi nommée dès le moyen français à cause de sa beauté qui dépasserait celle de toutes les autres fleurs...

Certains étymologistes n'ont pas été convaincus :

http://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/files/original/b9b7c7983376a86ea174109439d96a29.pdf
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Papou JC
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Messageécrit le Saturday 06 Jun 15, 8:32 Répondre en citant ce message   

À la lumière de ces divergences, je me demande si toutes ces fleurs dites "de Pâques" ne seraient pas plutôt et tout simplement des fleurs "de pâturage", qui se dit pascuum ou pascua en latin.
Ce qui est curieux, c'est que de tous ces étymologistes nourris à la mamelle du latin aucun n'ait encore fait cette hypothèse... L'influence et la force du Christianisme... dans toute l'Europe.

Le grammairien latin Festus (fin du IIe s. après J-C) signale quatre variantes pour l'adjectif signifiant "de pâturage" : pascalis, pascualis, pastalis et passalis. On voit que l'assimilation du c au s qui le précédait ne date pas de quelques siècles seulement.

On a un certain temps distingué les adjectifs Paschalis "de Pâques" et pascalis "de pâturage"...

Quant au genre hésitant de passe-fleur, il s'expliquerait par le fait que le latin flos, floris était masculin.
À mon avis, l'ancêtre direct de passe-fleur, c'est *pascuum / passuum florem. On ne trouve pas ça chez un poète latin ?
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José
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Messageécrit le Saturday 26 Mar 16, 11:47 Répondre en citant ce message   

- A caratterizzare il lunedì dell’Angelo sarà invece l’incertezza: se al Sud dominerà il sole, qualche acquazzone è probabile nelle ore centrali della giornata.
= Ce lundi de Pâques, nous aurons une météo incertaine : au Sud, le temps ensoleillé dominera mais des averses sont probables à la mi-journée.

[ La Stampa - 24.03.2016 ]


Italien il lunedì dell’Angelo (= le lundi de l'ange)
- lundi de Pâques

Pasquetta (= la petite Pâque) est plus courant.


Voir les récits évangéliques de la résurrection de Jésus, où apparaît la figure d'un messager du Seigneur. Saint Matthieu écrit : «Voici qu'il y eut un grand tremblement de terre. Un ange du Seigneur, en effet, descendit du ciel, s'approcha, roula la pierre et s'y assit. Son aspect était celui de la foudre et son vêtement était blanc comme la neige» (Mt 28, 2-3).
Les évangélistes précisent que, lorsque les femmes (= Marie Madeleine, Marie de Jacques, et Salomé) se rendirent au sépulcre et qu'elles le trouvèrent ouvert et vide, c'est un ange qui leur annonça que Jésus était ressuscité. Chez Matthieu, ce messager du Seigneur leur dit: «N'ayez pas peur! Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici. Car il est ressuscité, comme il l'avait dit» (Mt 28, 5-6); il leur montre ensuite le tombeau vide et il les charge de l'annoncer aux disciples.
Chez Marc, l'ange est décrit comme «un jeune homme, vêtu d'un vêtement blanc», qui donne le même message aux femmes (cf. Mc 16, 5-6).


En Pologne, le lundi de Pâques connu sous le nom de « Śmigus dyngus » (lundi mouillé), les Polonais s’aspergent d’eau. L’eau est un symbole de la vie. Famille et amis versent de l’eau les uns sur les autres. Autrefois les hommes jetaient de l’eau sur les femmes ; le mardi elles pouvaient prendre leur revanche. Ce jour-là, les Polonais aspergeaient aussi les champs d’eau bénite. [ Wikipédia ]
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