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[Carte] Prononciation des interdentales en arabe maghrébin - Forum arabe, berbère, hébreu - Forum Babel
[Carte] Prononciation des interdentales en arabe maghrébin

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Qassim



Inscrit le: 06 May 2013
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Messageécrit le Tuesday 01 Sep 15, 2:47 Répondre en citant ce message   

Il y a quelque temps suite à une intervention d’un membre du forum j’avais produit une carte sur la prononciation des interdentales ث ذ ظ en arabe maghrébin afin de clarifier plus précisément le cas de l’Algérie qui est d’une remarquable complexité.

Je me suis rendu assez vite compte que cette ébauche faite à la va vite comportait bon nombre d’erreurs et j’ai bien réalisé que ce genre d’étude pour être traité correctement demandait plus de travail.
La carte que je soumets ici est loin d’être rigoureusement juste, bien des zones me posent encore des difficultés (voir plus loin) mais elle l’est déjà bien plus que la carte précédente, de plus c’est un travail je crois tout à fait inédit la seule étude qui s’en rapproche est celle de Catherine TAINE-CHEIKH p32, mais elle se contente de points bien précis et nullement de zones.

Cette carte est centrée sur l’Algérie, pays à la situation excessivement complexe au regard de celle de ses voisin marocains, tunisiens et mauritaniens (la Libye, quant à elle, semble présenter un niveau de complexité du même acabit). Complexité qui tient principalement de l’énoncé suivant :
Les dialectes d’origines non-bédouine ont délaissé les interdentales au profit des dentales ت د ض tandis que les dialectes d’extraction bédouine les ont conservés (Il existe plusieurs exceptions à cet énoncé en Algérie ce que nous verrons plus loin).

(A noter qu’aucun dialecte maghrébin n’a conservé la distinction classique entre les consonnes ض et ظ, les dialectes sans interdentales les prononçant indistinctement ض tandis que ceux qui les conservent les prononcent tous les deux ظ.)

Cette affirmation ne se vérifiant absolument pas au Maroc et en Tunisie, dans le premier pays aucun dialecte ne semble avoir conservé les interdentales tandis que dans le second c’est l’exact opposé que l’on a puisque bédouins et citadins connaissent ces phonèmes.


A cette difficulté vient se greffer la question des berbérophones. En effet, est-il pertinent de représenter les aires de répartition de ces dialectes dans cette étude quand l’écrasante majorité des berbérophones connaissent en plus de leur langue maternelle un dialecte arabe ? Mais dans le cas algérien, les kabyles et les chawis côtoient tous les deux aux limites de leurs aires de répartition des dialectes qui prononcent les interdentales et des dialectes qui les ignorent, comment dans ce cas tracer une limite des aires d’influence de ces dialectes arabes au sein des populations berbérophones ? Une telle limite existe-t-elle ? J’ai l’impression que les berbérophones de grande Kabylie emploient la triade ث ذ ظ lorsque ils parlent arabe tandis qu’en petite Kabylie c’est plutôt ت د ض que l’on a, mais ce n’est peut-être qu’une impression. Par contre je sais que les touaregs ignorent les interdentales lorsque ils doivent parler arabe.
J’ai fait donc le choix de représenter également les zones majoritairement berbérophones ce qui donne à cette carte un intérêt en plus. J’ai volontairement fait impasse sur les dialectes berbères confinés à des villes précises (ksours de l’ouest, oasis du Mzab, Djerba) ou en voie de disparition avancée (ouarsenis, atlas blidéen) pour ne pas surcharger la carte. Pour ce qui est de l’Algérie je pense être arrivé à un résultat proche de la réalité, par contre pour le Maroc j’ai l’impression que la carte sur laquelle je me suis basé surévalue les zones berbérophones. Je laisse soin aux Marocains de nous donner leur opinion sur cette question.



Voici la carte :
.
En grande dimension ici.
LEGENDE :
Hachures : Zones inhabitées uniquement parcourues occasionnellement.
Rouge : Dialecte arabe qui conserve les phonèmes interdentales.
Vert : Dialecte arabe qui ignore les phonèmes interdentales.
Gris : langue non-arabe (espagnol, berbere, toubou, etc…)

COMMENTAIRES:

1) Maroc

L’écrasante majorité des arabophones ne connaissent pas la triade interdentale de l’arabe classique, aussi bien ceux qui parlent une variété bédouine (chaouia de Casablanca) que ceux qui connaissent un dialecte préhilalien (jebala, citadins de Fes et de Rabat). Il semble qu’il n’en a pas toujours été ainsi, les interdentales sont attestés au sein de la tribu des « z3ir » du sud de Rabat dans les années 1900, il y a de fortes chance qu’elles avaient cours à la même époque au sein d’autres tribus ma3qil qui ont remontées depuis la vallée du Draa à l’époque des sultans Saadiens.
Actuellement les interdentales sont attestées à deux endroits : A l’ extrême Sud qui est parcouru par des tribus sahraouies, et, de manière moins solide, à l’extrême-est le long de la frontière algérienne. Pour cette dernière zone j’ai recherché en vain des villes/villages où les interdentales ont cours chez toutes les générations, car une chose est sûre, les anciens d’Oujda (tribu Mehaya) et d’Erfoud (tribu Dhoui Meni3) connaissent les interdentales, mais après bien des recherches ils sembleraient bien que cette prononciation est archi minoritaire au sein de la population mais le fait qu’il existe encore des gens qui la connaissent prouve que cette prononciation devait être majoritaire à une époque pas si reculée au sein des populations nomades arabophones de l’oriental marocain (dont les représentants typiques sont les nomades de la tribu Beni Guil).

2) Tunisie

Les citadins (Tunis, Mahdia, Kairouan,…) comme les ruraux (Gaserine, Tataouine, Gafsa, Gabes,…) ont conservés les interdentales.
L’ancien parler de Mahdia semblait, à l’instar des dialectes citadins algériens, ne pas les connaitre. Cette prononciation a quasiment disparu aujourd’hui dans cette ville.

3) Libye

J’ai vraiment eu beaucoup de mal à trouver de la matière sur ce pays, même les vidéos Youtube sont rares. Le résultat est vraiment à prendre avec des pincettes. De ce que j’ai pu lire et entendre, on est face à une situation à peu près similaire à celle de l’Algérie, à savoir des parlers pré hilaliens qui ignorent les ID (je vais utiliser cet acronyme, ça ira plus vite) et des parlers bédouins qui les conservent.
Cependant il faut noter que tous les parlers citadins de Libye, contrairement à ceux d’Algérie, ont complètement disparu sous la pression bédouine, cette chute des ID constituant l’un (l’unique ?) des vestiges de ces dialectes.
Dans la tripolitaine, la prononciation sans ID est la prononciation majoritaire, ceci est bien établi. Dans le Fezzan(Sabha) et en Cyrénaïque (Benghazi) les ID ont l’air d’être conservés.


Pour l'Algérie il y a tellement à écrire, je m'y prendrai plus tard.


Dernière édition par Qassim le Thursday 10 Sep 15, 20:17; édité 4 fois
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Qassim



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Messageécrit le Wednesday 02 Sep 15, 21:57 Répondre en citant ce message   

4) Algérie

Globalement on peut voir que la prononciation avec ID domine largement géographiquement parlant, les zones couvertes correspondent assez bien avec l’étendu des terrains de parcours et d’installation des tribus bédouine décris par Ibn Kaldoun à la fin du XIV-ième siècle.

Les zones sans ID se présente schématiquement en 5 taches : une dans l’Oranie du Nord-Ouest, une très étendu qui inclue tous les oasis de Bechar à Ain Salah, une dans le sud Algérois dans le Beni Mzab et Meniaa, une petite qui comprend Alger et sa banlieue, et enfin une dernière assez importante dans le nord Constantinois. Ces taches incluent les 4 villes les plus peuplée du pays que sont Alger, Oran, Constantine, Annaba et englobent aisément plus de 15 % de la population totale du pays.

Chaque région possède ses propres particularités essayons de les énumérer succinctement :

- Commençons par l’extreme Sud-ouest : La Saoura, région qui comprend les wilayas de Tindouf, Bechar, et une partie de la wilaya d’Adrar. Comme on le voit sur la carte ce sont des régions à dominance sans ID, je crois pouvoir expliquer ceci par le fait que leurs peuplement est principalement d’origine non-arabe : esclaves affranchis du Mali, immigrés marocains (souvent marabout) ou indigènes berbère zénètes (langage qui s’est maintenu dans quelques ksours). On y trouve quelques groupements de culture arabe ou les ID sont conservés :
Dans l’extrême ouest ce sont les regueybat installés ou nomadisant dans la région de Tindouf, ils parlent un dialecte de type Hassani, leur influence se fait sentir jusqu’à Oum el Asel (أم العسل). Néanmoins j’ai été étonné de découvrir un dialecte de type marocain qui ignore les ID dans Tindouf ville, ce fait n’était pas mentionné sur la carte de Catherine TAINE-CHEIKH qui indique Tindouf dans la catégorie ID.
Plus à l’est on retrouve les nomades Ghenanma, de même origine que les sahraouis mais dont le dialecte n’est pas Hassani, on les retrouve dans la région à l’ouest de Tabelbala (hachures rouges).
Plus au Nord ce sont les Dhoui Menia (ذوي منيع) de l’Oued Saoura, leur territoire est à cheval entre le Maroc ( Erfoud) et l’Algérie (Abadla).
Il y a aussi les Ouled Djerir, petite tribu quasiment inclue dans la précédente mais qui se situe plus au nord à Bechar.
Les ID qui se font entendre discrètement dans la wilaya de Bechar sont dut à ces groupements.
- Le grand sud proprement dit (sous El meniaa) : c’est la région du Touat et du Gourara, les régions plus à l’Est qui forment le territoire des touaregs ne nous intéresse pas ici. C’est la wilaya d’Adrar et une partie de celle de Tamanrasset. Comme dans la Saoura les ID sont quasiment absentes pour les même raisons. Néanmoins on les entend dans la région de Bordj Badji Mokhtar à la frontière malienne chez les nomades qui ont un dialecte de type Hassani.
Au nord de Timimoun la région est parcourue par les chaamba mais je n’ai pas pu relever leur influence.

Les deux régions qui viennent d’être évoquées sont historiquement très liées à l’empire du Maroc et les parlers arabes qui y ont cours sont très proches de ceux de sud marocain (Marrakesh).

-L’Oranie proprement dite. Ce sont les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbas, Ain Temouchant, Oran, Mostaghanem, Mascara, Naama et la moitié de celle d’El Bayadh.
Historiquement les lieux qui connaissent un parler non bédouin sont : les traras du Nord-Ouest (montagnards dont l'arabisation est très ancienne) , les villes de Tlemcen, de Nedroma, de Mostaghanem, Mascara, et Oran, les parlers citadins de ces deux dernière villes ont disparus et est en voie de disparition à Mostaghanem.
Les tribus bédouines quant à elles sont présentes dans cette région depuis l’époque des zianides de Tlemcen.
C’est dans cette région qu’on a une mystérieuse chute des ID, si on peut l’expliquer dans le cas de villes côtières très proche d’Oran (Arzew, Ain témouchant, Beni Saf), elle laisse dubitatif dans les villes de Sidi Bel Abbas, El Mechria, El Naama, Ain Safra (peut être également à Telagh et El Biodh, je n’ai pas réussi à le déterminer). Ce sont les premières exceptions à l’énoncé du début (arabisation bédouine = ID, contraire =/= ID).

- L’Algérois : zone comprise entre Chlef à l’Ouest, Bedjaia à l’Est et El-Meniaa au Sud. C’est dans cette région que les ID couvrent le plus vaste territoire elle s’entendent parfois même à Alger (j’ai pu le vérifier personnellement) du fait de l’exode rural.
On y trouve les 5 villes aux parlers citadins qui ont conservées les ID (à l’instar des villes tunisiennes) que sont : Tenes, Cherchell, Blida, Medea, Dellys. C’est la deuxième exception à l’énoncé.
A l’opposé, dans les oasis de cette zone (Mzab + El Meniaa) les ID ont encore une fois mystérieusement disparus. Les nomades sahariens (Chaamba, Atatcha, Medhabih, Mekhalif) qui ont peuplé les environs semblent avoir délaissés les ID en même temps que leur sédentarisation (la poignée d’entre eux qui vit sous la tente l’a conservé). C’est la dernière exception à l’énoncé initial.

- Le Constantinois : les parlers citadins se sont bien maintenus et contrairement à ceux de la province d’Alger, ceux-ci ont tous délaissé les ID. L’ancien parler de Constantine semblait les conservés mais aujourd’hui tout le monde peut constater que ce n‘est plus cas. De même qu’a Wargla, je lis que l’ancien parler ignorait les ID à l’image des parlers du Mzab, aujourd’hui c’est bien le contraire que l’on constate.
Dans la partie Nord du pays, c’est dans cette ancienne province que l’on trouve le plus important bloc de parler-non bédouin : il correspond exactement au territoire de l’ancienne tribu berbère Ketama pilier du califat fatimide dans sa première période. Les habitants de cette région (Jijel, Skida, Mila) ont un accent berbère très affirmé.
Les autres taches vertes correspondent à d’autres enclaves citadines : Annaba, El Kala.


Dernière édition par Qassim le Saturday 03 Oct 15, 1:00; édité 2 fois
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el 3ajmi



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Messageécrit le Thursday 03 Sep 15, 20:33 Répondre en citant ce message   

Concernant l'Oranie , des différents voyages que j'ai pu effectuer dans cette région , j'ai constaté une prononciation des ID dans les Douars faisant la périphérie de mostaghanem tel que Mesra , Bouguirat , Sirat etc
Ces petits villages constituant le foyer de la tribu hilalienne des Medjahers.
C'est le cas aussi pour Relizane , tiaret , mais c'est vrai que pour Naama , Mecheria , el Bayadh , la situation est particulière, j'ai vu des gens les prononcer et d'autres non.


Dernière édition par el 3ajmi le Thursday 03 Sep 15, 23:23; édité 1 fois
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Qassim



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Messageécrit le Thursday 03 Sep 15, 22:10 Répondre en citant ce message   

Merci pour les précisions (J'avais mis Mesra dans le vert), en plus je me suis rendu compte que le point que j'indiquais comme "El Mohammedia" correspondait à Ghelizane.

J'ai actualisé.
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télémaki1



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Messageécrit le Monday 07 Sep 15, 23:02 Répondre en citant ce message   

Qassim a écrit:
les traras du Nord-Ouest d’origine rifaine

Les traras ont certes beaucoups de liens familiaux et culturels avec le Rif , et même Tanger-Tetouan et l'influence andalouse historique. Les premiers sont attestés dès le Moyen-Age peuplant le nord de Tlemcen , et forment un ensemble de Koumiya (cousins proches des Rifains) et d'Ulhasa , qui eux sont très bien connus d'Ibn Khaldoun car beaucoups peuplés la région d'Annaba à l'époque (et il constate qu'ils sont déjà arabisés). Les Ulhasa faisant partie d'une grande conféderation des Nefzaouas , répandus à travers les Hauts-Plateaux d'est en ouest , et dont une grande partie ont été plus tard absorbé ou arabisés par les Banu Hilal.
C'est le même principe qui doit être rappelé pour les Modjaher , Akermas , Flittas et autres tribus arabophones diverses des régions de Mostaganem et Relizane , ce sont plutôt des tribus berbères Maghraouas et Houaras qui peuplaient Medea à Mascara et habitant les mêmes villages agricoles aux noms bien berbères à la base , qui sous la domination des Soueïd (une tribue hilalienne) ont fini par être arabisés , et donc forcèment les ID sont conservé car il ne s'agit pas d'une arabisation de la première phase mais de la seconde (invasion bedouine).

Les Traras :

Citation:
D’après le polygraphe andalou 3oubeid Abdoullah Inb Abdoulaziz Elbekri dans sa description de l’Afrique septentrionale mentionne la forteresse de Teouenth dans les monts de Trara à Ghazaouet; « elle couronne une colline que la mer entour des 3 côtés. Elle est occupée par une tribu nommée les Beni Mansour, les habitants possèdent des jardins et de grande quantité d’arbres. Une partie des figues qu’ils récoltent est séchée au soleil pour être vendue dans les pays voisins. » Ibn Khaldun quant à lui dans son histoire des Berbères lui accorde plusieurs paragraphes où il traite de son implication dans les événements historiques de la région ; Et ce depuis l’avènement de Abdelmoumen Ben Ali (Almohade), créateur du plus grand empire berbère de l’Afrique septentrionale du Maghreb extrême jusqu’à Tripoli , auquel les Koumiya (sa tribu) servirent de garde prétorienne et de fer de lance de son armée.
Les Koumiya nommés dans les temps anciens : les satfoura, sont enfants de Faten et frères des Lemmaya et des Medghara. Ils forment trois branches desquelles dérivent toutes les familles de la région de Nedroma, les Saghara et Beni Hilul. Des Nedruma sortent les Nefuta, les Harsa, les Ferda, les Heffena et les Ferana. Les Beni Hilul se partagent en Messifa, en Urtiwa, en Hebicha, en Hiwara et en Walgha. Les Saghara forment les tribus des Matila et des Beni Hubacha. C’est en Nefuta qu’appartenait le célèbre généalogiste Henni Ben Masdour Ben Meris Ben Nefut. Voilà ce que les livres berbères donnent comme certain.
La tribu des Koumiya habitait le pays maritime du Maghreb central aux environs de Rechgoun et de Tlemcen. Formidables par leur nombre et leur bravoure, ils devinrent l’une des plus puissantes des tribus Almouwahidounes, tant pour leur promptitude à seconder le mouvement des Masmouda au Maghreb extrème en faveur du Mehdi Ben Tumer que pour leur zèle à propager la doctrine unitarienne qu’enseignait cet Imam. Ils eurent surtout l’avantage de former la tribu à laquelle appartenait Abdelmoumen, compagnon et successeur d’Elmehdi Ben Tumer qu’il rencontra à Bougie à son retour d’orient. En effet Abdelmoumen faisait partie des Ben Abed, famille distinguée de cette tribu. Il est né en 1094 à Tajra dans les Monts des Traras qui dominent le port historique de Hunaine. Il fit ses études dans le Royaume de Tlemcen sous la leçon des docteurs Ben Saheb Essalet et Abdesselem Eltounsi « homme d’une piété extraordinaire et le premier docteur du siècle dans la jurisprudence et la théologie scolastique » qui git de nos jours dans le mausolée qui recouvre le tombeau du cheikh Sidi Boumediène « Tlemcen ». Abdelmoumène décède en 1163 à Salé dans l’actuel Maroc.
En l’an 1128 le Mehdi mourut en nommant Abdelmoumen son successeur. Mais ce dernier craignant de ne trouver aucun appui auprès des Masmouda auxquels il était étranger de par sa naissance, cachât la mort de son maître jusqu’à ce qu’il prit comme épouse la fille du Cheikh Abou Hafs « Emir de la tribu des Hintata » du mouvement des Masmouda et grand chef des Almouwahidoune. Etant parvenu avec l’aide de son beau père à faire exécuter les dernières volontés de leur Imam, il entra dans l’exercice de l’autorité suprême en qualité de grand cheikh d’Elmouwahidounes et de Calife des musulmans en 1130.
En 1142 il subjuguât les campagnes du Maghreb en se rendant maître du pays des Ghomaras, du Rif, des territoires de Butwiya, des Bettalsa, des Beni Iznessen dans le Maghreb extrême et des Mediouna, des Koumiya et des Ulhassa au Maghreb central. Les Ulhasa voisins des Koumiya et presque leurs égaux en puissance embrassèrent la cause de Abdelmoumen Ben Ali

Les Maghraouas , Nefzaouas , Kutamas (dont font partie les Zaouaouas) , et les Banou Ifren (qui font la paire avec Matmatas et Houaras) formaient les principales et plus grandes confédérations berbères du Maghreb orientale et centrale dès le 13ème siècle. Le Maghreb extrème (Maroc) étant dominait par les Masmoudas essentiellemet, et les Sanhajas du nord au Moyen Atlas (avec toutes fois des incursions zenètes très fortes voir dominantes dans le nord à certains moments).

Pour se repérer j'ai fais une carte (en utilisant celle e @Qassim) avec les tribus et confédérations berbères tels que se presentaient à l'époque d'Ibn Khaldoun et tels qu'il les presente dans son livre (que j'ai lu entre outre) , à une époque qui précede plus ou moins l'expansion hilalienne (ou lui est parallèle).

.
En grande dimension ici.


Dernière édition par télémaki1 le Saturday 12 Dec 15, 22:29; édité 2 fois
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el 3ajmi



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Messageécrit le Tuesday 08 Sep 15, 0:51 Répondre en citant ce message   

Les medjahers , flitta sont des fractions des soueids , leurs établissements dans la région est cité par ibn Khaldoun qui a par ailleurs séjourné chez cette tribu.
Bien évidemment cette tribu a du se mélanger au fond berbère qui était présent avant leurs arriver.
Il ne faut pas oublier que bon nombre de tribus se trouvant a cette époque dans cette région on été chassé par l'arrivée des Soueids , pour se réfugier dans les vallées, montagnes environnantes.
Parmis ses tribus on peut citer les bani ghaddou ( berbères aujourd'hui totalement arabisé )qui était par ailleurs constamment en guerre avec les medjahers .
عرب مجاهر بطن من بطون سويد بن عامر بن مالك من بني زغبة بن ربيعة بن نهيك بن هلال
Pour ceux qui lisent et comprennent l'arabe voici des liens contenant plus de détails sur l'origine des medjahers :http://www.djelfa.info/vb/showthread.php?t=741809
https://tribusalgeriennes.wordpress.com/2013/11/27/قبائل-وعروش-ولاية-مستغانم-الجزائرية/
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Qassim



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Messages: 194

Messageécrit le Wednesday 09 Sep 15, 2:38 Répondre en citant ce message   

@télémaki

Oui vous faites bien de le préciser les traras ne sont pas d'origine rifaine contrairement à ce que j'avais cru comprendre.

Ah quoi correspondent les couleurs dans votre carte ? violet = zenete, rouge= sanhadja, gris ? jaune ? bleue ?
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télémaki1



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Messages: 175

Messageécrit le Friday 11 Sep 15, 23:21 Répondre en citant ce message   

J'ai fait ça en quelques minutes mais :

Gris = Masmouda
Rouge = Sanhaja
Violet = Zénète
Jaune grisonné : Tribus du Rif (d'origine diverses).
Jaune : Banou ifren et compagnie. Ce groupe forme souvent la paire , et vient probablement d'un tronc commun , peut être la Tunisie au regard du fait que les berbères tunisiens en sont en grande partie issus.
Bleue : Les tribus berbères sédentaires du Tell , cependant d'origine diverses. Les Kutama (dont la branch la plus nombreuse est celle des Zaouaoua) par exemple sont une branche des Branès , composant les Sanhajas d'origine. Le parler berbère des Kutamas (le Kabyle en l'occurrence) est bien un parler de type sanhaja aujourdhui encore.

La généalogie berbère selon Ibn Khaldun:
http://www.benifoughal.com/g%C3%A9n%C3%A9alogie/classification-des-tribus-selon-ibn-khaldun/
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Amokrane18



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Messages: 84

Messageécrit le Sunday 27 Sep 15, 10:47 Répondre en citant ce message   

Très bonne carte !

J'aimerais bien savoir quel logiciel vous utilisez pour qu'on puisse en faire de même.

Après, pour le Sud de Constantine, c'est loin d'être une région massivement berbérophone comme la Kabylie, les gens y parlent généralement l'arabe dans la rue, un arabe des Hauts-Plateaux semblable à celui de Sétif, où on garde les interdentales, où on prononce le "g", etc, mais le chaoui se maintient comme langue véhiculaire dans les petits villages.
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