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Expressions issues du jargon ferroviaire - Expressions, locutions, proverbes & citations - Forum Babel
Expressions issues du jargon ferroviaire
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Jacques



Inscrit le: 25 Oct 2005
Messages: 6476
Lieu: Etats-Unis et France

Messageécrit le Monday 01 Oct 12, 14:39 Répondre en citant ce message   

On peut construire ad infinitum des expressions sur le modèle de "Un train peut en cacher un autre".
Ex. :
Une réforme peut en cacher une autre.
Une taxe peut en cacher une autre.
Un problème peut en cacher un autre.
Un Sarkosi peut en cacher un autre
.
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
Messages: 139
Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Tuesday 02 Oct 12, 12:35 Répondre en citant ce message   



"Mots d'argot ferroviaire américain" découverts dans un excellent lexique publié en 1945 par le Centre de Documentation de la SNCF.

Il faut nous souvenir que, dans le cadre du Plan Marshall, moultes locomotives furent livrées d'outre-Atlantique, notamment les célèbres "231 - Pacific" et les "131 - Prairie."

Remplaçant un précédent lexique franco-germanique publié en 1941, cet opuscule s'efforçait d'établir l'entente entre les cheminots français chargés de reconstruire le réseau et les techniciens venus d'Outre-Manche et des USA.

Nous n'en publierons pas l'intégralité, mais principalement les termes employés pour désigner trois professions bien distinctes : Conducteur, Chauffeur (ce n'est pas le même métier) et Aiguilleur.

USA Meccano. Conducteur de route.

Baby lifter : Conducteur de train de voyageurs.
Boss : Conducteur.
Big O : (idem.)
Brains : Conducteur - Chef de service.
Brass hat : Conducteur "chapeau de laiton" ou chef d'un orchestre de cuivres...
Brass buttons : Conducteur de train de marchandises. Les boutons métalliques fermant, à cause du risque de combustion, le "bleu de chauffe."
Car catcher.
Cushion rider.
Eagle eye : Mécanicien à l’œil d'aigle, astreint à l'observation du signal ouvert (vert) ou fermé (rouge) ainsi qu'au respect des fiches horaires et des Renseignements techniques.
Hogger : Mécanicien.
King pin : (idem.)
Mule ou Nipper et Nut splitter : Machiniste.
Pin head : Conducteur. Evocation de la posture de travail qui dépasse "en tête d'épingle" hors des carénages de la locomotive.
Scissor bill : (idem.) "Celui qui se joue des aiguillages."

Voila pour les "seigneurs" et autres "barons du rail" secondés au temps de la vapeur par les "compagnons."
Les "chauffeurs de route" avaient pour mission d'entretenir le feu nécessaire au fonctionnement du "monstre d'acier" et gare (!) s'il leur prenait la fantaisie de crever le feu, jeter le sac ou fondre le plomb. (Nous y reviendrons.)

USA Chauffeur.

Ash cat.
Bakehead.
Clinker boy.
Diamond pusher, assorti du savoureux "Crack the black diamonds." Pour signifier qu'on "arrange le feu."
Smoke et Tallow pot venant conclure... Métier modeste, ignoré, mais ô combien nécessaire.

Montons au "pigeonnier" et écoutons comment les aiguilleurs furent désignés durant cette brève période :

To drum signifie "aiguiller" à charge du Ground hog ou Drummer (l'aiguilleur, le batteur de rythme, l'ossature d'un orchestre) de disposer les Gates (les aiguillages) dans la bonne direction et de présenter le Paddle (sémaphore) en position ouverte ou fermée. Sans "tôler un train" ni être réduit à "le torcher."
(Nous y reviendrons...)
Un aiguilleur de triage était désigné comme Reptile ou Snake, régnant sur les Yard geese, ou "agents de triage" et tâchant de démêler les Varnish wagons des Side door pullman (Voitures à voyageurs ou wagons de marchandises.) USA

Le mot fait-il la poésie, ou est-ce la poésie qui illustre le mot ?


Dernière édition par Andrew le Sunday 12 Jan 14, 17:47; édité 1 fois
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José
Animateur


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11065
Lieu: Lyon

Messageécrit le Friday 05 Oct 12, 9:47 Répondre en citant ce message   

Cette partie sur les expressions US, comme le reste du Fil d'ailleurs, est intéressante. On aurait envie d'en savoir encore plus.
Y a-t-il un site spécialisé ? Connais-tu un lien, Andrew ?
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
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Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Saturday 06 Oct 12, 15:41 Répondre en citant ce message   

José a écrit:
Cette partie sur les expressions US, comme le reste du Fil d'ailleurs, est intéressante. On aurait envie d'en savoir encore plus.
Y a-t-il un site spécialisé ? Connais-tu un lien, Andrew ?

Hélas non... Le seul lien que je connaisse représente 270 pages et figure dans ma bibliothèque, entre d'autres grimoires.
Mais les expressions américaines ne représentent "que" trois pages. Ca doit être jouable par transcription ou par scan. (Promis, je m'en occupe.)
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
Messages: 139
Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Saturday 06 Oct 12, 16:31 Répondre en citant ce message   

Voici deux expressions typiques des métiers de la conduite.

"Planter un chou." Expression toujours d'actualité.
Par négligence du chauffeur de route, manque de combustible ou mauvais "dégrillage" du foyer, il arrivait que la chaudière perde de sa puissance et que la locomotive ne puisse plus gravir une rampe.
"Planter un chou" valait au fautif un blâme avec inscription au dossier, une retenue sur solde et les moqueries de ses collègues...

Epoque révolue ? Que nenni !
La saison des feuilles mortes et des givres matinaux donne encore quelques belles frayeurs. Les valeurs de rampes (très escarpées) des Lignes à Grande Vitesse, comme celles du réseau classique, provoquent quelques sueurs froides... Quand ce n'est pas la mécanique qui lâche.

"Fondre le plomb." C'est le contraire, si j'ose dire.

Les corps de chauffe de type "mikado" sont parcourus par un réseau de tubes dans lesquels circulent les gaz chauds issus du foyer. L'eau contenue dans le corps de chaudière se vaporise et va par expansion actionner les pistons, reliés aux embiellages.

Une température excessive du foyer, un niveau d'eau insuffisant, une fuite et c'était l'explosion de vapeur.
Pour palier ce danger, les corps de chaudière furent ouverts à leur base de "lumières" operculées par des bouchons de plomb.
Portées à 327°C, ces "sécurités" fondaient et l'eau résiduelle venait noyer le feu.
On avait "fondu le plomb."

Synonyme de "faire sauter les plombs, péter un câble, claquer un durite" l'expression "capable de fondre le plomb" désigne un personnage colérique, emporté, prompt à monter sur ses grands chevaux, à "démarrer au timbre..."
Mais aussi le résultat d'un excès de zèle, d'une surcharge de travail, pendant de notre moderne "burn-out."
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
Messages: 139
Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Monday 08 Oct 12, 18:20 Répondre en citant ce message   

"Faire bateau-chapeau."
Eviter un obstacle, emprunter un itinéraire détourné, se jouer des embûches...

Les TCO (Tableaux de Contrôle Optique) équipant les postes d'aiguillage présentent de façon schématique les itinéraires normaux, parallèles, sous forme de droites, aussi de diagonales figurant les aiguilles de communication, de traversée d'une voie à l'autre.


Dans les gares de relais, les voies sont souvent occupées par des trains de passage, des rames de wagons en attente d'une locomotive qui viendra "faire la pointure" pour en poursuivre l'acheminement.

L'aiguilleur doit alors tracer un itinéraire d'évitement passant par la voie d'en dessous (sur le TCO) puis rejoignant celle du dessus. Puis éventuellement passer de celle-ci à l'autre de dessus pour enfin revenir sur l'itinéraire initial.

Un itinéraire évoquant la coque d'un bateau, l'autre la coiffe d'un chapeau. (L'essentiel n'étant pas de se cogner le crâne contre les murs, mais de s'en servir afin d'éviter les obstacles... Se jouer de Charybde et Scylla, en quelque sorte.)

Il se dit que le Capitaine Romanov, futur Tsar Nicolas II, aurait tracé à la règle la Magistrale du Transsibérien et que son doigt, contourné par la pointe du crayon, aurait imposé une courbe incongrue, surnommée "doigt du Tsar."
Il n'en est rien : Le "détour de Verebinsky" est en fait destiné à éviter des reliefs escarpés au franchissement desquels les "moujiks" et les "koulaks" - traduction audacieuse des "barons du rail" et de leurs "compagnons de route" - n'auraient pas manqué de planter un chou.

"Bateau - Chapeau." Façon astucieuse, sans forcer le passage, d'éviter les difficultés.
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
Messages: 139
Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Thursday 11 Oct 12, 9:30 Répondre en citant ce message   

"Manœuvrer à l'anglaise."
Voici un sujet difficile, tant les fantaisies empreintes de libéralisme, très en vogue en la Perfide Albion, réclament tout à la fois une extrême rigueur dans leur exécution.

La manœuvre des wagons (ou rames) s'effectue usuellement par mouvements de tirage ou de refoulement. Chose aisée lorsqu'on dispose d'une voie libre permettant à l'engin moteur de venir se placer à l'avant (pour tirer ou refouler) ou à l'arrière (selon le thème de manœuvre projeté) de la rame de wagons à classer.

Là où les choses se compliquent, c'est lorsqu'on ne dispose pas de voie libre permettant de "faire tête-à-queue."
On peut alors entreprendre de "manœuvrer à l'anglaise."
Cela consiste à passer sur les crochets latéraux de halage une élingue diagonale, de l'engin moteur au(x) wagon(s) sis sur la voie contiguë.
La rame placée sur la voie adjacente sera alors "tirée en troïka" puis, lorsque la vitesse acquise aura produit assez d'inertie, elle poursuivra sur son erre.
On stoppe le diesel de manœuvre... La rame, aiguillée de façon idoine, passe devant la loco... Avant qu'elle ne revienne percuter de plein fouet - l'aiguilleur vigilant ayant "tourné les pointes" - le meccano remet les gaz et vient accoster en douceur les wagons passés devant lui.

J'eus préféré vous montrer un petit film. Hélas ! Cette méthode est désormais rigoureusement proscrite par les règlements de sécurité.

"Débrancher à l'anglaise."
Voila une autre astuce - non protocolaire - permettant de classer des wagons sur les voies de triage lorsque le mouvement se présente en position de tirage à la bosse.
En effet, il est d'usage de présenter une rame avant la bosse de débranchement en refoulement, de purger les freins puis de refouler, après avoir dételé les coupes, à vitesse lente, les wagons qui, sur leur inertie, vont descendre et être classés (grâce au snake, reptile, aiguilleur de triage...) vers leurs voies d'affectation.

Si d'aventure le diesel de manœuvre se présente en bosse avec deux ou trois bricoles en tirage, on perdrait un temps phénoménal à lui faire exécuter un "tête-à-queue."
Solution du problème : Débranchement "à l'anglaise."

La loco tire et stoppe au bas de la bosse, de l'autre côté. L'attelage est coupé, tout en gardant les trois ou quatre wagons freinés à l'air (système Westinghouse - of course !)
Le snake aiguille, façon reptile, le yoyo vers sa voie d'évitement et le met en protection en retournant les gates.
Les yard geese vont alors actionner les tirettes de purge des systèmes de freinage et lentement, descendant de la bosse sur leur propre inertie, les bricoles vont rejoindre la voie ad-hoc.

Cela paraît très compliqué ? C'est pourtant si simple.
Simple à un point tel que nos confrères cheminots helvètes Français de Suisse on détourné le verbe "anglaiser" et inventé "déglaiser" pour désigner ces manœuvres aussi subtiles que périlleuses, passées du berceau du rail (l'Angleterre) à son royaume (la Suisse.)

Maudits Gottons. Satané Guillaume Tell !
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
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Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Saturday 13 Oct 12, 11:02 Répondre en citant ce message   

Voici quatre verbes encore très usités dans le jargon ferroviaire : "Tôler, tauler, toller et torcher."

Le DHLF nous donne quelques éclaircissements sur l'origine. Résumons : "Table, fer laminé en tôle. Entôler - introduire en fraude dans le taulat (la porcherie ou l'étable) mettre en taule le taulard qui s'est mis à table - refermant sur lui une porte tôlée..."

Les divers systèmes de signalisation qui sont apparus au fil de l'histoire sont tous basés sur le principe d'un mât (pylône, potence ou portique) portant une ou des cocardes de tôle.
Les formes en sont diverses, disque, carré droit ou sur pointe, triangles pointe en haut ou en bas, losanges, ailes rectangulaires, fonctionnant par pivotement.

Le plus connu est le signal "carré" présentant un damier de quatre, alterné rouge et blanc. C'est l'ordre d'arrêt absolu, "associé pour observation de nuit à deux feux rouges et un œilleton blanc."

Tôler un train, c'est lui présenter la "tôle", fermer à son approche le signal de préavis (ou "avertissement") avant qu'il aborde plus loin le signal d'exécution.
Cela vu de l’œil de l'aiguilleur, de l'agent-circulation ou du régulateur. Situation vécue de façon parfois fort différente par le mécanicien qui se trouve stoppé, arrêté, "mis en taule."

Tauler prend alors une signification sensiblement différente. Cela consiste à manœuvrer les signaux en urgence, tant qu'il est encore possible de préaviser le conducteur de l'imminence d'un signal d'arrêt.

Toller est plus léger (il fleure le franco-provençal) et signifie que la manœuvre des signaux a été normalement exécutée, que les automatismes ont fonctionné (voir : pédale d'Aubin) et que l'aiguilleur a, comme prévu, "aubiné les signaux" après passage de la circulation.
J'ai longtemps pensé que cette expressions évoquait un "tollet d'aviron" ou "dame de nage." Comme d'un taquet enclenché-déclenché au passage, de manière à permettre une progression régulière.
Vision poétique ? Sans doute. Pas éloignée cependant de la compréhension des automatismes.

Le paroxysme (roule, train du malheur !) c'est lorsqu'on en est réduit à le torcher.
- Fermeture en urgence d'un signal d'arrêt impératif, sans qu'au préalable l'avertissement ait pu être présenté.
- Franchissement intempestif d'un signal d'arrêt, soit non-observé par le conducteur, soit en panne, équipé de pétardières. (Trois explosions = arrêt d'urgence.)
- Présence sur la voie de pétards à griffes. (Trois alternés de 15 mètres, à gauche et à droite.)
- Signaux manuels présentés par un agent de terrain au moyen d'un drapeau rouge ou d'une lanterne (rouge) agités, ce qui signifie l'ordre d'arrêt d'urgence, face à un danger imminent.
- Mise à feu d'une "torche à flamme rouge" sorte de feu de Bengale extrêmement puissant dont la lueur se voit à plus d'un kilomètre, y-compris en plein été.

Il arrive qu'on puisse "torcher" in-extremis...
Nous les avons tous vues, ces "torches à flamme rouge." Mais si ! Souvenez-vous : "Tous ensemble - tous ensemble - Ouais ! Ouais !"
(L'Elysée n'était pas si loin. On espère qu'à cette distance on l'a bien vue, la grève...)
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embatérienne
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Messageécrit le Saturday 13 Oct 12, 12:13 Répondre en citant ce message   

Comment distingue-t-on à l'oral entre tôler, tauler et toller ?
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Andrew



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Messageécrit le Saturday 13 Oct 12, 13:06 Répondre en citant ce message   

embatérienne a écrit:
Comment distingue-t-on à l'oral entre tôler, tauler et toller ?

Vaste question, bien cher Maître.
Entendu de l'oreille d'un lyonnais, le "ô" semble moyen dans les tonalités de phonation, à mi-chemin entre le "o" clair et le "au" pas encore remis au registre des "grâââves" avec trois accents circonflexes.
Le "o" de "toller" est plus proche du "e" et presque du "a" ce qui expliquerait les deux "ll" qui lui donnent de la légèreté.
(Je suis impardonnable, ne possédant pas l'usage des signes phonétiques.)
Toujours est-il qu'à la lecture de nombreux rapports d'incidents, de dysfonctionnement ou simplement de fin de service, on voit les trois orthographes attestées et argumentées par les scripteurs.
Exemples :
- "Rapport de fin de service, passage de consignes à l'agent prenant : 15917 tollé au carré 14, à libérer à l'ouverture, à l'heure."
- "Appel au régulateur : 544817 taulé au carré 14. Oui?... 51918 et 52862 à passer avant. Retards de correspondance. Reçu. Je libère le 862 avant le 918. Oui. T'as pas cinq minutes de bricole ? Le meccano du 817 voudrait bien finir son service à l'heure."
- "Régulateur à Agent-Circulation : Ordre de tôler le 65859 au carré 14. Passage d'un "rapace" en avance. Priorité. Tu as le temps, il fait - 8."

Toutes choses entendues et lues dans les "carnets de dépêches" des postes de circulation, régulation et de permanence d'acheminement.
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
Messages: 139
Lieu: Isère rhodanienne

Messageécrit le Tuesday 16 Oct 12, 11:44 Répondre en citant ce message   

"Passer au gabarit."

"Gabarit" selon DHLF, vient de l'ancien provençal "gabarrit" qui, croisé avec "gabarra" et "garbi" a évolué vers diverses traductions, désignant la grâce, les belles formes, un modèle de bateau.
Egalement la stature, les volumes et dimensions, des modèles de construction, des outils de traçage pour le dessin ou l'exécution répétitive de pièces identiques, etc...

Dans le domaine ferroviaire, les gabarits-véhicules ou de chargements doivent s'adapter aux gabarits-obstacles.
Il s'ensuit, selon les usages architecturaux et de génie-civil, une palette de "gabarits de référence" très fournie, allant du gabarit à ciel ouvert - double-stack américain - au finlandais ou russe, passant par le "3-2" allemand et des pays d'Europe centrale jusqu'au "PPI" (passe-partout-international) dénommé aussi "GIC" ou "gabarit continental."
Il reste que celui en vigueur sur les îles britanniques est le moins favorable de tous.

On a donc la notion d'une enveloppe fictive permettant aux véhicules ou chargements qui s'y inscrivent de voyager sur tous les itinéraires, en banalité, à toutes les vitesses.

Tenant compte des effets cinématiques et dynamiques (galop, louvoiement, lacets, oscillations, déports géométriques en courbe) les vérifications de gabarits s'effectuent par calcul au millimètre-près.
Les points singuliers les plus critiques se situent "à la corne" des gabarits, c'est-à-dire à la jonction entre le sommet des piédroits et l'amorce des pans-coupés.

Des dispositifs fixes ou pivotants furent utilisés pour vérifier par défilement que l'ensemble des wagons s'inscrivaient dans le gabarit, que rien ne dépassait ni risquait d'entrer en collision avec un obstacle fixe ou un train croiseur. (Surtout à hauteur des "oreilles...")

L'une des définitions du DHLF "modèle pour construire et, par extension, vérifier des dimensions" peut parfois prendre un sens disciplinaire.

"Etre convoqué chez le Grand Cerf pour un passage au gabarit" signifie que le Chef de Gare Principal va s'employer à remettre la tête entre les oreilles de l'agent fautif, dissipé, lequel ne devra pas céder au fou-rire.
Sachant qu'un Grand Chef Principal est surnommé "dix cors" et un Directeur "douze" on verra là tout l'intérêt à élaguer ce qui dépasse au niveau de la "corne" et les effets comiques que cela peut produire...

(Amorce d'un petit bestiaire des cheminots en cours d'écriture...)
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José
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Messageécrit le Tuesday 16 Oct 12, 12:03 Répondre en citant ce message   

Lire le MDJ gabarit.
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Andrew



Inscrit le: 14 Aug 2012
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Messageécrit le Tuesday 16 Oct 12, 12:52 Répondre en citant ce message   

José a écrit:
Lire le MDJ gabarit.

Oui... Les gabarits ferroviaires fixes ou pivotants sont cités en commentaire dans ce MDJ. Ces dispositifs sont hélas tous abandonnés, démantelés, et ne trônent plus que dans quelque écomusée ou sur les chemins de fer touristiques.

Leurs principaux défauts étaient d'une part de ne pas tenir compte des agrandissements successifs des gabarits de circulation (GIC puis GA, GB, GB+, GC & consorts) d'autre part de n'être pas entretenus dans leurs dimensions initiales.
Et surtout de ne pas tenir compte des seuls déports géométriques en courbe.

Des ingénieurs s'y sont laissé prendre : Lors du premier essai du "Modalohr" reliant Ayton-Bourgneuf à Turin, un gabarit fixe flambant-neuf trônait fièrement à la sortie d'embranchement, sur les courbes de raccordement aux voies principales.
L'empattement des wagons "Lohr" étant considérable et leur déport en courbe assez conséquent (plus de 27 cm, de mémoire) le gabarit de contrôle a volé dans le décor.
(J'en fus témoin...)

Ce qui valût au système "Modalohr" son surnom, bien connu des cheminots du crû : "Merde-alors !"
Chose qui se vérifia par la suite, lors des mises au point de la "route roulante" entre Perpignan et Bettembourg.


Dernière édition par Andrew le Thursday 18 Oct 12, 20:59; édité 1 fois
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Moutik
Animateur


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Messages: 1204

Messageécrit le Tuesday 16 Oct 12, 21:08 Répondre en citant ce message   

Apercevoir le bout du tunnel : envisager la fin d’une période difficile, d’une épreuve.
Être la lanterne rouge : être le dernier.
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Jacques



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Lieu: Etats-Unis et France

Messageécrit le Tuesday 16 Oct 12, 22:47 Répondre en citant ce message   

angl. rails-to-trails , rail-trails : conversion de voies de chemin de fer désaffectées en sentiers (angl. trails) de randonnées.
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