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coudole (français : méridional) / (provençal) / (shuadit, judéo-provençal) - Le mot du jour - Forum Babel
coudole (français : méridional) / (provençal) / (shuadit, judéo-provençal)
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rejsl
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Messageécrit le Tuesday 23 Apr 19, 23:54 Répondre en citant ce message   

Français Provence COUDOLE : Substantif féminin


Ce nom n'est pas répertorié dans les dictionnaires de langue française; pour autant, on peut le trouver écrit, dans des textes , des actes administratifs, des lettres et autres.
Ce terme du français régional (de Provence) désigne le pain azyme, les matzoth, telles qu'elles étaient traditionnellement produites jusque dans les années 1920/1930 dans la région d'Avignon, de Carpentras, anciennes terres papales (Avignon et le Comtat Venaissin). Il s'agit de ces matzoth- pain sans levain- consommées pendant les huit jours de la fête de Pessah (Pâque israélite), à la place du pain, alors interdit.

Au cours des siècles, dans cette région, les communautés israélites, placées sous la protection du Pape ont développé une culture, un rite et des coutumes qui leur étaient propres. Ainsi, on sait que ces "coudoles" avaient une forme originale, légèrement ovales et qu'elles étaient de trois sortes: farine de fleur de froment, eau et sel pour la première, rajout d'huile d'olive pour la seconde, ce qui les rendait plus moelleuses, enfin , pour la troisième, préparées avec du vin cuit ce qui les rendait délicieuses. Où l"on voit d'ailleurs l'influence des habitudes culinaires provençales sur un aliment ayant une tout autre origine.

Sur le plan linguistique, la première chose intéressante est le fait que cet aliment qui est étroitement lié au culte religieux juif n'ait pas porté comme un peu partout dans le monde un nom issu de l'hébreu מַצָּה - matza. Dans tout le reste de la France, les gens concernés parlaient de matsoth , cela devient matses en yiddisch, Matzen en allemand,Matza, Matzoh, Matzo, Matsah, Matsa , Matze, pour le portugais, idem pour les autres langues de ma connaissance.

Pourtant, ce qui caractérisait le parler de ces communautés de Provence, le shuadit (nom qui vient de l'hébreu שואדית signifiant "langue juive") , c'est bien la présence de nombreux hébraïsmes pour tout ce qui concerne la religion. Pour le reste, ce judéo-provençal se distinguait très peu du provençal proprement dit, si ce n'est par quelques différences de prononciation.

Aussi est-il étonnant de voir surgir dans cet unique cas, un mot venant directement de l'occitan provençal, un mot local, à la place du mot d'origine hébraïque, même transformé lors de l"emprunt.

Les occurrences en français :

1) Une simple recherche sur les sites touristiques concernant Carpentras, Cavaillon ou Avignon permettra rapidement de rencontrer ce mot coudole.


2) En remontant un peu , fin du XIXème, tout début du XX ème , une correspondance entre Frédéric MISTRAL et son ami, le grand-père d'Armand LUNEL, ALBERT(ABRAHAM) LUNEL. Celui-ci lui a fait livrer, à sa demande, et à plusieurs reprises , un plein panier de ces "coudoles ".

a) Extrait de la lettre écrite par Albert Lunel à Frédéric Mistral en mai 1899 , dans laquelle il le félicite pour l'ouverture de son MUSEON ARLATEN (à Arles) et lui envoie donc ces coudoles.

Citation:
" Et maintenant, je vous annonce que vous aurez des Coudoles quoique Pâques finies j'ai pu m'en procurer. Je pense aller Dimanche encore une fois à Arles. Je vous les remettrai ..."


b) extrait d'une lettre de Frédéric MISTRAL à Albert LUNEL , un an après, en 1900, dans laquelle il remercie celui-ci pour un nouvel envoi de ces coudoles:
Lettre consultable au MUSEON ARLATEN ,à Arles.

Citation:
Brave Monsieur LUNEL, j'ai reçu le corbillon de coudoles que vous venez de m"envoyer... J'en ai fait passer è X. Lui et sa femme , qui sont des Juifs d'Alsace ne connaissaient pas la forme de vos fougassettes .


A remarquer qu'Albert LUNEL écrivait volontairement en français alors que Frédéric MISTRAL répond volontairement en langue provençale. La lettre est traduite.
Dans les deux cas, c'est le même mot coudole qui apparaît.

c) En remontant plus avant dans le temps, on trouve aux Archives Départementales du Vaucluse le procès-verbal de de l'adjudication du four à cuire les coudoles pour la ville d'Avignon , datant de mars 1732 :

Citation:
" le 20 mars 1732 , mise à l’enchère au rabais du four à cuire les coudoles aux conditions suivantes :

que celui qui aura l’adjudication fournira le bois et tout le travail nécessaire.
qu’il payera les coudoles qui se gâteront ... "


https://books.google.fr/books?id=2uVXDwAAQBAJ&pg=PT68


Les occurrences en provençal

Il m'est impossible de trouver des occurrences en judéo-provençal (shuadit) , celui-ci ayant cessé d'être écrit après l'intégration du Comtat Venaissain et d'Avignon au sein de la République Française d'une part, et d'autre part, ces textes sont en caractères hébraïques souvent anciens et non consultables sur Internet.

En revanche, on trouve des exemples écrits , datant de la fin du XVII ème siècle et du XVIII ème dans les Noëls Provençaux !

Dans ces Pastorales, systématiquement, le poète s'adresse à la population qui est bien sûr provençale mais supposée être celle de Betelèn, Bethléem en provençal. Donc des Hébreux pratiquant le judaïsme.
le poète appelle à reconnaître la naissance du Sauveur et à renoncer aux anciennes pratiques...dont le pain azyme, les fameuses coudoles.

a) Noël Provençal de NICOLAS SABOLY ( 1614 à Monteux - 1675 en Avignon ) :

Citation:
Brisen lampo et viele Brulen nostei talmus Et de nostei coudole Que se n en parlé plus.


= : Brûlons lampes et veilleuses, Brûlons nos Talmuds Et de nos coudoles Qu'il ne s'en parle plus.

b) 1791 : un autre Noël Provençal, plus populaire, de Sieur Peirol , menuisier d’Avignon :

Citation:
Penfes plus à tei jour de pafquou ... Mettros mettras de levame à ta pastou L Enfan qu es na ven tout renouvela Adieou adieou toutou l amíffila Faras pas plus gis de coudole


=ne pense plus à ce jour de la Pâque, Tu mettras du levain à ta pâte, L'enfant qui est né va tout renouveler , adieu à tout ! ?? Tu ne feras plus de coudole.

Ce qui nous montre que le terme était connu depuis des siècles, y compris par les Provençaux non juifs mais que son sens reste lié uniquement à ce pain azyme consommé par la population juive de Provence durant les huit jours de la Pâque. Un sociolecte, en somme.

Un deuxième post pour parler de l'étymologie du terme.
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rejsl
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Lieu: Massalia

Messageécrit le Wednesday 24 Apr 19, 10:19 Répondre en citant ce message   

Provence COUDOLE , occitan provençal ( suite)

Le terme est bien répertorié par Frédéric MISTRAL dans son dictionnaire occitan-français LOU TRESOR DOU FELIBRIGE.

On le trouve avec plusieurs variantes :

Citation:
COUDOLO / COUDOUELO : pain azyme

avec renvoi à :
CANDOLO / CAUDOLO , avec même définition.


ETYMOLOGIE

Je lis avec stupéfaction chez Mistral dans son TRESOR DOU FELIBRIGE , à partir de la variante CANDOLO / CAUDOLO :

Citation:
venant du grec : met composé d’amidon , de fromage et miel et de lait ) κάνδυλος. ΚΑΝΔΥΛΟΣ


Cette même explication se retrouve dans un dictionnaire antérieur de 1846 : dictionnaire provençal-français de S.J HONNORAT ( Docteur en médecine ) avec la définition suivante :

Citation:
CANDOLAS ; espèce de gâteau que les Juifs font avec la fleur de farine, le sucre et l'eau rose.Etymologie : du grec,ΚΑΝΔΥΛΟΣ , KANDULOS, met composé d'amidon, de fromage, de miel et de lait.


Malgré l'admiration pour l'immense travail de lexicologie réalisé par Mistral, je suis fort étonnée qu'il ait simplement repris cette étymologie avancée par d"autres avant lui..
D'abord parce que le terme le plus employé, celui qu'il connaissait, est bien COUDOLE , avec ses variantes COUDOULEO, CAUDOLE qui sont des variantes dialectales.
Et que malgré la proximité phonétique de cette variante CANDOLAS avec le mot grec , il me semble impossible que l'un soit lié à l'autre..

D'une part, on se demande bien d'où ces Juifs provençaux dont la présence dans cette région est attestée dès les premiers siècles de notre ère ( venus sans doute avec les Romains) auraient emprunté ce terme grec . Ces populations sont restées en Provence et dès le moment où ces territoires, après la mort de Raymond de Toulouse , sont devenus propriété du Pape ( 1274) , elles ont été protégées de toute expulsion et n'ont pratiquement plus bougé jusqu'à ce qu'e ces gens deviennent citoyens français après la Révolution .

D'autre part, il est impossible qu'un aliment lié au culte religieux , tel que les matsoth, ait pu être nommé d'après un met contenant du lait et du fromage. Il y a là une stricte impossibilité.


Enfin, il aurait suffi à Mistral de rapprocher ce COUDOLE des autres termes qu'il a lui-même référencés , je cite :

Citation:
COUDOULET : COUDELET : petit caillou, galet…
COUDOULOUS : caillouteux
COUDOULIERO : lieu plein de cailloux, plage de galets…


pour voir qu'il s'agit de la même famille de mots.

Ces coudoles avaient donc une forme légèrement ovale, aplatie ( absence de levain) , les faisant ressembler à un grand caillou, une sorte de galet.
C'est d'ailleurs ainsi que le comprennent , aujourd'hui encore, les quelques descendants de ces familles, parlant et comprenant encore ce judéo-provençal.

Finalement , ce terme n'est autre que l'équivalent provençal de notre galette , par analogie de forme, si ce n'est que le terme coudole n'aura jamais désigné un gâteau plat en général mais uniquement ce pain azyme consommé durant les huit jours de la Pâque israélite.
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embatérienne
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Messageécrit le Wednesday 24 Apr 19, 14:26 Répondre en citant ce message   

Très jolie histoire de ce mot que je ne connaissais pas. Les dictionnaires et les livres se recopient souvent entre eux, et on retrouve ce plat lydien même dans des ouvrages plus récents comme Les juifs du pape à Carpentras, de Michel Brun. En revanche, un numéro de 1886 de la Revue des études juives voient bien le gâteau ou la galette dans la coudole (Cette même pièce mentionne également le four à candoles ou coudoles (le mot signifie gâteau ou galette; il désigne les pains azymes de Pâque), appartenant à la communauté juive et situé dans les dépendances de la synagogue).

Dernière édition par embatérienne le Wednesday 24 Apr 19, 15:09; édité 1 fois
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Xavier
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Messageécrit le Wednesday 24 Apr 19, 14:56 Répondre en citant ce message   

Le rapprochement avec galet/galette me semble judicieux.

Je constate que le galet/caillou poli s'écrit en provençal :
codoul, code et son diminutif : coudoulet.

Je trouve étrange ce codoul alors que je m'attendais à coudoul.
Il y a certainement une explication, que je ne connais pas.
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Outis
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Messageécrit le Wednesday 24 Apr 19, 16:03 Répondre en citant ce message   

Un peu de recherche :
• dans le Bailly : κανδαυλος ou κάνδυλος « plat lydien réputé pour sa saveur »
• dans le Liddell-Scott : κάνδαυλος ou κάνδυτος « Lydian dish, of which there were several varieties »
• chez Chantraine : κάνδαυλος ou κάνδυλος « plat ou sauce lydienne », nom peut-être en rapport avec Κανδαύλης « Candaule, roi de Lydie »
• chez Hésychius : <κανδύλος>· διὰ λαγώων καὶ γάλακτος καὶ τυροῦ καὶ μέλιτος que je comprends « avec des lièvres (?) et du lait et du fromage et du miel » où je ne crois pas que les lièvres soient les animaux que l'on pense mais qu'il puisse s'agir de gâteaux semblables à nos navettes provençales appelées ainsi par allusion à leur forme (en oreille ?) et à λάγανον « gâteau mince et large fait d'huile et de farine » (Chantraine) ou « sorte de gâteau au miel frit dans l'huile » (Bailly) ou « thin broad cake, of meal and oil » (L-S).

Il me semble clair qu'aucun de ces lexicographes (sauf peut-être Hésychius ?) n'en a jamais mangé mais, clair aussi que l'énumération « lait, fromage, miel » n'est peut-être qu'un accompagnement, peut-être nécessaire si le gâteau, de farine et d'huile s'apparente à un étouffe-chrétien, un niçois stoufa-gari, comme le laisse imaginer Chantraine :

s.u. Κανδαύλης <? kan-daulās formé sur un *can « chien » (cp. lat. canis) et *dhau- « étrangler » (cp. v. sl. daviti) formation analogue au skr. śvaghnin « tue-chien ».

En tout cas, l'origine lydienne de la friandise (?) semble bien attestée et dois-je rappeler qu'au VIe siècle la Lydie était alliée à des cités comme Phocée, ville à l'origine de la fondation de Marseille, Marseille qui fut longtemps plus grecque que romaine. Mistral ne s'était peut-être pas tant fourvoyé …
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Papou JC



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Messageécrit le Thursday 25 Apr 19, 16:14 Répondre en citant ce message   

Où sont passés les cailloux ?
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Outis
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Lieu: Nissa

Messageécrit le Thursday 25 Apr 19, 17:02 Répondre en citant ce message   

Les cailloux viennent d'ici :
rejsi a écrit:
Enfin, il aurait suffi à Mistral de rapprocher ce COUDOLE des autres termes qu'il a lui-même référencés , je cite :

Citation:
COUDOULET : COUDELET : petit caillou, galet…
COUDOULOUS : caillouteux
COUDOULIERO : lieu plein de cailloux, plage de galets…

pour voir qu'il s'agit de la même famille de mots.

Ou, peut-être d'une coïncidence ?
Ou, peut-être, d'un trait d'humour, de tels petits gâteaux sans lait ni levain étant aussi secs et durs que des cailloux. Je n'en sais rien. Et, ni juif, ni provençal (nobody's pefect), je n'avais jamais entendu parler de coudoules avant que rejsi ne nous les présente.
Je me suis contenté, en simple Babélien, de faire une petite recherche sur le grec κάνδαυλος qui, malgré la sécheresse des sources, laissait envisageable d'accepter comme Mistral un trajet Lydie -> Provence en petite pâtisserie.
Et je laisse à Ion, bien meilleur helléniste que moi, le loisir d'assez comprendre la notice d'Hésychius pour décider si lait, fromage et miel sont des ingrédients ou des accompagnements usuels.
Et je laisse les cailloux aux connaisseurs du provençal.
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Xavier
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Lieu: Μασσαλία, Prouvènço

Messageécrit le Thursday 25 Apr 19, 19:25 Répondre en citant ce message   

Dans le Trésor dou Felibrige, il y a aussi cette entrée :

CANAULO (gr. χανδαυλο, espèce de gâteau), s. f. Gâteau en forme de couronne, en Gascogne, v. tourtihado;
collier de bois qu'on met aux bestiaux pour y suspendre une sonnaille, v. càmbis;
long gâteau fait sans œufs que l'on mange en carême, dans le Languedoc, sorte d'échaudé, v. candolo.
Manjo-canaulo, sobriquet des Bordelai


Et Canaulié : faiseur de gâteau.

Est-ce la même famille que la coudole ? Mistral rattache ces termes au grec χανδαυλο (khandaulo). Je suis sceptique.

Il existait une corporation de canauliers à Bordeaux. Ils fabriquaient du pain bénit, des canaules, des retortillons et des échaudés.
Voir Dictionnaire de la gourmandise d'Annie Perrier-Robert (2012)

Une spécialité bordelaise, le canelé. La forme des pâtisseries présente des cannelures.
Mais le canelé est-il la version moderne de la canaule qu'on fabriquait au XVIIe siècle ? On ne connait pas les formes de cette canaule.

Voici une photo de cannelé (avec la recette).

Un échaudé de carême était une pâtisserie qu'on faisait dans le midi.
Lou tchaudels dans le Haut-Languedoc
chaudelets, tchadouals en Auvergne

C'est aussi une spécialité niçoise : lou chaudèu

Dans Lou Trésor dou Félibrige, on a cette entrée (citée par Rejsl) :
candolo, caudolo (rhodanien), coudolo, coudouelo (marseillais)

Mistral cite un vieux noël :
Brisen lampo e viholo,
Brulen nòsti talmud,
E de nòsti caudolo,
Que se n'en parle plu.


C'est bien la graphie caudolo dans ce texte.

Dans le Livre de la Genèse, traduit par Mistral :
Mai éu li pressè talamen que venguèron à soun oustau; e quand ié fuguèron intra,éu ié serviguè ‘n repas, e faguè couire de caudolo, e mangèron
Chapitre 19, 3

Bible de Jérusalem :
Il leur prépara un repas, fit cuire des pains sans levain, et ils mangèrent.
C'est le terme מַצָּה matsoth / ἄζυμος que Mistral traduit par caudolo.

Ce terme apparait aussi dans Miréio
Ainsi, on a :
caudolo : pain azyme, en provençal rhodanien.

Dans ce cas, est-ce que la coudole ne serait pas un échaudé ?
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Papou JC



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Messageécrit le Thursday 25 Apr 19, 23:10 Répondre en citant ce message   

Bien vu, Xavier !
1260 eschaudé subst. « petit gâteau » (E. Boileau, Le livre des mestiers, 288, ibid.). Du b. lat. excaldare « échauder ». (TLF).

Reste l'histoire des cailloux.
Un dérivé provençal de calculus ? Avec interférence de l'un sur l'autre sous l'influence de galet / galette ?
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Glossophile
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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 11:49 Répondre en citant ce message   

Les échaudés sont ainsi nommés parce qu'ils sont plongés dans l'eau bouillante avant la cuisson au four. Aucun rapport avec les pains azymes...
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Papou JC



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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 12:00 Répondre en citant ce message   

On n'a jamais dit que c'était la même chose. D'une langue à l'autre et d'une époque à l'autre, on sait qu'un même mot ou deux cognats très proches peuvent désigner des objets différents mais conservant un certain nombre de points communs. Ce pourrait être le cas en l'occurrence.
Ce que Xavier, et moi avec lui, voulons dire, je crois, c'est qu'une origine latine nous semble plus probable qu'une origine grecque.
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Xavier
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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 12:30 Répondre en citant ce message   

Il y a plusieurs sortes d'échaudés. Il existe des échaudés de carême. Et il doit s'agir de cet échaudé.

Le terme désigne un biscuit avec une cuisson spéciale (dans l'eau bouillante).

Je reprends le Dictionnaire de la gourmandise (déjà cité)
Ces échaudés étaient au Moyen Âge un aliment économique :
Ces galettes, simplement faites de farine, beurre et de sel, qu'on jetait dans l'eau chaude pour les faire lever

L'échaudé était surtout fabriqué pendant le carême. Pour cet "échaudé de carême", l'huile remplaçait le beurre et ils prenaient souvent une forme ronde évoquant l'hostie.

Et les juifs pouvaient très bien avoir un "échaudé de Pâque".
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Glossophile
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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 12:46 Répondre en citant ce message   

... pour les faire lever !
Par hypothèse, le pain azyme ne doit pas lever.

D'accord pour écarter l'étymologie grecque, pas d'accord pour chercher midi à quatorze heures...
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Xavier
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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 14:18 Répondre en citant ce message   

Je cite la phrase. Mais je ne pense pas que l'eau bouillante possède cette vertu de faire lever la pâte. C'est plutôt un procédé de cuisson (puisqu'il s'oppose à la cuisson au four).

Ensuite, j'approuve la remarque de Papou.

On le voit bien en botanique : un même nom peut désigner deux fleurs différentes d'une région à l'autre.

Sinon, un pain azyme, c'est un pain sans levain, car les Hébreux n'avaient pas le temps de faire du levain. Mais si le pain pouvait lever rapidement avec un autre procédé (le feu du Saint-Esprit ?) je ne vois pas en quoi cela aurait été gênant.
Il y a certainement ensuite un rituel qui s'est instauré autour de la réalisation de ces pains sans levain.
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Glossophile
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Messageécrit le Friday 26 Apr 19, 14:24 Répondre en citant ce message   

Union sacrée masculine...
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