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maladière (moyen français) - Le mot du jour - Forum Babel
maladière (moyen français)

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Jean-Charles



Inscrit le: 15 Mar 2005
Messages: 3122
Lieu: Helvétie

Messageécrit le Saturday 11 Feb 06, 23:29 Répondre en citant ce message   

Comme son nom l'indique, la maladière était un lieu dans lequel se trouvait les malades. En fait, ces malades étaient des lépreux que l'on tenait à l'écart des agglomérations.

On faisait de même avec les industries qui empestaient, telles celle du chanvre, avec les chenevières.
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Glossophile
Animateur


Inscrit le: 21 May 2005
Messages: 2283

Messageécrit le Sunday 12 Feb 06, 2:14 Répondre en citant ce message   

On disait aussi maladrerie.
Les lépreux étaient dits ladres, déformation du nom du pauvre Lazare.
D'où le lazaret, où l'on isole les lépreux.
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Papou JC



Inscrit le: 01 Nov 2008
Messages: 11048
Lieu: Meaux (F)

Messageécrit le Thursday 04 Nov 10, 21:19 Répondre en citant ce message   

Petite précision : En moyen français, on a d'abord dit tout naturellement maladerie ou maladière. Sous l'influence de ladre, on a fini par dire maladrerie.
Voir lazaret.
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Cligès



Inscrit le: 18 Jul 2019
Messages: 784
Lieu: Pays de Loire

Messageécrit le Wednesday 07 Jul 21, 17:53 Répondre en citant ce message   

Glossophile a écrit:
On disait aussi maladrerie.
Les lépreux étaient dits ladres, déformation du nom du pauvre Lazare.
D'où le lazaret, où l'on isole les lépreux.


Non, ladre n’est pas la « déformation » de Lazare, mais le fruit d’une évolution phonétique aux lois rigoureuses, bien qu’inconscientes des locuteurs.

De Lazărŭ(m) [latsarum] à ladre

Or escoutez que je ci jure,
[…]
Q’entre mes cuises n’entra home,
fors le ladre qui fist soi some, (= qui se fit bête de somme)
qui me porta outre les guez. (= les gués)

Béroul, Le roman de Tristan, v. 4201-6 (Champion).


IIIème – IVème : latsarŭ > ladzarŭ > lazarŭ
Sonorisation du groupe -ts- intervocalique, puis réduction de l’affriquée.

Fin IVème : a) lazarŭ > lazrŭ
Syncope de la pénultième atone relativement tardive en raison de la nature du groupe consonantique constitué, qui nécessite une épenthèse.
b) lazrŭ > lazd
L’épenthèse résulte ici du dégagement d’un élément occlusif [d] dont le point d’articulation est le plus proche de celui de la constrictive [z] qui l'engendre ; sa sonorité est évidemment la même. Cet élément occlusif fournit ainsi une conclusion satisfaisante à l’émission de la constrictive avant le début de celle du [r], et deviendra par la suite un phonème autonome.

Vème : lazdrŭ > lazdrọ
GBV : l’ancien u bref latin prend le son du o long

VIIème : lazdrọ > lazdre̥
Affaiblissement de la voyelle finale ; celle-ci ne disparaîtra pas avant l’époque moderne (encore faut-il nuancer) car elle fournit un appui articulatoire au groupe consonantique complexe. Elle demeure dans l'orthographe sous la forme de notre "e muet".
La forme reste stable un long moment ; on trouve le mot écrit lasdre, sans « z » car en ancien français, ce signe n’est pas une lettre, mais la ligature du groupe -ts (aimez < amat(i)s) ; ce n’est que très exceptionnellement ou plus tardivement qu’il note la sifflante sonore ou le ζ des mots grecs venus par le latin.


XIIème : lazdre̥ > ladre̥
Amuïssement du [z] par désarticulation devant la dentale qui s’est peu à peu renforcée. Le mot est écrit ladre, mais la graphie lasdre persiste quelque temps ; on trouve aussi lasre, mais par un conservatisme qui s’explique par le poids religieux du nom originel.


Autres formations comparables :
cis(e)ra > cisdre > cidre ; co(n)s(ue)ere > cosdre > coudre.
La loi de corrélation fait qu’un traitement analogue s’observe dans le domaine des consonnes sourdes : *ess(e)re > estre > être ; an(te)cess(o)rem > ancestre > ancêtre, etc…, mots dans lesquels la gémination a maintenu le caractère sourd du [s].
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