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prêtre (français) - Le mot du jour - Forum Babel
prêtre (français)

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Outis
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Inscrit le: 07 Feb 2007
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Lieu: Nissa

Messageécrit le Tuesday 26 Jun 07, 9:19 Répondre en citant ce message   

Sur le grec ancien πρέσβυς [présbus] « vieux, âgé, ancien » on a un comparatif πρεσβύτερος [presbúteros] « le plus âgé » (primitivement « l'aîné », par opposition à νεώτερος [neṓteros] « le cadet ») qui a été utilisé pour désigner les Anciens du peuple chez les Juifs, puis les premiers Chrétiens, et enfin les prêtres.

Le latin l'a emprunté à la langue de l'Église sous la forme presbyter d'où il a évolué en prestre puis prêtre pour désigner le plus souvent les ministres du culte chrétien.

Mais le mot n'a rien perdu de sa généralité et c'est l'occasion d'une petite mise au point :

Patrick a écrit:
je signale que la prêtrise n'existe pas dans le protestantisme depuis le XVIème siècle !
Un pasteur n'est pas un prêtre même si certains confondent les deux et les assimilent. De loin, tout se ressemble, n'est-il pas ? ...

Il est peut-être un peu abusif de faire dépendre la langue française des pratiques du Christianisme. La définition du TLFi est claire :
TLFi a écrit:
PRÊTRE, subst. masc.
I. A. Celui qui est chargé d'une fonction sacrée et qui accomplit les actes essentiels d'un culte religieux.

N'en déplaise à Patrick, un pasteur est un prêtre, tout autant que le sont un rabbin, un druide, un pope, un bonze, un lama, etc. Il ne sont pas des « prêtres catholiques », c'est sûr, mais le catholicisme n'est pas la seule religion …

Notons d'ailleurs que le sens large de « prêtre » n'est pas du tout récent. Selon le TLFi, on le trouve en 1213 pour désigner les desservants de la religion romaine et, en 1549, Du Bellay utilise le mot au sens de « celui qui a voué à quelqu'un, à quelque chose un culte auquel il consacre l'essentiel de son activité et qu'il veut répandre ou glorifier » …

Note de l'administration
Ci-dessous une réponse de Patrick,
déplacée depuis un fil où elle était hors-sujet.
Outis


le mardi 26 juin 07, 21:42, Patrick a écrit:
C'était il y a un mois de cela. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts...
De toute façon, le mot est toujours indicatif d'une conception élaborée et intellectualisée au départ.
Je n'ai pas le temps de répondre à Outis au sujet de la "prêtrise" au sens du Nouveau Testament car il s'agit de conceptions théologiques.
Ce n'est pas un dictionnaire qui donne le ton dans ce cas. Celui-ci essaie, autant se faire que peut, de rendre les états usuels d'un concept qu'il ne maitrise pas toujours. Chacun sait qu'en matière de vocabulaire plus spécialsié ou pointu, il faut recourir à des lexiques qui ne sont plus du ressort des dictionnaires habituels.
En théologie comme en d'autres matières, c'est certainement une habitude très lointaine et je ne vais pas vous fatiguer avec des querelles scolastiques. Quoi qu'il en soit, un "pasteur" n'est pas un prêtre au sens catholique romain du terme. La confusion vient de la traduction de deux mots grecs (encore !) que le français rend par "prêtre" alors que leurs fonctions divergent radicalement : il y a presbys puis presbyteros en effet qui désigne l'Ancien de la communauté : car une communauté chrétienne (ou Église) est dirigée originellement par des anciens (ceci n'a pas plus rien à voir avec l'âge malgré son étymologie)... IL ne faut pas se laisser piéger par l'illusion d'une étymologie ! Celle-ci remonte parfois à un passé "imaginaire". L'image du berger ou du pasteur est suffisamment claire et est héritée elle aussi du Vieux Testament.
Le second mot est le ieros qui a un rapport avec le sacré et le "sacrifice".
Or on sait que le prêtre catholique (romain et orthodoxe dans ce cas) font "le sacrifice de la messe" sur l'autel. Un pasteur , jamais ! Sans jouer sur les mots,car cela en deviendrait risible et surtout inutile, un pasteur est certes un "prêtre" au sens que lui donne l'apôtre Pierre (càd la prêtrise universelle: tous les chrétiens sont prêtres et sacrificateurs dit l'apôtre), mais certainement pas au sens que lui donnent les théologiens catholiques et orthodoxes: l'intermédaire obligé et nécessaire entre Dieu et les hommes, celui qui fait le sacrifice sur l'autel et offre la victime (hostie). Je m'arrête ici car je n'ai nulle envie de faire de la théologie sur ce forum. Je ne viens pas ici pour cela mais pour partager d'autres passions. OUtils ne peut ignorer le mot iereas frec pour parler du "prêtre" (ιερέας) et το ιερό (to ièro) le sanctuaire, ie. le lieu du sacrifice.
Dans la culture protestante, le sacrifice ne peut renvoyer qu'au sacrifice unique (hapax) de Jésus,martyrisé sur une croix romaine. Le culte ne répète donc jamais un quelconque sacrifice... ce que fait au contraire le "prêtre" (conception catholique opposée).
C'est donc une méprise de croire que telle définition de tel dictionnaire va me déplaire ou non. Peu importe mon avis personnel ! Cela dépasse une définition imparfaite et forcément lacunaire d'un "vulgaire" dictionnaire dont le but est de rendre compréhensible au plus grand nombre (des non initiés en général) des concepts difficiles.


Dernière édition par Outis le Wednesday 27 Jun 07, 7:00; édité 1 fois
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Normanneren



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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 0:36 Répondre en citant ce message   

Je confirme que le pasteur (qui par ailleurs contrairement au curé peut être une femme) est bien un prêtre; chez les Danois qui sont des Protestants luthériens pour la plupart le mot utilisé pour le pasteur et pour le prêtre est le même: præst qui provient lui aussi de l'ancien grec πρεσβύτερος bien que l'on pouvait autrefois tituler le prêtre Pastor.

Quant à dire que le Catholicisme est une religion, je dirais plutôt œcuméniquement que c'est un courant du Christianisme tout comme le Protestantisme. Les Protestants furent à l'origine des Catholiques qui se sont élevés contre l'autorité papale. Les Catholiques progressistes sont assez proches des courants protestants avec prière et confession adressées à Dieu (le confessional des églises modernes progressistes n'existe plus), volonté d'un accès des 2 sexes à la prêtrise, mariage des prêtres etc... Quasiment seul le rite et la lithurgie se rattachent au Catholicisme ainsi que les traditions bien que tout ceci n'est pas bien différent chez les Protestants.


Dernière édition par Normanneren le Wednesday 27 Jun 07, 22:24; édité 1 fois
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Jean-Charles
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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 1:55 Répondre en citant ce message   

Citation:
Quant à dire que le Catholicisme est une religion, je dirais plutôt œcuméniquement que c'est un courant du Christianisme tout comme le Protestantisme.

En Suisse, on parle de confession catholique, réformée etc, pas de religion: Ce sont toutes des parties de la religion chrétienne.
À noter: Les Protestants de Suisse se disent réformés, pas protestants.

Quant aux presbytres, il m'avait semblé piquant de relever qu'un pasteur qui n'est plus un presbytre habite un presbytère


Je ne suis pas sûr du fait, mais je m'imagine bien que la raison pour laquelle on ne désire pas nommer un ministre du culte prêtre est que sa tâche principale est celui de guide (une action) et non pas de personne investie d'une fonction sacerdotale (un état de la personne).
Il y a probablement aussi une volonté de se démarquer de l'aspect apostolique selon lequel l'évêque est investi d'une grâce de par une chaine ininterrompue de transmission depuis les apôtres.

Quant au Pape, il n'est ni plus ni moins que l'Évêque de Rome. Ce n'est que par tradition qu'il est le chef de l'Église Catholique. Nous ne sommes probablement plus très loin d'un changement dans la gouvernance de l'Église Catholique, avec un Synode (un Conseil) au lieu d'un Pape.

Autrement dit: Les différents modes de prétrise vont tôt ou tard converger et les différence entre elles s'amenuiser, même si une divergence de fond demeure.

Je n'approfondis pas, car je sortirais alors du cadre du Forum Babel.
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Helene



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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 9:10 Répondre en citant ce message   

En grec moderne πρεσβύτερος (presbytéros) est utilisé pour désigner un prêtre marié, la femme d’un prêtre s’appellera d’ailleurs πρεσβυτέρα (presbytèra)

L’adjectif (πρεσβύτερος -η –ο) a gardé le sens initial pour dire « le plus âgé «
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Outis
Animateur


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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 10:25 Répondre en citant ce message   

En grec ancien, les noms du prêtre, ἱερεύς [hiereús], et de la prêtresse, ἱέρεια [hiéreia], reposent sur l'adjectif ἱερός [hierós] « sacré », plus précisément « ce qui est considéré comme participant à la puissance merveilleuse des dieux » (Locher, thèse, Berne, 1963).

Le thème se retrouve en français dans des dérivés comme « hiératique » (qui concerne les choses sacrées, la liturgie) et des composés comme « hiérarchie » (primitivement, ordre et subordination des chœurs des anges) ou « hiéroglyphe » (gravure sacrée) mais il a une longue histoire car il est attesté depuis le mycénien (XIIIe siècle av.n.è.) sous différentes formes :

i-je-re-u (nom., gén. i-je-re-wo) ἱερεύς, ἱερέ(ϝ)ως « prêtre »
i-je-re-ja (nom. et gén.) ἱέρεια, ἱέρειας « prêtresse » (et non *i-je-re-wi-ja : le féminin n'est pas un dérivé du masculin)
i-je-ro-wo-ko (nom.) *ἱεροϝοργός > ἱερουργός « qui accomplit un sacrifice » (dont l'œuvre est le sacré, comparer angl. work)

Ces mots subsistent en grec moderne, joignant aux acceptions anciennes celles du christianisme :
ιερέας [ieréas] « prêtre », ιεροδιδασκαλείο [ierodidaskalío] « séminaire » (école normale sacrée), ιεροδικείο [ierodikío] « inquisition » (tribunal clérical), ιερή Σύνοδος [ierí sínodos] « synode », ιεροφυλάκιο [ierofilákio] « sacristie » (poste frontière sacré), etc.

Le grec ἱερός [hierós] repose sur un thème *ish₁ró-s (> *iserós > *iherós > hierós) qui possède un répondant phonétique exact dans le védique iṣirá- « fort » (toutes les laryngales se vocalisent i en sanskrit).
L'écart sémantique apparent a donné lieu à de long débats sur la pertinence de cette correspondance mais elle est aujourd'hui complètement acceptée :

- on trouve des ἱερός grecs épiques au sens de « fort » ;
- on trouve des iṣirá- sanskrits au sens de « force religieuse sacrée » ;
- surtout, on a des syntagmes parallèles : ἱερὸν μένος Ἀλκινόοιο « le cœur puissant d'Alkinoos » (Odyssée, 8, 419) et iṣiréṇa te mánasā (instr.) « avec ton cœur fervent » (Ṛg Veda, 8, 48, 7, "hymne à Soma") où le neutre eurindien *mén-os désigne l'âme, l'esprit en tant que volonté et siège des passions.

Une longue histoire …
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Helene



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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 11:14 Répondre en citant ce message   

En fait ἱερός (ièros) dans le sens de fort se dit depuis l’époque hellénistique γερός(ièros) du grec ancien υγιηρός (ygiîros) sain, salubre, à ne pas confondre avec γέρος(ièros) vieux
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Patrick



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Lieu: Βέλγιο: Βαλλωνία

Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 12:16 Répondre en citant ce message   

OK, très bien d'en avoir fait un sujet en soi. Ce sera plus clair en effet !
Cependant, si je trouve certaines remarques pertinentes d'autres appellent des commentaires.

Je reviens la différence entre "réformé" et "protestant".(*)
Querelle de mots seulement ?
Il n'y a pas de différence en réalité. Je ne vais pas remonter à l'histoire de ces concepts car ce serait trop fastidieux et dépasserait le cadre normal d'une discussion babélienne. Tous les réformés sont des protestants, mais tous les protestants ne sont pas des réformés ! J'explique.

Le Protestantisme est le terme général et indique une réalité fondatrice historique (l'intuition de Martin Luther) qui recouvre toute la famille des protestants : les luthériens, les réformés (deuxième vague de la Réformation) ou huguenots , presbytériens -tiens, tiens (**)-, y compris les mouvements "irrationnels" anabaptistes (Réforme radicale) comme les fondamentalistes actuels de tout poil, les baptistes, pentecôtistes, adventistes du septième jour etc. qui sont des Églises confessantes... On y devient membre uniquement par choix personnel après avoir "confessé" sa foi. Les autres sont multitudinistes, càd ouvertes à la multitude : les membres le sont par la naissance, la famille, l'habitude, l'histoire etc. ! Les Églises multitudinistes sont dans certains cas reconnus par l'État et reçoivent des subsides ou les ministres du cultes sont rémunérés par les finances publiques seon des modalités liées à l'histoire nationale.

En Belgique comme en France et en Suisse, on parle de réformés parce que la Réforme est de type calvinienne, tandis que dans les pays germaniques et scandinaves, on parle plutôt de protestants. Mais tout ceci dépend d'usages liés à l'histoire et aux habitudes locales.
Les Scandinaves ont opté pour la voie protestante de manière massive (le peuple n'a pas eu le choix: principe de l' "eius regio, cujus religio"). L'Angleterre avait fait un choix assez similaire en restant différent : l'anglicanisme est en effet une "via media" entre les courants catholiques et réformés.
Ce type de protestantisme nordique a suivi Luther (première vague de la Réformation): en Allemagne on parle de l'"Eglise évangélique" pour désigner l'Eglise luthérienne". Curieusement, ailleurs en Europe les Eglises évangéliques désignent les Eglises fondamentalistes ou encore Eglises libres (par rapport à l'État) encore qu'en Belgique, tout récemment, elles se sont rebaptisées en Églises protestantes évangéliques ou Églises évangéliques protestantes !! (si !si!), non pas pour se rapprocher des réformés,mais àla suite d'un débat parlemantaires sur les sectes.Elles voulaient de ce fait se démarquer des sectes !
Celles-ci refusent en effet ce qu'elles croient être des compromissions, ce qui les amène à s'interdire toute reconnaissance et les subsides de l'État. Certaines pratiques sont mixtes comme en France avec l'Église concordataire en Alsace-Loraine ou dans les DOM-TOM.

Les Eglises luthériennes sont protestantes et ressemblent très fort à l'Église catholique romaine. Ceci est très frappant pour les Réformés. Entre nous, beaucoup de Réformés pensnet que les Luthériens sont des crypto-catholiques, mais c'est une blague de "protestants". Ça ne m'étonne donc pas de voir la réaction d'un Danois (le Danemark est luthérien).

Par contre, pour les Réformés, la "Réforme" a été beaucoup plus forte et en profondeur. Je ne reviens pas sur la dimension civilisationnelle à l'échelle de l'Europe de Calvin. Genève a formé pendant plus d'unsiècle des pasteurs écossais, belges, français, suisse, néerlandais...
Autrement dit, les différences avec le catholicisme romain y sont très prononcées (c'est un euphémisme).
C'est dans la Réforme calvinienne qu'on retrouve tous les courants de la Réforme radicale, voire sectaire, et pas du tout chez Luther.
Le pasteur luthérien s'apparente donc en effet au prêtre catholique.. et les relations oecuméniques entre ces deux Eglises sont aujourd'hui assez bonnes. Par contre, il n'en est pas du tout de même avec les courants réformés où les dissensions sont marquées selon la théologie de tel ou tel courant.
L'Église Réformée de France, l'Église Réformée de Suisse ou l'Église Protestante Unie de Belgique sont des Églises presbytéro-synodales où la théologie calviniste est ouverte au dialogue oecuménique; tandis que les courants "fondamentalistes" sont anti-romains de manière très déclarée et s'affichent anti-catholiques et opposées au dialogue oecuménique (elles y voient une tentavive satanique de séduction !)

Quoi qu'il en soit, le pasteur luthérien est proche de la conception catholique; le pasteur réformé en est aux antipodes et vous ne trouverez aucun pasteur réformé pour dire qu'il se sent "comme un prêtre" ! Pour les réformé,il n'y a pas de hiérachie, donc pas de clergé. Les pasteurs sont des laïcs. Les conceptions théologiques sur le ministère pastoral entre catholiques et réformés sont totalement opposéessur ce sujet et aucun compromis n'est possible àl'heure actuelle. On dit qu'il n'y a pas d'intercommunion.
Je laisse les "Luthériens" penser ce qu'ils veulent en fonction de leurs réalités historiques, mais qu'on laisse aux Réformés - et j'en suis ! - le soin de se définir eux-mêmes !
Dans le Dialogue oecéménique, la conception du ministère pastoral touche au sacré pour les catholiques, les luthériens et les orthodoxes, tel n'est pas le cas pour les réformés qui conçoivent la fonction pastorale comme un service laïc au sein d'une communauté pour un temps donné.
Pour la petite histoire.
La Constitution et Discipline de l'Église Protestante Unie de Belgique définit le "ministère de pasteur" de la façon suivante:

"Dans le cadre d'une Église locale, le pasteur élu (***)(un homme ou une femme) se voit confier la prédication de la parole de Dieu, l'administration des sacrements (le baptême et la cène), la direction des divers actes ecclésiastiques (bénédiction de mariage, confirmation, enterrements), l'exercice de la "cure d'âme", la catéchèse et la formation permanente" (art. 4.1).

C'est l'assemblée d'Eglise qui choisit souverainement son pasteur pour une durée précise qui va de 5 ans minimum à plus (si affinité)... renouvelable avec une évaluation du travail accompli.
Le pasteur rend compte de son ministère au Consistoire avec qui il travaille et à l'Assemblée qui l'a désigné. (4.1/2)
L'art. 4.2/1 ajoute que "les anciens assurent collégialement avec le pasteur la direction de l'Eglise locale".
Enfin, avant tout engagement, le Consistoire élabore un Cahier des charges avec le candidat.

Tout dernier point !
Depuis 1971, la seule véritable avancée oecuménique (en Belgique) n'a touché que la "reconnaissance interrecclésiale du baptême": cette Déclaration a été signée le 23 novembre 1971 par la Deutschsprachige Evangelische Gemeinde in Belgien, l'Eglise catholique romaine de Belgique, l'Eglise protestante de Belgique,l'Eglise réformée de Belgique, les Gereformeerde Kerken in België.

Depuis le 4 novembre 1978, l'Église protestante de Belgique,l'Église réformée de Belgique et les Gereformeerde Kerken in België se sont unies pour former l'Église protestante unie de Belgique ou E.P.U.B. qui est héritière des accords et déclarations antérieurs à sa fondation.


________________
NOTES
(*) Pour approfondir, on se reportera à l'incontournable travail d' É.G. Léonard, Histoire générale du Protestantisme, P.U.F. en trois volumes pp.1672. Paris, 1988 (2ème édition).

(**) "Presbytérien" tient de la même famille que prêtre et presbytère... mais ici, comme toujours chez les protestants, il s'agit d'un système de gouvernement de la communauté qui se fonde sur les "anciens" et pas du tout sur un clergé (les prêtres au sens catholique romain!) . Le système presbytérien est contre tout clergé qu'il juge dictatorial et non conforme à l'esprit évangélique !! Il repose sur les "anciens" (les presbyteroi du N.T.) qui sont responsables devant Dieu et devant les hommes. L'étymologie d'un mot ne dit rien de ses usages comme on le voit ! ".

(***) C'est le consistoire qui arrête son choix sur un candidat et le présente à l'élection de l'assemblée d'Église. Le pasteur n'est élu qu'à la majorité des deux-tiers des voix exprimées (cf. Coutumier D.12.4 art. 1 et 4). Pour mémoire, le consistoire est composé de membres élus par l'Assemblée de l'Église locale pour une durée de quatre ans... renouvelable (cf.art. 12.2 sq. ) Les membres ne sont pas les "plus âgés" malgré le nom d'anciens hérité de la tradition néotestamentaire, mais les plus "dignes de confiance car ils ont leur expérience et leur intelligence des intérêts de la communauté"...
Le pasteur (français et belges, les autres ?) habite un presbytère (maison ou appartement), ou maison presbytérale car il est le président du Consistoire (les "anciens"). En principe, il déclare sur sa feuille d'impôts cet avantage en nature qui fait partie de son traitement.
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Outis
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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 12:48 Répondre en citant ce message   

Helene a écrit:
En fait ἱερός (ièros) dans le sens de fort se dit depuis l’époque hellénistique γερός(ièros) du grec ancien υγιηρός (ygiîros) sain, salubre, à ne pas confondre avec γέρος(ièros) vieux

Oui, mais il s'agit d'une rencontre anachronique. Le grec moderne γερός [yerós] « fort » est bien issu de ὑγιηρός [hugiērós] « propre à guérir, salutaire », attesté depuis Pindare, mais lui-même est un dérivé de ὑγιής [hugiḗs] « sain » (< *su-gʷieh₁- « vivre favorablement »). Une toute autre origine que ἱερός [hierós] (< *ish₁ró-s) dont le sens de « fort » n'est plus attesté en grec après Homère …

On peut bien sûr supposer que ce dernier sens s'est perpétué en douce (expressions populaires ? lecture d'Homère ?) malgré l'importance de ἱερός « sacré » et qu'il a influencé la création de γερός « fort » mais c'est une hypothèse qui, autant que je sache, n'est soutenue par aucun témoignage d'époque.
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Helene



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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 13:07 Répondre en citant ce message   

Je suis entièrement d’accord Outis. En fait j’en ai parlé pour montrer la différence entre γερός de ὑγιηρός et de ἱερεύς
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Normanneren



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Messageécrit le Wednesday 27 Jun 07, 23:09 Répondre en citant ce message   

Jean-Charles a écrit:
Citation:
Quant à dire que le Catholicisme est une religion, je dirais plutôt œcuméniquement que c'est un courant du Christianisme tout comme le Protestantisme.

En Suisse, on parle de confession catholique, réformée etc, pas de religion: Ce sont toutes des parties de la religion chrétienne.

Tu as raison: le mot confession est mieux approprié même si au départ on aurait pu parler de courant mais à l'intérieur de du Catholicisme et du Protestantisme, on trouve maintenant différents courants à caractère quasi-politique tels que respectivement le traditionalisme et le puritanisme. Les 2 courants en question sont par ailleurs contre l'œcuménisme et forment les courants extrêmes voire intégristes des 2 confessions susmentionnées. Et les 2 extrêmes se rapprochent paradoxalement de par leur opposition à la modernité. Ce sont eux qui sont, à mon avis, les véritables héritiers du "eius regio, cuius religio" ou "eius princeps, cuius religio". Toutefois je ressens quelques différences entre ces 2 formes d'intégrisme: les puritains semblent avoir un sentiment religieux plus profond que les traditionalistes. C'est du moins mon sentiment mais je peux me tromper.
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Jean-Charles
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Messageécrit le Thursday 28 Jun 07, 4:34 Répondre en citant ce message   

Les traditionalismes ont, entre autres caractéristiques, l'observation de formes extérieures ailleurs révolues. Par esence, seules les formes extérieures sont observables par un tiers. En particulier, il n'y a aucun moyen de distinguer les diverses formes de tartuferie des sentiments réels. Tout au plus peut-on juger l'arbre à ses fruits ...

C'est d'ailleurs là que s'arrête le domaine de discussion du Forum Babel: Se limiter à décrire le factuel.

Il est cependant un aspect qui touche fondamentalement les valeurs intrinsèques du Forum Babel: L'acceptation des Droits de l'homme. Or le crédo des différents fondamentalismes se réfère à d'autres principes que ceux des Droits de l'homme et incompatibles avec ces derniers, ce qui pose la question de savoir si nous devons avoir une attitude voltairienne.

En tous les cas, le Mot du jour n'est pas le lieu approprié pour développer une discussion, quelle qu'elle soit. La discussion, pour autant qu'elle soit de celles qui entrent dans le cadre décrit dans les Règles du Forum Babel, ont leur place dans le Café.


... Après ce message, je vais donc impitoyablement sabrer sans préavis, ni commentaire, ni jugement de valeur, ce qui n'a pas sa place dans le présent sujet 8)


Je rappelle que le présent sujet traite du mot "prêtre" et des vocables qui y sont liés.
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Outis
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Messageécrit le Saturday 17 Sep 11, 11:26 Répondre en citant ce message   

De la même étymologie que prêtre, un mot proposé par Papou, « praire », fait maintenant l'objet d'un mot du jour : praire.
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