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Les noms des tissus - Langues d'ici & d'ailleurs - Forum Babel
Les noms des tissus
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Papou JC



Inscrit le: 01 Nov 2008
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Lieu: Meaux (F)

Messageécrit le Wednesday 05 Mar 14, 6:23 Répondre en citant ce message   

À rajouter : voile (nom masculin), tissu très léger fait de laine, de coton, de soie, de fibres synthétiques, utilisé dans la confection de vêtements ou dans la fabrication de rideaux. (TLF)

Je n'aime pas beaucoup cette robe-là, trop parée, trop messe de mariage. Je préfère tout bas la mienne en voile ivoire .
Colette, Claudine s'en va, 1903, p. 145

Peu de temps après, j'étais conduit de nouveau devant le juge d'instruction. Il était deux heures de l'après-midi et cette fois, son bureau était plein d'une lumière à peine tamisée par un rideau de voile.
Albert Camus, L'Étranger, 1942, p. 171

À propos de Cathay et des diverses dénominations de la Chine, voir ICI. Passionnant.
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embatérienne
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Inscrit le: 11 Mar 2011
Messages: 3210
Lieu: Paris

Messageécrit le Tuesday 19 Aug 14, 10:56 Répondre en citant ce message   

Moutik a écrit:
basin, m., de l’italien bambagine, de bambagia « coton »

Il n'est peut-être pas inutile de donner l'étymologie complète de ce mot, selon le TLF :

L'origine du basin est donc d'abord celle du bombasin (cf. TLFi), mot qui correspond à l'ancien anglais bombast qui a donné naissance à l'adjectif bombastic, grandiloquent. Le Chambers signale que le grec pambax est dérivé du pahlavi pambak, coton. Etymonline donne des compléments intéressants à ce sujet, sur une éventuelle racine indo-européenne, et aussi sur une origine possible de l'allemand Baumolle, coton.


Cf. aussi le fil futaine.
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Papou JC



Inscrit le: 01 Nov 2008
Messages: 9743
Lieu: Meaux (F)

Messageécrit le Tuesday 19 Aug 14, 11:09 Répondre en citant ce message   

embatérienne a écrit:
Etymonline donne des compléments intéressants à ce sujet, sur une éventuelle racine indo-européenne.

Plus prudent - ça lui arrive - Nourai (p. 351) ne remonte pas au-delà de l'iranien.
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José
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11123
Lieu: Lyon

Messageécrit le Wednesday 20 Aug 14, 10:56 Répondre en citant ce message   

- Both wore deep mourning of crape and bombazeen.
= Toutes deux étaient en grand deuil, vêtues de crêpe et d'alépine.

[ Jane Eyre (1847) - Charlotte Brontë ]

Pour une fois, la traduction n'est pas de moi, c'est celle de l'édition de la Pléïade, que j'ai parcourue en parallèle de la version originale en anglais.

bombazeen est une graphie qui est désormais archaïque (le roman fut publié en 1847), elle n'est plus répertoriée dans les dictionnaires et a été remplacée par bombazine.

Généralement, les dictionnaires traduisent bombazine par :
- bombasin
- alépine


Français alépine [ TLFi ]
- TEXT. étoffe à chaîne de soie et trame de laine, originaire d'Alep (Syrie)

Lire le Fil Noms communs dérivés de noms de villes.
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embatérienne
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Inscrit le: 11 Mar 2011
Messages: 3210
Lieu: Paris

Messageécrit le Wednesday 20 Aug 14, 13:07 Répondre en citant ce message   

Il semble que l'alépine ne soit rien d'autre que la bombasine (ou bombasin), dont Amiens fut un grand centre de production.

(Encyclopédie du commerçant, 1841)

(Annales du commerce extérieur, 1847)
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José
Animateur


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 11123
Lieu: Lyon

Messageécrit le Tuesday 09 Sep 14, 18:02 Répondre en citant ce message   

- Chaussée de brodequins en prunelle, de bas de soie gris, armée d'une robe en magnifique levantine, les cheveux en bandeau sous une très jolie capote en velours noir doublée de satin jaune, Lisbeth alla rue Saint-Dominique par le boulevard des Invalides.

[ La cousine Bette - Honoré de Balzac ]


prunelle
- étoffe de laine (éventuellement de coton), parfois mêlée de soie, d'une grande solidité, de couleur généralement noire et utilisée autrefois, tout particulièrement dans la confection de chaussures de femme (TLFi)
= dérive de prunelle, fruit de couleur bleu-noir


levantine
- étoffe de soie unie fabriquée à l'origine dans les pays du Levant (TLFi)


Lire le Fil La cousine Bette - Balzac : Notes de lecture.
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Moutik
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Inscrit le: 06 Apr 2008
Messages: 1191

Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 16:50 Répondre en citant ce message   

[Beauvais le 20 mars]
« Sans doute 1789 avait-il apporté à ce monde ouvrier, aux manufactures de tapisseries et d’indiennes, à la blanchisserie des toiles, dans les fabriques de draps et laines, ratines, molletons, espagnolettes, vestipollines, de cotonnades et toile demi-hollande, de velours d’Utrecht, dans les tanneries, dans les teintureries, dans les moulins, les ateliers de couperose verte, les mêmes illusions qui avaient un peu partout alors saisi les Français. »
Louis Aragon, La Semaine sainte, Gallimard, 1958.

indienne
drap
ratine
molleton
espagnolette
vestipoline
cotonnade
toile demi-hollande
velours d’Utrecht
couperose verte

Pour la description de ces termes voir plus bas.
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Moutik
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Inscrit le: 06 Apr 2008
Messages: 1191

Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:05 Répondre en citant ce message   

indienne, n. f.
Tissu en coton doux, léger, d’aspect lustré en armure taffetas, fait à partir de fils de coton fins peignés. Utilisé pour les chemisiers et les robes pour dames. (fr.texsite.info)

indiennerie, n. f.
Fabrique d’indiennes.
Le chiffre d'affaires des indienneries mulhousiennes,
Georges Lefebvre, La Révolution française, 1951-1957
(Du TLFi, mais citation probablement datée par erreur de 1963.)

indienneur, n. m.
Ouvrier employé à la fabrique des indiennes.
C’est ce que disent les dictionnaires, mais le terme semble désigner aussi, outre les ouvriers, les entrepreneurs de fabriques d’indiennes. À noter aussi que les dictionnaires ne donnent pas le féminin indienneuse. Pourtant des femmes ont certainement dû être investies dans la fabrique des indiennes. L’on trouve d’ailleurs plusieurs attestations du féminin sur le ouaibe.
On oublie que les cotonnades ne sont nulle part mieux imprimées que chez les « indienneurs » des Vosges (Combat,15 janv. 1954, du TLFi).

indienne, n. f., 1632,
du nom des Indes,
ces toiles étant supposément fabriquées initialement aux Indes.

On oublie aussi souvent que ce qu’on appelle les tissus africains, aux très belles impressions, et quelquefois à l’effigie des chefs d’état locaux, sont imprimés en France. Ou étaient naguère imprimés en France ; peut-être aujourd’hui en Chine ?
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:08 Répondre en citant ce message   

drap, n. m.

Étoffe dont la chaîne et la trame sont en laine et dont le tissu est couvert d'un duvet plus ou moins fin, produit par les opérations du lainage et du foulage
. (Littré)

Tissu en coton ou en lin léger, de densité élevée en fils, fabriqué à partir de fils fins ; en armure taffetas. Utilisé dans la production de draps de lit et de chemisiers pour femmes.
(fr.texsite.info)
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:14 Répondre en citant ce message   

ratine, n. f.

Drap croisé dont le poil, tiré au dehors et frisé, forme comme de petits grains. (Quillet, 1949)

Tissu en laine, lourd, qui est doux au toucher, possédant une armure subtile et une surface fine de poils. Il est arrangé en de petites touffes de fibre en relief sur des machines ratinées [sic, probablement traduit tel quel de l’anglais, lire « des machines à ratiner »]. Tissé à partir de fils cardés en armure sergé ou satin, dans des cas isolés par une technique de tissu de duite double. Utilisé pour des manteaux d’enfants, et dans des designs plus à la mode pour des manteaux d’hommes et de femmes, qui peuvent être monocolores ou à motifs. Le nom est dérivé du français « ratiné » (bouclé).
(fr.texsite.info)

ratiner, v.

Ratiner. Soumettre (un drap, une étoffe) à l'opération du ratinage avec une machine appelée ratineuse.
(Petit Robert)

ratinage, n. m.

Opération, dite aussi frisage, qui a pour effet de rouler ou onduler les filaments qui constituent le duvet de la surface d'une étoffe de laine, pour lui donner une apparence boutonnée ou d'une moire opaque. (Littré)

Utilisé avec des tissus en laine et obtenu par remplissage (obtenu par friction mécanique dans une solution de savon), peignant dans des directions variées, tondant et raffinant, ce qui veut dire ici soumettre le tissu à la friction sous pression entre deux plats, créant ainsi sur la surface du tissu des touffes de fibres plus petites ou plus larges et des groupes de poils qui couvrent l’armure. Le tissu est doux et volumineux au toucher. (fr.texsite.info)

ratine, 1593,
de l’ancien français rastin « étoffe de laine », c. 1260, (Étienne Boileau, Le Livre des métiers).
Étymologie complexe, mais certainement liée, par divers chemins, au
latin rādĕre, « raser, raboter, racler, polir, etc. »
cf., raser, araser, rader, radoire, racaille, etc.

Anglais : ratiné ou ratine, n. (avec ou sans accent aigu).
Espagnol : ratinar, v. « ratiner » ; ratinado, n. m. « ratinage ».

espagnolette, n. f.

Fine ratine fabriquée à l'origine en Espagne puis imitée avec succès en France. (TLFi)
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:28 Répondre en citant ce message   

molleton, n. m.

Molleton. s. m. Sorte de petite estoffe de laine tres-douce & tres-mollette. Du molleton. une camisole de molleton. une veste doublée de molleton. (Académie, 1694)

Étoffe de laine, de coton ou de soie, tirée à poil, d'un seul côté ou des deux côtés, douce, chaude et mollette. Molletons mouchetés non croisés, molletons à deux faces dits calmouchs.
(Littré)

Tissu en coton doux, lourd avec une surface velue et une couleur lin rustique ou jaunâtre, en armure taffetas ou en armure sergée. Utilisé pour les chemises pour hommes et les sous-vêtements d’hiver. (fr.texsite.info)

molletonné, ée, adj.
1. Qui est gratté comme le molleton.
2. Qui est doublé de molleton.
(TLFi)

molletonneux, euse, adj.
Qui a l'apparence ou la nature du molleton. Cf. pelucheux.

Molleton, 1664,
de mollet « un peu mou, doux », cf. les œufs mollets,
du latin mollis, « souple, flexible, mou, tendre ».
Cf. mou, mollesse, mollasse, mollasson, mollir, mollifier, moule, malacologie, etc.

Cf. grec μαλακός (malakos) « mou, tendre ».
Cf. μαλάκας (malakas) « con, branleur », injure très très fréquente en Grèce.
D’une racine indo-européenne *mel-d-.

Espagnol :
muletón, du français molleton, même sens. Sans rapport, ou alors très lointain, avec la muleta, de mula « mule ».

calmouch, n. L’on écrit aujourd’hui kalmouk. Peuple mongol, originaire de l’ouest du lac Baïkal, dont une partie vint s’installer, au début du XVII° siècle, près de l’embouchure de la Volga. Ils étaient de confession bouddhiste lamaïste (Bonnets jaunes). Ils sont connus aussi sous les noms d’Oïrats ou d’Eleuthes (ce dernier terme étant celui des missionnaires jésuites).
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:35 Répondre en citant ce message   

vestipolline, n. f.

VESTIPOLINE, s. f. (Petite draperie.) Petite étoffe de laine peignée & de laine cardée, un peu drapée, qui se fabrique aux environs de Beauvais.
Jean-Marie Roland de La Platière
Encyclopédie méthodique : Manufactures, arts et métiers, Volume 2, Partie 2
Panckoucke, Paris, Plomteux, Liège, 1790

La phrase d’Aragon, avec sa graphie vestipolline, ressemble étrangement au texte du Dictionnaire géographique de Vosgien :




Certains ont reproché, parfois avec justesse, à d’autres auteurs de puiser directement leur mots dans Wikipedia. L’on voit que, même chez les plus prestigieux, le procédé existait déjà.


Dernière édition par Moutik le Monday 27 Oct 14, 23:47; édité 1 fois
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:37 Répondre en citant ce message   

Cotonnade, n. f.

Étoffe de coton, pur ou mélangé, à dessins (carreaux ou raies), tissé. (TLFi)
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:53 Répondre en citant ce message   

demi-Hollande, n. f.

Toile d'Hollande, Toile de demi-Hollande, on appelle ainsi des toiles très-fines & très-belles qui servent ordinairement à faire des chemises pour hommes & pour femmes. Elles viennent de Hollande & de Frise, & de quelques autres endroits des Provinces-Unies, d'où elles ont pris leur nom qu'on prononce presque toujours absolument, & sans y ajouter le mot de toile. Ainsi l'on dit de la Hollande, de la demi-Hollande ; mais on ne parle guere de la sorte que dans le commerce.
(L’Encyclopédie, s. v. Toile)

Demi-Hollande, s. f. (Commerce.) toiles de lin blanches & fines, qui se fabriquent presque toutes en Picardie, sur quinze aulnes de long & trois quarts de large. (L’Encyclopédie, s. v. Demi)

Rien à voir avec la politique française actuelle…
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Moutik
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Messageécrit le Monday 27 Oct 14, 17:58 Répondre en citant ce message   

Velours d’Utrecht, loc. n. m.

Dit aussi velours d’Amiens.

« Le velours d'Utrecht est un velours d'ameublement fait de coton, de lin et de mohair. C'est le mohair, poil de chèvre d'Arménie qui fait l'originalité du tissu. Après la révocation de l'Edit de Nantes (1685), les meilleurs fabricants de l’époque, de confession protestante, ont fui Amiens et les persécutions pour s’installer à Utrecht aux Pays Bas. Ils y continuèrent leur travail. Quand ils revinrent en France vers 1754, le nom d’Utrecht avait une telle renommée qu’il est définitivement resté associé au velours... le fameux velours d’Utrecht aurait pu s’appeler " velours d’Amiens " ! »
Source S’établir à Amiens.

À noter que le texte d’Aragon parle de Beauvais et non d’Amiens.

veloutier, n.
Fabriquant de velours.
« En 1347, le Grand Conseil de Venise autorisait les veloutiers à se constituer en corporation. »
(Encyclopædia Universalis)
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