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La page des niouzes



 


Vers un retour du fret sur Roanne-Digoin ?

 

 


Peut-on espérer revoir un tel spectacle prochainement ?

 


Un retour de la navigation commerciale sur le canal de Roanne à Digoin est-il possible, souhaitable, souhaité ?

La question peut sembler incongrue à l’époque des flux tendus. C’est bien mal connaitre la voie d’eau, ses possibilités et ses avantages. Cette question n’est pas celle qui suscité le moins d’intérêt chez les plaisanciers réunis samedi 16 mai à la Maison du Port de Roanne pour débattre ensemble des problèmes inhérents au canal de Roanne et aux solutions possibles.

Ce retour du fret est-il possible, souhaitable, souhaité ? « Oui », répond majoritairement le plaisancier, qui, loin de se comporter en privilégié égoïste, accepte, et même souhaite partager « son » canal avec le marinier professionnel. Cela mérite qu’on s’y attarde point par point.

Ce retour de la navigation commerciale est-il possible sur le canal ? La bonne question serait plutôt : « Pour quelles raisons cette navigation commerciale ne serait-elle pas possible ? » Le canal a tout de même été construit dans ce but, et il s’est acquitté très convenablement de cette tâche pendant près de 150 ans ! On nous objectera qu’à Roanne, il n’y a plus aucune infrastructure de chargement et déchargement des marchandises depuis le début des années 1990, où la faiblesse du trafic a amené la Chambre de Commerce et d’Industrie de Roanne à arrêter l’activité commerciale du port pour le tourner exclusivement vers la plaisance, avec le succès que l’on sait. Eh bien si : une infrastructure existe encore : le bassin de l’Oudan, où les bateaux de commerce peuvent accéder facilement et pivoter pour repartir. Il existe aussi un quai droit en bas du boulevard de la Liberté, auquel il ne manque qu’un second bollard pour pouvoir accueillir correctement n’importe quel bateau.
On nous objectera aussi que le mauvais entretien du canal pendant ces dernières décennies a laissé s’accumuler au fond de sa cuvette tellement d’alluvions que le mouillage réglementaire de 2,20 m n’est plus assuré nulle part. Certes. Et alors ? Il reste suffisamment d’eau pour faire passer des bateaux avec une charge, donc un enfoncement, moindres au début. Le premier bateau serait chargé à 150 tonnes par exemple, ce qui correspond à l’enfoncement de "l’Infatigable" de Briennon qui travaille tout l’été sans trop de problèmes de Roanne à Chambilly. Et progressivement les bateaux qui suivront porteront des charges de plus en plus importantes jusqu’à parvenir aux 250 tonnes normales avec un enfoncement de 1,80 m : ce sont eux qui referont le chenal par leurs passages successifs et répétés ! Dans le même temps, ils élimineront notablement les algues filamenteuses qui tapissent la cuvette jusqu’au-delà de Briennon. Après le passage d’un bateau de commerce, le canal est en meilleur état qu’avant ! Rien de comparable avec le passage d’un semi-remorque sur une route. Rappelons aussi que, contrairement au camion et en vertu du principe d’Archimède, un bateau qui passe n’exerce aucune pression supplémentaire sur les berges.
Réglementairement enfin, on n’a pas posé de panneau « interdit à la navigation commerciale » à l’entrée du canal, à Chavane. Ce panneau d’ailleurs n’existe pas dans la signalisation fluviale.

Les derniers bateaux de commerce sont montés à Roanne au début des années 1990. Autant dire hier.

Ce retour de la navigation commerciale est-il souhaitable et souhaité ? En 1992, lorsqu’a cessé l’activité commerciale du port de Roanne, la donne était différente de maintenant, même si les problèmes actuels pouvaient être facilement anticipés. La notion de « développement durable » n’était pas encore dans le langage courant. Aujourd’hui, tout politicien y va de son couplet sur le sujet. Encore faut-il mettre ses actes en cohérence avec ses paroles… La fermeture de la gare de marchandises a livré Roanne au tout-routier, un comble pour une ville née de la voie d’eau qui a vécu par elle pendant des siècles et a accueilli la troisième voie ferrée française. Or les lois physiques le disent clairement : tout système, pour être en équilibre stable, doit porter sur trois points d’appuis. Pour le système du transport c’est simple : route-fer-eau !... et dans des proportions aussi égales que possible. Le petit dessin là-dessous résume très bien les possibilités comparées de la route et de l’eau, et leurs besoins énergétiques, la pollution qui en découle étant en proportion.

Nous l’évoquions plus haut : le bateau de commerce contribue à l’entretien du canal. Plus que cela encore : la vase qu’il soulève du fond de la cuvette, aspirée par les petites fissures du corroyage, s’en va colmater celles-ci ! Cela s’appelle la technique des eaux troubles, et a servi maintes fois à étancher des canaux incontinents.
Le plaisancier lui-même souhaite ce retour du fret, nous le disions plus haut. Il aime rencontrer le marinier professionnel, duquel il a tellement à apprendre. Il aime croiser un commerce chargé dans un canal étroit car c’est pour lui l’occasion d’effectuer une belle manœuvre en finesse. Il aime partager le canal avec ces gros bateaux tellement imposants que c’en est un spectacle. Et tous deux, marinier et plaisancier, ont un certain nombre d’intérêts en commun, à commencer par un canal bien entretenu.
Monde de loisirs et de travail à la fois, le canal est d’abord un lieu de rencontres, un territoire de convivialité.

Le bateau à passagers "Infatigable" travaille avec 1,40 m d'enfoncement de Roanne jusqu'à Chambilly. Alors pourquoi un bateau de commerce ne pourrait-il pas passer avec le même enfoncement au début ?

 

Dernière mise à jour : Mai 2010


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