Halage :
Très ancien mode de traction des
bateaux fluviaux. Le halage consiste à tirer le chaland depuis
la berge au moyen d'une longue corde fixée sur un mât, dans son tiers avant, ce qui lui évite,
le gouvernail aidant,
de se rapprocher de la rive. Le halage peut être humain, animal
ou mécanique (par tracteurs sur pneus ou sur rails). Totalement disparu en France
entre 1965 et 1970.

Halage animal (gravure
du XIXe siècle)

Techniques de halage, selon que le bateau est équipé (en
haut) ou non (en bas) d'un gouvernail (manuel de l'ingénieur
De Bauve 1878)
Halo
: bateau de charge de la Nive, affluent de l'Adour. Le halo peut
atteindre une quinzaine de mètres. Il peut être monoxyle.
Halte nautique :
partie de rive du canal ou de la rivière aménagée pour permettre aux plaisanciers
de faire une escale d'une durée généralement assez brève (de quelques heures à
quelques jours). Au contraire d'un port, une halte n'est pas gardiennée, et son
usage est souvent gratuit. Elle possède au minimum un quai muni de quelques
bollards ou anneaux d'amarrage. Elle peut proposer en plus un ou plusieurs points
d'eau, des bornes électriques, des poubelles, des tables de pique-nique, un barbecue,
voire même des sanitaires, le grand luxe ! Certaines haltes sont parfois mieux
équipées que certains ports, tout en étant gratuites ! Il est de bon goût, lorsque
l'on utilise une halte qu'une commune modeste a aménagée
sur ses deniers (en partenariat avec VNF), de la remercier en faisant travailler ses commerces (boulangerie, restaurant...).

La
très agréable halte d'Artaix, sur le canal de Roanne à Digoin

La halte de Flogny-la-Chapelle, sur le canal de Bourgogne
Harpie :
sur le Rhône, longue perche pour propulser une barque. On
écrit aussi "arpie". Donc rien à voir avec les bestioles
malfaisantes dont Virgile nous raconte les méfaits dans
"l'Enéïde". Mais plutôt à voir avec "harpon".
Hausse :
panneau métallique vertical,
élément constitutif de base d'un barrage mobile.
Il en existe différentes sortes,
inventées par autant d'ingénieurs : systèmes Chanoine, Pasqueau, Aubert,
qui diffèrent
par des variations de conception. Ils ont en commun d'être articulés à leur base
pour pouvoir basculer. Le système Aubert reste aujourd'hui un des plus répandus.
Le mot est le plus souvent employé au pluriel : "un barrage à hausses Aubert",
mais on peut dire ou entendre aussi : "cette hausse demande à être remplacée".

Hausses Aubert exposées à terre, barrage de Saint-Léger-des-Vignes.
Haut-fond :
dépôt d'alluvions ou affleurement
rocheux trop proche de la surface de l'eau pour permettre la navigation. Dangereux
et généralement balisé.
Haut-lève
(faire) : manoeuvre consistant pour le bateau avalant,
lors d'un croisement, à lever le mât afin de pouvoir
ainsi passer le tirage au dessus du bateau montant à croiser, évitant ainsi d'avoir à larguer
le tirage et
la perte de temps conséquente.
Hauteur libre :
hauteur disponible sous un ouvrage d'art (pont, tunnel). Détermine
le tirant d'air maximal
autorisé. Elle peut être augmentée momentanément
en vidant un peu le bief (sur demande).
Havre à portes marinières :
synonyme de "bassin à portes marinières".
Pour en savoir plus sur
les havres à portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Herna : autre nom de la mignole ardennaise.
Heurtoir : dans les anciens pertuis,
marche en bois ou maçonnée, disposée sur le radier, contre laquelle viennent
s'appuyer les aiguilles en
leur partie inférieure, la partie supérieure s'appuyant
sur la volée.
Dans une écluse, le heurtoir est le busc.
Hiloire : bords verticaux de la
cale, en haut de celle-ci, et au-dessus de la coque. Synonyme "denbords".
Hippago :
bateau gallo-romain militaire spécialisé dans le transport des chevaux,
comme le suggère son nom.
Hirondelle : marquise rudimentaire des bateaux tractionnés,
qui consiste en un toit et une facade vitrée, les trois autres côtés
restant ouverts pour permettre la manoeuvre de l'amintot.
Hollande : terme belge pour désigner
une tampe.
Houle (ou oule) : cale du
bateau de commerce. On dit "l'houle" et non "la houle". Etymologie
vraisemblable : germanique "hol" ou norrois "hola", trou, creux (cf. l'anglais "hole").
On peut aussi rapprocher ce mot de "oule" qui désigne un pot,
une cruche dans toute la partie sud de la France : qu'est-ce que la
cale d'un bateau, sinon une grande cruche flottante ?
Houpion ou houpiau :
Balai à franges servant à essuyer plats-bords, veules, rouf...
Housbot :
tentative (peu suivie) de francisation du mot suivant "house-boat", sur le
modèle de "paquebot" qui vient de "packet-boat".
House-boat : "bateau-maison"
en anglais, c'est à dire bateau habitable de loisirs de petite
taille, souvent construit en plastique (polyester ou
polyéthylène). L'appellation française officielle
est "coche
de plaisance". L'appellation ironique est "tupperware".
H.P.L.M. : voir C.G.N.H.P.L.M.
Huchet :
synonyme lyonnais de "bascule", bateau comportant un compartiment percé de
trous et servant au transport du poisson vivant.
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Icaunais(e) :
relatif à l'Yonne (y compris dans le sens du département). Etymologie : de "Ica-Ona"
ou "Icauna", nom pré-latin de l'Yonne.
Île :
terre émergée entourée d'eau de toutes part. Un chapelet d'îles est une disposition
très favorable à l'établissement, soit d'un gué qui
sera à l'origine de l'implantation
d'une ville (Paris), soit d'un établissement de meunerie dont il facilitera l'aménagement
d'une chaussée de barrage. Les deux possibilités ne s'excluent
pas l'une l'autre.
Îlot :
petite île.
Immobilisme (dynamique de l'-) :
concept qui peut se traduire par le précepte suivant :
"Déployons au maximum toute notre énergie pour que
surtout RIEN ne change, RIEN ne bouge, RIEN n'évolue". Ce
concept est une constante que l'on retrouve dans de nombreux organismes
d'état. À ce propos, Pierre Pinon écrit : "Il
semble que,
pour la gestion à assurer, les services de l'Equipement ne
soient les mieux placés ni pour la protection patrimoniale, ni pour la navigation de plaisance" ("Canaux, rivières des Hommes", p.131., ed. Rempart/Desclée
de Brouwer)
Impente : synonyme rhodanien de l'empeinte ligérienne,
long aviron de gouverne placé à l'arrière du bateau.
Inexplosible : bateau à vapeur et à roues à aubes latérales, affecté au
transport des voyageurs sur la Loire dans les années 1830. Ce
nom a été choisi pour rassurer les voyageurs, afin de
lever leur appréhension à l'idée de voyager dans
un bateau fonctionnant grâce à une "machine à feu".
Il faut reconnaître que les "inexplosibles" n'ont pas toujours
mérité ce nom, et que l'on compte quelques accidents dans
leur histoire ! Concurrencés par le chemin de fer, les
"inexplosibles" ont eu une durée assez brève et ont
disparu vers 1850.
Intrados :
face interne d'une arche de pont.

Intrados d'une arche du pont de Roanne. |
Jalousies
(ventelle à) :
système de ventelle,
où celle-ci est divisée en plusieurs bandes horizontales.
Avantages : la course nécessaire à la
crémaillère est moins longue, et la structure du vantail
n'est pas affaiblie par une grande ouverture. Inconvénient : les
petits bois coulés et autres épaves ont tendance à venir
s'y coincer.
Voir
le principe d'une ventelle à jalousies (animation)
Jalle :
en région bordelaise, fossé ou drain plus ou moins artificiel.
Jaman :
sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui descend du col de Jaman
et souffle de Vevey à Montreux.
Jancul :
tableau arrière. (On n'est peut-être pas obligé de prononcer le "L"...)
Jard :
grève, étendue de gravier et de sable le long
d'un cours d'eau.
Jas :
Barre perpendiculaire à la verge de l'ancre,
et placée dans un
plan perpendiculaire à celui des pointes de manière à ce que celles-ci piquent
obligatoirement le fond de l'eau, une fois l'ancre posée. Etymologie : latin "jugum",
joug.
Jauge :
volume intérieur d'un
bateau.
Par extension, règle gravée et peinte (en rouge et blanc
généralement) sur la bordaille d'un bateau de commerce,
permettant d'évaluer précisément l'importance de
sa cargaison (on doit dire "échelle de jauge" ou "échelle
de jaugeage"). Elles sont au nombre de trois par côté et
leur lecture se fait sur le verbal.

Echelle de jauge d'un bateau de commerce.
Jet-ski :
moto nautique. Généralement, le jet-ski est honni par le navigateur,
et encore plus par le pêcheur : bruit, grosses vagues. Cependant,
ces nuisances, réelles et reconnues par les pratiquants de ce loisir
eux-mêmes, sont compensées par une action positive sur la qualité
de l'eau par les remous et la cavitation engendrées par les turbines
des jet-skis. L'oxygénation de l'eau est excellente contre l'eutrophysation
notamment. Certes, il est souhaitable que la pratique du jet-ski
soit réglementée et s'effectue sur des plans d'eau adéquats. Le
jet-ski est proscrit en canal, et à juste titre : vitesse excessive,
batillage qui entraine une dégradation rapide des berges, danger
pour les autres usagers. Mais sur des rivières et des plans d'eau
larges,
pourquoi pas ? Sur ce sujet, on lira avec intérêt ces
lignes.
Jettros :
sur les bateaux de Loire, synonyme de "gibasses".
Joran :
sur le lac Léman, vent dominant imprévisible et violent qui souffle du
nord-ouest avec régularité.
Jorasson :
sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui soufle de terre entre Rolle
et Nyon.
Jouille,
jouillis :
synonyme ancien de bajoyer (XVIIIe
s.).
Joute(s) :
jeu d'origine marinière, transposant sur des barques (l'une
rouge, l'autre bleue) le principe du tournoi de chevalerie. Il en existe plusieurs
variantes, avec des règles différentes : la givordine, la clamecycoise, la sètoise,
la picarde, la lyonnaise... (liste non exhaustive).

Joute clamecycoise sur le
canal du Nivernais (Jouteurs de Clamecy)
J-strike : synonyme anglophone du coup de patte de cygne,
manoeuvre spécifique de l'équipier arrière en
canoë, destinée à replacer l'embarcation dans son
axe de progression. La lettre J illustre bien
le trajet effectué dans l'eau par la pale de la pagaie (surtout
si l'équipier pagaie à gauche).
Animation : le J-strike (cliquer ici) Jumelles :
sur un bateau gréé, pièces de bois verticales et parallèles,
enserrant de chaque côté le pied du mât, auquel elles sont reliées par un axe
le traversant ainsi que leur tête, ce qui permet à celui-ci de s'incliner (vers
l'arrière généralement) pour passer sous les ponts. Dispositif très
en usage sur les bateaux de la Dordogne et de la Charente.
Jussie :
plante envahissante qui colonise très rapidement les zones humides.
Importée d'Amérique du Sud au XIXe siècle comme
plante ornementale, car elle est très jolie (la traitresse !)
son implantation en Europe s'est avérée être catastrophique
pour les milieux aquatique. La jussie est d'une redoutable vivacité,
et sa vitesse de bouturage est impressionnante, aussi ne faut-il surtout
pas en jeter une brindille dans une rivière ou un marais : elle colonise
complètement le milieu, et étouffe toute vie aquatique sous elle, empèchant
la photosynthèse des algues. À terme, c'est tout l'écosystème qui
est bouleversé et appauvri, sans parler des inconvénients pour la navigation.
L'on n'a encore trouvé aucun autre moyen d'éradication que l'arrachage
manuel
avec
précautions.
Elle a envahi de nombreuses zones aquatiques dont le Marais Poitevin
et la Loire. Voir ce
site.

Le canal d'Orléans envahi par la jussie

Gros plan sur la coupable
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Kayak : embarcation
légère d'origine
inuit (eskimo), conçue essentiellement pour la chasse et la pêche côtières dans
les régions boréales. Le kayakiste se tient assis, jambes allongées, et manoeuvre
son bateau avec une pagaie double. À l'origine, le kayak est monoplace. Exporté
dans le monde entier, le kayak est devenu un bateau de sport et de loisirs très
apprécié. Associé au canoë avec
lequel il ne doit pas être confondu,
il est devenu une discipline olympique dans laquelle la France tient
une des premières places. Cocorico.
Lien
: "La rivière", un site très très
complet sur le canoë et
le kayak
Keel-cooling :
système de refroidissement des moteurs de bateaux, où
l'eau de la rivière refroidit celle, en circuit fermé, du
moteur, sans jamais être en contact avec elle, de la même
façon que sur une voiture, le liquide de refroidissement est
lui-même refroidi par l'air dans les circuits du radiateur. Gros
avantage : aucun risque de bouchage du circuit de refroidissement par
des matières en suspension dans l'eau (herbes, vases...).
Etymologie : anglais "keel", quille, et "cooling", refroisissement.

Keel-cooling sous une vedette hollandaise
Kilomètre, kilomètre-heure :
en rivière et canal, ni "mille", ni "noeud"
! On parle en kilomètres et en kilomètres-heure, car
c'est un moyen de transport... terrestre !
Klipper : bateau d'origine hollandaise proche du luxemotor,
dont il ne diffère principalement que par son
avant tulipé.
Le klipper peut être gréé et aller en mer.
Klipperaak : bateau d'origine hollandaise intermédiaire
entre le klipper (voir ci-dessus) dont il a l'avant tulipé, et le tjalk,
dont il a l'arrière très formé. Comme le klipper, le klipperaak peut être
gréé et aller en mer.
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