Bâbord,
tribord : gauche
et droite, en parlant exclusivement du bateau (maritime mais
toléré en fluvial). Pour la rivière ou
le canal, on emploie les termes de gauche et droite, pour
désigner les rives par exemple.
Bac : bateau assurant au public
(personnes, animaux et véhicules) la traversée
d'une rivière, d'un bras de rivière, d'un fleuve
ou d'un bras de mer en l'absence de pont. De nos jours, la plupart des
quelques bacs qui subsistent encore là où un pont
ne les a pas rendus inutiles, sont motorisés. On en trouve
dans l'estuaire de la Loire, celui de la Gironde, dans le delta du
Rhône, sur la Seine et le Rhin, et très localement
sur d'autres rivières. Dans le Marais Poitevin, les bateaux à chaines sont
des bacs en libre service.
Autre
sens dérivé : manoeuvre en canoë
ou kayak,
consistant à traverser une rivière ou une veine
d'eau rapide, en plaçant le bateau face au courant avec un
léger angle ainsi qu'une certaine gîte côté aval, de manière à
utiliser l'incidence du courant sur la coque pour déplacer
transversalement le bateau, comme dans le cas d'un bac à passagers.
Bac à traille :
bac relié à un cable disposé
transversalement à la rivière et coulissant le
long de celui-ci. Ce cable est placé à une
certaine hauteur par rapport à la surface de l'eau, selon
que la rivière est navigable ou non. Pour se
déplacer le long de ce cable, le bac se place en oblique par
rapport au courant, en lui présentant son flanc. C'est
l'incidence du plan vertical de ce flanc par rapport au courant qui
crée une force tranversale lui permettant de se
déplacer latéralement. Il peut y avoir aussi un
deuxième cable transversal sur lequel le bac se hale
à la force humaine ou grâce à un
treuil. On peut voir encore de tels bacs sur le Cher, non loin de
Chenonceaux, sur la Cure à Voutenay, ou encore sur la Risle
en amont de Pont-Audemer, et certainement en d'autres lieux. La Grande
Encyclopédie de Diderot et D'Alembert en présente
une modèle (chapitre "L'Art de Charpenterie").
Bac
pendulaire : bac relié par un
cable noyé très en amont à un point
fixe au fond de la rivière ou sur une rive. Ce cable, d'une
longueur supérieure à deux fois la largeur de la
rivière, peut éventuellement être
signalé par des bouées. Comme le bac à
traille, le bac pendulaire se déplace
latéralement en utilisant l'incidence du courant sur un de
ses flancs ou sur un ou deux safrans. Il n'occasionne pas une
gêne aussi grande pour la navigation. On voit ce type
d'équipement présenté sous le nom de "pont volant" dans la Grande
Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (chapitre "L'Art de
Charpenterie").
Bachet :
ancien bateau de charge du bas Adour, d'origine et d'architecture plus
maritimes que fluviales. Le bachet possède
étrave, quille et étambot et mesure de 12
à 18 m. Il est gréé au tiers.
Bâche ou bêche :
ancien bateau de la Saône, dépourvu de
gouvernail, et manoeuvré à l'aide de deux
avirons, l'un à l'avant, le picon, et l'autre à
l'arrière, l'empeinte. La bâche, construite
jusqu'au milieu du XXe siècle, mesure de 15 à 24
m de long sur 3,50 m à 4,20 m de large, et peut porter de 40
à 100 tonnes.
Autre
sens : sur un pont-canal, la
bâche (mais non la bêche) est la partie de
l'ouvrage où est retenue l'eau. On dit aussi cuvette ou
cunette. La bâche du pont-canal de Briare,
fabriquée par les établissements Daydé
et Pillé de Creil [1],
est métallique.
Bachot : petite barque dont la
présence est obligatoire sur les bâtiments. Équivalent
fluvial de l'annexe maritime. Synonyme : batelet.
Bacouni :
sur le lac Léman, batelier (eu usage seulement sur la rive nord er
à Genève).
Bacop : barque utilisée
dans les Flandres, et notamment dans les marais de
Saint-Omer. Le guinot est un bateau de canal dont
la forme est issue du bacop.
Bacteux :
dans
le nord de la France : charpentier de bateaux.
Baile : sur le Rhône, charretier qui
dirige l'attelage de chevaux de halage, nettement plus important que
sur le canal où il n'y a pas à lutter contre le
courant.
Baisser :
sur la Loire, descendre avec le courant. Synonyme : avaler.
Baissier ou bassier :
haut-fond de gravier formant un seuil naturel en pente
très douce. N'offrant qu'un mouillage
faible, un baissier limite le tirant d'eau du bateau.
Bajoyer : paroi latérale de
l'écluse ou du pertuis.
Etymologie : ancien français bas jouyer
(de joue).

Bajoyer
gauche de l'écluse de Roanne.
Bal (ou balle) : "aller à bal(le)" ou "mettre à bal(le)"
signifie virer le gouvernail jusqu'en bout de course, à la
perpendiculaire de l'axe du bateau, que ce soit à la barre franche, auquel cas on est
en surplomb au-dessus de l'eau, ou au macaron,
ce qui est plus tranquille. C'est nécessaire pour
éviter de poser le safran
sur le radier
du busc lorsque l'on est avalant.
On peut entendre un marinier dire "De bal à bal, j'ai trente
tours de macaron",
ce qui signifie que pour virer son gouvernail d'une
extrémité à l'autre de sa course, il
doit faire faire trente tours à sa barre à roue,
ce qui est assez courant sur les bateaux de commerce.
Balade-couillons :
terme pas vraiment officiel mais un chouïa
méprisant par lequel les mariniers et les agents de la
navigation désignent un bateau de transport de passagers
à usage touristique, un bateau-mouche par
exemple. Synonyme : promène-couillons. Terme officiel : bateau à passagers.
Balage :
dans le nord, sorte de large toboggan ou glissière destiné à diriger
le charbon dans la cale du bateau lors de son remplissage depuis un wagonnet.
On dit aussi "rivage".
Balancier :
voir "volée".

Porte
amont de l'écluse de Faguin
(La Guerche) sur le canal de Berry. Le balancier est bien visible.
Balayures :
résidus de chargement que le marinier
récupère en balayant l'houle
(ou oule).
Balisage :
ensemble des signaux fixes ou flottants servant à
délimiter le chenal en rivière.
Balise : dispositif
fixe ou flottant,
placé sur la rivière pour délimiter le
chenal, signaler un danger, etc. On doit les respecter scrupuleusement.
Dans l'ancienne marine de Loire, on distinguait les balises de galerne,
délimitant le côté droit du chenal, et
les balises de mar, qui délimitaient le
côté gauche. C'était de simples longs
bâtons plantés dans le lit de la
rivière, et pour les différencier entre elles, on
sectionnait à moitié la tête des
balises de mar, qui pendouillait ainsi sur le côté.

Balise sur
la Loire, à Châtillon/Loire.
Baliveau :
sur la Loire synonyme de "balise", piquet
indiquant le chenal.
Ballast, ballaster
: un commerce vide, pour pouvoir
passer
sous les ponts des canaux, doit être ballasté
à l'arrière. Pour ce faire, on introduit de l'eau
dans un compartiment étanche prévu pour cela, ou
bien dans la cale elle-même. On videra cette eau par pompage.
On peut aussi ballaster le bateau avec des gravats dans la cale.
Bande :
synonyme de "gîte".
Banquette
: chemin
de halage maçonné sous certains
ouvrages comme ponts et voûtes, et sur les ponts-canaux. On
peut préciser "banquette de halage".
Synonyme : "marchepied".

Banquette
du tunnel de la Collancelle (canal du Nivernais).
Baquet de Charleroi
: ancien bateau de transport,
devenu très rare, aux dimensions adaptées
à la navigation sur l'ancien canal de Charleroi à
Bruxelles, au gabarit réduit. Le baquet mesurait 19,50 m sur
2,60 m, ce qui permettait, en l'allongeant de 8 mètres, d'en
faire un bateau du Berry (voir "berrichon"),
en France. Il en reste très peu.
Le baquet de
Charleroi, dans sa forme originelle en bois (années 1830),
ressemble beaucoup à une bélandre flamande
de petit gabarit, avec quelques éléments
caractéristiques du tjalk hollandais,
ce qui n'est guère étonnant,
bélandre et tjalk appartenant eux-mêmes
à la même famille morphologique. On dit aussi
"sabot" de Charleroi.
Baquet d'Arras
: ancien bateau de transport des
Flandres, originaire de la Scarpe.
Baquêterie : chantier de construction
de bateaux, dans le Nord.
Baqueteux : constructeur de bateaux, dans le
Nord.
Barbotin :
sur un treuil d'ancre, couronne en fonte moulée, sorte de
poulie crantée dans laquelle s'engagent les maillons de la
chaîne de façon à ce qu'elle ne glisse
pas.
Barbotin
Barcot ou barquot :
sur le Rhône, barque.
Barge : embarcation de charge dépourvue de moteur et d'habitation, et utilisée
de nos jours généralement en convoi
poussé.
Barnayout :
bâton de marine spécialemnt utilisé pour
le bournayage. Terme en usage
sur la Saône.
Barne : sur
la Loire, petite voile de temps fort.
Barque : pas forcément un petit
bateau ! Sur le canal
du Midi et
le bas Rhône, c'est
un bateau de charge assez important, mesurant jusqu'à 30
mètres. Sur le lac Léman également, où elle est gréée de voiles latines.
Barrage :
ouvrage placé en travers d'une rivière pour
alimenter un moulin de façon constante, et/ou pour maintenir
un mouillage suffisant pour
assurer la navigation. Dans ce dernier cas, il est équipé soit
d'un pertuis à bateaux,
soit d'un bassin à portes marinières (jusqu'au
XIXe siècle), soit d'une écluse
à sas (à partir du XVIe
siècle).
Barrage (pêche
au) : voir "Filet-barrage".
Barrage éclusé :
barrage placé sur une rivière pour assurer un mouillage suffisant
pour la navigation, et équipé
latéralement d'une écluse pour permettre son
franchissement.
Barrage fixe :
barrage en maçonnerie, immuable.
Barrage flottant : Système
employé par les services de navigation ou les pompiers pour
circonscrire une pollution flottante (hydrocarbures le plus souvent).
Cela consiste en un long chapelet de bouées
contiguës avec lequel on "enveloppe" la nappe polluante, ce
qui permet de la récupérer.
Barrage
mobile : un tel barrage ne se
promène pas (!), mais il peut s'effacer partiellement ou
complètement en cas de crue, de manière
à ne pas inonder les terrains en amont. Tant que l'eau n'a
pas atteint sa limite de P.H.E.N.,
la navigation peut s'effectuer en passant par dessus le barrage
couché. L'invention en est due à
l'ingénieur Charles
Poirée en 1834, qui s'est pour cela
inspiré des anciens pertuis,
et a transposé le système sur la largeur de la
rivière entière. D'autres systèmes
sont venus par la suite améliorer le principe. Le barrage
mobile a permis un essor considérable à la
navigation fluviale à partir de la seconde moitié
du XIXe siècle, sur les grandes rivières de
plaine comme la Seine, L'Oise, la Marne, l'Yonne, la Moselle, la
Saône….
Voir aussi :
Aubert, Boulée, Caméré, Chanoine, Dérôme, Desfontaines, Pasqueau, Poirée, Stoney,
Wagon.
Barrage
mobile à aiguilles, système Poirée,
sur le Cher.
Barrage
réservoir : barrage établi sur un ruisseau ou une rivière
afin d'en
exploiter une partie de l'eau pour alimenter un canal, en acheminant
celle-ci par des rigoles.
Barragiste :
personne préposée à la manoeuvre et
à la gestion hydraulique d'un barrage mobile dont elle a la
responsabilité. Le barragiste est un agent de
l'État (voir Direction Départementale de
l'Équipement), et son travail requiert une grande
vigilance et tout autant de disponibilité. Sa
tâche est à présent
facilitée cependant par tous les systèmes
d'automatismes et de commande-supervision à distance.
N'empèche que cela reste un travail à lourde
responsabilité.
Barre : système de gouverne d'un
bateau. Elle peut être "franche" ou "à roue".
Autre sens : dans les anciens pertuis, longue et forte poutre
transversale et pivotante, contre laquelle s'appuie le
système démontable d'obturation de la porte
marinière. Synonymes : barreau, chapeau, volée.
Barre à roue :
système de
gouverne, dans lequel le pilote agit sur le safran par
l'intermédiaire d'un volant, le macaron,
et d'un système de transmission à
câbles, chaînes, mécanique ou
hydraulique. Permet de piloter à l'abri dans une marquise.
Barre franche :
système de gouverne, dans lequel le pilote agit
directement sur le safran par
l'intermédiaire d'un timon.
Délicieusement rétro, physique et exempt de tout
risque de panne.
Barreau :
dans la terminologie des anciens pertuis, synonyme de barre, chapeau,
volée, brize.
Autre sens : sur les bateaux de
Loire, madrier horizontal qui renforce le safran
de la piautre (l'"empannon")
à mi-hauteur de celui-ci.
Bascule : bateau à vivier
spécialement aménagé pour le transport
du poisson vivant. Pour ce faire, une partie du bateau est
cloisonnée, et sa coque y est percée de trous
permettant au vivier ainsi formé d'être
constamment alimenté par l'eau de la rivière.
Synonymes : basoule ou basouille, huchet (en Lyonnais).
Basculer
(ou retourner) une écluse :
voir "Bassinée".
Bassin :
dans à peu près toutes les régions, le mot
"bassin" apparaît pour désigner un port ou une
gare d'eau. Exemples : le "Grand Bassin" de Castelnaudary, le bassin de
l'Oudan à Roanne, le "Bassin Rond" dans le Nord.
Bassin à portes marinières :
ouvrage intermédiaire entre le pertuis archaïque
et l'écluse à sas moderne, qui se compose d'un bassin fermé,
en amont et en aval, par deux pertuis. On en voit encore de
très beaux vestiges bien conservés sur le Thouet en Maine-et-Loire (Communes
de Montreuil-Bellay et Le Coudray-Macouard), et la Lawe dans
le Nord (commune de La
Gorgue). Les documents de l'ingénieur Régemorte,
chargé, en 1749, de moderniser la rivière Ourcq,
en montrent de
très beaux plans aquarellés. Ces vestiges sont
d'un très grand intérêt
archéologique.
Synonymes (néologismes)
: archéo-écluse,
paléo-écluse

Bassin à portes marinières
de la Salle, sur le Thouet. (Photo Jacques Sigot)

Bassin à portes marinières
de Bron, sur le Thouet. (Photo Jacques Sigot)
Pour en savoir plus sur les bassins à portes marinières,
voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Bassin
d'épargne : grand bassin
placé latéralement à une
écluse, et destiné à en recevoir une
partie de l'eau lors d'une bassinée avalante,
au lieu que celle-ci soit évacuée dans
le bief aval. Cela permet de récupérér cette
eau pour une bassinée suivante montante, et de
réaliser de notables économies dans la
consomation en eau de l'ouvrage. Il peut y avoir plusieurs bassins
d'épargne pour une seule écluse,
placés en étages à des altitudes
différentes : plus ils sont nombreux, plus
l'économie est importante. Mais la mise en oeuvre d'une
telle disposition est assez coûteuse elle-même, et
demande un grand espace. Ce dispositif présente un
intérêt certain sur les canaux
de jonction à bief de partage et sur certaines portions de canaux
latéraux où les écluses sont hautes et très
rapprochées. En revanche, il n'en présente aucun
sur les rivières
canalisées où l'eau ne manque quasiment
que lors des périodes de grandes sécheresses, et
encore...

Ecluse avec
bassins d'épargne.
Bassin
versant : le bassin versant d'une
rivière est l'ensemble des terrains tels que l'eau de pluie
qu'ils reçoivent se retrouve par ruissellement et
infiltration, plus ou moins directement, mais
inéluctablement, dans cette rivière. Les bassins
versants sont séparés l'un de l'autre par une
ligne imaginaire qui correspond souvent à une
crête de collines ou de montagnes, et qu'on peut comparer au
faîte d'un toit, les gouttières
représentant les rivières. Cette ligne s'appelle
"ligne de partage des eaux". Le bassin versant d'un fleuve est
constitué de l'addition des bassins de tous ses affluents,
en plus du sien propre avant son premier confluent. Lorsque trois
bassins versants se rencontrent, on a un "point de partage des eaux". Ainsi
en France, les principaux points de partage des eaux sont-ils l'un vers
Langres, à la rencontre des bassins du Rhin, de la Seine et
du Rhône, un second à côté de
Pouilly-en-Auxois, à la rencontre des bassins de la Seine,
de la Loire et du Rhône, et le troisième vers
Langogne, à la rencontre des bassins de la Garonne, de la
Loire et du Rhône.

Les grands bassins
versants de France.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Bassinée :
volume d'eau consommé par un sassement.
Avec ou sans bateau, elle est toujours égale aux dimensions
horizontales du sas multipliées par sa hauteur de chute.
On désigne aussi par "bassinée" le nombre de
bateaux
sassés en même temps dans une écluse.
On dit par
exemple "une bassinée de quatre bateaux". Enfin, cela peut
désigner un passage de bateau dans une écluse,
auquel cas
ce terme devient synonyme de sassement.
Le terme "fausse
bassinée" désigne un remplissage ou une vidange
de l'écluse, sans qu'il y ait un bateau dedans. C'est le
plus souvent pour la préparer pour un bateau, alors qu'elle
était prête dans l'autre sens. On dit alors
"basculer, ou retourner l'écluse".
Voir
une bassinée
montante.
Voir une bassinée
avalante.
Batai : barque du Marais Poitevin.
Bâtard
du
Nivernais : bateau conçu sur le modèle
de la péniche
flamande ou de la flûte
bourguignonne, mais à une longueur
inférieure, 30 mètres, de manière
à pouvoir travailler sur la partie centrale du canal du Nivernais (de
Cercy-la-Tour à Sardy-lès-Épiry), qui
est restée au gabarit Becquey,
et n'a jamais été portée au gabarit Freycinet.
Bâtardeau :
dispositif provisoire
destiné à isoler de façon
étanche un ouvrage d'art ou tout ou partie d'un bief pour
l'assécher en vue de travaux de réparation. Le
procédé le plus courant consiste à empiler verticalement
des madriers horizontaux, les "tampes",
dans des rainures verticales ménagées
à cet effet dans les maçonneries de l'ouvrage
(tête d'écluse ou pont le plus souvent), les "coulisses".
Bateau : pour le marinier, bateau de commerce,
péniche, automoteur. Le marinier emploie rarement le terme
de "péniche". Usage recommandé en toutes
circonstances.
Pour apprendre aux enfants le riche
unnivers des bateaux fluviaux, voir l'ouvrage "Kevin et Gwendo vont en bateau ". (cliquer sur le titre)
Bateau à
chaînes : sorte de bac en libre-service assez
répandu dans le Marais Poitevin, où ils
permettent l'économie de coûteuses passerelles. Un
système de bateau à chaînes est
composé d'une barque de taille variable selon l'endroit,
reliée par ses deux extrémités aux
deux berges de la rivière par une chaîne de
longueur égale à la largeur de la-dite
rivière. Si le bateau est de l'autre
côté quand il arrive, l'usager n'a qu'à
tirer sur la chaîne fixée à terre de
son côté, et haler le
bateau jusqu'à lui. Une fois monté
à bord, il se hale au moyen de l'autre chaîne,
jusqu'à l'autre rive. Ce système donne
entière satisfaction à tous, et a tendance
à se développer dans cette région
éminemment touristique.
Bateau à passagers : bateau
spécialisé dans le transport de
personnes, dans un but essentiellement touristique. C'est en quelque
sorte la version moderne de loisirs des anciens coches d'eau.
Sous
cette appellation on trouve aussi bien le petit bateau d'un dizaine de
mètres qui transporte une douzaine de touristes pendant une
mini-croisière d'une heure ou deux, que le paquebot fluvial
qui dépasse 100 mètres,
aménagé comme un hôtel pour recevoir
plusieurs dizaines de passagers pendant une semaine ou plus. Les
célèbres bateaux-mouche sont
des bateaux à passagers. Ce peut être aussi
un ancien bateau de commerce aménagé en restaurant naviguant ou en
hôtel.
Un permis spécial est requis pour
piloter un bateau à passagers.

Bateau à passagers à Briare.
(Copinage)
Un
site de bateau à passagers : Marins
d'Eau Douce
Bateau-lavoir
: grand lavoir flottant,
conçu pour accueillir de nombreuses lavandières.
Le bateau-lavoir est un établissement privé et
payant à l'usage du public. Au contraire du moulin-bateau,
le bateau-lavoir
est généralement statique et ne se
déplace qu'exceptionnellement, son emplacement lui est
attribué par décision administrative. On
connaît néanmoins le cas de bateaux-lavoirs qui se
déplaçaient pour aller au-devant de leur
clientèle. Il en reste deux aujourd'hui en France,
conservés dans un but patrimonial. Ils sont tous deux
à Laval et classés MH.
Bateau-mouche : bateau
de transport touristique de passagers, pour des
croisières relativement brèves, de l'ordre de une
à quatre heures. Les premiers de ces bateaux ont
été construits dans le quartier de la Mouche,
à Lyon, d'où leur nom.
Bateau nantais : évolution
ultime du chaland
de Loire, localisée à la basse-Loire.
Cette évolution, qui se passe au cours de la seconde
moitié du XIXe siècle, fait abandonner
progressivement par le chaland, d'une part sa piautre au
profit d'un gouvernail axial à ferrures, d'autre part sa levée
au profit d'une étrave. Et
enfin le
sens d'abaissement du mât change avec l'adoption de treuils
métalliques plus petits et plus commodes que le gros guinda :
désormais, le mât s'abaisse non plus vers
l'avant mais vers l'arrière. En revanche, le bateau nantais
conserve de ses origines l'assemblage des bordés à clins,
qui ne sera
abandonné à son tour qu'avec la construction
métallique qui apparaît dans les années
1920.
Bateau-porte :
bâtardeau se présentant comme une sorte de
grande coque métallique bombée, et qui vient se
placer comme un bâtardeau classique
pour
le même usage. Cette coque peut se remplir ou se vider d'eau
selon qu'on veut la placer ou l'enlever.
Batelet :
terme administratif, synonyme de "bachot".
Batelier :
personne dont la profession consiste à transporter de la
marchandise ou des personnes par la voie fluviale, avec un bateau dont
il a la propriété ou simplement la
responsabilité. Synonyme : marinier. Batelier est
plutôt employé dans le sud. Voir le site du Musée
de la Batellerie.
Batillage : vagues
plus ou moins hautes formées par les mouvements des
bateaux. En canal, la vitesse est limitée à 6 ou
8 km/h pour éviter que le batillage ne soit trop agressif
pour les berges, et les érode
prématurément. On dit aussi parfois "babillage".
Bâtiment
: bateau de plus de 20 tonnes. Il est prioritaire sur les bateaux plus
petits.
Battre en arrière :
inverser le sens de rotation de l'hélice,
généralement pour s'arrêter (il n'y a
pas de frein sur un bateau !).
Bau : sur un bateau, pièce de
charpente transversale placée à une certaine
hauteur par rapport à la sole, et
destinée à maintenir l'écartement des
bords. Ce terme est plutôt maritime et en batellerie, on lui
substitue ceux de "overgands" ou "matières".
Par
extension, ce terme désigne aussi la largeur du bateau.
Bauquière :
sur un bateau, pièce de renfort longitudinale
fixée à la paroi interne du bordé, et
destinée à recevoir
l'extrémité du bau.
Bé de cane : forme
primitive du bateau berrichon,
directement adaptée du chaland
de Loire, dans les années 1830. Ce terme vient de
la forme de la levée avant de ce bateau, qui
évoquait (avec un peu d'imagination) un bec de canard. C'est
la même étymologie que l'outil du menuisier, le
bédane.
Pour en savoir plus sur le canal
de Berry et ses bateaux, voir l'ouvrage "Un canal pas comme les autres, le canal de Berry ". (cliquer sur le titre)
Bêche : ancien
bateau de la Saône, synonyme de "bâche".
Becquey (Louis) (1760-1849)
: Directeur Général des Ponts et
Chaussées, ce qui équivalait à une
charge de Ministre des Travaux Publics sous la Restauration, de 1817
à 1830, à qui la France doit la majeure partie de
son réseau fluvial. Devant la montée en puissance
de l'industrie et sa demande croissante en moyens rapides et fiables
d'approvisionnement et de débouchés des centres
industriels, Louis Becquey promulgua les 5 août 1821 et 14
août 1822, une série de lois connue sous le nom de
"Plan Becquey", destinées à permettre la
création d'un grand réseau fluvial moderne.
Physiquement, le Plan Becquey est basé sur deux points. Le
premier est l'ouverture de nouvelles voies d'eau,
canaux et rivières canalisées, par des mesures
financières incitatives, et la modernisation des voies
déjà existantes (les grands canaux de jonction de
l'Ancien régime, notamment, comme ceux de Briare, du Midi,
d'Orléans, de Picardie, du Centre...). Le
deuxième point est la première vraie
normalisation des ouvrages de tout ce réseau sur
un gabarit minimum
unique : 30,40 m
sur 5,20 m, avec une hauteur
libre de 3 m, et un mouillage de
1,60 m (pour un
tirant d'eau de 1,20 m). Freycinet ne
fera que reprendre l'idée 58 ans plus tard. Cette
normalisation a connu quelques exceptions, comme en Bretagne, en
Cotentin et en Berry. Elle a néanmoins
été très largement
appliquée ailleurs, et un tel gabarit a permis une
navigation sûre, sur de très grandes distances,
à des bateaux portant jusqu'à 150 tonnes. Quant
au volet financier du plan, il consistait en un mélange
original de concession et d'emprunt dans lequel l'Etat
assumait la plus grande part des risques, en plus des travaux, et dont
les mesures avantageuses ne pouvait qu'inciter les compagnies
concessionnaires à se lancer dans la construction de
nombreux canaux. À Louis Becquey et à son plan,
nous devons la plupart des canaux latéraux, plusieurs canaux
de jonction supplémentaires (ou leur achèvement),
le tout totalisant plus de 3000 km, et de nombreuses
rivières canalisées. Le gabarit Becquey a
été presque totalement
éclipsé par celui de Freycinet à la
fin du XIXe siècle, mais on peut néanmoins
retrouver ce gabarit des années 1820-1830 sur une partie du
canal du Nivernais, le Cher, la quasi-totalité des rivières angevines
et occitanes (cette liste n'est pas exhaustive).

Louis Becquey (1760-1849)
Bélandre :
ancien bateau de canal originaire
des Flandres, et apparenté à la péniche flamande.
La bélandre a des formes encore plus pleines que
cette dernière, presque caricaturales.
Béquille :
voir "brimballe".
Berge :
limite physique entre la surface liquide et la terre ferme.
Berrichon : ancien bateau de transport,
devenu très rare, aux dimensions adaptées à la navigation
sur le canal de
Berry, au gabarit réduit. Un berrichon a
à peu près les dimensions d'un wagon corail, soit
27,50 m sur 2,60 m. Naviguer avec un tel bateau garantit un
succès certain, notamment auprès des mariniers
pour qui il est emblématique de la grande époque
de la batellerie, où on les comptait par centaines. Il en
reste aujourd'hui moins d'une dizaine.
Pour en savoir plus sur le canal
de Berry et ses bateaux, voir l'ouvrage "Un canal pas comme les autres, le canal de Berry ". (cliquer sur le titre)
Besace : Sur la Loire, bateau de queue d'un couplage,
décalé de quelques mètres vers
l'arrière par rapport au "boutavant" ou bateau de
tête. Synonyme : coue ou bateau de coue.
Besogne : ancien bateau de charge de
la basse-Seine, qui a succédé au foncet aux
XVIIIe et XIXe siècles.
Bief : à l'origine, canal artificiel
d'amenée des eaux vers un moulin. Par la suite, le terme
s'est étendu à la portion de rivière
comprise entre deux moulins, puis enfin à la partie de canal
comprise entre deux écluses. Le F, qui est d'introduction
récente (on écrivait "biez", ou même
"bié" jusqu'au XIXe siècle), se prononce ou non
selon les régions. Etymologie : celte "bedo" ou "bed-alo" :
lit (cf. l'anglais "bed" et l'allemand "Bett").
Bief de partage : sur un canal joignant deux
vallées en franchissant une ligne de collines, bief le plus
élevé du canal, où arrive, par des rigoles,
la majeure partie de son eau d'alimentation stockée dans des
étangs-réservoirs. Un tel canal, dit "de jonction
à bief de partage", est comparable à une route
reliant deux vallées en passant par un col, le bief de
partage étant ce col. L'invention en est
attribuée à Adam de Craponne au XVIe
siècle, et la concrétisation à Hugues Cosnier au
siècle suivant (canal de Briare).
Le
difficile choix d'un bief de partage : le cas du canal de Bourgogne (Cliquer
ici)
Bigue : grue montée sur un ponton
flottant, pour effectuer des travaux sur le canal ou la
rivière, ou sur des bateaux. Le mot viendrait, selon le
Larousse, du provençal "biga" qui signifie "poutre". Nous y
voyons aussi, et ce n'est pas contradictoire, une
déformation de "bique" qui, dans le langage populaire,
désigne une chèvre, cette dernière
étant tout aussi bien le sympathique caprin que nous
connaissons, qu'un engin de levage assez rustique, mais très
semblable dans son principe, à la bigue des travaux
hydrauliques.
Bille, billard, billette
: mèche
de la piautre du chaland ou du fûtreau de
Loire. La "bille" (ou "billard" ou "billette"), qui repose sur les ménicles
et le tableau arrière est
très oblique.
Biller : sur
la Loire, faire pivoter le bateau le nez vers l'amont pour freiner sa
descente.
Billot :
sur un chantier de construction navale, ce terme désigne un
fort plot posé sur le sol et qui supporte une
cöette, fort madrier transversal sur lequel on construira le
bateau.
Birran :
sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui souffle depuis la terre
dans la région de Thonon-les-Bains.
Bisoton :
sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui soufle du nord, comme la
bise.
Bizet (vent):
terme ligérien pour désigner le vent du nord, la bise.
Blin : barque de
la Brière, plus grande que le chaland.
Blina :
pièce d'étrave spécifique au blin de
la Brière. Cette pièce rappelle, par sa forme en
escaliers symétriques, les pignons des maisons flamandes,
à l'envers et plus étroit.
Bloc : poulie (dans le Nord).
Boête :
prélèvement en nature sur la cargaison, dans des
limites fixées contractuellement, qui était
autorisé aux mariniers de Loire quand ils transportaient du
vin ou du sel, ce qui était assez fréquent. Ce
droit a été institué pour
éviter les mises en perce abusives et clandestines
qu'effectuaient auparavant les mariniers qui dénaturaient le
vin en remplaçant celui qu'ils avaient bu par de l'eau. Ne
pas confondre avec le "droit de boête" (voir
ci-après).
Boête (droit
de) : taxe prélevée par la "Communauté des
Marchands Fréquentant la Rivière de Loyre et
autres Fleuves Descendant en Ycelle" sur les marchandises
transportées. Le produit de cette taxe était
affecté aux travaux d'entretien de la
navigabilité de la Loire et de ses affluents. On a ainsi une
sorte de paradoxe, nous dit Françoise de Person, historienne
de la Marine de Loire : la Communauté luttait contre les
péages féodaux abusifs, institués
souvent depuis fort longtemps, et qui devaient servir au même
usage (mais souvent les seigneurs n'honoraient pas leurs engagements).
Mais elle s'est vue contrainte d'en instituer un elle-même
pour remplir sa mission !
Boieraak : bateau de charge hollandais,
de forme intermédiaire entre l'aak
et le tjalk. Couramment
aménagé pour la plaisance.
Boille :
sur le lac Léman, bouée ou gros flotteur en fer-blanc, aujourd'hui en
plastique.
Boire : bras mort sur la Loire moyenne et basse. Sur la haute Loire,
le
terme rhodanien de "losne" a tendance à supplanter "boire".
Boitas : sur les bateaux
de Loire, long espar
horizontal, placé au pied du mât, et
destiné à écarter le point
d'écoute de la voile afin d'offrir au vent la plus grande
surface de toile possible. Etymologie : scandinave "beitas".
Boite à pompe :
sur les bateaux en bois, long tube cylindrique vertical,
fixé le long d'une membrure
au niveau du sentineau et
descendant le plus bas possible, et destiné à recevoir le corps
de pompe (la "célestine").
Bollard, boulard, bitte
: organes d'amarrage cylindriques ou en forme de champignon, sur le
quai ou le bateau.

Bollard
d'écluse.

Bollards de bateau.
Bollard ou boulard
flottant : bollard qui accompagne la descente ou
la montée du bateau dans l'écluse, ce qui est
très pratique. Monté sur un gros flotteur, il
coulisse entre deux rails verticaux qui lui servent de guides,
à l'intérieur d'une grosse rainure
ménagée dans le bajoyer. Des bollards flottants
équipent généralement de hautes
écluses comme sur le canal du Centre ou le Rhône,
mais on en trouve aussi sur le canal de l'Ourcq, dont les
écluses ont une chute moyenne de... 50 cm !
Bonget :
Grosse défense ronde en chanvre tressé, remplie
de liège, pour protéger la péniche en cas de choc.
Bord, bordé
: planche constitutive de la bordaille.
Bord à bord :
Se dit lorsque deux bateaux sont à couple.
Bordaille
: flanc du bateau.
Bord d'hors :
sur une rivière canalisée,
côté
opposé à la rive aménagée
pour le halage.
Voir "avaterre".
Bordé (être) :
en canoë, on est "bordé gauche" quand on pagaie
à
gauche, et "bordé droit" quand on pagaie à
droite, bien
sûr. On peut se "déborder" ponctuellement pour des
manoeuvres spécifiques.
Bornan:
sur le lac Léman, vent du sud dominant et traitre, brusque et fort,
qui affecte particulièrement la région d'Evien, Thonon et Meillerie. Il peut
atteindre 7-8 beaufort.
Borne fluviale : borne,
généralement en pierre, sur laquelle sont
portées diverses indication, et notamment la distance du
lieu par rapport au point d'origine de la navigation.

Borne de Loire au port d'Artaix (Saône-et-Loire).

Une
borne semblable à Châteauneuf-sur-Loire
(Loiret)
Bortingle :
hiloire ou denbords (se dit dans le Centre).
Bosse :
rive
intérieure d'un méandre,
convexe. Il s'y forme généralement de l'aï.
Contraire : "creux"
ou "ganche".
Autre sens : en canoë-kayak, la bosse
désigne une corde de sécurité.
Bot : digue dans le Marais
Poitevin. On écrit parfois "booth" sous l'influence du hollandais (les
Hollandais ont contribué à
l'aménagement de cette région). Le "contre-bot",
ou "contrbot" (non, il n'y a pas de coquille) est un fossé
de drainage établi à la base du bot.
Bouchain
: sur un bateau de type automoteur
métallique,
partie arrondie qui réunit la bordaille
verticale et le fond du bateau (la sole),
horizontal. Quand cette partie forme un angle droit, on parle de "cornière" ou
d'"enchème".


Deux
vues d'une coque hollandaise à bouchains
Ce terme peut se restreindre à
désigner la partie arrondie de la coque qui relie
l'étrave à la
sole. Dans ce cas, on parle de "genouillère"
pour désigner la partie arrondie entre la bordaille et la
sole.
Sur un kayak ou un canoë, le bouchain
désigne plus globalement le flanc arrondi du bateau.
Bouchure : élément amovible de certains systèmes
de pertuis se présentant
comme une planchette rectangulaire d'environ 40 cm sur 30, et muni d'un
manche plus ou moins long selon son rang en hauteur dans le pertuis
fermé. Synonyme dans ce sens : apparêt.
Dans les barrages modernes, ce mot désigne, par extension,
toute une partie mobile de l'ouvrage,
généralement un clapet hydraulique ou
mécanique.
Pour en savoir plus sur les pertuis
et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Boucle :
Extrémité d'un cordage formant une boucle au
moyen d'une épissure et
servant à l'amarrage.
Synonyme : gonette.
Bouffer de la lune :
naviguer en dehors des heures légales d'ouverture des
écluses, en demandant à passer en régulation.
On dit aussi "brûler son matelat".
Bouge : sur un bateau, convexité du pont,
transversale et vers le haut. Elle a pour but d'éviter que
l'eau stagne sur celui-ci et de faciliter son écoulement
vers l'extérieur, où elle sort par les dalots.
Boulée (vannettes) :
planchettes en
bois et métal, héritères des apparêts des anciens pertuis,
destinées
à assurer la bouchure
de barrages mobiles.
Leur nom vient
de leur inventeur, l'ingénieur Boulée, au XIXe
siècle.

Vannettes
Boulée du barrage de Suresnes (Seine)

Vannettes
Boulée en place sur un barrage de la haute Seine. (photo
E.Berthault)
Bourde :
sur la Loire : perche ferrée
servant à manœuvrer en prenant appui sur le fond.
Souvent en châtaignier.
Bourdonnière :
grosse pierre taillée du radier de
l'écluse, qui porte le pivot
de la crapaudine.
Bournayage ou bournoyage : sur les anciens
bateaux de rivière, en particulier sur la Loire, technique
particulièrement violente et dangereuse
d'évitement des obstacles par usage du bâton de
marine et des arronçoirs.
Bourse
d'affrêtement :
bâtiment public appartenant à VNF, où
sont attribués les frets, selon des règles bien
précises.
Bout à quai :
position du bateau
garé le nez contre la berge, dans les gares d'eau, ce qui permet de
gagner de la place.
Dans le large du Bassin-Rond, sur l'Escaut, il y avait
jusqu'à
80 péniches garées ainsi bout à quai,
en attente
de passer l'écluse d'Iwuy.

Bateaux
amarrés bout à quai dans la gare d'eau de
Dorignies,
près de Douais, sur la Scarpe. (photo J-Claude Verrier)
Boutavant
: dans un couplage d'anciens bateaux
de
Loire, ce mot désigne le bateau placé en avant de
l'autre, de quelques mètres. L'autre bateau est le "bateau
de coue" (bateau de queue) ou "besace".
Bouter : action qui permet de repousser, depuis
son bord, un bateau tractionné et
de le maintenir loin de la rive, en poussant sur une longue et forte perche ou
bâton de marine.
Bouteur : sur les bateaux de commerce, gouvernail avant,
escamotable, et
bien pratique en cas de grand vent latéral quand le bateau
est vide, donc haut sur l'eau.
Bracon : sur les portes d'écluse en
bois, le bracon est un fort madrier oblique qui renforce le vantail et
maintient sa quadrature. Il va du coin formé par l'entretoise
haute et le poteau
busqué, au coin opposé formé par l'entretoise basse
et le poteau
tourillon. C'est exactement la même disposition que
sur des volets ou des portes de grange en bois, et l'ensemble, pour un
vantail droit vu d'aval, dessine un Z. Si la porte est très
haute, une porte aval par exemple, il peut y avoir deux bracons de part
et d'autre de l'entretoise médiane, l'ensemble dessinant,
pour un vantail droit vu d'aval, deux Z l'un sur l'autre. On parle
aussi d'"écharpe".
Autre sens : sur les bateaux de
Loire, autre nom donné aux épontilles.
Brai : sur les
bateaux de Loire, cordage qui lève la partie
inférieure de la voile de manière à
ménager une "fenêtre" par laquelle peut voir
l'homme qui gouverne à la piautre.

Action du brai
(bateau "Montjeannaise")
Braies : sur les bateaux
de Loire, haubans qui
maintiennent le mât.
Braye : sur la Loire, filet de pêche
en forme d'entonnoir (cf Saint Jean de Braye).
Brêlage,
brêler un convoi : solidariser,
arrimer entre eux les éléments d'un convoi
poussé : pousseur et barges.
Pour
l'opération inverse, on dit "débrêler",
mais aussi "casser un convoi".
Brick ou bricq : sur le
Rhône,
ancrage de
sécurité constitué d'un long espar de
bois muni à son extrémité
d'un pic à trois dents. Cet espar coulisse dans un logement
vertical ad hoc ménagé dans le bateau et on
l'enfonce au fond pour s'amarrer. Ce système a
été repris sur les grands remorqueurs à roues
à aube du Rhône au XIXe siècle.
Bricker ou bricquer : sur le
Rhône,
s'ancrer au brick (voir ci-dessus).
Autre sens : pour un jouteur,
tomber à l'eau.
Bricole : large harnais
que se passe le haleur
en bandoulière pour tirer le bateau sans être
blessé. "Halage à la bricole" est synonyme de
"halage humain". Synonyme : las.

Halage à
la bricole sur le canal de Berry au début du XXe
siècle.
Autre sens : type de bateau de la vallée de la Sarre,
apparenté à la mignole.
On précise même "la bricole sarroise".
Brimballe ou brimbelle :
système rudimentaire de manoeuvre des vantaux d'une écluse, en l'absence de tout cric, cabestan ou
vérin. La brimballe est une longue tige
métallique articulée par une rotule à
la passerelle du vantail, et munie d'une poignée
à son autre extrémité. Il suffit de
tirer ou pousser sur cette dernière pour ouvrir ou fermer le
vantail. Rudimentaire, certes, mais d'une fiabilité sans
faille. Synonyme : béquille.

Manoeuvre
d'écluse à la brimballe.
Brise-lame : cornière placée
sur le denbord (ou hiloire), de
façon à empêcher les
vagues d'entrer dans la cale, surtout lorsque le bateau est bien
chargé en rivière.
Brize : dans la terminologie des anciens pertuis,
synonyme de "volée".
Bronquer : sur le
Rhône, heurter une
pile de pont.
Brotteau :
sur le Rhône, broussailles
près d'un cours d'eau, îles et bancs de graviers où
peut paître le bétail. Ce mot a donné son nom
à une gare de Lyon, aujourd'hui désaffectée.
Brûler
son
matelas : synonyme de "bouffer de la lune" .
Busc : marche
en maçonnerie, formant un angle pointé vers l'amont,
contre laquelle s'appuie la base de la porte d'écluse
fermée.

Plan
d'écluse : le busc (manuel de l'ingénieur De
Bauve 1878)

Busc de la porte amont de
l'écluse d'Orléans, en cours de
réhabilitation
Butée
(d'arrêt) : sur les anciens pertuis,
pierre ou pièce métallique en saillie sur le couronnement,
sur la rive
opposée au chandelier,
et arrêtant la course de la volée
vers l'aval.
Butée
d'arrêt (maquette de pertuis)
Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Butte (taper dans
la butte) : se dit lorsque
l'on remonte une rivière en crue.
Butty : narrow-boat dépourvu de moteur. Dans la batellerie britannique, le
marinier possède souvent deux narrow-boats qui naviguent
l'un remorquant l'autre dans les canaux étroits, ou
à couple dans les rivières et canaux larges. Dans
les deux cas, il suffit qu'un seul des bateaux soit
motorisé, c'est le "motor-boat", et l'autre est le "butty".
"Butty" est une déformation de "buddy" qui signifie
"compagnon".