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Bâbord, tribord : gauche et droite, en parlant exclusivement du bateau (maritime mais toléré en fluvial). Pour la rivière ou le canal, on emploie les termes de gauche et droite, pour désigner les rives par exemple.

Bac : bateau assurant au public (personnes, animaux et véhicules) la traversée d'une rivière, d'un bras de rivière, d'un fleuve ou d'un bras de mer en l'absence de pont. De nos jours, la plupart des quelques bacs qui subsistent encore là où un pont ne les a pas rendus inutiles, sont motorisés. On en trouve dans l'estuaire de la Loire, celui de la Gironde, dans le delta du Rhône, sur la Seine et le Rhin, et très localement sur d'autres rivières. Dans le Marais Poitevin, les bateaux à chaines sont des bacs en libre service.
Autre sens dérivé : manoeuvre en canoë ou kayak, consistant à traverser une rivière ou une veine d'eau rapide, en plaçant le bateau face au courant avec un léger angle ainsi qu'une certaine gîte côté aval, de manière à utiliser l'incidence du courant sur la coque pour déplacer transversalement le bateau, comme dans le cas d'un bac à passagers.

Bac à traille : bac relié à un cable disposé transversalement à la rivière et coulissant le long de celui-ci. Ce cable est placé à une certaine hauteur par rapport à la surface de l'eau, selon que la rivière est navigable ou non. Pour se déplacer le long de ce cable, le bac se place en oblique par rapport au courant, en lui présentant son flanc. C'est l'incidence du plan vertical de ce flanc par rapport au courant qui crée une force tranversale lui permettant de se déplacer latéralement. Il peut y avoir aussi un deuxième cable transversal sur lequel le bac se hale à la force humaine ou grâce à un treuil. On peut voir encore de tels bacs sur le Cher, non loin de Chenonceaux, sur la Cure à Voutenay, ou encore sur la Risle en amont de Pont-Audemer, et certainement en d'autres lieux. La Grande Encyclopédie de Diderot et D'Alembert en présente une modèle (chapitre "L'Art de Charpenterie").

Bac pendulaire : bac relié par un cable noyé très en amont à un point fixe au fond de la rivière ou sur une rive. Ce cable, d'une longueur supérieure à deux fois la largeur de la rivière, peut éventuellement être signalé par des bouées. Comme le bac à traille, le bac pendulaire se déplace latéralement en utilisant l'incidence du courant sur un de ses flancs ou sur un ou deux safrans. Il n'occasionne pas une gêne aussi grande pour la navigation. On voit ce type d'équipement présenté sous le nom de "pont volant" dans la Grande Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (chapitre "L'Art de Charpenterie").

Bachet : ancien bateau de charge du bas Adour, d'origine et d'architecture plus maritimes que fluviales. Le bachet possède étrave, quille et étambot et mesure de 12 à 18 m. Il est gréé au tiers.

Bâche ou bêche : ancien bateau de la Saône, dépourvu de gouvernail, et manoeuvré à l'aide de deux avirons, l'un à l'avant, le picon, et l'autre à l'arrière, l'empeinte. La bâche, construite jusqu'au milieu du XXe siècle, mesure de 15 à 24 m de long sur 3,50 m à 4,20 m de large, et peut porter de 40 à 100 tonnes.
Autre sens : sur un pont-canal, la bâche (mais non la bêche) est la partie de l'ouvrage où est retenue l'eau. On dit aussi cuvette ou cunette. La bâche du pont-canal de Briare, fabriquée par les établissements Daydé et Pillé de Creil [1], est métallique.

Bachot : petite barque dont la présence est obligatoire sur les bâtiments. Équivalent fluvial de l'annexe maritime. Synonyme : batelet.

Bacouni : sur le lac Léman, batelier (eu usage seulement sur la rive nord er à Genève).

Bacop : barque utilisée dans les Flandres, et notamment dans les marais de Saint-Omer. Le guinot est un bateau de canal dont la forme est issue du bacop.

Bacteux, baqueteux : dans le nord de la France : charpentier de bateaux.

Baile : sur le Rhône, charretier qui dirige l'attelage de chevaux de halage, nettement plus important que sur le canal où il n'y a pas à lutter contre le courant.

Baisser : sur la Loire, descendre avec le courant. Synonyme : avaler.

Baissier ou bassier : haut-fond de gravier formant un seuil naturel en pente très douce. N'offrant qu'un mouillage faible, un baissier limite le tirant d'eau du bateau.

Bajoyer : paroi latérale de l'écluse ou du pertuis. Egalement face interne d'une pile de pont (les autres parties sont l'avant-bec et l'arrière-bec). Etymologie : ancien français bas jouyer (de joue).

 

bajoyer
Bajoyer gauche de l'écluse de Roanne.


Bal (ou balle) : "aller à bal(le)" ou "mettre à bal(le)" signifie virer le gouvernail jusqu'en bout de course, à la perpendiculaire de l'axe du bateau, que ce soit à la barre franche, auquel cas on est en surplomb au-dessus de l'eau, ou au macaron, ce qui est plus tranquille. C'est nécessaire pour éviter de poser le safran sur le radier du busc lorsque l'on est avalant. On peut entendre un marinier dire "De bal à bal, j'ai trente tours de macaron", ce qui signifie que pour virer son gouvernail d'une extrémité à l'autre de sa course, il doit faire faire trente tours à sa barre à roue, ce qui est assez courant sur les bateaux de commerce.

Balade-couillons : terme pas vraiment officiel mais un chouïa méprisant par lequel les mariniers et les agents de la navigation désignent un bateau de transport de passagers à usage touristique, un bateau-mouche par exemple. Synonyme : promène-couillons. Terme officiel : bateau à passagers.

Balage : dans le nord, sorte de large toboggan ou glissière destiné à diriger le charbon dans la cale du bateau lors de son remplissage depuis un wagonnet. On dit aussi "rivage".

Balancier : voir "volée".

écluse de la Guerche

Porte amont de l'écluse de Faguin (La Guerche) sur le canal de Berry. Le balancier est bien visible.


Balayures : résidus de chargement que le marinier récupère en balayant l'houle (ou oule).

Balisage : ensemble des signaux fixes ou flottants servant à délimiter le chenal en rivière.

Balise : dispositif fixe ou flottant, placé sur la rivière pour délimiter le chenal, signaler un danger, etc. On doit les respecter scrupuleusement.
Dans l'ancienne marine de Loire, on distinguait les balises de galerne, délimitant le côté droit du chenal, et les balises de mar, qui délimitaient le côté gauche. C'était de simples longs bâtons plantés dans le lit de la rivière, et pour les différencier entre elles, on sectionnait à moitié la tête des balises de mar, qui pendouillait ainsi sur le côté.


balise
Balise sur la Loire, à Châtillon/Loire
.

Baliveau : sur la Loire synonyme de "balise", piquet indiquant le chenal.

Ballast, ballaster : un commerce vide, pour pouvoir passer sous les ponts des canaux, doit être ballasté à l'arrière. Pour ce faire, on introduit de l'eau dans un compartiment étanche prévu pour cela, ou bien dans la cale elle-même. On videra cette eau par pompage. On peut aussi ballaster le bateau avec des gravats dans la cale.

Balme : expression géographique et régionale (région lyonnaise) qui désigne une côte peu élevée, mais abrupte et escarpée. Ainsi appelle-t-on à Lyon "Balmes du Rhône" le quartier saint Clair et son prolongement, et "Balmes de la Saône" l'ancien quai des Etroits, dit aujourd'hui de Jean-Jacques Rousseau.
Ce mot balme vient du mot latin balma, grotte, et par extension escarpement dans lequel s'ouvre une grotte, côte escarpée, élévation. On le retrouve à peine déformé dans baume en Franche-Comté.

Bande : synonyme de "gîte".

Banquette : chemin de halage maçonné sous certains ouvrages comme ponts et voûtes, et sur les ponts-canaux. On peut préciser "banquette de halage". Synonyme : "marchepied".


banquette
Banquette du tunnel de la Collancelle (canal du Nivernais).

Baquet de Charleroi : ancien bateau de transport, devenu très rare, aux dimensions adaptées à la navigation sur l'ancien canal de Charleroi à Bruxelles, au gabarit réduit. Le baquet mesurait 19,50 m sur 2,60 m, ce qui permettait, en l'allongeant de 8 mètres, d'en faire un berrichon en France. Il en reste très peu.
Le baquet de Charleroi, dans sa forme originelle en bois (années 1830), ressemble beaucoup à une bélandre flamande de petit gabarit, avec quelques éléments caractéristiques du tjalk hollandais, ce qui n'est guère étonnant, bélandre et tjalk appartenant eux-mêmes à la même famille morphologique. On dit aussi "sabot" de Charleroi.

Baquet d'Arras : ancien bateau de transport des Flandres, originaire de la Scarpe.

Baquêterie : chantier de construction de bateaux, dans le Nord.

Baqueteux : constructeur de bateaux, dans le Nord.

Barbotin : sur un treuil d'ancre, couronne en fonte moulée, sorte de poulie crantée dans laquelle s'engagent les maillons de la chaîne de façon à ce qu'elle ne glisse pas.

barbotin
Barbotin


Barcot ou barquot : sur le Rhône, barque.

Barge : embarcation de charge dépourvue de moteur et d'habitation, et utilisée de nos jours généralement en convoi poussé.

Barnayout : bâton de marine spécialemnt utilisé pour le bournayage. Terme en usage sur la Saône.

Barne : sur la Loire, petite voile de temps fort.

Barque : pas forcément un petit bateau ! Sur le canal du Midi et le bas Rhône, c'est un bateau de charge assez important, mesurant jusqu'à 30 mètres. Sur le lac Léman également, où elle est gréée de voiles latines.

Barrage : ouvrage placé en travers d'une rivière pour alimenter un moulin de façon constante, et/ou pour maintenir un mouillage suffisant pour assurer la navigation. Dans ce dernier cas, il est équipé soit d'un pertuis à bateaux, soit d'un bassin à portes marinières (jusqu'au XIXe siècle), soit d'une écluse à sas (à partir du XVIe siècle).

Barrage (pêche au) : voir "Filet-barrage".

Barrage éclusé : barrage placé sur une rivière pour assurer un mouillage suffisant pour la navigation, et équipé latéralement d'une écluse pour permettre son franchissement.

Barrage fixe : barrage en maçonnerie, immuable.

Barrage flottant : Système employé par les services de navigation ou les pompiers pour circonscrire une pollution flottante (hydrocarbures le plus souvent). Cela consiste en un long chapelet de bouées contiguës avec lequel on "enveloppe" la nappe polluante, ce qui permet de la récupérer.

Barrage mobile : un tel barrage ne se promène pas (!), mais il peut s'effacer partiellement ou complètement en cas de crue, de manière à ne pas inonder les terrains en amont. Tant que l'eau n'a pas atteint sa limite de P.H.E.N., la navigation peut s'effectuer en passant par dessus le barrage couché. L'invention en est due à l'ingénieur Charles Poirée en 1834, qui s'est pour cela inspiré des anciens pertuis, et a transposé le système sur la largeur de la rivière entière. D'autres systèmes sont venus par la suite améliorer le principe. Le barrage mobile a permis un essor considérable à la navigation fluviale à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, sur les grandes rivières de plaine comme la Seine, l'Oise, la Marne, l'Yonne, la Moselle, la Saône..

Voir aussi :

Aubert, Boulée, Caméré, Chanoine, Dérôme, Desfontaines, Pasqueau, Poirée, Stoney, Vanne-toit, Wagon.



barrage à aiguilles
Barrage mobile à aiguilles, système Poirée, sur le Cher.

Lien : sur le site des Amis du Cher canalisé, le principe et des photos de barrage à aiguilles


Barrage réservoir : barrage établi sur un ruisseau ou une rivière afin d'en exploiter une partie de l'eau pour alimenter un canal, en acheminant celle-ci par des rigoles.

Barragiste : personne préposée à la manoeuvre et à la gestion hydraulique d'un barrage mobile dont elle a la responsabilité. Le barragiste est un agent de l'État (voir Direction Départementale de l'Équipement), et son travail requiert une grande vigilance et tout autant de disponibilité. Sa tâche est à présent facilitée cependant par tous les systèmes d'automatismes et de commande-supervision à distance. N'empèche que cela reste un travail à lourde responsabilité.

Barre : système de gouverne d'un bateau. Elle peut être "franche" ou "à roue".
Autre sens : dans les anciens pertuis, longue et forte poutre transversale et pivotante, contre laquelle s'appuie le système démontable d'obturation de la porte marinière. Synonymes : barreau, chapeau, volée.

Barre à roue : système de gouverne, dans lequel le pilote agit sur le safran par l'intermédiaire d'un volant, le macaron, et d'un système de transmission à câbles, chaînes, mécanique ou hydraulique. Permet de piloter à l'abri dans une marquise.

Barre franche : système de gouverne, dans lequel le pilote agit directement sur le safran par l'intermédiaire d'un timon. Délicieusement rétro, physique et exempt de tout risque de panne.

Barre renversée (ou inversée) : système de gouverne avec barre à roue, mais où celle-ci doit être manoeuvrée dans le sens inverse (on la tourne dans le sens horaire pour aller à gauche, et inversement). Très perturbant quand on n'a pas l'habitude.

Barricaire : sur la Dordogne et l'Isle, charpentier spécialisé dans la tonnellerie et la marine.

Barreau : dans la terminologie des anciens pertuis, synonyme de barre, chapeau, volée, brize.
Autre sens : sur les bateaux de Loire, madrier horizontal qui renforce le safran de la piautre (l'"empannon") à mi-hauteur de celui-ci.


Barrots : cornières qui soutiennent en renfort le dessous du rouf.

En canoë, un barrot constitue le siège plus que rudimentaire du canoëiste.

Bascule : bateau à vivier spécialement aménagé pour le transport du poisson vivant. Pour ce faire, une partie du bateau est cloisonnée, et sa coque y est percée de trous permettant au vivier ainsi formé d'être constamment alimenté par l'eau de la rivière. Synonymes : basoule ou basouille, huchet (en Lyonnais).

Basculer (ou retourner) une écluse : voir "Bassinée".

Bassin : dans à peu près toutes les régions, le mot "bassin" apparaît pour désigner un port ou une gare d'eau. Exemples : le "Grand Bassin" de Castelnaudary, le bassin de l'Oudan à Roanne, le "Bassin Rond" dans le Nord.

Bassin à portes marinières : ouvrage intermédiaire entre le pertuis archaïque et l'écluse à sas moderne, qui se compose d'un bassin fermé, en amont et en aval, par deux pertuis. On en voit encore de très beaux vestiges bien conservés sur le Thouet en Maine-et-Loire (Communes de Montreuil-Bellay et Le Coudray-Macouard), et la Lawe dans le Nord (commune de La Gorgue). Les documents de l'ingénieur Régemorte, chargé, en 1749, de moderniser la rivière Ourcq, en montrent de très beaux plans aquarellés. Ces vestiges sont d'un très grand intérêt archéologique.
Synonymes (néologismes) : archéo-écluse, paléo-écluse

bassin à portes marinières de la Salle
Bassin à portes marinières de la Salle, sur le Thouet. (Photo Jacques Sigot)

bassin à portes marinières de Bron
Bassin à portes marinières de Bron, sur le Thouet. (Photo Jacques Sigot)

Pour en savoir plus sur les bassins à portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)


Bassin d'épargne : grand bassin placé latéralement à une écluse, et destiné à en recevoir une partie de l'eau lors d'une bassinée avalante, au lieu que celle-ci soit évacuée dans le bief aval. Cela permet de récupérér cette eau pour une bassinée suivante montante, et de réaliser de notables économies dans la consomation en eau de l'ouvrage. Il peut y avoir plusieurs bassins d'épargne pour une seule écluse, placés en étages à des altitudes différentes : plus ils sont nombreux, plus l'économie est importante. Mais la mise en oeuvre d'une telle disposition est assez coûteuse elle-même, et demande un grand espace. Ce dispositif présente un intérêt certain sur les canaux de jonction à bief de partage et sur certaines portions de canaux latéraux où les écluses sont hautes et très rapprochées. En revanche, il n'en présente aucun sur les rivières canalisées où l'eau ne manque quasiment que lors des périodes de grandes sécheresses, et encore...


écluse à bassins d'épargne
Ecluse avec bassins d'épargne.

Bassin versant : le bassin versant d'une rivière est l'ensemble des terrains tels que l'eau de pluie qu'ils reçoivent se retrouve par ruissellement et infiltration, plus ou moins directement, mais inéluctablement, dans cette rivière. Les bassins versants sont séparés l'un de l'autre par une ligne imaginaire qui correspond souvent à une crête de collines ou de montagnes, et qu'on peut comparer au faîte d'un toit, les gouttières représentant les rivières. Cette ligne s'appelle "ligne de partage des eaux". Le bassin versant d'un fleuve est constitué de l'addition des bassins de tous ses affluents, en plus du sien propre avant son premier confluent. Lorsque trois bassins versants se rencontrent, on a un "point de partage des eaux". Ainsi en France, les principaux points de partage des eaux sont-ils l'un vers Langres, à la rencontre des bassins du Rhin, de la Seine et du Rhône, un second à côté de Pouilly-en-Auxois, à la rencontre des bassins de la Seine, de la Loire et du Rhône, et le troisième vers Langogne, à la rencontre des bassins de la Garonne, de la Loire et du Rhône.


bassins versants de France
Les grands bassins versants de France.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


Bassinée : volume d'eau consommé par un sassement. Avec ou sans bateau, elle est toujours égale aux dimensions horizontales du sas multipliées par sa hauteur de chute. On désigne aussi par "bassinée" le nombre de bateaux sassés en même temps dans une écluse. On dit par exemple "une bassinée de quatre bateaux". Enfin, cela peut désigner un passage de bateau dans une écluse, auquel cas ce terme devient synonyme de sassement.
Le terme "fausse bassinée" désigne un remplissage ou une vidange de l'écluse, sans qu'il y ait un bateau dedans. C'est le plus souvent pour la préparer pour un bateau, alors qu'elle était prête dans l'autre sens. On dit alors "basculer, ou retourner l'écluse".

Voir une bassinée montante.

Voir une bassinée avalante.

Batai : barque du Marais Poitevin.

Bâtard du Nivernais : bateau conçu sur le modèle de la péniche flamande ou de la flûte bourguignonne, mais à une longueur inférieure, 30 mètres, de manière à pouvoir travailler sur la partie centrale du canal du Nivernais (de Cercy-la-Tour à Sardy-lès-Épiry), qui est restée au gabarit Becquey, et n'a jamais été portée au gabarit Freycinet.

Bâtardeau (ou batardeau) : dispositif provisoire destiné à isoler de façon étanche un ouvrage d'art ou tout ou partie d'un bief pour l'assécher en vue de travaux de réparation. Le procédé le plus courant consiste à empiler les uns sur les autres des madriers horizontaux, les "tampes", dans des rainures verticales ménagées à cet effet dans les maçonneries de l'ouvrage (tête d'écluse ou pont le plus souvent), les "coulisses".

Bateau : pour le marinier, bateau de commerce, péniche, automoteur. Le marinier emploie rarement le terme de "péniche". Usage recommandé en toutes circonstances, ne serait-ce que pour éviter de dire n'importe quoi (nommer "péniche" un coche de plaisance par exemple).
Le bateau, c'est tout ce qui flotte et peut se mouvoir (par opposition à l'établissement flottant qui est statique) en portant au minimum une personne et éventuellement (souvent même) du matériel : fret, bagages, habitation... On peut nommer "bateau" aussi bien le minuscule acon des boucholeurs et ostreiculteurs que le plus gros des super-tankers. Comme le marinier, le kayakiste et le canoëiste parlent plus volontiers de bateau que de kayak ou canoë.
Le bateau est le véhicule qui présente la plus large palette de formes et de tailles, du kayak monoplace de surf au gigantesque porte-avions. En outre, il est le moyen de transport le plus économique hormis la marche et le vélo.

Pour apprendre aux enfants le riche univers des bateaux fluviaux, voir l'ouvrage "Kevin et Gwendo vont en bateau ". (cliquer sur le titre)

Bateau à chaînes : sorte de bac en libre-service assez répandu dans le Marais Poitevin et le Marais Audomarois, où ils permettent l'économie de coûteuses passerelles. Un système de bateau à chaînes est composé d'une barque de taille variable selon l'endroit, reliée par ses deux extrémités aux deux berges de la rivière par une chaîne de longueur égale à la largeur de la-dite rivière. Si le bateau est de l'autre côté quand il arrive, l'usager n'a qu'à tirer sur la chaîne fixée à terre de son côté, et haler le bateau jusqu'à lui. Une fois monté à bord, il se hale au moyen de l'autre chaîne, jusqu'à l'autre rive. Ce système donne entière satisfaction à tous, et a tendance à se développer dans cette région éminemment touristique.

Bateau à passagers : bateau spécialisé dans le transport de personnes, dans un but essentiellement touristique. C'est en quelque sorte la version moderne de loisirs des anciens coches d'eau.
Sous cette appellation on trouve aussi bien le petit bateau d'un dizaine de mètres qui transporte une douzaine de touristes pendant une mini-croisière d'une heure ou deux, que le paquebot fluvial qui dépasse 100 mètres, aménagé comme un hôtel pour recevoir plusieurs dizaines de passagers pendant une semaine ou plus. Les célèbres bateaux-mouche sont des bateaux à passagers. Ce peut être aussi un ancien bateau de commerce aménagé en restaurant naviguant ou en hôtel.
Un permis spécial est requis pour piloter un bateau à passagers.


Bateau à passagers à Briare
Bateau à passagers à Briare.

(Copinage) Un site de bateau à passagers : Marins d'Eau Douce

Quelques bateaux-hôtels


Bateau d'intérêt patrimonial : bateau qui a reçu ce label de la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial en raison de critères définis comme sa technique de construction, son âge, certaines spécificités mécaniques, la personnalité de son propriétaire, etc. Très peu de bateaux fluviaux ont à ce jour reçu ce label, car il a en fait pour but d'affranchir les bateaux de certaines taxes. Or seuls les bateaux maritimes sont assujettis à celles-ci. Jusqu'à tout récemment (2011) un bateau fluvial ne pouvait pas recevoir ce label, uniquement pour cette raison. Lacune comblée puisque la Fondation, en 2011, a étendu le label aux bateaux fluviaux. La procédure à suivre est plutôt simple : d'abord un questionnaire en ligne (Internet) sur le bateau, avec quelques pièces jointes (photos et documents relatifs à l'histoire du bateau), puis un dossier papier à envoyer. Nous ne saurions trop suggérer aux propriétaires de beaux bateaux fluviaux de déposer une candidature, afin de faire poids et de montrer que l'eau douce, elle aussi, porte des bateaux, et pas que des laids.

Bateau-lavoir : grand lavoir flottant, conçu pour accueillir de nombreuses lavandières. Le bateau-lavoir est un établissement privé et payant à l'usage du public. Au contraire du moulin-bateau, le bateau-lavoir est généralement statique et ne se déplace qu'exceptionnellement, son emplacement lui est attribué par décision administrative. On connaît néanmoins le cas de bateaux-lavoirs qui se déplaçaient pour aller au-devant de leur clientèle. Il en reste deux aujourd'hui en France, conservés dans un but patrimonial. Ils sont tous deux à Laval et classés MH.

Bateau-mouche : bateau de transport touristique de passagers, pour des croisières relativement brèves, de l'ordre de une à quatre heures. Les premiers de ces bateaux ont été construits dans le quartier de la Mouche, à Lyon, d'où leur nom.

Bateau nantais : évolution ultime du chaland de Loire, localisée à la basse-Loire. Cette évolution, qui se passe au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, fait abandonner progressivement par le chaland, d'une part sa piautre au profit d'un gouvernail axial à ferrures, d'autre part sa levée au profit d'une étrave. Et enfin le sens d'abaissement du mât change avec l'adoption de treuils métalliques plus petits et plus commodes que le gros guinda : désormais, le mât s'abaisse non plus vers l'avant mais vers l'arrière. En revanche, le bateau nantais conserve de ses origines l'assemblage des bordés à clins, qui ne sera abandonné à son tour qu'avec la construction métallique qui apparaît dans les années 1920.

Bateau-porte : bâtardeau se présentant comme une sorte de grande coque métallique bombée, et qui vient se placer comme un bâtardeau classique pour le même usage. Cette coque peut se remplir ou se vider d'eau selon qu'on veut la placer ou l'enlever.

Batelet : terme administratif, synonyme de "bachot".

Batelier : personne dont la profession consiste à transporter de la marchandise ou des personnes par la voie fluviale, avec un bateau dont il a la propriété ou simplement la responsabilité. Synonyme : marinier. Batelier est plutôt employé dans le sud. Voir le site du Musée de la Batellerie.

Batellerie : le mot a plusieurs sens, tous dérivés les uns des autres. Il désigne l'activité qui consiste à transporter des marchandises par voie d'eau. Il désigne aussi la corporation qui effectue ce travail. De même l'emploie-t-on pour désigner l'ensemble des gens et bateaux particuliers d'une région ; on parle ainsi de la batellerie bretonne, de la batellerie d'Alsace, etc...

Liens : Navigation, Ports et Industries, société de transport fluvial Mindoro

Batillage : vagues plus ou moins hautes formées par les mouvements des bateaux. En canal, la vitesse est limitée à 6 ou 8 km/h pour éviter que le batillage ne soit trop agressif pour les berges, et les érode prématurément. On dit aussi parfois "babillage".

Bâtiment : bateau de plus de 20 tonnes. Il est prioritaire sur les bateaux plus petits.

Battre en arrière : inverser le sens de rotation de l'hélice, généralement pour s'arrêter (il n'y a pas de frein sur un bateau !).

Bau : sur un bateau, pièce de charpente transversale placée à une certaine hauteur par rapport à la sole, et destinée à maintenir l'écartement des bords. Ce terme est plutôt maritime et en batellerie, on lui substitue ceux de "overgands" ou "matières".
Par extension, ce terme désigne aussi la largeur du bateau.

Bauquière : sur un bateau, pièce de renfort longitudinale fixée à la paroi interne du bordé, et destinée à recevoir l'extrémité du bau.

Bé de cane : forme primitive du bateau berrichon, directement adaptée du chaland de Loire, dans les années 1830. Ce terme vient de la forme de la levée avant de ce bateau, qui évoquait (avec un peu d'imagination) un bec de canard. C'est la même étymologie que l'outil du menuisier, le bédane.

Pour en savoir plus sur le canal de Berry et ses bateaux, voir l'ouvrage "Un canal pas comme les autres, le canal de Berry ". (cliquer sur le titre)

Bêche : ancien bateau de la Saône, synonyme de "bâche".

Becquey (Louis) (1760-1849) : Directeur Général des Ponts et Chaussées, ce qui équivalait à une charge de Ministre des Travaux Publics sous la Restauration, de 1817 à 1830, à qui la France doit la majeure partie de son réseau fluvial. Devant la montée en puissance de l'industrie et sa demande croissante en moyens rapides et fiables d'approvisionnement et de débouchés des centres industriels, Louis Becquey promulgua les 5 août 1821 et 14 août 1822, une série de lois connue sous le nom de "Plan Becquey", destinées à permettre la création d'un grand réseau fluvial moderne. Physiquement, le Plan Becquey est basé sur deux points. Le premier est l'ouverture de nouvelles voies d'eau, canaux et rivières canalisées, par des mesures financières incitatives, et la modernisation des voies déjà existantes (les grands canaux de jonction de l'Ancien régime, notamment, comme ceux de Briare, du Midi, d'Orléans, de Picardie, du Centre...). Le deuxième point est la première vraie normalisation des ouvrages de tout ce réseau sur un gabarit minimum unique : 30,40 m sur 5,20 m, avec une hauteur libre de 3 m, et un mouillage de 1,60 m (pour un tirant d'eau de 1,20 m). Freycinet ne fera que reprendre l'idée 58 ans plus tard. Cette normalisation a connu quelques exceptions, comme en Bretagne, en Cotentin et en Berry. Elle a néanmoins été très largement appliquée ailleurs, et un tel gabarit a permis une navigation sûre, sur de très grandes distances, à des bateaux portant jusqu'à 150 tonnes. Quant au volet financier du plan, il consistait en un mélange original de concession et d'emprunt dans lequel l'Etat assumait la plus grande part des risques, en plus des travaux, et dont les mesures avantageuses ne pouvait qu'inciter les compagnies concessionnaires à se lancer dans la construction de nombreux canaux. À Louis Becquey et à son plan, nous devons la plupart des canaux latéraux, plusieurs canaux de jonction supplémentaires (ou leur achèvement), le tout totalisant plus de 3000 km, et de nombreuses rivières canalisées. Le gabarit Becquey a été presque totalement éclipsé par celui de Freycinet à la fin du XIXe siècle, mais on peut néanmoins retrouver ce gabarit des années 1820-1830 sur une partie du canal du Nivernais (entre Cercy-la-Tour et Sardy-lès-Epiry), le Cher, la quasi-totalité des rivières angevines et occitanes, le versant Seine du canal d'Orléans (cette liste n'est pas exhaustive).

Becquey

Louis Becquey (1760-1849), lithographie de Engelmann
(Portrait aimablement transmis par Solange Becquey, arrière-arrière-petite-nièce de Louis Becquey, que nous remercions)

Pour en savoir plus sur Becquey et son plan, suivre ce lien


Bélandre : ancien bateau de canal originaire des Flandres, et apparenté à la péniche flamande. La bélandre a des formes encore plus pleines que cette dernière, presque caricaturales.

Béquille : voir "brimballe".

Bergade : Sur la Dordogne et l'Isle, perche ou bourde employée pour diriger le bateau en l'éloignant des rochers et hauts fonds.

Berge : limite physique entre la surface liquide et la terre ferme.

Berrichon : ancien bateau de transport, devenu très rare, aux dimensions adaptées à la navigation sur le canal de Berry, au gabarit réduit. Un berrichon a à peu près les dimensions d'un wagon corail, soit 27,50 m sur 2,60 m. Naviguer avec un tel bateau garantit un succès certain, notamment auprès des mariniers pour qui il est emblématique de la grande époque de la batellerie, où on les comptait par centaines. Il en reste aujourd'hui moins d'une dizaine.

Pour en savoir plus sur le canal de Berry et ses bateaux, voir l'ouvrage "Un canal pas comme les autres, le canal de Berry ". (cliquer sur le titre)

Bertingue : Sur les bateaux du centre de la France, synonyme d'hiloire.

Besace : Sur la Loire, bateau de queue d'un couplage, décalé de quelques mètres vers l'arrière par rapport au "boutavant" ou bateau de tête. Synonyme : coue ou bateau de coue.

Besogne : ancien bateau de charge de la basse-Seine, qui a succédé au foncet aux XVIIIe et XIXe siècles.

Betchète : bateau de petite taille (19 m sur 2) d'origine wallonne. Sa forme l'apparente à la mignole ardennaise. (Lien Wikipédia)

Béton : la guerre de 14-18 a consommé beaucoup d'acier. Pour pallier ce manque, l'on expérimenta, avec succès, la construction de bateaux en béton armé. Etonnemment, ce matériau vieillit bien et certains bateaux de ciment naviguent ou flottent encore. On peut voir de nombreuses batais en béton dans le Marais Poitevin. Des voiliers aussi ont bénéficié de cette expérimentation. Lien : Jules, voilier en béton armé.

B.I.P. : Voir "bateau d'intérêt patrimonial"

Bief : à l'origine, canal artificiel d'amenée des eaux vers un moulin. Par la suite, le terme s'est étendu à la portion de rivière comprise entre deux moulins, puis enfin à la partie de canal comprise entre deux écluses. Le F, qui est d'introduction récente (on écrivait "biez", ou même "bié" jusqu'au XIXe siècle), se prononce ou non selon les régions. Un bief porte toujours le nom de l’écluse qui le soutient, sauf dans le cas d’un bief de partage, qui ne porte pas d'autre nom que celui-ci même de "bief de partage" (voir ci-dessous)*, car soutenu par les deux écluses situées à chacune de ses extrémités. Etymologie : celte "bedo" ou "bed-alo" : lit (cf. l'anglais "bed" et l'allemand "Bett").
*Il peut cependant porter un nom non officiel inspiré par un lieu qu'il arrose. Par exemple on peut parler du "bief de Montchanin, ou de Longpendu" pour le bief de partage du canal du Centre.

Bief de partage : sur un canal joignant deux vallées en franchissant une ligne de collines, bief le plus élevé du canal, où arrive, par des rigoles, la majeure partie de son eau d'alimentation stockée dans des étangs-réservoirs. Un tel canal, dit "de jonction à bief de partage", est comparable à une route reliant deux vallées en passant par un col, le bief de partage étant ce col. L'invention en est attribuée à Adam de Craponne au XVIe siècle, et la concrétisation à Hugues Cosnier au siècle suivant (canal de Briare).

Le difficile choix d'un bief de partage : le cas du canal de Bourgogne (Cliquer ici)

Bigue : grue montée sur un ponton flottant, pour effectuer des travaux sur le canal ou la rivière, ou sur des bateaux. Le mot viendrait, selon le Larousse, du provençal "biga" qui signifie "poutre". Nous y voyons aussi, et ce n'est pas contradictoire, une déformation de "bique" qui, dans le langage populaire, désigne une chèvre, cette dernière étant tout aussi bien le sympathique caprin que nous connaissons, qu'un engin de levage assez rustique, mais très semblable dans son principe, à la bigue des travaux hydrauliques.

Bille, billard, billette : mèche de la piautre du chaland ou du fûtreau de Loire. La "bille" (ou "billard" ou "billette"), qui repose sur les ménicles et le tableau arrière est très oblique.

Biller : sur la Loire, faire pivoter le bateau le nez vers l'amont pour freiner sa descente et franchir un pont en toute sécurité. C'est le travail du billeur.

Billot : sur un chantier de construction navale, ce terme désigne un fort plot posé sur le sol et qui supporte une cöette, fort madrier transversal sur lequel on construira le bateau.


Birran : sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui souffle depuis la terre dans la région de Thonon-les-Bains.

Bisoton : sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui soufle du nord, comme la bise.

Bitte : organe d'amarrage en forme de champignon plus ou moins gros et fixé à terre sur un quai ou un couronnement d'écluse. Etymologie, le norrois biti.

Bizet (vent): terme ligérien pour désigner le vent du nord, la bise.

Blin : barque de la Brière, plus grande que le chaland.

Blina : pièce d'étrave spécifique au blin de la Brière. Cette pièce rappelle, par sa forme en escaliers symétriques, les pignons des maisons flamandes, à l'envers et plus étroit.

Bloc : poulie (dans le Nord).

Boête : prélèvement en nature sur la cargaison, dans des limites fixées contractuellement, qui était autorisé aux mariniers de Loire quand ils transportaient du vin ou du sel, ce qui était assez fréquent. Ce droit a été institué pour éviter les mises en perce abusives et clandestines qu'effectuaient auparavant les mariniers qui dénaturaient le vin en remplaçant celui qu'ils avaient bu par de l'eau. Ne pas confondre avec le "droit de boête" (voir ci-après).

Boête (droit de) : taxe prélevée par la "Communauté des Marchands Fréquentant la Rivière de Loyre et autres Fleuves Descendant en Ycelle" sur les marchandises transportées. Le produit de cette taxe était affecté aux travaux d'entretien de la navigabilité de la Loire et de ses affluents. On a ainsi une sorte de paradoxe, nous dit Françoise de Person, historienne de la Marine de Loire : la Communauté luttait contre les péages féodaux abusifs, institués souvent depuis fort longtemps, et qui devaient servir au même usage (mais souvent les seigneurs n'honoraient pas leurs engagements). Mais elle s'est vue contrainte d'en instituer un elle-même pour remplir sa mission !

Boieraak : bateau de charge hollandais, de forme intermédiaire entre l'aak et le tjalk. Couramment aménagé pour la plaisance.

Boille : sur le lac Léman, bouée ou gros flotteur en fer-blanc, aujourd'hui en plastique.

Boire : bras mort sur la Loire moyenne et basse. Sur la haute Loire, le terme rhodanien de "losne" a tendance à supplanter "boire".

Boitas : sur les bateaux de Loire, long espar horizontal, placé au pied du mât, et destiné à écarter le point d'écoute de la voile afin d'offrir au vent la plus grande surface de toile possible. Etymologie : scandinave "beitas".

Boite à pompe : sur les bateaux en bois, long tube cylindrique vertical, fixé le long d'une membrure au niveau du sentineau et descendant le plus bas possible, et destiné à recevoir le corps de pompe (la "célestine").

Bollard, boulard, bitte : organes d'amarrage cylindriques ou en forme de champignon, sur le quai ou le bateau. Pour désigner l'organe à quai, le marinier emploie volontiers le terme "pieu".


bollard
Bollard d'écluse.

bollard de bateau
Bollards de bateau.


Bollard ou boulard flottant : bollard qui accompagne la descente ou la montée du bateau dans l'écluse, ce qui est très pratique. Monté sur un gros flotteur, il coulisse entre deux rails verticaux qui lui servent de guides, à l'intérieur d'une grosse rainure ménagée dans le bajoyer. Des bollards flottants équipent généralement de hautes écluses comme sur le canal du Centre ou le Rhône, mais on en trouve aussi sur le canal de l'Ourcq, dont les écluses ont une chute moyenne de... 50 cm ! (Il y avait sûrement une enveloppe budgétaire trop lourde...). On aimerait en voir plutôt sur certains canaux comportant des écluses de haute chute, comme Roanne-Digoin.


Bollard flottant de l'écluse de St-Pierre-Bollène, sur le Rhône

Bonde : vanne placée au fond de la cuvette d'un canal ou d'un étang-réservoir, et dont la fonction est de permettre, si besoin est, la vidange la plus complète possible de l'ouvrage. Synonyme : vanne de fond.

Bonget : Grosse défense ronde en chanvre tressé, remplie de liège, pour protéger la péniche en cas de choc.

Bord, bordé : planche constitutive de la bordaille. Etymologie, le norrois bord, planche. Le mot est passé, comme beaucoup d'autres d'origine fliuviale, dans le langage courant. L'ensemble des bords d'un côté constitue le bordé ou la bordaille.

Bord à bord : Se dit lorsque deux bateaux sont à couple.

Bordaille : flanc du bateau.

Bord d'hors : sur une rivière canalisée, côté opposé à la rive aménagée pour le halage. Voir "avaterre".

Bordé (être) : en canoë, on est "bordé gauche" quand on pagaie à gauche, et "bordé droit" quand on pagaie à droite, bien sûr. On peut se "déborder" ponctuellement pour des manoeuvres spécifiques.

Bornan: sur le lac Léman, vent du sud dominant et traitre, brusque et fort, qui affecte particulièrement la région d'Evian, Thonon et Meillerie. Il peut atteindre 7-8 beaufort.

Borne fluviale : borne, généralement en pierre, sur laquelle sont portées diverses indication, et notamment la distance du lieu par rapport au point d'origine de la navigation.


Borne de Loire

Borne de Loire au port d'Artaix (Saône-et-Loire).

Borne chateauneuf

Une borne semblable à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret)


Bortingle : hiloire ou denbords (se dit dans le Centre).

Bosse : rive intérieure d'un méandre, convexe. Il s'y forme généralement de l'. Contraire : "creux" ou "ganche".
Autre sens : en canoë-kayak, la bosse désigne une corde de sécurité.

Bot : digue dans le Marais Poitevin. On écrit parfois "booth" sous l'influence du hollandais (les Hollandais ont contribué à l'aménagement de cette région). Le "contre-bot", ou "contrbot" (non, il n'y a pas de coquille) est un fossé de drainage établi à la base du bot.

Bouchain : sur un bateau de type automoteur métallique, partie arrondie qui réunit la bordaille verticale et le fond du bateau (la sole), horizontal. Quand cette partie forme un angle droit, on parle de "cornière" ou d'"enchème".

Bouchain

Bouchain

Deux vues d'une coque hollandaise à bouchains


Ce terme peut se restreindre à désigner la partie arrondie de la coque qui relie l'étrave à la sole. Dans ce cas, on parle de "genouillère" pour désigner la partie arrondie entre la bordaille et la sole.
Sur un kayak ou un canoë, le bouchain désigne plus globalement le flanc arrondi du bateau.

Bouchure : élément amovible de certains systèmes de pertuis se présentant comme une planchette rectangulaire d'environ 40 cm sur 30, et muni d'un manche plus ou moins long selon son rang en hauteur dans le pertuis fermé. Synonyme dans ce sens : apparêt.
Dans les barrages modernes, ce mot désigne, par extension, toute une partie mobile de l'ouvrage, généralement un clapet hydraulique ou mécanique.

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Boucle : Extrémité d'un cordage formant une boucle au moyen d'une épissure et servant à l'amarrage. Synonyme : gonette.

Bouffer de la lune : naviguer en dehors des heures légales d'ouverture des écluses, en demandant à passer en régulation. On dit aussi "brûler son matelat".

Bouge : sur un bateau, convexité du pont, transversale et vers le haut. Elle a pour but d'éviter que l'eau stagne sur celui-ci et de faciliter son écoulement vers l'extérieur, où elle sort par les dalots.

Boulée (vannettes) : planchettes en bois et métal, héritères des apparêts des anciens pertuis, destinées à assurer la bouchure de barrages mobiles. Leur nom vient de leur inventeur, l'ingénieur Boulée, au XIXe siècle.

vannettes Boulée

Vannettes Boulée du barrage de Suresnes (Seine)

vannettes Boulée

Vannettes Boulée en place sur un barrage de la haute Seine. (photo E.Berthault)

 

Bouline : sur la Loire : cordage qui maintient la voile en avant pour l'aider à "faire les fesses" et lui faire prendre le vent dans la meilleure direction. Elles sont au nombre de deux et fixées, une extrémité à mi-hauteur du bord de la voile, et l'autre extrémité à l'avant du bateau. On dit aussi "boute-vent", à ne pas confondre avec "boutavant".

Bourde : sur la Loire : perche ferrée servant à manoeuvrer en prenant appui sur le fond. Souvent en châtaignier.

Bourdonnière : grosse pierre taillée du radier de l'écluse, qui porte le pivot de la crapaudine.

Bournayage ou bournoyage : sur les anciens bateaux de rivière, en particulier sur la Loire, technique particulièrement violente et dangereuse d'évitement des obstacles par usage du bâton de marine et des arronçoirs.

Bourse d'affrêtement : bâtiment public appartenant à VNF, où sont attribués les frets, selon des règles bien précises.

Bout à quai : position du bateau garé le nez contre la berge, dans les gares d'eau, ce qui permet de gagner de la place.
Dans le large du Bassin-Rond, sur l'Escaut, il y avait jusqu'à 80 péniches garées ainsi bout à quai, en attente de passer l'écluse d'Iwuy.

bout à quai

Bateaux amarrés bout à quai dans la gare d'eau de Dorignies, près de Douais, sur la Scarpe. (photo J-Claude Verrier)

Boutavant : dans un couplage d'anciens bateaux de Loire, ce mot désigne le bateau placé en avant de l'autre, de quelques mètres. L'autre bateau est le "bateau de coue" (bateau de queue) ou "besace".

Boute-vent : voir bouline.

Bouter : action qui permet de repousser, depuis son bord, un bateau tractionné et de le maintenir loin de la rive, en poussant sur une longue et forte perche ou bâton de marine.

Bouteur : sur les bateaux de commerce, gouvernail avant, escamotable, et bien pratique en cas de grand vent latéral quand le bateau est vide, donc haut sur l'eau.

Bouteur

Bouteur escamoté dans la coque à l'avant d'un freycinet

Bracon : sur les portes d'écluse en bois, le bracon est un fort madrier oblique qui renforce le vantail et maintient sa quadrature. Il va du coin formé par l'entretoise haute et le poteau busqué, au coin opposé formé par l'entretoise basse et le poteau tourillon. C'est exactement la même disposition que sur des volets ou des portes de grange en bois, et l'ensemble, pour un vantail droit vu d'aval, dessine un Z. Si la porte est très haute, une porte aval par exemple, il peut y avoir deux bracons de part et d'autre de l'entretoise médiane, l'ensemble dessinant, pour un vantail droit vu d'aval, deux Z l'un sur l'autre. On parle aussi d'"écharpe".
Autre sens : sur les bateaux de Loire, autre nom donné aux épontilles.

Brai : sur les bateaux de Loire, cordage qui lève la partie inférieure de la voile de manière à ménager une "fenêtre" par laquelle peut voir l'homme qui gouverne à la piautre.

Action du brai
Action du brai (bateau "Montjeannaise")

Braies : sur les bateaux de Loire, haubans qui maintiennent le mât.

Braye : sur la Loire, filet de pêche en forme d'entonnoir (cf Saint Jean de Braye).

Brêlage, brêler un convoi : solidariser, arrimer entre eux les éléments d'un convoi poussé : pousseur et barges. Pour l'opération inverse, on dit "débrêler", mais aussi "casser un convoi".

Brick ou bricq  : sur le Rhône, ancrage de sécurité constitué d'un long espar de bois muni à son extrémité d'un pic à trois dents. Cet espar coulisse dans un logement vertical ad hoc ménagé dans le bateau et on l'enfonce au fond pour s'amarrer. Ce système a été repris sur les grands remorqueurs à roues à aube du Rhône au XIXe siècle.

Bricker ou bricquer  : sur le Rhône, s'ancrer au brick (voir ci-dessus).
Autre sens : pour un jouteur, tomber à l'eau.

Bricole : large harnais que se passe le haleur en bandoulière pour tirer le bateau sans être blessé. "Halage à la bricole" est synonyme de "halage humain". Synonyme : las.

halage à la bricole
Halage à la bricole sur le canal de Berry au début du XXe siècle.

Autre sens : type de bateau de la vallée de la Sarre, apparenté à la mignole et au scute. On précise même "la bricole sarroise".

Brigade Fluviale : Voir cet article (en chantier)

Brimballe ou brimbelle : système rudimentaire de manoeuvre des vantaux d'une écluse, en l'absence de tout cric, cabestan ou vérin. La brimballe est une longue tige métallique articulée par une rotule à la passerelle du vantail, et munie d'une poignée à son autre extrémité. Il suffit de tirer ou pousser sur cette dernière pour ouvrir ou fermer le vantail. Rudimentaire, certes, mais d'une fiabilité sans faille. Synonyme : béquille.



Brimballe de l'écluse de Maillé, sur le canal de Bourneau

Brimballe
Manoeuvre d'écluse à la brimballe.


Brise-lame : cornière placée sur le denbord (ou hiloire), de façon à empêcher les vagues d'entrer dans la cale, surtout lorsque le bateau est bien chargé en rivière.

Brize : dans la terminologie des anciens pertuis, synonyme de "volée".

Bronquer : sur le Rhône, heurter une pile de pont.

Brotteau : sur le Rhône, broussailles près d'un cours d'eau, îles et bancs de graviers où peut paître le bétail. Ce mot a donné son nom à une gare ferroviaire de Lyon, aujourd'hui désaffectée.

Brûler son matelas : synonyme de "bouffer de la lune" .

Busc : marche en maçonnerie, formant un angle pointé vers l'amont, contre laquelle s'appuie la base de la porte d'écluse fermée qiu est dite alors "porte busquée".

Busc
Plan d'écluse : le busc (manuel de l'ingénieur De Bauve 1878)

busc écluse orléans

Busc de la porte amont de l'écluse d'Orléans, en cours de réhabilitation

Butée (d'arrêt) : sur les anciens pertuis, pierre ou pièce métallique en saillie sur le couronnement, sur la rive opposée au chandelier, et arrêtant la course de la volée vers l'aval.

Butée d'arrêt
Butée d'arrêt (maquette de pertuis)

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Butte (taper dans la butte) : se dit lorsque l'on remonte une rivière en crue.

Butty : narrow-boat dépourvu de moteur. Dans la batellerie britannique, le marinier possède souvent deux narrow-boats qui naviguent l'un remorquant l'autre dans les canaux étroits, ou à couple dans les rivières et canaux larges. Dans les deux cas, il suffit qu'un seul des bateaux soit motorisé, c'est le "motor-boat", et l'autre est le "butty". "Butty" est une déformation de "buddy" qui signifie "compagnon".

 

[1] ...et non par Gustave Eiffel comme on le croit et l'affirme souvent. (Retour au texte)

 

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