Pédale
(mettre la) : opération consistant, en navigation, à descendre dans la salle des
machines pour augmenter la vitesse de rotation du moteur en poussant
sur la tige des pompes d'injection, pour franchir un pont sur une
rivière en crue ou pour trémater un
bateau.
Pelle : vanne.
Autre sens : le canoëiste et le batelier du Marais Poitevin
désignent aussi "pelle" leur pagaie simple.
Penelle : ancien
bateau de charge de la Saône, large d'environ 5 m
et long de 20. La penelle, fabriquée en pin, porte de 30
à 70 tonnes.
Penette : ancien
bateau de charge de Bretagne, d'architecture
ligérienne. La penette a ceci de particulier qu'elle est en
fait formée de deux bateaux assemblés par leurs tableaux
arrières. Dans des coudes un peu serrés
il est ainsi possible de les débreller pour manoeuvrer plus
facilement. Les devises des penettes rappelaient cette sorte de
gémellité : "Les deux soeurs", "Les deux amants",
"Les amis réunis"...
Péniche : bateau
de transport d'origine flamande, et surtout pas bateau de
plaisance ! La différence est la même entre une
péniche et un coche de plaisance qu'entre
un semi-remorque et un camping-car. La "vraie"
péniche
mesure 38,50 m (voire 39) sur 5,05 m et porte 250 tonnes en canal, et
350 tonnes en rivière profonde. C'est ce bateau,
appelé
aussi "spits" en Flandres, qui a déterminé en
France le
gabarit Freycinet. À l'origine, la péniche est en
bois et
non motorisée. Quand elle sera motorisée, elle
évoluera vers l'automoteur de canal que nous connaissons.
De la même façon qu'on nomme parfois "baleine"
indifféremment le cachalot, l'orque ou le
bélouga, le grand public qualifie de "péniche"
tout bateau fluvial, jusque et y compris les petits bateaux de
plaisance en plastique ! C'est une profonde erreur, due au fait que la
péniche a supplanté peu a peu tous les autres
types de bateaux fluviaux au cours de la première
moitié du XXe siècle, et s'est ainsi
généralisée. La péniche est
un bateau bien particulier, aux dimensions et formes bien
définies, et ne saurait être synonyme de "bateau
fluvial".
Pénichette : bateau
de plaisance aux formes inspirées par la
batellerie traditionnelle, fabriqué et
commercialisé par la société Locaboat.
Attention, ce n'est pas un nom commun, mais une marque
déposée, comme Kärcher, Mobylette ou
Frigidaire. Le terme ne doit donc pas être utilisé
pour désigner n'importe quel bateau de plaisance.
Penon : sur
les bateaux de la Saône, planche du bord de la sole.
Sur les bateaux de Loire, le penon est une planche constitutive du safran de la piautre.
Pente d'eau :
système original de franchissement de fortes
dénivellations, mis au point et
concrétisé par l'ingénieur Aubert dans
les années 1970. Il s'agit d'une longue et large
gouttière en pente dans laquelle un volume d'eau est
poussé ou retenu (suivant qu'on monte ou descende) par un
bouclier mû par un système mécanique du
genre automoteur diesel sur rails. Le système n'a connu que
deux applications, toutes deux dans le sud de la France : à
Montech, sur le canal de la Garonne (1975), et à
Fontsérannes sur le canal du Midi (1985). Ces deux ouvrages
doublent chacun un escalier d'écluses qui
fonctionne parallèlement.

La locomotrice de la pente d'eau de Fonsérannes.
Penture : ferrure de
gouvernail axial formant un gond, et servant à assembler et
articuler le safran à l'étambot. Elle porte une
partie
mâle, l'aiguillot, et une partie femelle, le
fémelot.
Perché
: sur la
Loire, espar gréé entre deux chalands d'un train
de
bateaux, afin de maintenir la distance de
sécurité entre
eux.

Perché de poussage entre deux chalands, bien
visible au-dessus de la piautre
Perclos
: virure centrale de la sole d'un bateau
nantais, mise en place en
force.
Périssoire : petite
embarcation de plaisance sportive,
généralement monoplace, mue à la
pagaie double, et
très en vogue au tournant des XIXe et XXe
siècles. La
périssoire est très semblable à un kayak non
ponté. Le peintre impressionniste Gustave Caillebotte, par
ailleurs très amateur de nautisme, en a
représentées à plusieurs reprises dans
des toiles
peintes sur les bords de l'Yerres, dans le sud de la région
parisienne. Etymologie : de "périr", ce qui en dit long sur
la
confiance que l'on plaçait dans la stabilité d'un
tel
bateau !
Permis :
comme pour une voiture, une moto ou un autobus, il faut un permis
pour piloter un bateau, et parfois même plusieurs. Les permis
professionneles sont des certificats de capacité, et sont
classés par gabarit. En ce qui concerne la plaisance, ce sont
les permis C, S et PP qui sont demandés selon le gabarit du
bateau. Le permis C est le plus petit, c'est un questionnaire à choix
multiples portant sur le code fluvial, et il permet de piloter des
embarcations à faible motorisation jusqu'à 20 m de
long (15 m encore tout récemment). Le permis S est un permis
pour embarcation sportives, il comprend le QCM du permis C et une épreuve
pratique. Le permis PP (comme "péniche de plaisance" s'applique
aux bateaux faiblement motorisés dont la longueur dépasse
20 m (15 m encore récemment), c'est celui qui est exigé pour
la conduite d'anciens bateaux de transport aménagés
en logements. Curieusement, le permis PP ne présente pas de
limite supérieure pour la taille. Pour plus d'informations,
consulter ce
site.
Perrés :
dispositif de revêtement de levées ou
des parois inclinées du canal, notamment à l'approche de
ponts, constitué de pierres non jointives et non
scellées, ou seulement de façon
légère, de manière à
laisser s'écouler l'eau entre elles.
Pertuis :
ouverture ménagée dans un barrage pour la
navigation, en usage depuis l'Antiquité, ancêtre
de l'écluse. En temps ordinaire, le pertuis peut
être fermé par divers systèmes
amovibles en bois, plus ou moins commodes, qu'il faut ouvrir pour
laisser le passage aux bateaux. Dangereux et pénibles, les
pertuis étaient source de conflits entre les mariniers et
les meuniers, car leur ouverture faisait perdre beaucoup d'eau aux
seconds. Avalant, le bateau doit sauter une chute d'eau de l'ordre de 0,50 m
à 2 mètres, éventuellement retenu par
un cordage par sécurité. Montant, il doit
être halé dans la chute d'eau, aidé éventuellement par un treuil. En France, l'Yonne en
possède encore plusieurs bien visibles, dont certains en
excellent état, entre Clamecy et Auxerre. Son affluent la
Cure également, entre Vézelay et Cravant.
Synonymes : porte marinière, porte à bateaux,
portereau, navière, pas, passelis, voie. Voir site.
Voir aussi : aiguille, apparêts, butée, chandelier, heurtoir, porte secteur, volée.

Schéma d'un pertuis à aiguilles. (dessin
de l'auteur).
Maquette de pertuis à aiguilles.

Le pertuis du Bouchet, sur l'Yonne. C'est un pertuis à aiguilles.
(photo F.de Person)

Schéma de pertuis à tampes. (dessin
de l'auteur).

Dessin d'Olivier Aulion en 1543, montrant un pertuis à lame levante et
pivotante sur la Vilaine (Bibliothèque Nationale).
Pour en savoir plus sur les
pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
P.B.E.N. : "Plus basses eaux navigables". Côte limite atteinte par les
eaux d'une rivière en période de
sécheresse, en-dessous de laquelle la navigation est
fortement déconseillée, voire impossible par
manque d'eau.
P.H.E.N. : "Plus hautes eaux navigables". Côte limite atteinte par les
eaux d'une rivière en crue, et au-delà de
laquelle la navigation est interdite. Cette limite est
déterminée par l'administration, et les panneaux
de PHEN sont placés sur les rives, bien en vue.
Phaselus
: longue barque gallo-romaine, effilée, mentionnée sur la Garonne et
la Moselle.
Phonie : synonyme
de V.H.F..
Piarde : en
Brière, ancienne fosse d'extraction de la tourbe.
Piate,
piatte : barque
du Marais Poitevin (déformation de "plate").
Piautre :
nom donné au grand gouvernail du chaland
de Loire. La piautre est un gouvernail d'origine
très ancienne dont l'axe, la "billette", est oblique,
incliné vers l'avant. Sous un aspect très
rustique, c'est un gouvernail très efficace aux multiples
possibilités. Il est réglable en hauteur,
profondeur, inclinaison, etc. Il est aussi amovible. Ce type de
gouvernail n'est absolument pas spécifique à la
Loire, et on le trouve dans tous les pays du monde, et dans des
époques très anciennes, comme sur le Nil 2000 ans
avant notre ère.
Pic avant, pic
arrière : compartiments, à
l'avant et l'arrière du bateau de commerce, non
occupés par la cale. À l'avant, on y trouve le poite,
et à l'arrière le reu et
la salle des machines.
Les deux pics peuvent être aussi conçus pour ballaster le bateau lorsqu'il voyage lège.
Picadiot :
sur le lac Léman, longue perche permettant aux bateliers de pousser la
barque sur la vase (le diot).
Picard
(bateau) : type
de bateau de charge de la basse Seine qui a
succédé à la besogne lors
de la canalisation généralisée, dans la
seconde moitié du XIXe siècle. On l'appelle aussi
"chaland de l'Oise" et il a la forme d'une grosse péniche bien large.
Picon : sur
la Saône, long aviron placé à l'avant
de la sapine et
servant de gouvernail, comme la "patouille" sur
la sapine de Loire.
Pied : Dans les anciens bateaux de commerce, le pied est un local semblable
au tabernacle, mais plus grand, de façon
à pouvoir servir de pièce de service, buanderie
souvent. Il disparaît dans les bateaux modernes, la buanderie
étant souvent aménagée à l'avant, entre
l'ouverture de cale et les veules.
Pied de pilote :
différence entre le mouillage et le tirant d'eau.
C'est une marge de sécurité.
Pieu : mot
par lequel les mariniers désignent les bollards fixés à terre, sur les quais ou les
écluses, pour les distinguer de ceux du bateau.
Autre sens : longue pièce de bois, taillée en
pointe et
fichée verticalement dans le sol, dans le but de consolider
les
fondations d'un ouvrage fixe (pont, quai, écluse...).
Pigouille :
longue perche avec laquelle le batelier du Marais Poitevin pousse sur
le fond de la rivière pour faire avancer sa barque.
Pinardier :
bateau spécialisé dans le transport de vin et
conçu pour cela.
Pinasse
: bateau
de travail,
plutôt sur le littoral maritime. Les mytyliculteurs et
ostréiculteurs utilisent des pinasses, qui ont des formes
différentes selon la région et le travail
qu'elles effectuent. La pinasse du bassin d'Arcachon est un bateau
particulièrement élégant. Il n'est pas
impossible que ce mot, par déformation et passage en
Grande-Bretagne, ait fini par donner "péniche".
Pinoche :
morceau de bois taillé en pointe, et placé
provisoirement sur une voie d'eau (au sens d'avarie) pour la colmater,
en attendant la réparation définitive.
Pionnier :
ouvrier chargé de planter les pieux de fondations d'un
ouvrage d'art hydraulique ou non : pont, écluse, quai...
Pique : sur
le Rhône, dans la joute,
moment où la lance frappe le plastron de l'adversaire.
Pirogue :
nom générique désignant de nombreux
bateaux
très variés et présents sur tous les
continents,
en rivière, lac et mer. Ces bateaux ont tous des origines
très anciennes, et n'ont guère connu
d'évolution
au cours du temps, car déjà parfaitement
adaptés
à leur milieu et à leur usage. Ce sont
généralement des bateaux de petite
capacité,
longs, étroits et généralement assez
rapides,
éventuellement muni d'un balancier latéral
stabilisateur.
Ils peuvent être gréés, mais sont
généralement propulsés à la
pagaie, simple
le plus souvent. Le kayak,
le canoë,
la périssoire,
sont des pirogues.
Les pirogues monoxyles,
que trouvent régulièrement des
archéologues fluviaux, et encore en usage dans certaines
régions du globe, sont des bateaux fabriqués
à
partir d'un seul tronc d'arbre que l'on évide au feu et
finit
aux outils.
Pivot de crapaudine :
pièce mâle de l'énorme gond sur
lequel pivote un vantail de porte
d'écluse, la pièce femelle étant la crapaudine elle-même. Cette
pièce métallique est scellée dans la bourdonnière, grosse pierre du
radier maçonné, au pied du chardonnet.

Pivot
de crapaudine d'une écluse de gabarit Freycinet (canal du Nivernais). Le boitier de CD donne l'échelle.
P.K. : "point kilométrique". Bornage linéaire du canal
ou de la rivière, qui permet de trouver facilement un lieu
en cas d'incident, on dit par exemple "le PK 6". Le plus souvent, ce
bornage d'une voie d'eau est compté à partir de
l'origine amont de la navigation, ou du bief de partage sur un canal de
jonction par bief de partage, mais ce n'est pas le cas partout : la
Saône et l'Oise sont comptées respectivement
à partir de Lyon et de Conflans-Sainte-Honorine. Le canal de
Briare, pourtant à bief de partage (c'est
même le
premier de l'Histoire), est compté à partir de
son origine dans la Loire à Briare.
Plafond : fond de la cuvette du canal. Le mouillage est
déterminé par la distance entre le plafond et le miroir.
Plaisance :
activité nautique qui consiste à utiliser le
réseau fluvial dans un but de loisirs et de découverte,
à l'exclusion de tout aspect de transport commercial. Par
extension, le mot désigne un bateau de plaisance (par opposition
à "bateau de commerce") dans le langage du personnel des voies
d'eau. Voir le site de "Navigation Douce".
Plan
incliné : ouvrage de franchissement
de forts dénivelés, qui se substitue dans
certains cas aux écluses. Le plan incliné est une
extrapolation, à une plus grande échelle, du
principe du passe-bateau. Il en existe
en fait de deux sortes qui se différencient selon que le bateau quitte ou non l'eau. Dans
la première option, le bateau est transporté d'un
bief vers l'autre au sec sur un chariot monté sur rails,
lui-même hissé sur une longue pente par un
système de câbles et de poulies. Dans la
deuxième option, le bateau entre dans un bac qui se
présente comme un sas mobile. Et c'est ce bac plein d'eau
qui, muni de roues, transporte le bateau d'un bief à
l'autre. Une autre différence est la disposition du bateau
(et de son bac le cas échéant)
perpendiculairement (transversal) ou parallèlement
(longitudinal) à la pente. Ce genre d'ouvrages, dont le
principe est fort ancien, est souvent spectaculaire. Leur avantage sur
les écluses est de ne consommer que très peu
d'eau, tout comme les ascenseurs à bateaux. En France, le
plan incliné de Saint-Louis-Arzwiller, dans les Vosges,
fonctionne depuis 1967 et remplace 17 écluses (qui seront
peut-être néanmoins
réhabilitées pour le tourisme). Gain de temps
pour les bateaux : une journée de navigation. Cet ouvrage
est un ascenseur transversal. La Belgique possède un plan
incliné longitudinal de grand gabarit, à
Ronquières. Ces deux derniers sont des ouvrages à
bac, tandis que ceux d'Elblag, sur le canal polonais d'Ostroda,
longitudinaux eux aussi, transportent les bateaux à sec sur
un chariot spécial monté sur rails.

Plan incliné de Ronquières, en Belgique.
Plaquet :
bateau métallique de gabarit Freycinet,
fabriqué par le chantier Plaquet, en Belgique, depuis
l'entre-deux-guerres. Ces bateaux sont réputés pour la
qualité de leur construction et le pureté de leurs lignes.
Voici le témoignage de Jean-Claude Verrier, marinier retraité :
"Le chantier Plaquet fut,
comme beaucoup de chantiers belges, en avance sur son temps et sortit
dès 1930 les premiers "cul-de-poule"
avec une motorisation 50cv Deutz. Ce fut une révolution quand
ces automoteurs rivetés firent leur apparition en France au beau
milieu de nos innombrables péniches en bois
tractionnées. Plaquet était et est toujours
implanté à Péronnes-lès-Antoing, proche de
la frontière française et a également
possédé un chantier à Mortagne du Nord, à
la frontière française, aujourd'hui disparu. Ils ont fait
un carton à l'époque grâce à la
proximité mais aussi à leur savoir-faire. La voie
d'eau était le seul moyen de transport qui pouvait emmener
de lourds tonnages et après la seconde guerre mondiale, la
France avait besoin de cale. Plaquet fut sollicité comme
beaucoup d'autres chantiers du Nord : Mory, Carel-Fouchet, Dru, Demay,
Defernez, Merville, Leconte, Vandeville... D'autres chantiers furent
également sollicités dans l'Est et le Centre comme, bien
sûr, les Forges de Strasbourg,
La Scar, Saarbrück, Broutin, Pierre-la-Trêche,
Chalon-sur-Saône avec les Franco-belge et Schneider, et enfin en
région Parisienne Choisy-le-Roi (NDR : actuel chantier naval de la Haute Seine)."

"Minos", un beau "plaquet".
(photo J-Claude Verrier)

Un
autre beau bateau
de fabrication belge, du chantier Moerbeke Vangarsse.
Il faut l'oeil exercé du connaisseur pour saisir la différence...
(Bateau
"Pink Floyd", ancien "Simone" construit en 1949 pour M.Charles Chrétien,
sur
le
canal
du
Rhône
au
Rhin,
photo
de
"RickFloyd". Merci à Hervé Missue, son dernier exploitant, pour
les précisions)
Plat-bord
: sur
un bateau de commerce, partie plane longeant les denbords (ou
hiloires), permettant de circuler autour de la cale en rejoignant les
veules avant et arrière. Sur un bateau de plaisance, c'est
la
même chose, avec la différence que l'hiloire (ou
denbord)
est remplacé par une superstructure de logement. Synonyme :
passavant.

Plat-bord.
Plateau
d'écluse : aire
d'évolution de l'éclusier tout autour du sas,
entre sa maison et l'écluse et au-delà de
celle-ci.
Platte : sur
la Loire, et pas mal d'autres rivières, lacs et
marais, petite barque à fond plat.
Platelage
: garniture en bois du tablier d'un pont mobile.
Plenissimum
Flumen : notion juridique qui permet de définir les
limites du domaine public fluvial naturel
en fonction des plus hautes eaux d'un cours d'eau domanial
avant débordement, en l'absence de perturbations
météorologiques exceptionnelles (emprise
théorique longitudinale des cours d'eau).
Cette opération a pour objet la reconnaissance
d'une
situation de fait existant à un moment donné
(arrêté préfectoral après
enquête
auprès des riverains) et de préciser les limites
du
domaine public fluvial naturel.
Plume :
sur le courpet de haute Dordogne, c'est le
safran du gouvernail.

La plume du courpet
Poillier ou poilier
: sur
les bateaux de Loire,
ce terme désigne à
l'origine une
sorte de barrot maintenant l'écartement des bords. On
indiquait
la largeur des chalands anciens au fond et au poilier (largeur
maximum). C'est en quelque sort d'équivalent du
maître-bau.
Autre sens proche : sorte de gros verneau des bateaux nantais.
Point de partage des
eaux : point de rencontre de trois bassins
versants.
Nota : on appelle parfois "canal à point de partage" un
canal de
jonction à bief de partage. Cela se comprend dans la mesure
où ce "point" est l'intersection du canal et de la ligne de
partage des eaux.

Matérialisation monumentalisée du point
de partage des
eaux de la Seine, de la Loire et du Rhône, symbolisés par
trois grosses pierres, à Meilly-sur-Rouvres, en Auxois.(Le
château d'eau ne fait pas partie du monument, mais sa
présence fortuite est symboliquement riche...)
Promener la souris sur l'image pour voir apparaitre les symboles.
Pointeau : synonyme d'aiguille, dans la terminologie des anciens pertuis.
Pour en savoir plus sur les
pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Pointil :
Langue de terre resserrée entre les deux
rivières d'un confluent. Il s'y forme souvent des atterrissements. Le L ne se prononce pas.
Poirée
(barrage) : système de barrage mobile dû à l'ingénieur Charles Poirée qui l'a
expérimenté pour la première fois en 1834 à
Basseville, à l'intersection du canal du Nivernais et de
l'Yonne, non loin de Clamecy.
Le système de Poirée consiste en un rideau de madriers
verticaux juxtaposés et formant une bouchure aussi
étanche que possible, les aiguilles,
de section carrée de 8 x 8 cm environ, et d'une longueur de 2
à 3 mètres selon la hauteur du barrage. Ces aiguilles
sont maintenues appuyées par la pression de l'eau contre une
structure métallique articulée, les fermettes, qui peuvent se coucher sur le radier de
l'ouvrage, au fond de la rivière, quand les aiguilles sont ôtées,
comme en cas de crue par exemple.
Les "barrages Poirée" représentaient une véritable
innovation à l'époque, et ont permis la canalisation de
grandes rivières de plaine comme la Seine, l'Yonne, la
Saône, la Marne, etc. et par conséquent le
développement de la batellerie au XIXe siècle.
Ils sont aujourd'hui obsolètes et remplacés par des
systèmes plus rapides et pratiques, dans lesquels
l'électronique a un grand rôle. Néanmoins, on
trouve encore des barrages à aiguilles sur l'Yonne, le Cher, la
Saône, la Meuse...

Schéma d'un barrage Poirée. (Notions de Navigation Intérieure,
par E.Fourrey, 1946)

Le
barrage d'Auxonne,
sur la Saône, est un barrage Poirée un peu particulier. Un
système de téléphérique permet d'emmener
les aiguilles ôtées dans leur local de stockage. Elles
sont, non pas des madriers de section carrée, mais des planches
larges d'environ 20 cm, munies d'une poignée.

Exposées dans la cour du
musée de la Batellerie de Conflans, des aiguilles semblables
à celles du barrage d'Auxonne.

Détail du pont-barrage système Poirée
de Saint-Aignan-sur-Cher
Poite,
poate ou
poëte : terme du Nord
désignant, dans un bateau de commerce, un petit logement
situé dans l'étrave en avant de la cale, dans le pic avant
en fait. Il sert de chambre au matelot, de buanderie, ou d'atelier.
Peut-être le mot vient-il de
"pointe" ?
Polyxyle :
dans le jargon des archéologues nauticiens, ce mot tend
à remplacer avantageusement le terme de "monoxyle
assemblé" pour
désigner
un bateau constitué d'éléments de bois
sculptés individuellement et assemblés
plutôt que
de planches standard.

En
1997, à la suite de
la découverte de l'épave d'un chaland polyxyle
gallo-romain dans le lac de Neufchâtel, l'archéologue Beat
Arnold et son équipe entreprennent, dans une démarche
d'archéologie expérimentale, la construction à
l'identique d'un chaland semblable, à partir de ce que leur
enseigne l'étude de l'épave.
La
photo du haut montre les
premiers éléments de la sole qui attendent d'autres
éléments pour être assemblés. Les
enchèmes, déjà sculptées, sont bien
visibles de part et d'autre des deux longues planches centrales.

"Altaripa" fini et sous voile sur le lac de Neufchâtel, avec Beat Arnold (pull bleu marine) à son
bord.
Pont : ouvrage
d'art permettant à une voie de communication (chemin, route,
voie ferrée, canal) ou même un cours d'eau, de
franchir un
obstacle en creux, une vallée ou une tranchée,
une
rivière, une voie d'eau ou une autre voie de communication,
sans
rupture.
Autre sens : sur un bateau, c'est la surface plane horizontale qui
recouvre plus ou moins complètement le volume de la coque.
Sur
un bateau de commerce, il se compose des plats-bords, des veules arrière
et avant et de la gravelaine. C'est
en fait l'ensemble
des surfaces d'évolution pour les manoeuvres.
Pont à haubans :
type de pont fixe dont le tablier est suspendu à un ou
plusieurs
forts piliers, qui le dépassent de plusieurs dizaines de
mètres, par des haubans, à la manière
d'un
mât. Le principe du pont à haubans est assez
ancien, mais
il était tombé en
désuétude,
détrôné par le pont suspendu.
Il a pourtant
l'avantage sur ce dernier de ne pas exiger de culées trop
importantes, tout le poids du tablier se trouvant supporté
verticalement par le ou les piliers. Les ponts à haubans ont
effectué un retour en force ces deux dernières
décennies. Exemples : le pont de Normandie, celui de
Saint-Nazaire, ou encore ceux de Nemours et de
Chalon-sur-Saône.
Pont-barrage :
Pont fixe en maçonnerie, dont les piles sont
utilisées aussi pour recevoir les infrastructures d'un barrage mobile (fermettes, aiguilles,
clapets...). Citons à
titre d'exemples ceux de Bellombre et du Saussois sur l'Yonne, celui de
Saint-Aignan sur le Cher, et celui de la Truchère sur la
Seille.

Le pont-barrage de Saint-Aignan, sur le Cher,
au début du XXe siècle.
Pont basculant :
pont mobile dont le tablier se relève, pour laisser passer
les bateaux, en pivotant sur un axe horizontal confondu avec une
extrémité du tablier. Son tablier est
contrebalancé par un contrepoids camouflé sous la
chaussée de la voie terrestre croisée, et il n'a
donc pas de potence, à la différence du pont-levis.
Exemple : pont basculant de Montceau-les-Mines ( à côté d'un
bel exemple de pont-levis) .
Pont biais :
pont disposé en oblique par rapport à la voie
(fluviale, ferrée ou routière) qu'il franchit.
Dans le cas d'un pont de pierre, un tel ouvrage représente
un beau morceau de bravoure pour l'architecte qui le
conçoit, ainsi que pour le tailleur de pierre, car l'angle
droit y est pratiquement proscrit.
Pont-canal :
ouvrage permettant au canal de franchir un obstacle en creux en passant
par-dessus : rivière le plus souvent, mais aussi
route, voie ferrée ou même autre canal
ou voie d'eau (c'est le cas à Briare et à
Buzet-sur-Baïse). Il en existe une bonne centaine en France,
de différentes tailles. Le plus long, qui, depuis 1896,
permet au canal
Latéral de franchir la Loire à Briare,
est resté pendant plus d'un siècle, avec ses quelque
670 m, le détenteur du record d'Europe dans sa
catégorie. Il vient juste d'être
détrôné par celui de Magdebourg, sur
l'Elbe en Allemagne, qui mesure 918 m. Mais depuis longtemps,
un ouvrage semblable en Inde, dans la région de Rajahmundry, sur un
bras du Godavari, frôlait les 700 m. Il datait de la colonisation anglaise,
et a été remplacé par un autre ouvrage parallèle en 1997. (merci à
J-Marc Deplaix pour l'info)
Le pont-canal
de Pontcysyllte, au Pays de Galles, est entré en juin 2009 au patrimoine
mondial de l'Unseco avec son canal, le canal de Llagollen. Ouvert en
1809, ce pont-canal à cuvette métallique sur 18 piles en maçonnerie,
est le plus haut du monde avec près
de 40 m. Il est aussi un des plus longs, avec 307 m.

Le pont-canal de Digoin, qui permet au canal
Latéral à la Loire de franchir cette dernière (1838). C'est un ouvrage en maçonnerie.

Le pont-canal de Neuzy, qui permet à la rigole
de l'Arroux de
franchir la Bourbince (1869). La bâche de cet ouvrage est
métallique, due aux établissements Schneider.
Pont-canal tournant :
pont-canal établi au-dessus d'une autre voie d'eau, et
qui, ne laissant pas une hauteur libre suffisante sous son tablier pour
permettre le passage de gros bateaux, doit donc être mobile.
Nous n'en connaissons qu'un exemple, et il est en Angleterre, à Barton,
non loin de Manchester. Il pivote plein d'eau, mais sans bateau ! L'excentricité de
nos voisins et amis britanniques a des limites.

Le pont-canal tournant de Barton.
Pont couvert :
pont "urbanisé", c'est à dire surmonté
d'habitations. C'était très fréquent
autrefois,
jusque vers la moitié du XVIIIe siècle. Tous les
ponts de
Paris étaient ainsi couverts, ce qui ôtait aux
passants la
jouissance du spectacle de la rivière . Le premier
à ne
pas l'avoir été dès le
début est le Pont
Neuf (et il ne le fut jamais par la suite). Les habitants avaient la
fameuse tentation de creuser dans les piles pour s'y installer des
caves, ce qui mettait l'ensemble de l'ouvrage en péril, et
incita les autorités à supprimer ce type
d'habitat. Il en
reste très peu en France et nous ne pouvons guère
en
citer qu'un à Rive-de-Gier, au-dessus d'une rue qui a
remplacé le canal de Givors,
et un autre à
Narbonne, le
célèbre "Pont des Marchands", sur le canal de la
Robine.
En Angleterre, le Putney Bridge de
Bath mérite le
détour.
Il est couvert d'échoppes.
Pont
d'écurie :
forte planche mobile qui sert de passerelle entre le bateau et la terre
ferme, lorsqu'il n'est pas possible d'approcher le premier plus
près de la seconde. Bien que les ânes et chevaux
aient
déserté depuis longtemps les chemins de halage et
les
écuries des bateaux, le terme est encore en vigueur, et
l'objet
toujours utilisé couramment, mais, plus étroit désormais,
il porte le nom de gambret.
Pont fixe : pont en maçonnerie, ou en maçonnerie et
métal, dont aucune partie n'est mobile. Cela suppose qu'il
laisse, de façon constante, une hauteur libre suffisante
pour la navigation s'il est établi sur une voie navigable,
et pour l'écoulement des crues d'une manière
générale.
Pont levant :
pont mobile dont le tablier se lève verticalement, en
restant horizontal, pour laisser passer les bateaux. Exemple : le pont
de Crimée, à La Villette (Paris).

Le
pont levant de Luzy, sur le canal
de la Marne à la Saône (Photo
Bruno Chanal)...

...et
celui, disparu, dit "Pont des Vaches", à Arleux,
sur la Sensée ou le Surion (Carte postale ancienne).
Pont-levis :
pont mobile dont le tablier se relève, pour laisser passer
les bateaux, en pivotant sur un axe horizontal confondu avec une
extrémité du tablier. Le tablier du pont-levis
est soulevé par les flèches d'une potence mobile,
dont la culasse porte un contrepoids. C'est exactement le
même principe que le pont-levis de château fort.
Exemple : le pont de l'Anglois, sur le canal d'Arles à Bouc,
et immortalisé par Van Gogh. Le canal de Briare en
possède plusieurs, de même que ceux de la Marne
à la Saône et du Nivernais (liste non exhaustive).

Pont-levis de Pousseaux (canal
du Nivernais)
(photo F. de Person)

Le pont-levis du
port de Saint-Valery-en-Caux
Pont mobile :
pont conçu avec un tablier mobile, pour des raisons soit
économiques, soit pratiques (configuration de terrain).
Cette appellation recouvre les ponts basculants, levants, levis,
oscillants et tournants, ainsi que les ponts transbordeurs.
Pont oscillant :
pont mobile basculant dont le tablier ne s'élève que de quelques
décimètres, juste assez pour laisser passer le verdon de
halage, ce qui évite au marinier de le
débiller. Nous n'en connaissons que deux exemplaires en
France, aussi pouvons-nous les mentionner tous deux : à
l'écluse des Dames (Prégilbert) sur le canal du
Nivernais, et à celle de Moulin-Brûlé (Dammarie-sur-Loing)
sur celui de Briare.
Pont-rivière :
ouvrage permettant à une rivière de passer par-dessus un canal, en
somme un pont-canal inversé. Ce type d'ouvrage est
très rare, et nous pouvons citer en exemple le Pont
Pisserot, à Roanne, qui permet à l'Oudan de
"survoler" le canal
de Roanne à Digoin. Il est dû
au même ingénieur, Léonce-Abel Mazoyer,
que le pont-canal de Briare que venons de citer (voir "pont-canal"). Il
n'est pas obligatoire qu'un pont-rivière traverse un canal,
il peut tout aussi bien franchir une route ou une voie
ferrée, mais nous n'avons pas d'exemple à en
présenter et, surtout, nous sortons du sujet.
Pont roulant :
grand portique mobile en treillis métallique,
utilisé pour le chargement et le déchargement de
matériaux comme le charbon, le sable, les graviers. Un pont
roulant, qui ressemble à une sorte de grand
quadrupède métallique, se déplace
parallèlement au quai sur des rails. Les chargements et
déchargements s'effectuent au moyen d'une pelle mobile
à machoire de type "crapaud" suspendu à la cabine
de commande qui se déplace elle-même sous le
portique métallique.

Les ponts-roulants du port de l'arsenal de
Roanne, au début du XXe siècle.


Deux vues d'un pont-roulant
chargeant un grand automoteur
de rivière, sur le grand canal maritime Escaut-Bruxelles,
anciennement canal de Willebroek, quai Léon Monnoyer dans
l'avant Port de Bruxelles (Photo Pierre
Lemoine, site Bord à bord).
Pont suspendu :
type de pont fixe dont le tablier est suspendu, par l'intermédiaire de cables, à deux très
forts faisceaux de cables tendus entre deux portiques ou plus, qui
prolongent en hauteur les piles qui les supportent, et solidement
ancrés à terre dans de puissantes
culées. Ce type de pont, mis au point par les
frères Seguin, s'est
généralisé en France dans les
années 1820, et le plus ancien encore en service est
à Tournon, sur le Rhône.

Le pont suspendu de Cuzy, sur l'Yonne. (Photo F. de Person)
Pont tournant :
pont mobile dont le tablier pivote dans un plan horizontal, pour laisser
passer les bateaux. Exemple : le pont de la Grange aux Belles, à Paris. Il peut éventuellement être,
de plus, flottant, comme la passerelle de Maguelonne, sur le canal du
Rhône à Sète.

Le
pont tournant ferroviaire du linquet de Roanne. (document Bibliothèque du Musée Déchelette,
Roanne)

Le pont tournant de Combleux, sur le canal
d'Orléans
Pont transbordeur
(en fait, pont à transbordeur qui
est la dénomination exacte) : pont mobile constitué par
un très haut portique
en treillis
métallique, sous lequel circule un chariot sur rails. Ce
chariot
soutient, au moyen de longs câbles, une nacelle qui porte
ainsi
le public (personnes, animaux et véhicules) d'une rive
à
l'autre. Ce dispositif spectaculaire, conçu pour permettre
la
traversée de ports ou d'estuaires
fréquentés par
des bateaux aux gréements importants, est dû
à
l'ingénieur orléanais Ferdinand Arnodin,
à la fin
du XIXe siècle. C'est cependant l'ingénieur espagnol Alberto
de Palacio qui construisit le premier, à Bilbao. Il ne subsiste aujourd'hui
en France qu'un seul de ces ouvrages, au Martrou,
près de Rochefort-sur-Mer. Il est
classé MH. À Nantes, il est actuellement question de
reconstruire l'ancien pont à transbordeur (voir site).
Sur cette
page sont visibles aussi des videos de ponts à transbordeurs
(Martrou, Bilbao et Rendsburg).

Le
pont à transbordeur du Martrou, à Rochefort-sur-Mer,
au-dessus de la Charente

le
pont à transbordeur de Nantes, avant sa destruction. Une
association milite actuellement pour sa reconstruction (site)
Pont volant : bac pendulaire
ou à traille. On trouve ce
terme jusqu'au début du XIXe siècle.
Pontier :
employé du service navigation,
préposé à la manoeuvre d'un pont
mobile.
Ponto :
César le cite comme un bateau de charge gaulois. Par la suite le terme
désignera un bac, d'où vient vraisemblablement le mot actuel ponton.
Ponton :
plate-forme flottante, d'utilisations et de tailles diverses : embarquement-débarquement,
travaux fluviaux, tir de feux d'artifices...etc.
Ponts
et Chaussées : structure administrative et gouvernementale
créée en
1716 pour superviser et diriger l'ensemble des travaux
d'infrastructures de communication entre autres (routes et canaux) de
la France. l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées,
créée par Trudaine et Perronet en 1747, existe
toujours.
Le ministère des "P.& C." s'appelle à
présent
"Ministère de l'Équipement".
Port : infrastructure
plus ou moins élaborée destinée
à permettre
l'entrepôt, le chargement et le déchargement de
marchandises du bateau à terre et inversement. Un port peut
être une simple rive sommairement
aménagée. Le mot
n'est pas d'origine purement nautique, il désigne
à
l'origine un lieu où sont stockées les
marchandises avant
d'être expédiées : cf "Saint-Nicolas du
Port"
à Clermont-Ferrand qui est éloigné de
plusieurs
kilomètres de la plus proche voie d'eau, l'Allier.
Port en lourd :
capacité de charge d'un bateau, c'est à dire
poids
cumulé de la cargaison, de l'équipage, des
éventuels passagers et de ses équipements. C'est
la
différence entre le déplacement en charge et le
déplacement lège.
Porte à
bateaux, porte marinière, portereau :
synonymes de "pertuis".
Pour en savoir plus sur les
pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Porte
busquée : porte d'écluse
formant un angle pointé vers l'amont pour
résister à la pression de l'eau
(système le plus répandu).

Porte busquée.
Porte courante :
terme appliqué à un pertuis dépourvu de système mobile de fermeture. On dit
"un pertuis à porte courante". Voir aussi "pas, passelis"
Pour en savoir plus sur les
pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Porte secteur :
voir "secteur".
Portineau :
terme que l'on trouve dans des textes anciens et qui semble désigner
la
tête amont d'un bassin à portes
marinières.
Plus généralement, ce terme pourrait
être un synonyme de "pertuis".
Pour en savoir plus sur les
pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du
pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
Poser
(se) : s'échouer. "Ah m...! Y'a eu un reflux et on est
posés sur la caillasse !!".
Poteau
busqué : Gros madrier constitutif de
la charpente d'un vantail d'écluse, vertical, et le plus
éloigné de la maçonnerie. Il assure,
en se joignant avec son homologue de l'autre vantail,
l'étanchéité de la porte. Il est ainsi
nommé car il s'appuie, en sa partie inférieure,
sur le busc de l'écluse.
Poteau tourillon : Gros madrier constitutif de la charpente d'un vantail d'écluse, vertical, et le plus proche de la
maçonnerie. Il constitue en fait l'axe sur lequel pivote le
vantail, dans le chardonnet, par
l'intermédiaire de
l'ensemble pivot-crapaudine et du collier tourillon.
Poujade
: sur le courpet de haute Dordogne, petite
cheville placée verticalement à la pointe arrière du bateau, et servant
de pivot unique au gouvernail qui y est fixé au moyen d'un cordage,
et qui peut ainsi travailler aussi bien horizontalement que verticalement,
ce
qui lui
permet aussi d'avoir un rôle propulsif en godille.

Poujade du courpet
Poupe :
arrière du bateau.
Poussage :
technique de transport fluvial venue des Etats-Unis, et adoptée en France à partir des années
1960 sur les grands fleuves. Elle consiste à solidariser
plusieurs barges (voir ce mot) entre elles et au bateau qui les
propulse, le pousseur,
de manière à ce que l'ensemble se comporte et se
pilote comme un seul grand bateau. Le poussage permet de travailler
avec un effectif moindre que la technique
précédente, le remorquage, et donc de baisser les
coûts d'exploitation. De plus, un convoi
poussé consomme moins qu'un convoi remorqué de
même tonnage.
Pousse-pied :
petit bateau rudimentaire utilisé comme annexe tractée par les
conchyliculteurs dans la baie de l'Aiguillon et des espaces estuariens
entre Loire et Gironde (Sèvre, Seudre, Charente). Au
contraire
de l'acon, qui lui est très proche mais un peu plus grand,
le
pousse-pied n'est pas gréé. Il est
utilisé, comme
son nom l'indique, à la manière d'une trottinette
ou d'un
traineau pour se déplacer sur les fonds vaseux de
l'étran
à marée basse. Voir "acon".
Pousseur
: bateau
propulseur équipé pour le poussage de
barges en convois. Le pousseur, en plus du puissant moteur (2
à 4 milliers de cv), abrite les logements de
l'équipage qui travaille généralement
par quarts, sur des périodes de deux semaines,
alternées avec autant de repos à terre.
Autre sens : sur les rivières flottables,
ouvrier préposé à la surveillance et au bon
écoulement du bois "à bûches perdues".
Cet ouvrier
devait notamment renvoyer dans le courant toutes les bûches
qu'il
voyait retenues par des obstacles (souches, rochers...) ou prises
dans des contre-courants, les "canards".
Poussins :
sur les bateaux de Loire, fortes pièces en bois placées en
tête des
courbes du mât, et recevant les
extrémités du verneau,
le banc de mât de manière à limiter au
maximum les oscillations de celui-ci.
Prame
: petite
embarcation à clin, à fond plat et
à avant à levée et marotte très répandue
sur la Seine aux XIXè et XXè siècles
pour le loisir ou le passage d'eau, souvent utilisée comme
bachot de marinier. Son avant à levée en fait un
excellent bateau fluvial, malgré son origine maritime et
scandinave.
Définition gracieusement proposée
par François Lelièvre, de Canotage
de France (dont le site semble
cependant avoir complètement changé de présentation...)
Préceinte : épaisse et large planche de renfort venant se placer sur
toute
la longueur du flanc du bateau, à la hauteur du bordé du
haut.
Présinte :
bande de chanvre tressée, large de 2cm, clouée avec les
dachettes (pointes de tapissier) et enduite de goudron, et qui servait,
sur les bateaux en bois, à jointoyer les planches d'écoutilles ou des veules.
Presse-étoupe :
l'étoupe est une fibre végétale utilisée
pour assurer l'étanchéité entre l'arbre
d'hélice et la coque, et le presse-étoupe est le logement
fermé de l'étoupe, laquelle est imprégnée
de graisse. L'on envoie cette graisse dans le presse-étoupe au
moyen d'une pompe ou d'un piston manuel ou motorisé.
Propulseur
d'étrave : hélice
motorisée placée transversalement dans une
cavité traversant l'avant du bateau de part en part, et
servant à déplacer latéralement la
proue de celui-ci, pour se garer par exemple. Pratique lors de
manœuvres très ponctuelles, le propulseur
d'étrave permet bien souvent de reconnaître les
mauvais navigateurs, car ils ne savent pas s'en passer et en usent
et abusent. Certains en équipent aussi leur bateau rien que pour
embêter les puristes (suivez mon regard)...

Propulseur
d'étrave
sur une grosse vedette fluviale
Proue :
avant du bateau. Opposé : poupe.
Prouvier :
sur le Rhône, marinier placé à la proue du
bateau (d'où son nom), et chargé de la
délicate mission de sonder l'eau au fur et à
mesure de l'avancée du bateau, de façon
à prévenir les risques d'échouage.
Prussien (bateau) :
terme employé par l'administration pour désigner les
bateaux de
la Meuse, de la Sambre et de la Sarre, mignoles et bricoles sarroises.