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Pagaie : instrument manuel de propulsion, direction et stabilisation des petites embarcations sportives comme les canoës (pagaie simple) et kayaks (pagaie double). La pagaie, au contraire de la rame et de l'aviron, est totalement indépendante du bateau, elle n'y prend pas appui. Le mot "rame" est inapproprié pour désigner la pagaie.

Pagaies simples
Pagaies simples de canoë (photo "
la Canoterie")

Paillasse : sur le Rhône, tourbillon dans une ganche (l'extérieur d'un virage).

Pal (pluriel : paulx ou paux) : synonyme de pieu en ancien français, dans le contexte de la construction d'ouvrages fixes (pertuis, quais, écluses, ponts...). Les mots "palis", "palissade", "palplanche" et "plessis" ont la même origine.

Palâtrage, palâtre, palâtrer : le palâtrage est une opération de chantier destinée à rendre étanche le bateau en bois. Il consiste à introduire en force dans les jointures entre les planches de bordés et de sole une garniture qui assurera l'étanchéité de cette jointure. À l'origine, cette garniture était en mousse, ce qui présentait l'avantage, la mousse étant un élément vivant, de s'auto-entretenir. Cette mousse était maintenue en place et comprimée par les palâtres, planchettes de bois clouées de part et d'autre du joint. Plus tard, le palâtrage s'est fait en feutre, maintenu par des bandes de tôle galvanisée clouées comme les palâtres en bois. Synonyme : calfatage.

Pale : surface active d'une pagaie, plane ou légèrement incurvée.
Autre sens proche : élément constitutif d'une hélice, qui en comporte au minimum deux.

Paléo-écluse : Ce néologisme est peut-être plus approprié que celui d'"archéo-écluse" pour désigner un bassin à portes marinières.

Pour en savoir plus sur les paléo-écluses, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
On peut consulter aussi le Site de la Fédération Française des Associations de Sauvegarde des Moulins.

paleo-ecluse

Paléo-écluse. (Maquette de Gwenael Berg)


Palplanche(s)
: dispositif de protection des berges, constitué de longues planches métalliques (autrefois en bois) moulurées de façon à résister à la pression des terres et de l'eau, et de se solidariser entre elles. Elles sont enfoncées dans le sol au mouton. Souvent non couvertes par un chapeau de bois ou de béton, elle représentent un danger pour les coques en plastiques. Une expérience est conduite actuellement sur des palplanches en matériaux carbonés composites, à l'écluse 79 Yonne du canal du Nivernais. Etymologie vraisemblable : pal, c'est à dire pieu (voir au-dessus), et planche.

Palplanches en métal
Rideau de palplanches métalliques (canal de Roanne à Digoin)

Palplanches en PVC
Rideau de palplanches expérimentales en matériaux carbonés composites (canal du Nivernais).

Panama : Bateau de canal dépourvu de moteur et d'animaux de halage, et obligé de recourir aux services de charretiers professionnels ou occasionnels.

Panneau bleu : voir "carré bleu".

Pantoire : voir "étai".

Paquebot : grand bateau de transport de voyageurs, sur la Saône et le Rhône, mû à la vapeur à l'origine (première moitié du XIXe siècle). Etymologie : de l'anglais "packet-boat".

Pardon : fête batelière inspirée des pardons bretons, et généralement placée sous le patronnage de Saint-Nicolas. Elle comprend en principe un défilé de bateaux pavoisés et une bénédiction de ceux-ci, en plus de réjouissances diverses.

pardon

Bateaux pavoisés lors du pardon de Conflans-Sainte-Honorine en juin 2003.

Quelques images d'un pardon en Belgique (Cliquer)


Pare-battage : ballon de plastique épais protégeant la coque en plastique des coches de plaisance des agressions diverses (quais métalliques, par exemple). On dit aussi "gonfle". Pour les grands bateaux d'origine marchande, on préfèrera les "glissoires".

Pare-battage
Pare-battage.


Pare-chignon : sur les anciens bateaux de commerce tractionnés, petit portique en fer forgé ouvragé de façon artistique, placé à bonne hauteur au niveau de la gravelaine, en travers du bateau, pour protéger les personnes du cable de halage, et leur éviter de se baisser pour l'éviter. Accessoire utile avant tout, le pare-chignon est aussi un des rares éléments de décoration extérieure des anciens bateaux de commerce.

Pas, passelis, pas navigal : synonymes (anciens) de "pertuis". On notera toutefois la nuance que ces termes de "pas" et "passelis" s'appliquent plutôt à des pertuis dépourvus de système mobile de fermeture, qui sont donc "à porte courante".

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Pasqueau (hausses) : système de bouchure de barrage mobile dû à l'ingénieur Pasqueau, qui préfigure, avec Chanoine, la hausse Aubert.

hausse Pasqueau

Schéma de principe de la hausse Pasqueau. (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)

Passage de niveau : voir "traversée à niveau"

Passavant : sur un bateau de commerce, passage ménagé sur le coté des hiloires pour passer de l'avant à l'arrière du bateau, et inversement. La même chose sur un bateau de plaisance, sauf qu'il n'y a pas d'hiloires, mais des superstructures d'habitation. Synonyme "plat-bord".

Passe : un barrage mobile comporte, selon sa largeur, une ou plusieurs passes ou travées, séparées par des piles. Généralement, l'une d'elle est plus profonde que les autres, c'est à dire que son radier est établi à une cote inférieure à celle des autres. Cette passe profonde est souvent aussi la passe marinière navigable qu'empruntent les bateaux lorsque la rivière est en crue, et le barrage abaissé, l'écluse attenante étant alors neutralisée.
Quand elles sont équipées chacune d'un système de retenue à corps unique (par exemple un clapet hydraulique), elles fonctionnent indépendamment les unes des autres.

passe

Le barrage mobile de Saint-Léger-des-Vignes, qui comporte deux passes.

Passe-bateau : ouvrage permettant à de petits bateaux de franchir un barrage dépourvu d'écluse. Il consiste en deux pentes disposées de part et d'autre du barrage, le long d'une rive. On tire le bateau sur la première, et on le laisse glisser, en le retenant, sur la seconde. Pour faciliter la chose, les pentes peuvent être enduites de glaise qui aide au glissement (système adopté pendant des siècles sur le Grand Canal Impérial de Chine), ou équipées de rouleaux comme on peut en voir de nos jours plusieurs dans le Marais Poitevin. Le passe-bateau, qui présente l'avantage de ne consommer aucune eau, a l'inconvénient d'être réservé à de petits bateaux. De notables améliorations lui ont été apportées par l'emploi de chariots sur rails pour porter les bateaux d'un bief à l'autre, comme sur le Haut-Rhin, ou encore à Elblag, sur le canal polonais d'Ostroda. Synonyme : hollandais "overdracht".

Passe-bateau à rouleaux
Dessin d'un passe-bateau à rouleaux. (Dessin de l'auteur)

Passe-cheval : bac suffisamment grand et robuste pour transporter des chevaux. Le passe-cheval était utile surtout sur les rivières comme la Seine, où le chemin de halage changeait fréquemment de rive, et où les animaux de trait devaient donc être transférés d'une rive à l'autre.

Passée : sur le lac Léman, courte rafale de vent.
Autre sens : en canoë, mouvement de pagaye longidinal, simplement propulsif.

Passelis : pertuis dépourvu de système de fermeture et simplement constitué d'une glissière en pente douce. Le Lot était équipé de passelis avant sa canalisation au XIXe siècle.

Passerelle : pont léger réservé aux piétons et cyclistes.

Passeur : pilote d'un bac. Son saint patron est Saint-Julien.

Patache : bateau des gabelous, c'est à dire des douaniers préposés à la perception de la gabelle, le péage sur le commerce du sel sous l'ancien régime. Une grande partie de ce commerce s'effectuant par la voie d'eau depuis les régions de production jusqu'aux greniers à sel répartis dans les régions consommatrices, les fermiers généraux utilisaient ces bateaux pour intercepter les bateaux chargés de sel. Par la suite, ce terme s'est étendu au quartier fluvial où était amarré ordinairement ce bateau.

Patins de naviage : lattes ou tasseaux disposés en éventail sur les veules arrière d'un bateau, radialement par rapport à l'axe du gouvernail, et à une distance d'environ 2 à 3 mètres de celui-ci. Ces patins servent au marinier à prendre appui dessus avec ses pieds pour agir plus efficacement sur sa barre franche. On trouve le même dispositif, et pour le même usage, sur certaines écluses munies de portes à balanciers à l'ancienne. Le vantail est alors comparable au gouvernail du bateau.

Navieur

Marinier gouvernant sa péniche. Les patins de naviage sont bien visibles en bas à droite de la photo.

patins de naviage

Les patins de naviage apparaissent bien sur cette maquette de chaland de Loire conservée à la mairie de Diou (Allier)


Patte : pièce triangulaire de chacun des deux bras d'une ancre en forme de fer de pioche.
Autre sens : sur le lac Léman, voile.

Patouille : sur les sapines de Loire, long aviron de gouverne placé à l'avant. L'aviron d'arrière est l'"aviron de coue" ou l'"empeinte".

Patte d'oie : synonyme d'"estacade". Par extension, il désigne la structure d'attente placée en amont et en aval des écluses, notamment en rivière à grand gabarit, avec ou sans ducs d'albe. Encore par extension, un bateau en stationnement peut interdire à un "voisin" de se mettre bord à bord en lui précisant : " Eh toi, là ! Prends pas mon bateau pour une patte d'oie ! Non mais ! ".
Autre sens : ce mot a aussi la même signification que dans le contexte routier, à savoir un carrefour de deux voies qui présentent entre elles un angle assez aigu, mais cette configuration est plutôt rare sur le réseau fluvial.

Payol : sur les bateaux occitans (sapine, coutrillon, barque de patron...). plancher posé au fond de la cale, par-dessus les planes.

Pêcherie : dispositif placé sur une rivière pour pratiquer la pêche professionnelle. Généralement, une pêcherie se compose d'un pertuis ad hoc placé dans un barrage de moulin, et d'un système de récupération du poisson en aval de celui-ci, des filets le plus souvent. Il peut y avoir aussi en amont un système de digues ou épis formant entonnoir jusqu'au pertuis. La cohabitation de la navigation, de la meunerie et de la pêche a toujours été une source de conflits entre les trois corporations, d'où le nombre impressionnant de procès verbaux qui remplissent les archives et constituent un matériau de premier choix pour connaitre les conditions de vie et de travail sur les rivières autrefois.

Pêcheur : ordinairement, et un peu hâtivement, le navigateur considère le pêcheur comme un nuisible et un ennemi, même si, comme c'est souvent le cas, il l'est lui-même (pêcheur. Pas nuisible. Quoique, pour certains...). Ce conflit est séculaire, comme nous le montrons juste au-dessus. Néanmoins, il faut nuancer sérieusement. Certes il existe une minorité de pêcheurs qui considèrent que les canaux ont été construits pour eux et rien que pour eux, et ne supportent pas de voir un bateau passer à moins de trois kilomètres de leur bouchon. Mais la grande majorité de nos amis halieutistes (ça se dit ??) apprécient plutôt qu'une hélice tourne gentiment et remue un peu la vase : le poisson rapplique alors. Et puis, n'avons-nous pas les mêmes intérêts, à savoir que les rivières et canaux restent entretenus et en bon état ? N'avons-nous pas le même amour de la nature et de l'eau ? Pour s'en convaindre tout-à-fait, voir ce blog par exemple : "Pico92" ou ces forums : "l'art de la pêche" et "Pêcheurs unis de Lille".

Pédale (mettre la) : opération consistant, en navigation, à descendre dans la salle des machines pour augmenter la vitesse de rotation du moteur en poussant sur la tige des pompes d'injection, pour franchir un pont sur une rivière en crue ou pour trémater un bateau.

Pelle : vanne.
Autre sens : le canoëiste et le batelier du Marais Poitevin désignent aussi "pelle" leur pagaie simple.

Penelle : ancien bateau de charge de la Saône, large d'environ 5 m et long de 20. La penelle, fabriquée en pin, porte de 30 à 70 tonnes.

Penette : ancien bateau de charge de Bretagne, d'architecture ligérienne. La penette a ceci de particulier qu'elle est en fait formée de deux bateaux assemblés par leurs tableaux arrières. Dans des coudes un peu serrés il est ainsi possible de les débreller pour manoeuvrer plus facilement. Les devises des penettes rappelaient cette sorte de gémellité : "Les deux soeurs", "Les deux amants", "Les amis réunis"...

Péniche : bateau de transport d'origine flamande, et surtout pas bateau de plaisance ! La différence est la même entre une péniche et un coche de plaisance qu'entre un semi-remorque et un camping-car. La "vraie" péniche mesure 38,50 m (voire 39) sur 5,05 m et porte 250 tonnes en canal, et 350 tonnes en rivière profonde. C'est ce bateau, appelé aussi "spits" en Flandres, qui a déterminé en France le gabarit Freycinet. À l'origine, la péniche est en bois et non motorisée. Quand elle sera motorisée, elle évoluera vers l'automoteur de canal que nous connaissons.
De la même façon qu'on nomme parfois "baleine" indifféremment le cachalot, l'orque ou le bélouga, le grand public qualifie de "péniche" tout bateau fluvial, jusque et y compris les petits bateaux de plaisance en plastique ! C'est une profonde erreur, due au fait que la péniche a supplanté peu à peu tous les autres types de bateaux fluviaux au cours de la première moitié du XXe siècle, et s'est ainsi généralisée. La péniche est un bateau bien particulier, aux dimensions et formes bien définies, et ne saurait être synonyme de "bateau fluvial".

Pénichette : bateau de plaisance aux formes inspirées par la batellerie traditionnelle, fabriqué et commercialisé par la société Locaboat. Attention, ce n'est pas un nom commun, mais une marque déposée, comme Kärcher, Mobylette ou Frigidaire. Le terme ne doit donc pas être utilisé pour désigner n'importe quel bateau de plaisance.

Penon : sur les bateaux de la Saône, planche du bord de la sole.
Sur les bateaux de Loire, le penon est une planche constitutive du safran de la piautre. C'est la même racine que le terme d'aéronautique "empennage".

Pente d'eau : système original de franchissement de fortes dénivellations, mis au point et concrétisé par l'ingénieur Aubert dans les années 1970. Il s'agit d'une longue et large gouttière en pente dans laquelle un volume d'eau est poussé ou retenu (suivant qu'on monte ou descende) par un bouclier mû par un système mécanique du genre automoteur diesel sur rails. Le système n'a connu que deux applications, toutes deux dans le sud de la France : à Montech, sur le canal de la Garonne (1974), et à Fontsérannes sur le canal du Midi (1984). Ces deux ouvrages doublent chacun un escalier d'écluses qui fonctionne parallèlement.

Pente d'eau de Fontsérannes
La locomotrice de la pente d'eau de Fonsérannes.

Penture : ferrure de gouvernail axial formant un gond, et servant à assembler et articuler le safran à l'étambot. Elle porte une partie mâle, l'aiguillot, et une partie femelle, le fémelot.

Perché : sur la Loire, espar gréé entre deux chalands d'un train de bateaux, afin de maintenir la distance de sécurité entre eux.


Perché de poussage entre deux chalands, bien visible au-dessus de la piautre


Perclos : virure centrale de la sole d'un bateau nantais, mise en place en force.

Périssoire : petite embarcation de plaisance sportive, généralement monoplace, mue à la pagaie double, et très en vogue au tournant des XIXe et XXe siècles. La périssoire est très semblable à un kayak non ponté. Le peintre impressionniste Gustave Caillebotte, par ailleurs très amateur de nautisme, en a représentées à plusieurs reprises dans des toiles peintes sur les bords de l'Yerres, dans le sud de la région parisienne. Etymologie : de "périr", ce qui en dit long sur la confiance que l'on plaçait dans la stabilité d'un tel bateau !

Permis : comme pour une voiture, une moto ou un autobus, il faut un permis pour piloter un bateau, et parfois même plusieurs. Les permis professionneles sont des certificats de capacité, et sont classés par gabarit. En ce qui concerne la plaisance, ce sont les permis C, S et PP qui sont demandés selon le gabarit du bateau. Le permis C est le plus petit, c'est un questionnaire à choix multiples portant sur le code fluvial, et il permet de piloter des embarcations à faible motorisation jusqu'à 20 m de long (15 m encore tout récemment). Le permis S est un permis pour embarcation sportives, il comprend le QCM du permis C et une épreuve pratique. Le permis PP (comme "péniche de plaisance" s'applique aux bateaux faiblement motorisés dont la longueur dépasse 20 m (15 m encore récemment), c'est celui qui est exigé pour la conduite d'anciens bateaux de transport aménagés en logements. Curieusement, le permis PP ne présente pas de limite supérieure pour la taille. Pour plus d'informations, consulter ce site.

Perrés : dispositif de revêtement de levées ou des parois inclinées du canal, notamment à l'approche de ponts, constitué de pierres non jointives et non scellées, ou seulement de façon légère, de manière à laisser s'écouler l'eau entre elles.

Pertuis : ouverture ménagée dans un barrage pour la navigation, en usage depuis l'Antiquité, ancêtre de l'écluse. En temps ordinaire, le pertuis peut être fermé par divers systèmes amovibles en bois, plus ou moins commodes, qu'il faut ouvrir pour laisser le passage aux bateaux. Dangereux et pénibles, les pertuis étaient source de conflits entre les mariniers et les meuniers, car leur ouverture faisait perdre beaucoup d'eau aux seconds. Avalant, le bateau doit sauter une chute d'eau de l'ordre de 0,50 m à 2 mètres, éventuellement retenu par un cordage par sécurité. Montant, il doit être halé dans la chute d'eau, aidé éventuellement par un treuil. En France, l'Yonne en possède encore plusieurs bien visibles, dont certains en excellent état, entre Clamecy et Auxerre. Son affluent la Cure également, entre Vézelay et Cravant. Synonymes : porte marinière, porte à bateaux, portereau, portineau, navière, pas, pas navigal, passelis, voie. Voir site.

Voir aussi : aiguille, apparêts, butée, chandelier, heurtoir, porte secteur, volée.

Pertuis à aiguilles
Schéma d'un pertuis à aiguilles. (dessin de l'auteur).


Maquette de pertuis à aiguilles.

Pertuis du Bouchet
Le pertuis du Bouchet, sur l'Yonne. C'est un pertuis à aiguilles. (photo F.de Person)

pertuis à tampes
Schéma de pertuis à tampes. (dessin de l'auteur).

Pertuis de la Vilaine
Dessin d'Olivier Aulion en 1543, montrant un pertuis à lame levante et pivotante sur la Vilaine (Bibliothèque Nationale).

Beau document montrant le franchissement du pertuis de Château-Gonthier avant la mise en place d'écluses à sas, au début du XIXe siècle. Il semble que le bateau soit avalant, mais l'examen attentif du document ne permet pas de l'affirmer avec certitude. (Lithographie de Louis-Jules Arnout (1814-1868) In Le Maine et l'Anjou, publié de 1854 à 1862, par le Baron de Vismes, transmise par Jacques Sigot)

 

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)
On peut consulter aussi le Site de la Fédération Française des Associations de Sauvegarde des Moulins.

Peyroux : terme spécifique à la batellerie occitane (sapine, coutrillon, barque de patron...) et désignant les fortes planches constitutives des bords de la sole du bateau. C'est un peu l'équivalent occitan de l'enchème du bateau de Loire.

P.B.E.N. : "Plus basses eaux navigables". Côte limite atteinte par les eaux d'une rivière en période de sécheresse, en-dessous de laquelle la navigation est fortement déconseillée, voire impossible par manque d'eau.

P.H.E.N. : "Plus hautes eaux navigables". Côte limite atteinte par les eaux d'une rivière en crue, et au-delà de laquelle la navigation est interdite. Cette limite est déterminée par l'administration, et les panneaux de PHEN sont placés sur les rives, bien en vue.

Phaselus : longue barque gallo-romaine, effilée, mentionnée sur la Garonne et la Moselle.

Phonie : synonyme de V.H.F..

Piarde : en Brière, ancienne fosse d'extraction de la tourbe.

Piate, piatte : barque du Marais Poitevin (déformation de "plate").

Piautre : nom donné au grand gouvernail du chaland de Loire. La piautre est un gouvernail d'origine très ancienne dont l'axe, la "billette", est oblique, incliné vers l'avant. Sous un aspect très rustique, c'est un gouvernail très efficace aux multiples possibilités. Il est réglable en hauteur, profondeur, inclinaison, etc. Il est aussi amovible. Ce type de gouvernail n'est absolument pas spécifique à la Loire, et on le trouve dans tous les pays du monde, et dans des époques très anciennes, comme sur le Nil 2000 ans avant notre ère.

Piautre
Piautre de bateau de Loire (maquette)

 Piautre de marnois
Piautre de bateau marnois (maquette)

Piautre égyptienne
Piautre d'un bateau de charge égyptien, 2000 ans avant notre ère.



Manoeuvre de la piautre

Pic avant, pic arrière : compartiments, à l'avant et l'arrière du bateau de commerce, non occupés par la cale. À l'avant, on y trouve le poite, et à l'arrière le reu et la salle des machines.
Les deux pics peuvent être aussi conçus pour ballaster le bateau lorsqu'il voyage lège.

Picadiot : sur le lac Léman, longue perche permettant aux bateliers de pousser la barque sur la vase (le diot).

Picard (bateau) : type de bateau de charge de la basse Seine qui a succédé à la besogne lors de la canalisation généralisée, dans la seconde moitié du XIXe siècle. On l'appelle aussi "chaland de l'Oise" et il a la forme d'une grosse péniche bien large.

Picon : sur la Saône, long aviron placé à l'avant de la sapine et servant de gouvernail, comme la "patouille" sur la sapine de Loire.

Pied : Dans les anciens bateaux de commerce, le pied est un local semblable au tabernacle, mais plus grand, de façon à pouvoir servir de pièce de service, buanderie souvent. Il disparaît dans les bateaux modernes, la buanderie étant souvent aménagée à l'avant, entre l'ouverture de cale et les veules.

Pied de pilote : différence entre le mouillage et le tirant d'eau. C'est une marge de sécurité.

Pieu : mot par lequel les mariniers désignent les bollards fixés à terre, sur les quais ou les écluses, pour les distinguer de ceux du bateau.
Autre sens : longue pièce de bois, taillée en pointe et fichée verticalement dans le sol, dans le but de consolider les fondations d'un ouvrage fixe (pont, quai, écluse...).

Pigouille : longue perche avec laquelle le batelier du Marais Poitevin pousse sur le fond de la rivière pour faire avancer sa barque.

Pillard : chaland de Loire de taille moyenne, présent particulièrement sur le Cher au XVIIIe siècle. Il se caractérise par deux levées, une à l'avant (normal) et une autre à l'arrière.

Pillard


Pinardier : bateau spécialisé dans le transport de vin et conçu pour cela.

Pinasse : bateau de travail, plutôt sur le littoral maritime. Les mytyliculteurs et ostréiculteurs utilisent des pinasses, qui ont des formes différentes selon la région et le travail qu'elles effectuent. La pinasse du bassin d'Arcachon est un bateau particulièrement élégant. Il n'est pas impossible que ce mot, par déformation et passage en Grande-Bretagne, ait fini par donner "péniche".

Pinoche : morceau de bois taillé en pointe, et placé provisoirement sur une voie d'eau (au sens d'avarie) pour la colmater, en attendant la réparation définitive.

Pionnier : ouvrier chargé de planter les pieux de fondations d'un ouvrage d'art hydraulique ou non : pont, écluse, quai...

Pique : sur le Rhône, dans la joute, moment où la lance frappe le plastron de l'adversaire.

Pirogue : nom générique désignant de nombreux bateaux très variés et présents sur tous les continents, en rivière, lac et mer. Ces bateaux ont tous des origines très anciennes, et n'ont guère connu d'évolution au cours du temps, car déjà parfaitement adaptés à leur milieu et à leur usage. Ce sont généralement des bateaux de petite capacité, longs, étroits et généralement assez rapides, éventuellement muni d'un balancier latéral stabilisateur. Ils peuvent être gréés, mais sont généralement propulsés à la pagaie, simple le plus souvent. Le kayak, le canoë, la périssoire, sont des pirogues.
Les pirogues monoxyles, que trouvent régulièrement des archéologues fluviaux, et encore en usage dans certaines régions du globe, sont des bateaux fabriqués à partir d'un seul tronc d'arbre que l'on évide au feu et finit aux outils.

Pivot de crapaudine : pièce mâle de l'énorme gond sur lequel pivote un vantail de porte d'écluse, la pièce femelle étant la crapaudine elle-même. Cette pièce métallique est scellée dans la bourdonnière, grosse pierre du radier maçonné, au pied du chardonnet.

pivot de crapaudine

Pivot de crapaudine d'une écluse de gabarit Freycinet (canal du Nivernais). Le boitier de CD donne l'échelle.



P.K. : "point kilométrique". Bornage linéaire du canal ou de la rivière, qui permet de trouver facilement un lieu en cas d'incident, on dit par exemple "le PK 6". Le plus souvent, ce bornage d'une voie d'eau est compté à partir de l'origine amont de la navigation, ou du bief de partage sur un canal de jonction par bief de partage, mais ce n'est pas le cas partout : la Saône et l'Oise sont comptées respectivement à partir de Lyon et de Conflans-Sainte-Honorine. Le canal de Briare, pourtant à bief de partage (c'est même le premier de l'Histoire), est compté à partir de son origine dans la Loire à Briare.

Plafond : fond de la cuvette du canal. Le mouillage est déterminé par la distance entre le plafond et le miroir.

Plaisance : activité nautique qui consiste à utiliser le réseau fluvial dans un but de loisirs et de découverte, à l'exclusion de tout aspect de transport commercial. Par extension, le mot désigne un bateau de plaisance (par opposition à "bateau de commerce") dans le langage du personnel des voies d'eau. Voir le site "Plaisances".

Plan incliné : ouvrage de franchissement de forts dénivelés, qui se substitue dans certains cas aux écluses. Le plan incliné est une extrapolation, à une plus grande échelle, du principe du passe-bateau. Il en existe en fait de deux sortes qui se différencient selon que le bateau quitte ou non l'eau. Dans la première option, le bateau est transporté d'un bief vers l'autre au sec sur un chariot monté sur rails, lui-même hissé sur une longue pente par un système de câbles et de poulies. Dans la deuxième option, le bateau entre dans un bac qui se présente comme un sas mobile. Et c'est ce bac plein d'eau qui, muni de roues, transporte le bateau d'un bief à l'autre. Une autre différence est la disposition du bateau (et de son bac le cas échéant) perpendiculairement (transversal) ou parallèlement (longitudinal) à la pente. Ce genre d'ouvrages, dont le principe est fort ancien, est souvent spectaculaire. Leur avantage sur les écluses est de ne consommer que très peu d'eau, tout comme les ascenseurs à bateaux. En France, le plan incliné de Saint-Louis-Arzwiller, dans les Vosges, fonctionne depuis le 27 janvier 1969 et remplace 17 écluses (qui seront peut-être néanmoins réhabilitées pour le tourisme). Gain de temps pour les bateaux : une journée de navigation. Cet ouvrage est un ascenseur transversal. La Belgique possède un plan incliné longitudinal de grand gabarit, à Ronquières. Ces deux derniers sont des ouvrages à bac, tandis que ceux d'Elblag, sur le canal polonais d'Ostroda, longitudinaux eux aussi, transportent les bateaux à sec sur un chariot spécial monté sur rails.

Plan incliné
Plan incliné de Ronquières, en Belgique.

Plane : terme spécifique à la batellerie occitane (sapine, coutrillon, barque de patron...) et désignant un madrier qui maintient entre elles les peyroux, planches constitutives de la sole du bateau. Les planes sont disposées à une cinquantaine de centimètres les unes des autres. C'est l'équivalent occitan du rable du bateau de Loire.

Plaquet : bateau métallique de gabarit Freycinet, fabriqué par le chantier Plaquet, en Belgique, depuis l'entre-deux-guerres. Ces bateaux sont réputés pour la qualité de leur construction et le pureté de leurs lignes.

Voici le témoignage de Jean-Claude Verrier, marinier retraité :

"Le chantier Plaquet fut, comme beaucoup de chantiers belges, en avance sur son temps et sortit dès 1930 les premiers "cul-de-poule" avec une motorisation 50cv Deutz. Ce fut une révolution quand ces automoteurs rivetés firent leur apparition en France au beau milieu de nos innombrables péniches en bois tractionnées. Plaquet était  et est toujours implanté à Péronnes-lès-Antoing, proche de la frontière française et a également possédé un chantier à Mortagne du Nord, à la frontière française, aujourd'hui disparu. Ils ont fait un carton à l'époque grâce à la proximité mais aussi à leur savoir-faire. La voie d'eau  était le seul moyen de transport qui pouvait emmener de lourds tonnages et après la seconde guerre mondiale, la France avait besoin de cale. Plaquet fut sollicité comme beaucoup d'autres chantiers du Nord : Mory, Carel-Fouchet, Dru, Demay, Defernez, Merville, Leconte, Vandeville... D'autres chantiers furent également sollicités dans l'Est et le Centre comme, bien sûr, les Forges de Strasbourg, La Scar, Saarbrück, Broutin, Pierre-la-Trêche, Chalon-sur-Saône avec les Franco-belge et Schneider, et enfin en région Parisienne Choisy-le-Roi (NDR : actuel chantier naval de la Haute Seine)."

plaquet_Minos

"Minos", un beau "plaquet". (photo J-Claude Verrier)

De Waechter Pink Floyd

Un autre beau bateau de fabrication belge, du chantier Moerbeke Vangarsse. Il faut l'oeil exercé du connaisseur pour saisir la différence... (Bateau "Pink Floyd", ancien "Simone" construit en 1949 pour M.Charles Chrétien, sur le canal du Rhône au Rhin, photo de "RickFloyd". Merci à Hervé Missue, son dernier exploitant, pour les précisions)

Plat-bord : sur un bateau de commerce, partie plane longeant les denbords (ou hiloires), permettant de circuler autour de la cale en rejoignant les veules avant et arrière. Sur un bateau de plaisance, c'est la même chose, avec la différence que l'hiloire (ou denbord) est remplacé par une superstructure de logement. Synonyme : passavant.

Plat-bord
Plat-bord.

Plateau d'écluse : aire d'évolution de l'éclusier tout autour du sas, entre sa maison et l'écluse et au-delà de celle-ci.

Platte : sur la Loire, et pas mal d'autres rivières, lacs et marais, petite barque à fond plat.

Platelage : garniture en bois du tablier d'un pont mobile.

Plenissimum Flumen : notion juridique qui permet de définir les limites du domaine public fluvial naturel en fonction des plus hautes eaux d'un cours d'eau domanial avant débordement, en l'absence de perturbations météorologiques exceptionnelles (emprise théorique longitudinale des cours d'eau).
Cette opération a pour objet la reconnaissance d'une situation de fait existant à un moment donné (arrêté préfectoral après enquête auprès des riverains) et de préciser les limites du domaine public fluvial naturel. 

Plume : sur le courpet de haute Dordogne, c'est le safran du gouvernail. 

La plume du courpet


Poillier ou poilier : sur les bateaux de Loire, ce terme désigne à l'origine une sorte de barrot maintenant l'écartement des bords. On indiquait la largeur des chalands anciens au fond et au poilier (largeur maximum). C'est en quelque sort d'équivalent du maître-bau.
Autre sens proche : sorte de gros verneau des bateaux nantais.

Point de partage des eaux : point de rencontre de trois bassins versants.
Nota : on appelle parfois "canal à point de partage" un canal de jonction à bief de partage. Cela se comprend dans la mesure où ce "point" est l'intersection du canal et de la ligne de partage des eaux. 

Point de partage
Matérialisation monumentalisée du point de partage des eaux de la Seine, de la Loire et du Rhône, symbolisés par trois grosses pierres, à Meilly-sur-Rouvres, en Auxois.(Le château d'eau ne fait pas partie du monument, mais sa présence fortuite est symboliquement riche...)
Promener la souris sur l'image pour voir apparaitre les symboles.

Pointeau : synonyme d'aiguille, dans la terminologie des anciens pertuis.

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Pointil : Langue de terre resserrée entre les deux rivières d'un confluent. Il s'y forme souvent des atterrissements. Le L ne se prononce pas.

Poirée (barrage) : système de barrage mobile dû à l'ingénieur Charles Poirée qui l'a expérimenté pour la première fois en 1834 à Basseville, à l'intersection du canal du Nivernais et de l'Yonne, non loin de Clamecy.
Le système de Poirée consiste en un rideau de madriers verticaux juxtaposés et formant une bouchure aussi étanche que possible, les aiguilles, de section carrée de 8 x 8 cm environ, et d'une longueur de 2 à 3 mètres selon la hauteur du barrage. Ces aiguilles sont maintenues appuyées par la pression de l'eau contre une structure métallique articulée, les fermettes, qui peuvent se coucher sur le radier de l'ouvrage, au fond de la rivière, quand les aiguilles sont ôtées, comme en cas de crue par exemple.
Les "barrages Poirée" représentaient une véritable innovation à l'époque, et ont permis la canalisation de grandes rivières de plaine comme la Seine, l'Yonne, la Saône, la Marne, etc. et par conséquent le développement de la batellerie au XIXe siècle.
Ils sont aujourd'hui obsolètes et remplacés par des systèmes plus rapides et pratiques, dans lesquels l'électronique a un grand rôle. Néanmoins, on trouve encore des barrages à aiguilles sur l'Yonne, le Cher, la Saône, la Meuse...

 

schéma Poirée

Schéma d'un barrage Poirée. (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)

barrage Auxonne

Le barrage d'Auxonne, sur la Saône, est un barrage Poirée un peu particulier. Un système de téléphérique permet d'emmener les aiguilles ôtées dans leur local de stockage. Elles sont, non pas des madriers de section carrée, mais des planches larges d'environ 20 cm, munies d'une poignée.

aiguilles musée

Exposées dans la cour du musée de la Batellerie de Conflans, des aiguilles semblables à celles du barrage d'Auxonne.

Cher

Détail du pont-barrage système Poirée de Saint-Aignan-sur-Cher


Poite, poate ou poëte : terme du Nord désignant, dans un bateau de commerce, un petit logement situé dans l'étrave en avant de la cale, dans le pic avant en fait. Il sert de chambre au matelot, de buanderie, ou d'atelier. Peut-être le mot vient-il de "pointe" ?

Polyxyle : dans le jargon des archéologues nauticiens, ce mot tend à remplacer avantageusement le terme de "monoxyle assemblé" pour désigner un bateau constitué d'éléments de bois sculptés individuellement et assemblés plutôt que de planches standard.

Altaripa 1

En 1997, à la suite de la découverte de l'épave d'un chaland polyxyle gallo-romain dans le lac de Neufchâtel, l'archéologue Beat Arnold et son équipe entreprennent, dans une démarche d'archéologie expérimentale, la construction à l'identique d'un chaland semblable, à partir de ce que leur enseigne l'étude de l'épave.

La photo du haut montre les premiers éléments de la sole qui attendent d'autres éléments pour être assemblés. Les enchèmes, déjà sculptées, sont bien visibles de part et d'autre des deux longues planches centrales.

Altaripa 2

"Altaripa" fini et sous voile sur le lac de Neufchâtel, avec Beat Arnold (pull bleu marine) à son bord.


Pont : ouvrage d'art permettant à une voie de communication (chemin, route, voie ferrée, canal) ou même un cours d'eau, de franchir un obstacle en creux bien défini : une route, une voie ferrée, une rivière ou une voie d'eau sans rupture.
Autre sens : sur un bateau, c'est la surface plane horizontale qui recouvre plus ou moins complètement le volume de la coque. Sur un bateau de commerce, il se compose des plats-bords, des veules arrière et avant et de la gravelaine. C'est en fait l'ensemble des surfaces d'évolution pour les manoeuvres.

Pont à haubans : type de pont fixe dont le tablier est suspendu à un ou plusieurs forts piliers, qui le dépassent de plusieurs dizaines de mètres, par des haubans, à la manière d'un mât. Le principe du pont à haubans est assez ancien, mais il était tombé en désuétude, détrôné par le pont suspendu. Il a pourtant l'avantage sur ce dernier de ne pas exiger de culées trop importantes, tout le poids du tablier se trouvant supporté verticalement par le ou les piliers. Les ponts à haubans ont effectué un retour en force ces deux dernières décennies. Exemples : le pont de Normandie, celui de Saint-Nazaire, ou encore ceux de Nemours et de Chalon-sur-Saône.

Pont-barrage : Pont fixe en maçonnerie, dont les piles sont utilisées aussi pour recevoir les infrastructures d'un barrage mobile (fermettes, aiguilles, clapets...). Citons à titre d'exemples ceux de Bellombre et du Saussois sur l'Yonne, celui de Saint-Aignan sur le Cher, et celui de la Truchère sur la Seille.

Pont-barrage
Le pont-barrage de Saint-Aignan, sur le Cher, au début du XXe siècle.

Pont basculant : pont mobile dont le tablier se relève, pour laisser passer les bateaux, en pivotant sur un axe horizontal confondu avec une extrémité du tablier. Son tablier est contrebalancé par un contrepoids camouflé sous la chaussée de la voie terrestre croisée, et il n'a donc pas de potence, à la différence du pont-levis. Exemple : pont basculant de Montceau-les-Mines ( à côté d'un bel exemple de pont-levis) .

Pont biais : pont disposé en oblique par rapport à la voie (fluviale, ferrée ou routière) qu'il franchit. Dans le cas d'un pont de pierre, un tel ouvrage représente un beau morceau de bravoure pour l'architecte qui le conçoit, ainsi que pour le tailleur de pierre, car l'angle droit y est pratiquement proscrit.

Pont-canal : ouvrage permettant au canal de franchir un obstacle en creux en passant par-dessus : rivière le plus souvent, mais aussi route, voie ferrée ou même autre canal ou voie d'eau (c'est le cas à Briare et à Buzet-sur-Baïse). Il en existe une bonne centaine en France, de différentes tailles. Le plus long, qui, depuis 1896, permet au canal Latéral de franchir la Loire à Briare, est resté pendant plus d'un siècle, avec ses quelque 670 m, le détenteur du record d'Europe dans sa catégorie. Il vient juste d'être détrôné par celui de Magdebourg, sur l'Elbe en Allemagne, qui mesure 918 m. Mais depuis longtemps, un ouvrage semblable en Inde, dans la région de Rajahmundry, sur un bras du Godavari, frôlait les 700 m. Il datait de la colonisation anglaise, et a été remplacé par un autre ouvrage parallèle en 1997. (merci à J-Marc Deplaix pour l'info)
Le pont-canal de Pontcysyllte, au Pays de Galles, est entré en juin 2009 au patrimoine mondial de l'Unseco avec son canal, le canal de Llagollen. Ouvert en 1809, ce pont-canal à cuvette métallique sur 18 piles en maçonnerie, est le plus haut du monde avec près de 40 m (on le surnomme "the canal in the sky"). Il est aussi un des plus longs, avec 307 m.

Pont-canal de Digoin
Le pont-canal de Digoin, qui permet au canal Latéral à la Loire de franchir cette dernière (1838). C'est un ouvrage en maçonnerie.


Pont-canal de Neuzy
Le pont-canal de Neuzy, qui permet à la rigole de l'Arroux de franchir la Bourbince (1869). La bâche de cet ouvrage est métallique, due aux établissements Schneider.

Pont-canal tournant : pont-canal établi au-dessus d'une autre voie d'eau, et qui, ne laissant pas une hauteur libre suffisante sous son tablier pour permettre le passage de gros bateaux, doit donc être mobile. Nous n'en connaissons qu'un exemple, et il est en Angleterre, à Barton, non loin de Manchester. Il pivote plein d'eau, mais sans bateau ! L'excentricité de nos voisins et amis britanniques a des limites.

Barton

Le pont-canal tournant de Barton.


Pont couvert : pont "urbanisé", c'est-à-dire surmonté d'habitations. C'était très fréquent autrefois, jusque vers la moitié du XVIIIe siècle. Tous les ponts de Paris étaient ainsi couverts, ce qui ôtait aux passants la jouissance du spectacle de la rivière . Le premier à ne pas l'avoir été dès le début est le Pont Neuf (et il ne le fut jamais par la suite). Les habitants avaient la fameuse tentation de creuser dans les piles pour s'y installer des caves, ce qui mettait l'ensemble de l'ouvrage en péril, et incita les autorités à supprimer ce type d'habitat. Il en reste très peu en France et nous ne pouvons guère en citer qu'un à Rive-de-Gier, au-dessus d'une rue qui a remplacé le canal de Givors, et un autre à Narbonne, le célèbre "Pont des Marchands", sur le canal de la Robine. En Angleterre, le Putney Bridge de Bath mérite le détour. Il est couvert d'échoppes. En Italie, le Ponte Vecchio de Florence est sans doute le plus célèbre pont couvert du monde.

Pont des Marchands
Le pont des Marchands, à Narbonne (canal de la Robine).

Pont d'écurie : forte planche mobile qui sert de passerelle entre le bateau et la terre ferme, lorsqu'il n'est pas possible d'approcher le premier plus près de la seconde. Bien que les ânes et chevaux aient déserté depuis longtemps les chemins de halage et les écuries des bateaux, le terme est encore en vigueur, et l'objet toujours utilisé couramment, mais, plus étroit désormais, il porte le nom de gambret.

Pont fixe : pont en maçonnerie, ou en maçonnerie et métal, dont aucune partie n'est mobile. Cela suppose qu'il laisse, de façon constante, une hauteur libre suffisante pour la navigation s'il est établi sur une voie navigable, et pour l'écoulement des crues d'une manière générale.

Pont levant : pont mobile dont le tablier se lève verticalement, en restant horizontal, pour laisser passer les bateaux. Exemple : le pont de Crimée, à La Villette (Paris).

Le pont levant de Luzy, sur le canal de la Marne à la Saône (Photo Bruno Chanal)...

...et celui, disparu, dit "Pont des Vaches", à Arleux, sur la Sensée ou le Surion (Carte postale ancienne).


Pont-levis : pont mobile dont le tablier se relève, pour laisser passer les bateaux, en pivotant sur un axe horizontal confondu avec une extrémité du tablier. Le tablier du pont-levis est soulevé par les flèches d'une potence mobile, dont la culasse porte un contrepoids. C'est exactement le même principe que le pont-levis de château fort. Exemple : le pont de l'Anglois, sur le canal d'Arles à Bouc, et immortalisé par Van Gogh. Le canal de Briare en possède plusieurs, de même que ceux de la Marne à la Saône et du Nivernais (liste non exhaustive).

Pont-levis
Pont-levis de Pousseaux (canal du Nivernais)
(photo F. de Person)

Le pont-levis du port de Saint-Valery-en-Caux

Pont mobile : pont conçu avec un tablier mobile, pour des raisons soit économiques, soit pratiques (configuration de terrain). Cette appellation recouvre les ponts basculants, levants, levis, oscillants et tournants, ainsi que les ponts à transbordeur.

Pont oscillant : pont mobile basculant dont le tablier ne s'élève que de quelques décimètres, juste assez pour laisser passer le verdon de halage, ce qui évite au marinier de le débiller. Nous n'en connaissons que deux exemplaires en France, aussi pouvons-nous les mentionner tous deux : à l'écluse des Dames (Prégilbert) sur le canal du Nivernais, et à celle de Moulin-Brûlé (Dammarie-sur-Loing) sur celui de Briare.

Pont oscillant
Pont oscillant des Dames (canal du Nivernais)

Pont-rivière : ouvrage permettant à une rivière de passer par-dessus un canal, en somme un pont-canal inversé. Ce type d'ouvrage est très rare, et nous pouvons citer en exemple le Pont Pisserot, à Roanne, qui permet à l'Oudan de "survoler" le canal de Roanne à Digoin. Il est dû au même ingénieur, Léonce-Abel Mazoyer, que le pont-canal de Briare que venons de citer (voir "pont-canal"). Il n'est pas obligatoire qu'un pont-rivière traverse un canal, il peut tout aussi bien franchir une route ou une voie ferrée, mais nous n'avons pas d'exemple à en présenter et, surtout, nous sortons du sujet.

Pont-rivière
Le pont-rivière d'Oudan (canal de Roanne à Digoin)

Pont roulant : grand portique mobile en treillis métallique, utilisé pour le chargement et le déchargement de matériaux comme le charbon, le sable, les graviers. Un pont roulant, qui ressemble à une sorte de grand quadrupède métallique, se déplace parallèlement au quai sur des rails. Les chargements et déchargements s'effectuent au moyen d'une pelle mobile à machoire de type "crapaud" suspendu à la cabine de commande qui se déplace elle-même sous le portique métallique. 


Pont-roulants
Les ponts-roulants du port de l'arsenal de Roanne, au début du XXe siècle.


Deux vues d'un pont-roulant chargeant un grand automoteur de rivière, sur le grand canal maritime Escaut-Bruxelles, anciennement canal de Willebroek, quai Léon Monnoyer dans l'avant Port de Bruxelles (Photo Pierre Lemoine, site Bord à bord).

Pont suspendu : type de pont fixe dont le tablier est suspendu, par l'intermédiaire de câbles, à deux très forts faisceaux de câbles tendus entre deux portiques ou plus, qui prolongent en hauteur les piles qui les supportent, et solidement ancrés à terre dans de puissantes culées. Ce type de pont, mis au point par les frères Seguin, s'est généralisé en France dans les années 1820, et le plus ancien encore en service est à Tournon, sur le Rhône.

Cuzy

Le pont suspendu de Cuzy, sur l'Yonne. (Photo F. de Person)


Pont tournant : pont mobile dont le tablier pivote dans un plan horizontal, pour laisser passer les bateaux. Exemple : le pont de la Grange aux Belles, à Paris. Il peut éventuellement être, de plus, flottant, comme la passerelle de Maguelonne, sur le canal du Rhône à Sète.

pont tournant Linquet Roanne

Le pont tournant ferroviaire du linquet de Roanne. (document Bibliothèque du Musée Déchelette, Roanne)

Pont tournant combleux

Le pont tournant de Combleux, sur le canal d'Orléans


Pont transbordeur (en fait, pont à transbordeur qui est la dénomination exacte) : pont mobile constitué par un très haut portique en treillis métallique, sous lequel circule un chariot sur rails. Ce chariot soutient, au moyen de longs câbles, une nacelle qui porte ainsi le public (personnes, animaux et véhicules) d'une rive à l'autre. Ce dispositif spectaculaire, conçu pour permettre la traversée de ports ou d'estuaires fréquentés par des bateaux aux gréements importants, est dû à l'ingénieur orléanais Ferdinand Arnodin, à la fin du XIXe siècle. C'est cependant l'ingénieur espagnol Alberto de Palacio qui construisit le premier, à Bilbao. Il ne subsiste aujourd'hui en France qu'un seul de ces ouvrages, au Martrou, près de Rochefort-sur-Mer. Il est classé MH. À Nantes, il est actuellement question de reconstruire l'ancien pont à transbordeur (voir site). Sur cette page sont visibles aussi des videos de ponts à transbordeurs (Martrou, Bilbao et Rendsburg).

Martrou

Le pont à transbordeur du Martrou, à Rochefort-sur-Mer, au-dessus de la Charente

le pont à transbordeur de Nantes, avant sa destruction. Une association milite actuellement pour sa reconstruction (site)


Pont volant : bac pendulaire ou à traille. On trouve ce terme jusqu'au début du XIXe siècle.

Pontier : employé du service navigation, préposé à la manoeuvre d'un pont mobile.

Ponto : César le cite comme un bateau de charge gaulois. Par la suite le terme désignera un bac, d'où vient vraisemblablement le mot actuel ponton.

Ponton : plate-forme flottante, d'utilisations et de tailles diverses : embarquement-débarquement, travaux fluviaux, tir de feux d'artifices...etc.

Ponts et Chaussées : structure administrative et gouvernementale créée en 1716 pour superviser et diriger l'ensemble des travaux d'infrastructures de communication entre autres (routes et canaux) de la France. l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, créée par Trudaine et Perronet en 1747, existe toujours. Le ministère des "P.& C." s'appelle à présent "Ministère de l'Équipement".

Port : infrastructure plus ou moins élaborée destinée à permettre l'entrepôt, le chargement et le déchargement de marchandises du bateau à terre et inversement. Un port peut être une simple rive sommairement aménagée. Le mot n'est pas d'origine purement nautique, il désigne à l'origine un lieu où sont stockées les marchandises avant d'être expédiées : cf "Saint-Nicolas du Port" à Clermont-Ferrand qui est éloigné de plusieurs kilomètres de la plus proche voie d'eau, l'Allier.

Lien utile : le site Fluvial.Pro recense les ports et haltes nautiques, ainsi que les chantiers navals, et en donne la cote selon les avis des navigateurs et après passage de l'expert-maison.

Port en lourd : capacité de charge d'un bateau, c'est à dire poids cumulé de la cargaison, de l'équipage, des éventuels passagers et de ses équipements. C'est la différence entre le déplacement en charge et le déplacement lège.

Porte à bateaux, porte marinière, portereau : synonymes de "pertuis".

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Porte busquée : porte d'écluse formant un angle pointé vers l'amont pour résister à la pression de l'eau (système le plus répandu).

Porte busquée
Porte busquée.

Porte courante : terme appliqué à un pertuis dépourvu de système mobile de fermeture. On dit "un pertuis à porte courante". Voir aussi "pas, passelis"

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Porte secteur : voir "secteur".

Portineau : terme que l'on trouve dans des textes anciens et qui semble désigner la tête amont d'un bassin à portes marinières.
Plus généralement, ce terme pourrait être un synonyme de "pertuis".

Pour en savoir plus sur les pertuis et portes marinières, voir l'ouvrage "Du pertuis à l'écluse". (cliquer sur le titre)

Poser (se) : s'échouer. "Ah m...! Y'a eu un reflux et on est posés sur la caillasse !!".

Poteau busqué : Gros madrier vertical constitutif de la charpente d'un vantail d'écluse, vertical, et le plus éloigné de la maçonnerie. Il assure, en se joignant avec son homologue de l'autre vantail, l'étanchéité de la porte. Il est ainsi nommé car il s'appuie, en sa partie inférieure, sur le busc de l'écluse. Voir "Vantail"

Poteau tourillon : Gros madrier vertical constitutif de la charpente d'un vantail d'écluse, vertical, et le plus proche de la maçonnerie. Il constitue en fait l'axe sur lequel pivote le vantail, dans le chardonnet, par l'intermédiaire de l'ensemble pivot-crapaudine et du collier tourillon. Voir "Vantail"

Poujade : sur le courpet de haute Dordogne, petite cheville placée verticalement à la pointe arrière du bateau, et servant de pivot unique au gouvernail qui y est fixé au moyen d'un cordage, et qui peut ainsi travailler aussi bien horizontalement que verticalement, ce qui lui permet aussi d'avoir un rôle propulsif en godille.

Poujade du courpet


Poupe : arrière du bateau. Le mot serait une francisation de l'anglais poop qui est l'équivalent du caca français, et serait motivé par le fait que sur les coches, les lieux d'aisance étaient situés à l'arrière.

Poussage : technique de transport fluvial venue des Etats-Unis, et adoptée en France à partir des années 1960 sur les grands fleuves. Elle consiste à solidariser plusieurs barges (voir ce mot) entre elles et au bateau qui les propulse, le pousseur, de manière à ce que l'ensemble se comporte et se pilote comme un seul grand bateau. Le poussage permet de travailler avec un effectif moindre que la technique précédente, le remorquage, et donc de baisser les coûts d'exploitation. De plus, un convoi poussé consomme moins qu'un convoi remorqué de même tonnage.

Pousse-pied : petit bateau rudimentaire utilisé comme annexe tractée par les conchyliculteurs dans la baie de l'Aiguillon et des espaces estuariens entre Loire et Gironde (Sèvre, Seudre, Charente). Au contraire de l'acon, qui lui est très proche mais un peu plus grand, le pousse-pied n'est pas gréé. Il est utilisé, comme son nom l'indique, à la manière d'une trottinette ou d'un traineau pour se déplacer sur les fonds vaseux de l'étran à marée basse. Voir "acon".

Pousseur : bateau propulseur équipé pour le poussage de barges en convois. Le pousseur, en plus du puissant moteur (2 à 4 milliers de cv), abrite les logements de l'équipage qui travaille généralement par quarts, sur des périodes de deux semaines, alternées avec autant de repos à terre.
Autre sens : sur les rivières flottables, ouvrier préposé à la surveillance et au bon écoulement du bois "à bûches perdues". Cet ouvrier devait notamment renvoyer dans le courant toutes les bûches qu'il voyait retenues par des obstacles (souches, rochers...) ou prises dans des contre-courants, les "canards".

Poussins : sur les bateaux de Loire, fortes pièces en bois placées en tête des courbes du mât, et recevant les extrémités du verneau, le banc de mât de manière à limiter au maximum les oscillations de celui-ci.

Prame : petite embarcation à clin, à fond plat et à avant à levée et marotte très répandue sur la Seine aux XIXè et XXè siècles pour le loisir ou le passage d'eau, souvent utilisée comme bachot de marinier. Son avant à levée en fait un excellent bateau fluvial, malgré son origine maritime et scandinave. 
Définition gracieusement proposée par François Lelièvre, de Canotage de France (dont le site semble cependant avoir complètement changé de présentation...)

Préceinte : épaisse et large planche de renfort venant se placer sur toute la longueur du flanc du bateau, à la hauteur du bordé du haut.

Présinte : bande de chanvre tressée, large de 2cm, clouée avec les dachettes (pointes de tapissier) et enduite de goudron, et qui servait, sur les bateaux en bois, à jointoyer les planches d'écoutilles ou des veules.

Presse : terme occitan désignant la partie recourbée de la sole du bateau jusqu'à la mouraille. C'est l'équivalent méridional de la levée avant.

Presse-étoupe : l'étoupe est une fibre végétale utilisée pour assurer l'étanchéité entre l'arbre d'hélice et la coque, et le presse-étoupe est le logement fermé de l'étoupe, laquelle est imprégnée de graisse. L'on envoie cette graisse dans le presse-étoupe au moyen d'une pompe ou d'un piston manuel ou motorisé.

Propulseur d'étrave : hélice motorisée placée transversalement dans une cavité traversant l'avant du bateau de part en part ou placé en dessous de celle-ci, et servant à déplacer latéralement la proue de celui-ci (comme l'appel et l'écart en canoë), pour se garer par exemple. Pratique lors de manoeuvres très ponctuelles, le propulseur d'étrave permet bien souvent de reconnaître les mauvais navigateurs, car ils ne savent pas s'en passer et en usent et abusent. Sur un bateau équipé d'un propulseur d'étrave, on n'apprend pas à naviguer car on acquiert très vite de mauvaises habitudes : on oublie qu'un bateau, ça se dirige d'abord au... gouvernail. Certains en équipent aussi leur bateau rien que pour embêter les puristes (suivez mon regard)... En plus, ça fait un bruit abominable.

propulseur d'étrave

Propulseur d'étrave sur une grosse vedette fluviale

Propulseur d'étrave

Propulseur d'étrave sur un bateau à passagers qui doit effectuer rapidement des manoeuvres précises dans des espaces réduits


Proue : avant du bateau. Opposé : poupe.

Prouer : diriger, gouverner un bateau depuis l'avant, avec une patouille par exemple.

Prouvier : sur le Rhône, marinier placé à la proue du bateau (d'où son nom), et chargé de la délicate mission de sonder l'eau au fur et à mesure de l'avancée du bateau, de façon à prévenir les risques d'échouage.

Prussien (bateau) : terme employé par l'administration pour désigner les bateaux de la Meuse, de la Sambre et de la Sarre, mignoles et bricoles sarroises.

Puits à chaine(s) : Petits logements à l'avant et à l'arrière du bateau, où descend se ranger la chaine d'ancre lorsque cette dernière est remontée. Pour cela, le puits à chaines est donc situé juste en-dessous du treuil d'ancre.


 

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