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Dabis : sur le courpet de haute Dordogne, barre de bois transversale qui maintient l'écartement constant entre le haut des bordés. C'est l'équivalent de l'overgand des bateaux du nord.

Dabord, dater : pour le marinier, le genre humain se divise en deux catégories. Il y a les "dabord", c'est à dire les gens d'à bord, autrement dit les mariniers comme lui. Et puis il y a les autres, les "dater" (le R se prononce), c'est à dire les gens d'à terre. Le "dater" est un peu au marinier ce que le gadjo est au gitan.

Dame-lopre : bateau des canaux hollandais. Vient du néerlandais "Dam", barrage, et "loper", marcheur, ce qui pourrait faire penser à un bateau spécialement conçu pour franchir à sec les barrages au moyen de passe-bateaux.

Dalot : sur un bateau, petite ouverture ménagée dans le rebord du plat-bord pour permettre l'évacuation de l'eau de pluie ou de nettoyage. Sur la berge, c'est l'équivalent : un court drain permettant à l'eau de pluie de s'évacuer du chemin de halage vers le contre-fossé. Etymologie, le norrois doela.

dalot
Dalot sur un bateau.


Dame de nage : dispositif d'appui de l'aviron sur une barque ou un esquif de sport. Au contraire du tolet qui est souvent en bois, la dame de nage se présente comme un Y courbe métallique qui peut être articulé à la rame, ou au contraire solidaire du bateau. Voir "tolet"

Danubien : type de chaland automoteur de grand gabarit.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation offerte par un internaute, Monsieur Pascal Roland, professeur de batellerie à Huy, en Belgique, que nous remercions pour nous avoir autorisé à l'utiliser ici.

Darse : partie d'un port creusée en embranchement à l'écart de l'axe principal de navigation. Par exemple, le port de Génevilliers se compose de plusieurs darses.

Débâcle : dégagement naturel de la rivière ou du canal de ses épaves ou, plus souvent, de ses blocs de glace après une embâcle. Une trop brusque débâcle (par un dégel trop rapide par exemple) peut être dangereuse pour les bateaux.

Débardeur : dans un port, ouvrier affecté au déchargement des bateaux et à la dislocation des trains de bois. Synonyme : trimardeur ou trémardeur.

Débiller : détacher le verdon du bateau ou de son attelage, par nécessité pour passer un obstacle comme un pont dépourvu de banquette de halage.

Débusquer (se) : à la fin d'un sassement, les niveaux sont égalisés entre le sas et le bief de part et d'autre de la porte correspondante ; les deux vantaux de la porte, qui ne sont dès lors plus soumis à aucune pression, ont tendance à s'écarter l'un de l'autre, et l'on dit alors qu'ils se débusquent. Vient bien sûr de "busc", le heurtoir contre lequel viennent buter, au fond de l'écluse, les deux vantaux en position fermée.

Décalomer : sur le Rhône, séparer les bateaux d'un convoi pour les faire passer un à un. Voir "calome".

Déchargeoir ou deschargeoir : ancien nom pour "déversoir".

Déchirage, déchirer : destruction légale d'un bateau qui n'a plus l'autorisation de naviguer (généralement pour cause de vétusté). On commence par déchirer ses papiers, d'où le terme. Celà s'accompagne bien souvent d'un autre déchirement, celui du coeur du marinier.

Décize ou descize : sur le Rhône, descente d'une rivière. Aucun rapport avec la ville de la Nièvre, Decize (latin Decetia).

Déclassement : décision administrative qui consiste à dégager l'Etat de toute obligation d'entretien et d'exploitation d'une voie d'eau qui lui appartient toujours cependant. Un canal déclassé n'est pas forcément abandonné : il peut être exploité en concession par une région, un département, un sivom. L'Etat peut aussi le récupérer pour lui donner une autre vocation. C'est ainsi que des portions de canaux déclassés se sont retrouvées transformées en voies rapides (Troyes, Givors, Chalon, Digoin...). À l'époque, on a appelé cela "progrès". Aujourd'hui, on dit "massacre du patrimoine".

Une voie navigable peut n'avoir simplement que quelques portions déclassées. C'est le cas d'embranchement désaffectés (embranchement du Passage d'Agen, sur le canal Latéral à la Garonne) ou de tronçons désaffectés par suite de rescindements (Bief de la Montagne, sur le canal de Briare). Dans ce dernier cas, la section déclassée peut être reconvertie en rigole-déversoir de contournement (Artaix, sur le canal de Roanne à Digoin).


canal déclassé Givors
Un canal déclassé : le canal de Givors.


LE DECLASSEMENT DES COURS D'EAU, CANAUX, LACS ET DES DEPENDANCES TERRESTRES DU DOMAINE PUBLIC FLUVIAL CONFIE A VOIES NAVIGABLES DE FRANCE PAR L'ETAT
(texte émanant directement de Voies Navigables de France)
"Hormis quelques biens du Domaine Public Fluvial (DPF) naturel (en raison de phénomènes naturels, de travaux légalement exécutés, de la formation d'alluvions, relais, atterrissements, îles et îlots), il est obligatoire de recourir à un acte formel et juridique de déclassement pour que le bien sorte du domaine public fluvial. La disparition de la domanialité publique nécessite pour le DPF artificiel et pour certains biens du DPF naturel (les cours d'eau et lacs domaniaux navigables ou non et les canaux faisant partie du DPF) impérativement un acte juridique de déclassement. Ainsi, en l'absence de déclassement, un bien qui n'aurait plus d'utilité publique continuera à faire partie du domaine public. Le déclassement d'un cours d'eau, d'une section de cours d'eau, d'un canal, lac ou plan d'eau faisant partie du domaine public fluvial de l'Etat emporte sa radiation de la nomenclature des voies navigables ou flottables de l'Etat.
Le déclassement s'entend d'une volonté réelle formalisée par un acte administratif ayant pour objet de faire perdre au bien son caractère public, et ce, même s'il n'est pas suivi d'une désaffectation de fait. Il s'agit d'un acte nécessaire et obligatoire car il en résulte une suppression de la protection qu'offre le régime de la domanialité publique (imprescriptibilité, inaliénabilité, insaisissabilité). Le déclassement peut avoir lieu en surface ou en volume. Les modalités relatives au déclassement des biens du DPF confié à VNF ont été expressément prévues soit par des textes législatifs et réglementaires (articles 3, 4 et 7 du Code du Domaine Public Fluvial et de la Navigation Intérieure), soit par des textes ministériels.
Pour le DPF naturel, les biens reviennent, selon le cas, soit aux riverains, soit au domaine privé de l'Etat qui peut procéder à leur vente.
Pour le DPF artificiel, les biens tombent dans le domaine privé de l'Etat et sont remis au service des domaines qui procède à leur aliénation, sous réserve préalable que ceux-ci ne présentent plus d'utilité présente et à venir tant pour l'accomplissement des missions de VNF que pour le service public de la navigation. Par dérogation réglementaire, le produit de ces aliénations, après déclassement, est recouvré au profit exclusif de VNF."

Lien : Fluvia Lex, site sur le droit fluvial

Découvrir : ôter les panneaux d'écoutilles afin de libérer l'accès à la cale pour charger ou décharger.

Décrue : baisse plus ou moins rapide du niveau d'eau d'une rivière en crue.

Défenses : sur le bateau, terme générique désignant les renforts (moustaches, arrivotes et dérivotes) destinés à protéger la coque à l'avant et à l'arrière, aux épaulures principalement. Autrefois en bois, elles sont aujourd'hui en métal sur les bateaux de commerce ou en caoutchouc dur sur les bateaux plus légers comme ceux de plaisance.
Le mot désigne aussi des madriers en bois ou en caoutchouc dur, suspendus à l'horizontale, ou parfois à la verticale, au bout de cordes, et qui servent à la même chose. Le terme officiel est "glissoires". Des pneus peuvent aussi faire l'affaire, mais ce n'est pas autorisé à cause de leur non-flottablité.


défenses
Défenses sur un bateau de commerce.

Glissoire sur un bateau de commerce

Défenses en bois (en haut) et en caoutchouc (glissoire. En bas. Noir sur fond noir, pas facile à voir !) sur un gros automoteur de rivière


Défenses de berge : équipements placés en renfort le long des rives du canal ou de la rivière, et destinés à protéger celles-ci de l'érosion due aux mouvements de l'eau comme le batillage. Les défenses de berges sont de plusieurs types. Autrefois, elles étaient essentiellement en pieux d'acacia et planches de châtaignier. Aujourd'hui, c'est le plus souvent de la palplanche métallique, mais on trouve aussi du pieu de sapin traité complèté par des planches ou du géotextile. D'autres types de défenses de berges sont employés, intégrant le végétal vivant dans un souci d'esthétique environnementale.

Défenses de berges en bois
Défenses de berge en bois (canal du Nivernais)


Défluent : bras d'un cours d'eau qui se sépare de lui et suit son propre cours. Cette bizarrerie hydrologique est l'équivalent naturel du canal de jonction par dérivation. Le plus célèbre au monde est le Canal Casiquiare, au Vénézuela. C'est un bras qui se détache de l'Orénoque pour rejoindre le Rio Negro, et donc l'Amazone. En France, il y a, à une échelle beaucoup plus modeste, le Ru des Auges qui quitte le Grand-Morin pour s'en aller rejoindre l'Aube. Mais il serait de conception artificielle...

Déglinguer : disloquer ou démonter un bateau assemblé à clins. (déformation de "déclinquer").

Dégriller : nettoyer, au moyen d'une "griffe" un barrage, un passage rétréci, l'entrée d'une vanne, etc. des épaves flottantes et débris végétaux que le courant y a accumulés.


dégrillage
Opération de dégrillage.
(cliquer sur l'image pour lire l'histoire de Régis l'éclusier)


Dégrilleur : dispositif mécanique qui nettoie automatiquement la grille de protection de l'entrée d'eau d'un moulin ou d'une usine hydraulique.

Dégueuloir : ouverture, ouïe ménagée de part en part (amont-aval) dans une pile de pont à arches pour en augmenter le débit d'évacuation de l'eau en cas de crue.


Dégueuloir sur le pont Neuf, à Toulouse

Délaissé : méandre ou virage abandonné par suite d'une rectification de la voie d'eau. Par exemple, le port de Roanne est établi dans un délaissé, d'origine artificielle, de la Loire. Dans le cas particulier d'une rectification naturelle, on peut employer le terme de "méandre fossile", comme à Chevroches sur l'Yonne.

Delta : embouchure d'un fleuve dans la mer, ou d'un affluent dans un autre cours d'eau, quand il se divise en plusieurs bras. En Europe, le Rhône, le Rhin et le Danube se terminent en deltas. Etymologie : la lettre grecque "delta" en forme de triangle équilatéral.

Denbords, den'bords, dennebords ou dung-bords : bords verticaux de la cale, en haut de celle-ci, et au-dessus de la coque. Ils reçoivent les panneaux d'écoutille. Synonyme : hiloires

Dent : dent de la crémaillère du cric d'une vanne. La dent est une sorte d'unité de mesure utilisée par les éclusiers et les barragistes pour déterminer la quantité d'eau envoyée par la vanne ouverte. Mais cette unité n'a pas la même valeur selon la taille de la vanne. Aussi, "J'ai ouvert de 3 dents" signifiera sur un ouvrage "j'envoie 3 mètres-cubes à la seconde", mais sur un autre "j'envoie 6 mètres-cubes à la seconde".

Déplacement
: poids total du bateau, qui correspond, nous apprend Archimède, au poids du volume d'eau déplacé. On parle de "déplacement lège", qui correspond au poids propre du bateau seul, et de "déplacement en charge" qui correspond au poids du bateau chargé, y compris son équipage et ses équipements en plus de la cargaison.
À titre d'exemple, le déplacement lège d'un bateau de gabarit Freycinet tourne autour de 50 tonnes, et le déplacement en charge du même bateau atteint 400 tonnes dans les voies d'eau à grand gabarit.

Dérivation : sur une rivière canalisée, court canal établi en site propre qui permet d'éviter des passages difficiles ou des méandres trop prononcés qui allongent la distance. La Petite Seine et l'Yonne, la Marne, la Saône et le Rhône, possèdent ainsi plusieurs dérivations. Sur ce dernier, la plus longue dérivation, celle de Donzère, dépasse 30 km.

Dérivotes : équivalent des "arrivotes" à l'arrière.
Autre sens : longue perche qui servait à pousser le bateau en prenant appui sur la berge ou le fond du canal.

Dérôme (barrage) : système de barrage mobile inventé par l'ingénieur Dérôme. Il équipe notamment l'Oise.

barrage Dérôme 1

Schéma de principe d'un barrage Dérôme. (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)

Barrage de l'Oise

Un barrage de l'Oise, système Dérôme


Dérouleur : sur un port, ouvrier affecté au déchargement des barriques et tonneaux.

Descendre : se diriger vers l'aval de la voie d'eau. Sur le lac Léman, se diriger vers Genève.

Descize : descente d'une rivière. Expression en usage surtout sur le Rhône. Aucun rapport avec la ville de la Nièvre, Decize (latin Decetia).

Desfontaines (barrage) : système de barrage mobile dû à l'ingénieur Desfontaines qui l'a inventé en 1857. Ce système est le premier qui utilise l'énergie fournie par la chute du barrage pour la manoeuvre des organes de bouchure. Il repose sur un principe d'équilibrage des pressions sur des hausses qui pivotent sur un axe médian horizontal, et dont la partie inférieure travaille dans une cavité en demi-tambour ménagée dans le radier. Ce système très ingénieux et commode n'a guère qu'un seul inconvénient : son coût de mise en oeuvre, car il nécessite des fondations profondes et d'importants travaux de maçonnerie.

Barrage Desfontaines

Schéma de principe d'un barrage Desfontaines. (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)



Dessalage, déssaler : chavirer, en canoë ou kayak. Origine : les trappeurs nord-américains transportaient, à bord de leurs canoës, les peaux d'animaux salées pour la conservation. Lorsqu'il leur arrivait de chavirer, les peaux tombant à l'eau étaient ainsi "dessalées". L'expression s'est étendue à l'ensemble de l'embarcation.

Déversante (porte) : porte d'écluse dont la partie haute des vantaux est arrasée à une côte bien précise de manière à servir de trop-plein pour écrêter le niveau amont de l'eau. Ce dispositif se trouve sur des écluses dont le bief amont est dépourvu de déversoir, ou dont celui-ci est insuffisamment dimensionné pour recevoir toutes les eaux excédentaires sans que le plateau de l'écluse ne soit envahi par celles-ci. S'il permet l'économie de l'établissement d'un déversoir correct, ce dispositif présente néanmoins de sérieux inconvénients : tout d'abord, l'ouverture offerte aux eaux excédentaires reste insuffisante ; et puis l'arrivée massive, dans une écluse qu'un bateau avalant occupe, d'un afflux d'eau provenant le plus souvent d'une bassinée de l'écluse supérieure, retarde d'autant cette bassinée avalante (c'est le bon vieux problème du robinet qui remplit la baignoire qui fuit).
On utilise aussi les portes déversantes dans les écluses multiples, dont tous les sas sauf le supérieur, sans celà, se rempliraient jusqu'à déborder.

Déversoir (de superficie) : ouvrage placé sur un barrage ou sur la berge du canal pour accueillir et évacuer les eaux excédentaires soit dans une rivière parallèle, soit dans le bief inférieur.

déversoir

Déversoir sur le canal de Roanne à Digoin

Autre sens proche : partie du barrage fixe d'un moulin à eau, dont la hauteur est calculée de façon à ne laisser passer que l'eau inutile au meunier.

Déversoir dur rivière déversoir Beuvron

Déversoir sur le Beuvron, à Clamecy. Le même sous une petite crue

Dans les deux cas, le rôle du déversoir est l'écrêtage.

Devise : nom du bateau fluvial. Sur ce sujet, et sur pas mal d'autres, voir un site sympa : Picaro, et ce blog, où de nombreuses devises ont été collectée. L'imagination est au pouvoir !

Dezaley : sur le lac Léman, brise thermique nocturne qui soufle du nord, de Cully à Rivaz.

Diamant : voir "ancre", "verge" et "sincenelle".

Diot : vase ou limon au fond du lac Léman.

Direction Départementale de l'Équipement (DDE) : structure administrative qui dépend du Ministère de l'Équipement (autrefois Ponts et Chaussées), et qui a la responsabilité, entre autres, de l'entretien et de l'exploitation des routes et des voies navigables. Les éclusiers, lorsqu'ils sont titulaires, sont des agents de DDE.
Mise en garde : ne pas imaginer que la DDE navigation regroupe une foule de passionnés de la voie d'eau et des bateaux, l'on tomberait rapidement de très très haut : les responsables qui ont piloté un bateau une fois dans leur vie y sont extrêmement rares, et encore plus ceux qui s'y intéressent vraiment. Tant que durera cet état de choses en France, la voie d'eau stagnera, et même régressera.

Doerak : type de vedette fluvio-maritime néerlandaise.

Domaine Public Fluvial (D.P.F.) : Notion développée dès l'Ancien Régime, et notamment par Colbert, qui place l'Etat comme gestionnaire principal et incontournable des grandes rivières, même non navigables, et de l'ensemble des canaux. L'étendue du D.P.F. est déterminée par le Plenissimum Flumen (voir ces mots), ce qui suppose qu'il peut s'étendre très loin des berges de la rivière à son niveau normal.
Le domaine public fluvial comprend d'une part le domaine public fluvial naturel : fleuves, rivières et lacs, dont la délimitation résulte de phénomènes d'ordre naturel, et d'autre part le domaine public fluvial artificiel qui est le fruit du travail de l'homme : canaux, rigoles, lacs artificiels et leurs ouvrages d'art. Pour relever de la domanialité publique, le domaine public artificiel doit être affecté soit à l'usage direct du public soit au service public, moyennant - selon les cas à la réalisation d'aménagements spéciaux. La consistance du domaine public fluvial est défini à l'article 1er du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure. Il est constitué d'éléments dont la propriété appartient soit à l'Etat soit aux collectivités territoriales ou à leurs groupements. Les différents éléments du domaine public fluvial territorial pourront provenir d'une création, d'une acquisition amiable, d'une expropriation ou d'un transfert de propriété de l'Etat ou d'une autre personne publique sous certaines conditions. L'Etat conserve, toutefois et quelque soit le gestionnaire du domaine, ses compétences en matière de police de l'eau, de police de la navigation et d'utilisation de l'énergie hydraulique. Le domaine public, notamment fluvial, est inaliénable, imprescriptible et insaisissable. Il est soumis à un régime juridique et contentieux de droit public.
Aux termes de l'article 1er du code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure (modifié suite à la loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 et à la loi nº 2004-809 du 13 août 2004), le domaine public fluvial comprend :
"- Les cours d'eau navigables ou flottables, depuis le point où ils commencent à être navigables ou flottables jusqu'à leur embouchure, ainsi que leurs bras, même non navigables ou non flottables, s'ils prennent naissance au-dessous du point où ces cours d'eau deviennent navigables ou flottables, les noues et boires qui tirent leurs eaux des mêmes cours d'eau, les dérivations ou prises d'eau artificielles même établies dans des propriétés particulières à condition qu'elles aient été pratiquées par l'Etat dans l'intérêt de la navigation ou du flottage ;
- Les lacs navigables ou flottables ainsi que les retenues établies sur les cours d'eau du domaine public à condition que les terrains submergés aient été acquis par l'Etat ou par son concessionnaire à charge de retour à l'Etat en fin de concession ;
- Les rivières canalisées, les canaux de navigation, étangs ou réservoirs d'alimentation, contrefossés et autres dépendances ;
- Les ports intérieurs et leurs dépendances ;
- Les ouvrages publics construits dans le lit ou sur les bords des voies navigables ou flottables pour la sûreté et la facilité de la navigation ou du halage ;
- Les cours d'eau, lacs et canaux qui, rayés de la nomenclature des voies navigables ou flottables, ont été maintenus dans le domaine public ;
- Les cours d'eau et lacs ainsi que leurs dérivations classés dans le domaine public selon la procédure fixée à l'article 2-1 en vue d'assurer l'alimentation en eau des voies navigables, les besoins en eau de l'agriculture et de l'industrie, l'alimentation des populations ou la protection contre les inondations ;
- les cours d'eau, canaux, lacs, plans d'eau et ports intérieurs appartenant au domaine public fluvial des collectivités territoriales et de leurs groupements ;
- Les cours d'eau et les lacs appartenant au domaine public sont appelés cours d'eau et lacs domaniaux."

Dormant : terme spécifique à la batellerie occitane (sapine, coutrillon, barque de patron...) et désignant une forte planche fixée en haut des membrures en les solidarisant ainsi, et recevant les lattes qui soutiennent les ponts.

Doublante : plaque d'acier posée en supplément sur la coque d'un bateau, sur la bordaille, les façons ou sur le fond, dans le but de renforcer la-dite coque quand elle n'a plus l'épaisseur réglementaire.

doublante

Pose de doublantes de bordaille


Draguan : sur les bateaux occitans à tableau comme la sapine et le coutrillon, pièce de charpente plus ou moins courbe placée sur le haut du tableau arrière et recevant les planches du haut du tableau.

Emplacement du draguan sur un coutrillon

Drague : bateau, soit autonome, soit poussé, équipé pour le recreusement du chenal en rivière.
Lien : dragage en Saône

Dragueur : ancien bateau de l'Adour, proche de la tilhole, en plus ventru, long d'environ 4,50 m.

Drave : au Canada, train de bois flotté.

Drisse de mât : sur le bateau de Loire, cordage assez long (2 fois 1/2 la hauteur du mât), qui, en passant dans le réa ou l'itague, hisse la vergue et sa voile au sommet du mât. Elle est retenue par un taquet sur le pied de mât..

Duc-d'Albe : gros pieu métallique, garni de bollards placés à différentes hauteurs, et placé à quelque distance de la rive d'une grosse rivière. Un duc-d'Albe n'est généralement pas seul. Ils sont placés le plus souvent aux entrées et sorties d'écluses, et permettent aux bateaux de s'amarrer en attendant de pouvoir passer l'écluse. Ils sont dimensionnés en fonction des plus grosses embarcations qui fréquentent la rivière, et ne sont donc pas toujours pratiques pour de petits bateaux de tourisme.
Origine : "Duck Dalbe" qui signifie en bas-allemand "latte plongeante". Une tradition populaire, mais sujette à caution, attribue l'invention du duc-d'Albe au général espagnol Ferdinand Alvare de Toledo, gouverneur des Pays-Bas et effectivement duc d'Albe (1507-1582), qui aurait eu cette idée pour amarrer ses bateaux à marée baissante. On attribue aussi au même duc l'origine du mot par les pieux sur lesquels il aurait fait exposer les têtes des Comtes d'Egmont et de Hornes après leur exécution sous ses ordres, le 5 juin 1568 (évènement qui a inspiré à Beethoven sa fameuse "Ouverture d'Egmont"). Macabre et très sujet à caution...


Ducs d'Albe
Ducs d'Albe en basse Seine (photo F.Amiel-Hébert)


Duis : sur la moyenne et la basse Loire, digue oblique destinée à resserrer le chenal pour : soit augmenter le mouillage pour un port ou au débouché d'un canal, soit diriger le flot vers une pêcherie ou un moulin-bateau. On voit parfois l'orthographe duit. Synonyme : chevrette.

duis d'Orléans

Orléans possède un important linéaire de duis de différentes époques, visibles sur cette photo aerienne. (photo Pages Jaunes)

Dunette : sur un bateau de commerce, le logement arrière de la famille marinière est dit "à dunette" lorsque la paroi verticale où sont percés les hublots est dans le prolongement de la bordaille et des épaulures, faisant ainsi disparaître le plat-bord. Pour les manoeuvres à faire depuis l'arrière du bateau, on se tient ainsi sur le toit de la cabine. Les veules se situent autour de la marquise et de la cuisine.

dunette

Arrière à dunette (photo de J-Claude Verrier)

Dung-bord : voir "denbord".

Dynamique de l'immobilisme : voir "immobilisme".

 

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Retrouvez les bateaux fluviaux de France dans le CDrom "Bateaux des Rivières et Canaux de France", version très enrichie (plus de textes, plus d'illustrations, et même quelques bateaux supplémentaires) du département "Bateaux" du présent site, édité par l'association HiPaRiCa. Voir la présentation et la commande ici et ici.