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des bateaux

Les rivières et les canaux M'écrire
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C.G.N.H.P.L.M. ou H.P.L.M. : Compagnie Générale de Navigation, du Havre à Paris, Lyon et la Méditerranée. Grosse compagnie de transport fluvial, issue de la fusion de deux compagnies, qui a régné sur les rivières et canaux de 1850 à 1972. Cette très importante société, extrêmement bien organisée et hiérarchisée, qui possédait une flotte nombreuse et diversifiée (remorqueurs, bateaux tractionnés, automoteurs) et des agences bien réparties dans le pays, est un peu l'équivalent fluvial d'un Norbert Dentressangle ou d'un Willy Betz.

Le quotidien d'un employé de la CGNHPLM : cliquez ici.

C.G.T.V.N. : Compagnie Générale de Traction sur les Voies Navigables. Principale compagnie de traction mécanique depuis la berge, née en 1926 et éteinte en 1973, quand tous les bateaux furent motorisés. La C.G.T.V.N. employait des tracteurs électriques sur rails (voie métrique) ou électriques sur pneus, notamment dans le Nord et l'Est du pays, et des tracteurs diesel sur pneumatiques sur les canaux du centre. Une autre compagnie, la Traction de l'Est, exerçait en Alsace, exclusivement sur rail par voie de 0,60 m.

Locotracteur CGTVN

Un ancien locotracteur électrique sur rails de la C.G.T.V.N. (photo de J-Claude Verrier)



Ça : rien à voir avec le "ça" de Freud ! Il s'agit, sur le Rhône, d'un câble de remorque.

Cabane : terme par lequel on désignait, sous l'Ancien régime, les coches d'eau qui circulaient sur la Loire, et notamment au départ de Roanne, et exploités par des artisans mariniers à leur compte.

Cabine : Logement du marinier sur les péniches appelé aussi rouf sur les automoteurs.

Cabotière : ancien bateau de la basse Seine, d'assez grande taille.

Cadène : terme rhodanien désignant un pieu, à bord du bateau, où l'on enroule le câble ou la chaîne.

Cadole : ancien bateau de la Saône, adapté ensuite au canal du Centre. Sur son fret (du charbon généralement), on plaçait la cabine d'habitation des mariniers, la "cadole", qui a donné son nom au bateau entier. Depuis le nord de la Bourgogne historique (région de Bar-sur-Seine), jusque dans le sud de la Saône-et-Loire, la cadole désigne une cabane en pierres sèches. Il n'est pas impossible que le mot soit d'origine maritime, désignant une couchette de bateau, et qu'il soit revenu à la nautique en passant par les vignes bourguignonnes. On trouve parfois ce bateau nommé "camard".

Cafus : dans le nord, femmes qui chargeaient à la main les briquettes de charbon dans les bateaux.

Cahotier : ancien bateau de charge de la Vilaine. Etymologie : du village de Cahot, au bord de la Vilaine, où était chargée la pierre qui constituait le principal fret de ces bateaux d'architecture ligérienne.

Caillebotis : réceptacle à amarres et cordages.

Cajoler ou cagoler : déplacer son bateau à reculons sur un court trajet en le laissant dériver vers l'aval, tout en le contrôlant par les amarres, pour ne pas avoir à le faire pivoter.

Cale : grand compartiment qui occupe la majeure partie du bateau de commerce, et dans laquelle sont disposées les marchandises transportées. Synonyme (plutôt dans le nord) : "l'houle"..

Cale de mise à l'eau  : plan incliné ménagé dans la berge d'une voie d'eau pour permettre la mise à l'eau ou la remontée de bateaux transportables sur remorque. Synonyme : rampe de mise à l'eau.

Rampe de Briennon
La cale de mise à l'eau de Briennon (canal de Roanne à Digoin)


Cale sèche : bassin destiné à recevoir au sec des bateaux en contrôle (sondage décennal de l'épaisseur de la coque) réparation ou en construction. La cale sèche est en communication directe avec le canal ou la rivière, et en est isolée par un système de fermeture du genre porte busquée, guillotine ou simplement de bâtardeau à tampes pour être vidée. C'est l'équivalent fluvial de la cale -ou "forme"- de radoub maritime. La mise en cale sèche d'un bateau ressemble aux premières manoeuvres d'un éclusage avalant, jusqu'avant l'ouverture de la porte aval. Quand la cale est presque vide, le bateau est calé sur des plots en bois, métal ou béton, et ce calage est affiné avec des vérins hydrauliques.


cales sèches de Roanne
Les cales sèches de Roanne, toute neuves au début du XXe siècle.

Cale sèche Courchelettes
Une des cales sèches de Courchelettes, sur la Scarpe, avec deux automoteurs Freycinet en visite. (photo J-Claude Verrier)

cale_seche_MLA
Mise en cale sèche d'un bateau. On voit au premier plan la vanne qui servira à vider la cale quand le bateau sera entièrement entré et la porte fermée.


Caler : avoir un tirant d'eau de... "Une fois chargé, mon bateau cale 1,80 m".

Caleyer : sur le Rhône, profiter d'un contre-courant (un ""), quand on est montant, pour gagner de la vitesse en naviguant à la limite du mouillage suffisant.

Calfat : artisan spécialisé dans le calfatage.

Calfatage, calfater : synonymes de palâtrage et palâtrer.

Calicot : Bande de toile de coton que l'on collait avec du goudron sur les jointures des planches pour étancher.

Calome : sur le Rhône, câble spécial de remorquage entre deux bateaux, de 25 à 30 mm de diamètre et long d'une centaine de mètres. D'après Citerna21 du site Vagus-Vagrant, "ce n'était pas un petit travail quand, après le largage, il fallait l'allonger sur le pont et la loverdans son caillebotis (réceptacle à amarres. Voir plus haut).". Nous ne mettrons pas sa parole en doute. 

Camard : autre nom de la cadole du canal du Centre. Ce terme pourrait trouver son origine dans la forme en bec de canard de la levée avant de ce bateau, comme pour le "bé de cane" berrichon.

Cambuse : Petit coffre avec couvercle et porte, situé près de la marquise, qui sert à placer une gazinière.

Caméré (rideaux) : système de bouchure de barrage mobile dû à l'ingénieur Caméré, au XIXe siècle. Le rideau Caméré s'enroule à la façon d'une persienne pour s'ouvrir, et se déroule de la même façon pour se fermer. Il s'appuie sur une structure métallique du genre fermette de Poirée.

rideaux Caméré

Eléments de rideaux Caméré du barrage de Suresnes (Seine). Le personnage en bas à droite (indiqué par la flèche jaune) donne l'échelle.



Campinois : type de chaland automoteur de grand gabarit, dont le tonnage atteint 550 tonnes et les dimensions 50 m sur 6,60 m.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation offerte par un internaute, Monsieur Pascal Roland, professeur de batellerie à Huy, en Belgique, que nous remercions pour nous avoir autorisé à l'utiliser ici.

Campionnet ou campionnette : bateau de type berrichon fabriqué au chantier du port Campionnet de Digoin, Campionnet étant un industriel local du XIXe siècle.

Can : sur un bateau, tranche d'un bord ou d'une planche. Origine : vraisemblablement déformation de "chant".

Canadien : type de chaland automoteur de grand gabarit. Le canadien se reconnaît à son arrière effilé qui évoque un canoë. Le nom de ce type de bateau vient, non pas de cet arrière en canoë, mais du fait que les premiers ont été construits au Canada et livrés à la France dans le cadre du "Plan Marshall". Le canadien porte mille tonnes.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation offerte par un internaute, Monsieur Pascal Roland, professeur de batellerie à Huy, en Belgique, que nous remercions pour nous avoir autorisé à l'utiliser ici.

Canal : rivière artificielle pouvant servir à l'irrigation (canal du Forez, canal de Saint-Martory), l'adduction d'eau (canal de Craponne), le drainage, la navigation…
Jusqu'à la moitié du XIXème siècle, il était courant de nommer "canal" une rivière canalisée. Ainsi le Lez devint-il en 1694 le "canal de Graves", le Layon en 1779 le "canal de Monsieur" (Le futur Louis XVIII, frère de Louis XVI et comte d'Artois, l'avait pris sous sa protection), la Soulles en 1830 le "canal de Coutances"...
Autre sens : support électromagnétique de communication radiotéléphonique caractérisé par sa fréquence hertzienne (ou l'inverse, sa longueur d'onde). Les écluses sont souvent "sur" les canaux 18, 20 et 22. Les mariniers utilisent le 10 pour s'échanger des informations brèves, et passent sur le 11 pour discuter plus longuement, afin de libérer le 10.

Canal de jonction à bief de partage : canal reliant les vallées de deux bassins versants différents, en franchissant le relief qui les sépare (une ligne de collines généralement), et donc la ligne de partage de leurs eaux. Ce canal monte d'un côté et descend de l'autre, et est alimenté en son sommet, nommé "bief de partage", par des étangs-réservoirs reliés entre eux et au canal par tout un réseau de rigoles d'alimentation. Les canaux de jonction à bief de partage furent les premiers grands canaux construits en France (canal de Briare 1642, canal du Midi 1682, canal d'Orléans 1693, canal du Centre 1794), et on peut en être surpris car ce sont les plus difficiles à réaliser : l'alimentation en eau est le souci majeur des ingénieurs chargés de leur conception. Mais leur rôle à l'époque consistait à relier des rivières dont on s'accommodait plutôt bien des conditions de navigation (Loire, Seine, Garonne, Saône...), ce qui n'était plus le cas au début du XIXe siècle, époque à laquelle on a généralisé la construction de canaux latéraux.

Canal de jonction par dérivation : canal reliant les vallées de deux bassins versants différents, séparés par un relief suffisamment faible pour que le canal se sépare du premier cours d'eau, qui l'alimente, et rejoigne le second en suivant simplement une courbe de niveau jusqu'au point de franchissement de la ligne de partage des eaux, à partir de laquelle il peut descendre vers le second cours d'eau. Plusieurs canaux du nord et la partie sud du canal de Saint-Quentin, de la Somme à l'Oise, fonctionnent sur ce principe. Le canal de la Sauldre, en Sologne, aussi.

Canal latéral : canal qui supplée à la carence de navigabilité d'une rivière en accompagnant son cours à une distance plus ou moins grande, et à une altitude plus élevée pour être hors d'atteinte de ses crues. Il est alimenté par sa "rivière-compagne" à son origine, puis par de petits affluents traversés en cours de route.

Canal maritime : ce terme regroupe en fait trois sortes de canaux : 

  1. Ce peut être un canal établi latéralement à l'estuaire d'un fleuve pour en éviter les difficultés de navigation (bancs de sable, mascaret...). Etant donné la taille des bateaux amenés à le fréquenter, un canal maritime est généralement d'un gabarit important. La Somme, la Seine (canal de Tancarville), la Sèvre Niortaise sont ainsi équipées, de même que la Loire, mais le canal maritime de cette dernière, dit "canal de la Martinière", est aujourd'hui fermé à la navigation et ne sert plus principalement que comme réservoir-tampon du système de drainage des marais du Pays de Retz.
  2. Un canal dit "maritime" peut aussi joindre le port d'une ville et la mer proche. Le canal de Caen à la mer, celui du Haut-Dick appartiennent à cette catégorie. Celui du Brault appartient aux deux premières catégories à la fois.
  3. Enfin, un canal maritime peut servir à joindre deux mers séparées par un isthme étroit. Ce type de canal peut être à niveau, sans écluse et donc salé comme les canaux de Suez et de Corinthe, ou bien à bief de partage comme le canal de Panama. La France ne possède pas de canal maritime de ce type. Seule la liaison trans-Cotentin projetée par Napoléon 1er, connue sous le nom de canal des Espagnols en aurait été si elle avait été achevée.


Deux canaux maritimes : Corinthe en haut et Panamà en bas. Deux conceptions différentes.


Canalou : sobriquet peu flatteur donné par les mariniers de Loire aux bateliers de canal qui, passant leurs journées sur le chemin de halage à tirer leurs bateaux, ne méritaient pas, selon eux, le titre glorieux de "mariniers". Les rixes étaient fréquentes entre "canalous" et mariniers de Loire. Cette rivalité ne dura guère : au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la batellerie de Loire disparut complètement, et seuls restèrent les "canalous".

Canard : bûche de bois flotté retenue par un contre-courant ou un obstacle, et qui s'imprègne progressivement d'eau jusqu'à flotter entre deux eaux et constituer un danger pour les bateaux pour lesquels elle est invisible. Des ouvriers, les "pousseurs", étaient spécialement affectés à la surveillance de ces bûches, et étaient chargés de les renvoyer dans le courant.

Candi : ancien bateau de la Seine. Il n'est pas précisé si ce type de bateau était affecté spécialement au transport de sucre !

Cannap(e) : serre-joint utilisé par les charpentiers de marine pour, entre autres, maintenir les bordés d'un bateaux avant leur fixation définitive par clous ou chevilles. Le cannap (ou cannape) se présente sous la forme d'un grand H articulé, et son principe est simple : un coin de bois enfoncé entre les hauts des jambes du H reserre le bas des mêmes jambes.
Le système a été transposé dans la construction de bateaux métalliques pour l'application de doublantes de bordailles. Il consiste en l'insertion d'un coin entre la doublante et une pièce métallique soudée provisoirement à la coque, de façon à serrer le plus possible la doublante contre la coque.

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Cannap

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Cannap d'acier. Le coin et la pièce soudée provisoirement apparaissent clairement (Promener la souris sur la photo). La doublante est au premier plan.


Canoë : petite embarcation de rivière, d'origine indienne. Lointain cousin de nos péniches, le canoë est à l'origine un bateau de charge pouvant atteindre la longueur de 10 mètres, et fabriqué en peaux d'animaux ou en écorces tendues sur une armature de bois, ce qui lui confère une grande légèreté. Le canoëiste s'y tient à genoux, ou assis sur ses talons repliés sous lui, et le manoeuvre avec une pagaie simple, unilatéralement. Un savoir-faire approprié lui permet de garder la ligne droite sans avoir à changer de côté à chaque coup de pagaie. Selon sa taille, le canoë peut porter plusieurs personnes. Exporté dans le monde entier, et conçu en acajou, en plastique, en toile ou même en métal, c'est devenu un bateau de sport et de tourisme très courant. Associé au kayak, avec lequel il ne doit pas être confondu, il est devenu une discipline olympique (dans laquelle la France -cocorico- est loin d'être nulle).

Canyon

Canoë biplace dans un rapide.
Cliquer ici pour voir l'image dans son ensemble.
(Illustration de l'auteur)

Lien : "La rivière", un site très très complet sur le canoë et le kayak


Capitainerie : Un port de plaisance est équipé d'un bâtiment où travaille le "capitaine" du port, c'est à dire son gestionnaire. C'est lui qui s'occupe d'attribuer les emplacements aux bateaux, d'encaisser les taxes d'occupation, de "faire la police" sur le port, de veiller à son bon entretien, bref, une foule de choses. C'est la présence ou non d'une capitainerie qui fait la différence entre un port et une halte nautique. Un site sympa a adopté ce nom.

Capot : Trappe placée sur l'éveule, destinée à fermer le poite ou le reu.

Capture : phénomène d'hydro-dynamique fluviale par lequel le cours d'une rivière est détourné par une autre, proche, qui la "capture" et dont le lit devient le cours inférieur de la première. Ce peut être dû à l'action de l'érosion, à l'exhaussement du lit par accumulation d'alluvions, puis surverse dans un bassin voisin, à un basculement géologique, ou à l'action conjuguée de plusieurs de ces facteurs. Celles dont nous voyons le résultat de nos jours se sont produites à la fin du tertiaire et au début du quaternaire.

Quelques cas de captures en France :

Le Layon, dont le cours supérieur (jusqu'à Concourson), était un affluent du Thouet.

La Moselle, dont le cours supérieur (jusqu'à Toul-Nancy) rejoignait la Meuse avant d'être capturé par la Meurthe.

La Loire, dont le cours supérieur (jusque vers Gien) rejoignait la Seine par l'actuelle vallée du Loing.

La Seine qui, à Paris, empruntait les actuels grands boulevards, et dont le cours a été capturé par la Bièvre (qui occupait le lit actuel de la Seine) à la hauteur de la gare d'Austerlitz.

capture, avant capture après

Mécanisme de capture d'une rivière par une autre (animation). Cliquez ici pour agrandir la première image dans une nouvelle fenêtre, puis pour agrandir la deuxième de la même façon.

Carabus : bachelet d'osier et de cuir de la vallée du Pô, dans l'Antiquité. Le mot vient bien sûr directement du grec "karabos" (coquille).

Carapata : synonyme de haleur.

Carlinguage : sur un bateau automoteur, ensemble de renforts fixés sur les courbes à l'arrière du bateau pour recevoir le moteur.

Carrate : barque de charge du Rhône.

Carré bleu (ou panneau bleu) : plaque bleue d'un mètre-carré, escamotable, placée sur le côté droit de la marquise de l'automoteur. On le rend visible lorsque l'on va croiser un autre bateau, et que l'on désire que ce croisement se fasse bord droit contre bord droit, c'est à dire à gauche. S'il est d'accord, l'autre bateau arbore également son carré bleu. On peut aussi utiliser un drapeau bleu de la même taille. De nuit, il est remplacé par un feu blanc clignotant.

Cargo : voir "Fluvio-maritime".

Carnet de jaugeage : voir "verbal".

Casser un convoi : désolidariser les barges et le pousseur d'un convoi poussé. On dit aussi "débrèler un convoi".

Cassette : sur la Loire, coffre en bois où le marinier range ses affaires personnelles. Ce coffre est souvent orné de motifs sculptés.

Castreau ou castro : sur les bateaux gréés, forte pièce de bois sculptée en boite, dans laquelle vient se loger le pied du mât.

Cave (aller à la - ) : couler. "Eh Jules, ton bateau va à la cave !".

Célestine : pompe manuelle au corps très long, de manière à atteindre le fond du bateau dans le sentineau , en étant actionnée depuis le plat-bord. Le pompage à la célestine était l'exercice matinal quotidien de tous les mariniers sur les bateaux de bois. Remplacée à présent par des pompes de cale électriques et automatiques.
Synonyme : "seringue".

Cercueil : gorge ménagée dans le couronnement maçonné pour la crémaillère d'ouverture du vantail. Cette gorge est couverte par des plaques de tôle d'acier pour permettre la circulation sans danger de l'éclusier.
Autre sens : ce terme désigne d'une façon ironique un berrichon dans un convoi remorqué en Seine.

Châbleau : corde de batelier (vieux français).

Châbler : attacher à un câble (vieux français).

Châbleur de pont : personne qui exerce un métier aujourd'hui disparu qui consiste à aider les bateaux à franchir les ponts, généralement à contre-courant, en les halant au moyen de câbles (d'où le nom). Son travail s'appelle le châblage (vieux français).

Chaland : nom générique donné à de nombreux types de bateaux de transport fluviaux, parfois même fluvio-maritimes, très divers autant par la taille que par la forme, la technologie, etc. Les plus petits chalands sont des barques longues de quelques mètres, comme le chaland de Brière, et les plus grands sont de puissants chalands automoteurs, dont la longueur dépasse 100 mètres, comme on peut en voir sur la Seine, la Moselle, le Rhône ou le Rhin.

Chaland de Loire : principal bateau de transport en usage sur la Loire depuis le Moyen Âge jusqu'à la fin du XIXe siècle. Le terme "gabare" (voir ce mot), qui lui est souvent appliqué de façon un peu galvaudée, n'est apparu qu'à la fin du XVIIIe siècle. Le chaland de Loire, dont la forme a évolué au fil du temps, fut un peu pendant plusieurs siècles le semi-remorque de l'autoroute fluviale qu'était alors la Loire. Il descendait la Loire au gré du courant, et la remontait à la voile carrée, poussé par le vent de mar, et assemblé en "trains". C'est un bateau complexe d'une architecture extrêmement intéressante. Il en existe aujourd'hui de nombreuses reconstitutions, plus ou moins fidèles et exactes, tout au long du fleuve. Elles résultent du travail de nombreuses associations de passionnés d'ancienne navigation ligérienne, et peuvent contribuer à la connaissance de ces anciennes techniques, par leur pratique redécouverte et réapprise.

Chalandeux, chalandou : sur la Loire, "chalandou" était un sobriquet assez peu flatteur que donnaient les lavandières aux mariniers. Ce n'était cependant pas la pire des insultes (voir plus bas) ! "Chalandeux" se rencontre en Bretagne, et n'a pas la même connotation péjorative. Dans les deux cas, ce terme désigne bien sûr le marinier.

Chalibardon : ancien type de bateau de l'Adour.

Châlon : grand filet de pêche que l'on traîne en rivière avec deux bateaux.

Chambre : cavité ménagée dans le radier de l'écluse, au niveau des portes, et dans laquelle tournent les vantaux de celles-ci. La chambre est délimitée à l'aval par le heurtoir busqué de la porte.

Chambre d'équilibre : voir Vanne-toit.

Chameau : ponton flottant immergeable à volonté, grâce à ses caissons remplissables d'eau, et pouvant ainsi accueillir un bateau à trop fort tirant d'eau pour lui permettre de passer sur des hauts fonds, ou de rejoindre une cale sèche pas assez profonde pour lui. (Suggestion : ce système pourrait trouver une application dans la remise en service des cales sèches de Roanne dont la profondeur limitée (0,60 m) ne répond plus aux besoins des bateaux actuels)

Champignon : bollard placé sur un quai, le couronnement d'une écluse ou une patte d'oie.

Chandelier : dans les anciens pertuis, axe vertical métallique sur lequel pivote la volée.


Chandelier
Chandelier d'ancien pertuis


Chanoine (hausses) : système de bouchure de barrage mobile, proche de la hausse Aubert dont elle est en quelque sorte une ancêtre. La base de la hausse est libre, la béquille vient s'articuler à mi-hauteur de celle-ci. Son abattage est commandé depuis la rive par une barre à talons qui court sous l'eau, juste devant la base des béquilles, et qui sert à les chasser du sabot. Pour remonter la haussee Chanoine, on utilise la pression de l'eau sur sa base. Un des premiers barrages Chanoine a été installé en 1850 à Montereau sur la petite Seine, couplé à l'écluse de Courbeton, aujourd'hui désaffectée.

hausse Chanoine 1

Schéma de hausse Chanoine (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)

hausse Chanoine 2

Schéma du basculement et du relevage d'une hausse Chanoine (Notions de Navigation Intérieure, par E.Fourrey, 1946)

 

Chantier : fort madrier, posé sur son chant, c'est à dire le plus petit de ses côtés. Disposé en plusieurs exemplaires, il est destiné à recevoir un bateau en construction ou en réparation. Par extension, le mot s'est appliqué par la suite à l'aire de construction nautique dans son ensemble, puis à tout espace de travail, et même dans un sens figuré (le "grand chantier de la réforme des retraites"...).

Chapeau : dans les anciens pertuis, autre mot pour désigner la volée. Synonymes : volée, barre, barreau.


chapeau
Chapeau de pertuis (maquette)

Charabiat(s) : surnom peu flatteur donné aux mariniers du Haut-Forez, qui naviguaient sur des sapines.

Chardonnet : forme donnée à la maçonnerie de l'enclave des portes, dans une écluse, de manière à ce que le poteau tourillon du vantail épouse de façon étanche cette forme. C'est une des partie les plus délicates d'une écluse.
chardonnet
Chardonnet.

Chargé : bateau de transport plein.

Charrière ou charroyère : grand bac sur la Loire et ses affluents.

Charroneau : sur la Loire, petite embarcation qui devait accompagner les bacs.

Chatte : sorte de gabare servant à charger ou décharger des vaisseaux, en estuaire ou en port maritime.

Chaudron : appellation familière pour "remorqueur".

Chaumard : pièce de bois ou de métal placée à l'avant d'un bateau, et formant un guide pour un cordage. Synonyme : galoche.

chaumard
Chaumard

Chaussée : partie fixe d'un barrage, en maçonnerie. On dit aussi "déversoir".

Chaussée
Chaussée de barrage (le Beuvron à Clamecy).

Chemin de halage : chemin placé sur une rive du canal ou de la rivière canalisée, et d'où était pratiqué le halage des bateaux, qu'il soit humain, animal ou mécanique. La pratique du halage ayant disparu par suite de la motorisation généralisée des bateaux, ces chemins, qui restent prioritairement des chemins de service pour les besoins de travail des personnels de la navigation (éclusiers principalement), tendent à recevoir aujourd'hui des activités de loisirs "verts" : cyclistes, rollers, cavaliers, randonneurs, avec la consigne que chaque activité n'entre pas en conflit avec les autres, et à fortiori n'entrave pas l'action du personnel des DDE dont c'est le lieu et l'outil de travail. Lien : le blog sympa d'un cyclo-randonneur qui voyage par les chemins de halage.

chemin de halage
Chemin de halage (canal de Roanne à Digoin).


Chenal : partie du lit de la rivière où est assuré un mouillage suffisant pour la navigation. Il peut être balisé. Dans les râcles, c'est une bande de 15 à 20 mètres de large à partir de la rive qui porte le chemin de halage. Sous les ponts en rivière, utiliser bien logiquement l'arche côté halage, et non l'arche centrale.

Chêne, chênard, chênière : bateau en chêne, comme son nom l'indique. Ce n'est pas vraiment un type de bateau précis.
Autre sens de chênard : sur le Rhône, c'est le petit bateau-flotteur qui soutient l'extrémité de l'axe de la roue d'un moulin-bateau. Sur la Loire, c'est la foirine ou la foraine.

Cheneau (système électrique) : système de halage qui consistait en un long portique aérien placé à l'entrée et la sortie des écluses jumelles de certains canaux du nord et de l'est, et destiné, par un système de trolley ou monorail, à aider les bateaux, alors non motorisés, à entrer dans le sas et à en sortir. Ce système spectaculaire a disparu quand tous les bateaux furent motorisés. Les mariniers le baptisaient familièrement "zinzin".


"Zinzin" installé aux écluses de Longueil-Annel (canal Latéral à l'Oise)


Publicité pour le système de halage Chéneau en 1934. Le bateau est un "gros numéro".

Cheval : en plus de son emploi pour le halage, le cheval a servi... d'unité marinière de mesure -ou plutôt d'estimation- pour la puissance du courant des rivières, en estimant le nombre de chevaux qu'il serait nécessaire pour vaincre ce courant à la remonte avec un bateau chargé. Les mariniers parlaient ainsi volontiers d'une eau de quatre chevaux, de six chevaux..., sachant qu'une eau "normale" était estimée à deux chevaux. Cette "mesure" nous est signalée dans les Ardennes, mais il n'est pas impossible qu'elle ait connu un usage plus étendu géographiquement.

Chevalage : technique de dégagement du chenal navigable de la Loire au moyen d'un "chevau", grande raclette en bois, tirée par les mariniers pour accroître le mouillage disponible. Cette technique est couramment utilisée lorsqu'un bateau s'engrave.

Chevalis : chenal artificiel, obtenu notamment par chevalage.

Chevau : sur la Loire, outil employé pour dégager manuellement le chenal. Le chevau se présente comme une sorte de grand rateau tiré par un bateau, ou poussé manuellement en avant.

Chevelu : le chevelu d'une rivière est le réseau formé par cette rivière et l'ensemble de ses affluents, sous-affluents, sous-sous-affluents, etc. L'ensemble des terrains drainés par le chevelu d'une rivière constitue son bassin versant.

Chevêtre ou chevestre : sur le bateau de Loire, ainsi que sur le marnois, cordage attaché à l'arrière sur chacun des deux bords, et frappé par deux demi-clés sur la bille de la piautre. Cela maintient cette dernière en position axiale déjà calée dans le X formé par les ménicles, et limite ses mouvements à une rotation oblique. Lorsque le bateau est lège, l'empannon (safran) est moins soutenu par l'eau et le centre de gravité de la piautre se trouve en arrière de son point d'appui sur le tableau arrière, le chevêtre empêche alors son basculement.

Cheville : pièce de bois en forme de cône allongé, servant à asssembler entre eux les éléments minces d'un bateau, comme les planches de la bordaille assemblées à clins, ou celles-ci sur les membrures.
Autre sens : sur les bateaux de Loire, timon de la piautre. Synonymes : barrette, manchette.

Chevrette : digue disposée en oblique par rapport au courant et destinée à resserrer le chenal de navigation pour en augmenter le mouillage, ou encore orienter le flot de la rivière vers un moulin. Synonyme sur la Loire : duis.

Chie-dans-l'iau : sobriquet pas vraiment flatteur que donnaient les gens d'à terre, et notamment les lavandières, aux mariniers, surtout sur la Loire. Dans le même régistre, on entendait aussi "mariniasse" et "chalandou". Ces derniers répliquaient par des amabilités du genre "cul-terreux". On savait "communiquer" à l'époque !

Chômage : période de fermeture de la voie d'eau, et qui est mise à profit par les services navigation pour... travailler d'arrache-pied aux travaux d'entretien et de réparation des ouvrages. "Cette année, le canal latéral à la Rhébanne sera en chômage du 29 janvier au 30 mars."

Chute (d'une écluse) : différence de niveau rattrapée par l'écluse. Une écluse de haute chute est dite "bien creuse".


Ecluse de haute chute
Une écluse de haute chute (6 mètres) : Chassenard, sur le canal de Roanne à Digoin.


Cigare : nom familier donné par les éclusiers aux narrow-boats, en raison de leur étroitesse.

Ciment armé : ce matériau insolite en nautique fut employé pour la construction de bateaux au lendemain de la première guerre mondiale, avec des résultats étonnemment bons, pour pallier à la pénurie de métal, englouti dans les canons, obus, chars et autres sympathiques engins. De nombreux bateaux en ciment flottent encore, à défaut de naviguer. Le bateau-chapelle "Je Sers", à Conflans-Sainte-Honorine, en est un. Dans le Marais Poitevin, on trouve aussi de nombreuses piates fabriquées dans ce matériau.

bateau à chaînes en ciment

Ce bateau à chaînes du Marais Poitevin, à Arçais, est en ciment armé.


Cingle : dans le sud-ouest, méandre de rivière (par exemple le cingle de Trémolat sur la Dordogne). Le mot est peut-être à rapprocher de "cinglé" au sens de "dément", ainsi qu'à "cingler" pour un fouet et pour un navire. En effet, dans tous, on trouve la notion de courbure, de torsion : une personne "cinglée" a l'esprit un peu "tordu", un fouet qui cingle décrit alors une boucle. Quant au bateau qui cingle dans une direction donnée, ce sont ses voiles qui, gonflées par le vent, sont alors rondes.

Ciselande ou cesselande : autre orthographe pour "sisselande", bateau du Rhône fabriqué à Seyssel.

Citrouille : local technique destiné à abriter les éléments amovibles d'un barrage mobile à aiguilles pendant une crue. La citrouille peut être construite directement sur une des piles du barrage, auquel cas l'architecte lui donne une forme hydrodynamique, ce qui donne à l'édicule un cachet certain. Malheureusement, avec l'automatisation des barrages mobiles, les citrouilles sont souvent abandonnées puis détruites (elles ne sont pas transformées en carosses !). C'est une part du patrimoine qui disparaît ainsi discrêtement.

Civadière ou civardière : sur le Rhône, dans un convoi de bateaux, bateau affecté au transport du fourrage pour les animaux de halage.

Clairevoie : ouverture ménagée dans les veules ou sur une face de la cabine pour donner un accès vertical à une pièce enfoncée dans la coque, le poate ou la salle des machines par exemple. La claire-voie, selon la configuration des éléments, peut être une simple trappe en toit à deux pentes, vitrée et protégée par un grillage, ou bien une combinaison formée d'une trappe horizontale et de vantaux verticaux. Dans la plupart des cas, la trappe est vitrée pour permettre l'éclairage naturel de la pièce.

claire-voie
Claire-voie.


Clan : sur un bateau gréé, ouverture ménagée dans le haut du mât pour y recevoir une poulie (un réa).
Autre sens : sur un bateau de canal du genre péniche, membrure de côté.

Clin(s) : une bordaille est dite "assemblée à clins" quand les planches qui la constituent se chevauchent de haut en bas sur un quart ou un tiers environ, à la manière des tuiles d'un toit. Cette technique, qui viendrait des peuples scandinaves, a touché principalement, sur les rivières, les bateaux de la Loire, certaines gabares de Charente, les foncets de la basse Seine et les bricoles sarroises. On la trouve aussi sur de nombreux types de bateaux de mer.
Le mot a formé celui de "déglinguer" qui désigne l'opération consistant à disloquer un bateau assemblé à clins, et celui de "requinquer" qui désigne l'opération inverse, la réparation de bords abimés.
Etymologie : le norrois klink.

assemblage à clins
Assemblage à clins d'un bateau de Loire.

clins sur un bateau suédois
Beau bateau suédois, sur lequel l'assemblage à clins est bien visible. (Photo Alain Swierkos)


Coaltar : goudron de houille dont on enduit les bateaux en bois, très efficace pour protéger la coque des algues et parasites, tout en la rendant étanche. Le coaltar se passe à chaud avec un guipon. Le black en est un dérivé plus raffiné. .

Coche : bateau spécialisé dans le transport des voyageurs, pour lesquels il peut être aménagé de façon plus ou moins luxueuse. Les coches ont disparu avec l'avènement du chemin de fer.

Coche de plaisance : terme officiel pour désigner le bateau de plaisance habitable, équivalent fluvial du camping-car. "Péniche" est à proscrire absolument pour désigner ce type de bateau, de même que "Pénichette" qui est une marque déposée d'un type bien particulier de coche de plaisance. On dit aussi "house-boat", "housbot" qui est une tentative de francisation, ou tout simplement "bateau". Lien : Boat-Booking, plate-forme de réservation de coches de plaisance.

Coche de pompe : Tube plongeant dans le fond du bateau depuis le plat-bord afin d'y introduire la pompe à main ("célestine" ou "seringue") ou le tuyau souple de la moto-pompe.

Coëtte : sur un chantier de construction navale, fort madrier qui va recevoir et supporter le fond du bateau, la "sole". Le calage des coëttes est très important pour assurer une planéité aussi parfaite que possible de la sole.

Collier de ragage (ou racage) : sur un bateau gréé, et notamment sur les bateaux de Loire, cordage formant une boucle destinée à maintenir la vergue contre le mât, tout en lui permettant de coulisser de haut en bas le long de celui-ci grâce à de grosses perles en bois.


collier de ragage 2
Collier de ragage sur un bateau de Loire.

Collier tourillon : collier métallique qui maintient le poteau tourillon d'un vantail d'écluse, par l'intermédiare d'un dispositif de réglage et d'ancrage dans la maçonnerie : la croix de Lorraine.

collier tourillon
Collier tourillon.

Coltineur : dans un port, ouvrier affecté au déchargement du charbon. Etymologie vraisemblable : de "coal", charbon en anglais.

Combles : un bateau de commerce est dit "chargé en combles" quand son fret est d'une densité faible (du bois par exemple), ce qui oblige à le charger très en hauteur, jusqu'à la limite de la hauteur libre laissée par les ouvrages d'art.

Côme : Sur la Loire, vivier pour la pêche. Voir "goume".

Commerce : pour l'éclusier, bateau de transport. Disparu sur certains canaux voués à présent
exclusivement au tourisme.

Compensation : un safran est dit compensé lorsqu'il se prolonge à l'avant de son axe (la mêche) sur une petite surface supplémentaire. Celle-ci augmente notablement son efficacité, tout en facilitant sa manoeuvre. Dans le cas d'un bateau motorisée, le flux de l'hélice va frapper entièrement la surface du safran quand il est tourné, au lieu de se perdre pour la moitié à côté.

compensation-automoteur

Compensation sur un automoteur. (photo J-Claude Verrier)

compensation piautre

Compensation sur la piautre d'un bateau de Loire.


Conche : dans le Marais Poitevin, ce mot désigne un petit canal accessible aux barques.

Confluent : point de rencontre de deux cours d'eau, l'un, le plus petit, étant l'affluent de l'autre... en principe.

confluent Monterau

Un confluent à polémique : celui de la Seine et de l'Yonne à Montereau. En bas, venant du sud, l'Yonne. A droite, venant de l'est, la Seine. Et ce qui s'en va à l'ouest, à gauche, vers Paris, qu'est-ce donc ? De la Seine ou de l'Yonne, lequel est l'affluent de l'autre ? Les géographes et hydrologues sont formels : au vu des mesures des débits et de la taille des bassins versants respectifs, c'est la Seine qui est l'affluent de l'Yonne. Ce genre de polémique se retrouve sur la Seine et l'Aube, le Loing et l'Ouanne, ou bien sur la Durance et la Clarée à Briançon, entre autres. (Origine du document : Géoportail)


Contre-étambot : pièce de charpente maitresse de la poupe d'un bateau qui renforce l'étrave. Plus maritime que fluvial, ce terme est cependant usité dans la batellerie occitane (sapine, barque de patron...).

Contre-étrave : pièce de charpente maitresse de la proue d'un bateau qui renforce l'étambot. Plus maritime que fluvial, ce terme est cependant usité dans la batellerie occitane (sapine, barque de patron...).

Contre-fossé : fossé parallèle au canal et destiné à recueillir et évacuer, par drainage, les eaux d'infiltration provenant du canal, ainsi que celles qui proviennent des terrains et coteaux alentours. Le système de drainage d'un canal, très discret, peut être d'une grande complexité.

Contre-halage : chemin de service placé sur l'autre rive du canal que le chemin de halage. Moins utilisé que ce dernier, le chemin de contre-halage occupe une emprise de servitude moins large, de l'ordre de 3 à 4 mètres, alors que le halage occupe une bande large d'environ 8 mètres (nous parlons ici de l'emprise de servitude, et non du chemin seul. Cette emprise comprend aussi le talus et le fossé de drainage, s'il y en a un). En rivière canalisée, il est généralement absent, de même qu'en râcles, où le chenal de navigation longe une rive. Le chemin de contre-halage était utilisé surtout à l'époque, et sur certains canaux, où les bateaux étaient halés à la bricole par un homme de chaque côté.

Convoi : ensemble formé par une ou plusieurs barges solidarisée(s) à un bateau qui la ou les propulse, nommé pousseur. L'ensemble se comporte comme un seul bateau. Nombreux sur la Seine, l'Oise, la Moselle, le Rhin, la Saône et le Rhône. Un convoi poussé peut porter, sur la basse Seine (à l'aval de Paris), jusqu'à 10000 tonnes, et mesurer 180 mètres sur 11,40.

Convoi tractionné : convoi de bateaux non motorisés tractés en rivière par un remorqueur ou un toueur.

Coquet : petit bateau normand de l'estuaire de la Seine.

Coracle : bateau monoplace et léger, de plan circulaire, utilisé sur les rivières et lacs gallois et irlandais. Il est constitué d'une structure légère de fines lames de bois ou branches, sur laquelle est fixée (cousue) une enveloppe souple, en peau ou en toile goudronnée. Il se manoeuvre à la perche et à la pagaie. C'est un lointain cousin (par quel lien de parenté ?) du kouffa persan.

Corbillard : ancien bateau de la haute Seine. (vient de la ville de Corbeil)
Origine : Au Moyen Âge, Paris était ravitaillée en céréales, vin, bois et matériaux de construction, par plusieurs ports en amont dont celui de Corbeil. De par leur provenance, les bateaux affectés à ces transports étaient nommés, "corbeillards". Lors de l'épidémie de peste (1628), on les utilisa pour évacuer les morts de la capitale. Les Parisiens déformèrent le nom en "corbillard", terme repris ensuite plus largement pour désigner le véhicule que l'on sait.

Cordelle : petite corde pour haler les bateaux.

Corps-mort : masse de densité notablement supérieure à 1 (métal, béton, pierre...) reliée par une chaîne ou un cable à une bouée ou une balise en surface, dans le but de maintenir celles-ci en place sans être emportées par le courant.

Cornet : Corne de brume utilisée pour les signaux sonores. Très peu utilisé de nos jours car remplacé avantageusement par la VHF.
Sur une barque des hortillonages d'Amiens, levée avant très prononcée.

Cornière : partie métallique reliant la bordaille et le fond du bateau (la sole) en formant un angle droit. C'est l"équivalent de l'enchème des bateaux en bois.

Corroyage : revêtement de la cuvette d'un canal avec une couche d'argile ou de béton, dans le but de rendre cette cuvette étanche là où le canal traverse des terrains perméables.

Cosnier (Hugues) (1567-1629) : Ingénieur tourangeau qui a conçu et réalisé le premier canal moderne, celui de Briare, reliant la Loire à la Seine, concrétisant ainsi le principe du canal à bief de partage que le provençal Adam de Craponne avait imaginé en théorie vers 1550. Plus que dans l'invention pure, le génie de Cosnier réside dans le fait d'avoir su synthétiser, en une oeuvre unique à caractère visionnaire, les connaissances éparses que l'on avait jusqu'alors en hydraulique. On lui doit cependant, entre autres, l'invention des écluses multiples. Son caractère volontaire et entreprenant a fait le reste. Il est décédé avant de voir son ouvrage fini (ouverture en 1642) par une compagnie d'actionnaires qui a eu l'intelligence de continuer sur ses plans. Riquet, lorsqu'il construira son canal du Midi, s'inspirera beaucoup des travaux de Cosnier et ne s'en cachera pas. On ne peut lui en tenir rigueur : il avait bien raison de prendre les bonnes idées là où elles se trouvaient. Mais on attend toujours que Cosnier entre dans le dictionnaire par la grande porte, au Panthéon des grands ingénieurs, alors que Riquet, qui lui doit presque tout, y est déjà ! Il est temps de rendre à César ce qui est à Jules.

Coubat : sur le courpet de haute Dordogne, aviron placé à l'avant, avec un rôle à la fois propulsif et directionnel. Il y en a généralement un de chaque côté.

Couble : Sur le Rhône, attelage de quatre chevaux : la monture, le seguin, les faramans de monture et de seguin. Peut-être à rapprocher de "courbe" de halage.
Autre sens : grand filet de pêche (toujours sur le Rhône).

Couchée : sur le Rhône, lieu de stationnement du bateau pour la nuit

Coue : arrière d'un bateau (vient de "queue").
Par extension, dans un couplage, c'est le bateau placé décalé en arrière.

Coulisse : large rainure verticale ménagée dans la maçonnerie d'une écluse ou d'un pont, pour permettre d'y glisser des madriers empilés horizontalement afin d'isoler d'ouvrage en vue de travaux. Les coulisses, qui vont par paire, se font face.

Coup de patte de cygne : manoeuvre de pagaie spécifique au canoë, ainsi qu'à la plate du Marais Poitevin, et destinée à redresser le bateau qui a tendance à tourner du côté opposé à celui de la pagaie. Le coup de patte est donné par le pagayeur (l'équipier arrière dans le cas d'un canoë biplace) dans le prolongement du mouvement de propulsion ordinaire, et "cassant" le poignet qui tient l'olive, de façon à ce que la face active de la pale (dirigée vers l'arrière pendant la propulsion) se retrouve regardant latéralement vers l'extérieur du bateau, tout celà dans un mouvement bien enchaîné. Selon le besoin, le coup de patte peut être plus ou moins fort, voire répété. Il peut passer inaperçu aux yeux du néophyte qui se demande alors comme fait le pagayeur pour rester en ligne droite (la classe !). Synonyme anglophone : "J-strike", le J décrivant très bien la trajectoire de la pale de la pagaie pendant ce mouvement.

Animation : le coup de patte de cygne (cliquer ici)

Couplage : formation de deux bateaux de commerce brellés côte à côte (l'un derrière l'autre, c'est "en flèche"). La technique du couplage est très ancienne. L'ancienne marine de Loire l'utilisait très couramment, notamment pour la descente des sapines à partir de Roanne. Les deux bateaux étaient alors légèrement décalés l'un par rapport à l'autre. Le "boutavant" devançait de quelques mètres le "bateau de coue" ou "coue", tout simplement, qui portait le gouvernail. Celà se pratique toujours avec des freycinets.

Coupon : assemblage en parallèlépipède rectangle de bûches calibrées à 1,14 m, formant le module de base d'un train de bois flotté de l'Yonne et de la Cure.

Couralin : bateau de l'Adour, de petite taille et souvent gréé d'une voile au tiers, dont la forme est assez proche de celle des dériveurs modernes. Le couralin est toujours utilisé, essentiellement pour la pêche.

Courbe : sur les anciens bateaux en bois, pièce de bois formant un angle, et destinée à assurer la solidarisation entre la sole et la bordaille du bateau, dans un plan vertical. Aujourd'hui remplacée par une cornière métallique. Les courbes sont disposées à une distance les unes des autres d'environ 50 centimètres, alternées avec les rables (voir ce mot). C'est l'équivalent du couple des bateaux maritimes à quille. Synonyme : membrure.

courbe
Courbes de bateau de Loire.

Autre sens : pièce de bois placée à l'arrière des animaux de halage, par laquelle ils sont reliés au verdon. Par extension, le mot désigne aussi l'ensemble de l'attelage : "Ce bateau est halé par une courbe de mulets.".

Courpet : ancien bateau de charge de la Dordogne, à usage unique comme les sapines de la Loire. Synonyme "argentat", de la ville où ils étaient construits. Sur ces bateaux et la navigation sur la Dordogne, voir ce site intéressant.

Courreau ou coureau : ancien bateau de charge de la Dordogne et de l'Isle, adapté à la navigation dans l'estuaire de la Gironde. Le coureau est gréé. Il a connu une forme d'influence encore plus maritime : le coureau-sloop.
Le terme de "coureau" se retrouve aussi sur l'Adour, où il désigne un bateau de charge d'assez petite taille, 10 m de long maximum. Le coureau de l'Adour est d'une architecture voisine de celle du couralin.

Couronnement : Sur une écluse ou un quai, ensemble de gosses pierres taillées qui forment le rebord supérieur de l'ouvrage.

couronnement

Couronnement d'une écluse du canal de Roanne à Digoin.


Coursier : longue barque pouvant porter jusqu'à six rameurs, et employée sur le Rhône pour tendre un cable d'une rive à l'autre afin de faciliter le changement de côté de halage quand la configuration de la rivière l'exigeait. Cette opération de changement de rive se nommait "culissage".

Coutrillon : ancien bateau de charge des rivières et canaux du sud-ouest, à large levée avant et tableau arrière rectangulaire ou en coeur.

Crapaudine : pièce femelle de l'énorme gond sur lequel pivote un vantail de porte d'écluse. Cette pièce métallique est à la base du poteau tourillon, poteau du vantail qui pivote de façon étanche dans le de la maçonnerie.

crapaudine
Crapaudine (photo E.Berthault)


Craste
: dans les Landes de Gasgogne, fossé de drainage.

Creux : rive extérieure d'un méandre, concave. Le mouillage y est généralement bon. Synonyme : ganche. Contraire : bosse.

Cric
: organe de manoeuvre de la ventelle ou du vantail, sur une écluse.

crics
Crics de ventelles (canal de Roanne à Digoin)

Cric de ventelle
Cric de ventelle (canal du Nivernais)


Cristal (réseau)
: réseau informatisé d'alerte des crues de la Loire. Le réseau Cristal, mis en place en 1985, comporte près de 200 points de mesures répartis sur l'ensemble du bassin versant de la Loire, et permet de connaître en temps réel les cotes de la Loire et de ses affluents en ces points. Le traitement informatique des données ainsi collectées permet une gestion fine des crues par les collectivités riveraines et les organismes concernés.

Crochet de passement
: sorte de gros mousqueton en métal qui permet de détacher rapidement et facilement le verdon de halage du bateau ou de l'animal de trait, pour passer un pont dépourvu de banquette de halage par exemple.


Crochet de passement. En haut, fermé, en bas, ouvert.

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Croiseur fluvial
: type de coche de plaisance construit généralement en polyester à l'intention de la location. Le croiseur fluvial présente des lignes hydro- et aérodynamiques qui, si elles sont relativement bien adaptées à la rivière large (Saône, Yonne, Marne...), en font un bateau déplacé en canal, pour des raisons autant pratiques qu'esthétiques.
Ces formes profilées se justifient autant pour un bateau auquel il est imposé de ne pas dépasser les 6 km/h, que la position de l'oeuf pour un skieur qui fait du chasse-neige ! De plus, elles font perdre de l'espace habitable, et le pare-brise en pente engendre un effet de serre important (en plus d'une perte de place sur la planche de bord) et nécessite l'emploi de l'essuie-glace dès qu'il tombe trois gouttes.
Enfin, ces formes ont le très gros défaut d'induire dans l'esprit du pilote des idées de vitesse absolument déplacées et nuisibles en canal (batillage) ! Bref, ces formes qui répondent à une soi-disant demande du public (qu'il faudrait peut-être éduquer !), ne sont qu'un effet de mode dû à un besoin de frime...
Enfin pour en rajouter une louche, ces bateaux reçoivent souvent des noms ronflants qui frisent la mégalomanie !

croiseur fluvial

Croiseur fluvial.

Croix de Lorraine : pièce métallique scellée dans la maçonnerie de l'écluse, dans la pierre de couronnement du chardonnet, parfois, mais pas toujours, en forme de croix de Lorraine. Elle sert, par l'intermédiaire du collier tourillon qui la prolonge, à maintenir le vantail dans le chardonnet, et à régler sa verticalité. Synonyme : "araignée".

Crue
: montée des eaux d'une rivière, généralement assez rapide. De la petite crue de printemps, habituelle et inoffensive, à la crue centennale, voire millénale, extrèmement destructrice, l'éventail des crues et de leur impact est large. L'intensité et la violence d'une crue sont directement fonction des précipitations qu'a reçues le bassin versant de la rivière en amont, de la possibilité qu'elle a de s'étendre sans dommages graves, et de la capacité des terrains arrosés de retenir ces eaux pluviales et de ralentir leur descente vers elle (la politique de déboisement des bocages est, à cet égard, catastrophique). D'autres facteurs entrent aussi en ligne de compte, pas plus négligeables, comme l'urbanisation sauvage des rives et l'endiguement trop serré de la rivière. Le rôle amplificateur des crues que l'on prête parfois aux barrages mobiles de navigation est une légende inventée par des personnes mal informées et colportée par des médias en mal de sensationnel. En effet, le rôle des barrages mobiles est exactement l'inverse : ils s'effacent pour laisser passer le flot excédentaire, et permettre à la rivière de retrouver son niveau naturel. À l'opposé, la construction de certains ponts (surtout celle de leurs rampes d'accès aveugles) ou de certaines levées (remblais de chemin de fer par exemple) en travers du lit majeur de rivières est un facteur aggravant de crues.

On distingue plusieurs types de crues en fonction de leur fréquence : 

  • les crues de printemps, ordinaires et généralement sans gravité, 
  • les crues décennales, dont la fréquence de reproduction est en moyenne d'une décennie. Elles sont nettement plus sérieuses.
  • les crues centenales sont celles qui frappent les esprits. Celles de 1910 à Paris, ou 1907 sur la Loire sont de ce type. Auparavant, la Loire en avait connu trois en 21 ans : 1846, 1856 et 1866 : la Loire dépassa de plus de 7 m son niveau normal. Et encore auparavant, celle de 1790 faisait office de référence.

crues chateauneuf

Il est très fréquent de trouver des marques de crues mémorables, notamment les crues centenales. Ici, à Châteauneuf-sur-Loire, la Loire est montée de 7,50 m en 1856. Elle a fait presque autant en 1846 et 1866. Trois crues centenales en 21 ans ! Et si on ajoute celles de 1790 et de 1907, assez comparables, les statistiques explosent !

Cul : arrière du bateau (était-il besoin de préciser ?). Employé de préférence à "poupe", plus maritime.

Cul (faire) : Ne pas arriver à franchir un pont ou un passage difficile quand il y a de la crue.

Cul-de-poule : arrière du bateau dont la forme évoque (avec un peu d'imagination) la croupe du gallinacé. Par extension, s'applique au bateau dans son ensemble.

cul de poule

Un arrière en cul-de-poule (bateau "Minos", photo J-Claude Verrier)

Culasse : dans les anciens pertuis, partie de la volée qui fait contrepoids.

Culer
: reculer. On dit aussi "faire de l'arrière".

Culissage ou culassage, culisser ou culasser
: sur le Rhône, lors de la remonte, opération qui consistait à transborder les chevaux de halage d'une rive à l'autre lorsque la configuration de la rivière et l'état des chemins de halage l'exigeaient.

Culs de piaux : sur le Rhône, charretiers ou mariniers chargés de la conduite des coubles à terre.

Cunette ou cuvette
: la cuvette d'un canal est toute la surface destinée à être recouverte par l'eau. Elle est constituée du plafond et des bords, et doit bien sûr être aussi étanche que possible.

Curragh : bateau irlandais, fait d'une structure légère de branches ou de lames de bois, sur laquelle sont cousues des peaux ou des toiles goudronnées. Ce mode de fabrication l'apparente au coracle, mais ses lignes sont nettement plus nautiques avec une proportion largeur/longueur de 1/6 environ. Il peut porter trois à quatre personnes et se meut à l'aviron. Il peut aller en mer où il révèle d'excellentes qualités nautiques.

Cymba : bateau gaulois de taille modeste. On n'en sait pas plus

 

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