Dictionnaire étymologique basque-français-espagnol



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Dictionnaire étymologique basque-français-espagnol
Dictionnaire étymologique basque
par Michel Morvan, linguiste membre de l'UMR 5478 du CNRS/IKER.


Remerciements.

Je tiens à remercier tout spécialement mon ancien directeur de thèse et ami Jean-Baptiste Orpustan qui a toujours soutenu mon projet avec constance et m'a été d'une aide inestimable grâce à sa profonde connaissance de la langue basque. Je remercie aussi tous ceux qui m'ont apporté leur soutien comme Jean Haritschelhar, ancien président de l'Académie Basque, les regrettés Henrike Knörr, Jacques Allières, Michel Grosclaude notamment. Merci également à Claude Boisson de Lyon, à Jean-Pierre Levet de l'Université de Limoges, à Geneviève N'Diaye-Correar, à Vitore Sukaj pour ses informations sur l'albanais, à George Starostin de l'Université de Moscou, à Michaël Witzel de l'Université de Harvard, à Martine Robbeets spécialiste du japonais et de l'altaïque, à Eduardo Blasco Ferrer de l'Université de Cagliari qui travaille sur le substrat pré-sarde, à Antonio Faria qui travaille sur l'ibère.


Présentation.

La langue basque, également appelée par les Basques eux-mêmes (endonyme) euskara, dérivé probable de *ausc- , du nom de la tribu aquitaine des Ausci (qui a donné son nom à la ville d'Auch dans le département du Gers, anciennement Elimberri, du basco-aquitain ili "ville" et berri "neuve") est la seule langue vivante non-indoeuropéenne de l'Europe occidentale (il y en a d'autres en Europe cependant au nord comme le lapon (same) et le finnois, à l'est comme le hongrois). On dit généralement qu'il s'agit d'une langue pré-indoeuropéenne, c'est-à-dire antérieure à l'arrivée des Indo-Européens. Elle a résisté quasi miraculeusement aux invasions romaines, sauvée à temps, contrairement à l'ibère plus exposé à l'est de la Péninsule Hispanique et près de la Méditerranée, par la chute de l'Empire romain d'occident alors que la partie orientale, gasconne, de l'Aquitaine était déjà romanisée, ainsi que, par la suite, aux Wisigoths et aux Francs (qu'on se souvienne de Roncevaux!). Il semblerait aussi que les Basques aient moins subi la domination romaine que d'autres peuples, bénéficiant d'une relative bienveillance des Romains à leur égard.

L'origine de la langue basque:

Cette langue semble plonger ses racines profondes dans la nuit des temps préhistoriques. Beaucoup trop de linguistes la considèrent encore comme complètement isolée, sans parenté avec d'autres langues non-indoeuropéennes. Cette théorie de l'isolat est probablement fausse et obsolète. On en mesurera bientôt le caractère infondé. Rien ne permet de l'étayer. C'est une impasse scientifique. De nombreux faits ont ébranlé ma croyance dans la prétendue énigme linguistique basque. Le basque n'est pas né ex nihilo par auto-création, cela reviendrait à dire que le basque vient...du basque (!) (et d'où viendraient tous les mots autochtones et leurs racines?) comme certains irréductibles le voudraient et des investigations plus poussées semblent montrer des liens avec certaines autres vieilles langues non-indoeuropéennes et pré-indoeuropéennes comme les langues du Caucase, les langues sibériennes ou les langues dravidiennes de l'Inde. Partir à la recherche de parents du basque, même lointains, n'est donc pas une équipée absurde ni un défi prométhéen. Au demeurant la récente confirmation (2008) par Edward Vajda des liens linguistiques entre le Na-Dene amerindien et les langues iénisséiennes (kèt, etc.) démontre clairement que l'on peut remonter très loin dans le passé des langues et que les comparaisons même lointaines sont parfaitement justifiées. Plus près géographiquement le basque semble avoir laissé des traces assez nettes dans la langue et la toponymie pré-romane des régions reculées et montagneuses de la Sardaigne (travaux de E. Blasco Ferrer et moi-même) comme la Barbagia et la région de Nuoro ou de l'Ogliastra où la résistance à la romanisation a été la plus forte. Au demeurant la parenté entre les Basques et les Sardes (ainsi que les Corses) est d'ailleurs confirmée par les travaux des généticiens des populations (haplogroupes et distances génétiques calculées à l'aide de la méthode du neighbor joining). Cette parenté englobe bien sûr une bonne partie de l'Occitanie pré-romane et pré-indoeuropéenne comme l'avaient pressenti certains chercheurs (V. Bertoldi, J. Hubschmid, A. Nouvel par exemple).

Il convient de bien comprendre qu'il y a à la fois des parentés proches (le basque forme probablement une "famille" avec le substrat pré-latin/pré-indoeuropéen (cf. par ex. albanais derr "porc" et basque zerr-i "id.", albanais kotorr "robuste" et basque gotor "id."), le paléosarde, le paléocorse et sans doute son voisin l'ibère) et des parentés plus éloignées, plus diffuses, qui expliquent que l'on puisse trouver exactement les mêmes termes préhistoriques résiduels répartis sur plusieurs familles de langues comme c'est le cas par exemple du basque guti "peu, petit" que l'on retrouve en dravidien (guti, kuti "petit"), en toungouse (nguti "petit") et même en austronésien (waray guti- "petit") ou en amérindien k'ut'i). Lorsqu'on est en présence d'une telle série, il ne peut en aucun cas s'agir de coïncidences fortuites et cela prouve que ce type de comparaisons éloignées peut être tout à fait opérationnel. En matière de comparatisme linguistique il existe bien entendu des coïncidences fortuites, tous les comparatistes le savent, mais pas à tous les coups. C'est pourquoi il ne sert à rien de répéter indéfiniment comme une vieille antienne l'exemple de l'anglais et de l'iranien bad qui signifient tous les deux "mauvais" mais ne sont pas apparentés. Il y a une marge importante entre les excès des traditionalistes qui refusent d'avancer et ceux de certains omnicomparatistes "long-range" américains comme J.D. Bengtson qui vont parfois trop loin et de plus connaissent assez mal le basque: in medio stat virtus. En fait, on pourrait même se poser la question de savoir si certains termes fossiles ne sont pas encore plus anciens. J.D. Bengtson nie par exemple bien à tort l'existence du basque ukho "avant-bras" dans le composé ukhondo "coude" qu'il explique faussement et de manière quelque peu fantaisiste par une analyse proto-basque *u-kondo sous prétexte d'un rapprochement avec le caucasien *kwondo "coude" (alors que (h)ondo "base" est un emprunt au latin fundum!). L'existence du basque ukho "avant-bras" est absolument sûre (cf. ukhabil "poing" composé de ukho et bil "forme arrondie"). Plus étonnant peut-être encore la langue est-africaine hadza (branche séparée mais parfois rattachée à la famille khoisan) possède le terme ukhwa "main, bras". On n'est peut-être pas si loin que cela de la théorie "Out of Africa"! Pour l'Homo Sapiens s'entend. On notera aussi avec intérêt qu'en khoisan existe un terme etsa pour "maison" et que certains spécialistes du basque reconstruisent le proto-basque *etse comme ancêtre de l' etxe basque moderne (notamment pour expliquer ezkondu "se marier", cp. esp. casarse "id.", de casa "maison", fr. "se caser"). Cette répartition des bases ou racines du basque sur plusieurs familles ou superfamilles de langues (on dit aussi macrofamilles) pourrait au demeurant expliquer également la raison pour laquelle il a résisté si longtemps aux investigations des chercheurs qui ne parvenaient pas à le "classer" selon les critères habituels. Des critères trop étroits, d'où la théorie de l'isolat qui en faisait précidément une langue "inclassable". Bien entendu il va de soi que plus on s'éloigne du Pays basque et plus la parenté apparaît diffuse et diluée, ce qui est logique, mais de vieux termes de base se sont maintenus: guti comme on l'a vu plus haut mais aussi des mots comme le basque bizar, mitxar "barbe" que l'on retrouve dans le caucasien bisal "id." et dans le dravidien misal "id.", le basque beh-i "vache" et beh-or "jument" de *beh- "animal femelle" qui correspondent au bouroushaski behe "animal femelle".

Actuellement, hormis le cas en attente de l'ibère voisin, langue morte dont on comprend encore seulement quelques bribes malgré le déchiffrement de son écriture par Gomez Moreno et parce qu'il n'y a malheureusement pas de long bilingue (l'ibère n'a pas sa pierre de Rosette, mais des progrès très intéressants sont en cours), la langue la plus proche du basque ou du basco-aquitain est probablement le pré-occitan ou pré-roman, la langue paléosarde pré-romane: sarde ospile "lieu frais" (basque (h)ozpil "id."), arrotzeri "vagabond" (basque arrotz "étranger"), village d'Aritzo (basque aritz "chêne"), Funtana gorru "source rouge"? (basque gorri "rouge"), arru "pierre" en oronymie (basque arri "id."), Bacu Anuntza près de Seulo (basque *anuntz > ahuntz "chèvre"), nombreux toponymes sardes commençant par Aran- (basque aran "vallée"), etc. Dans le nord de la Sardaigne et le sud de la Corse on trouve également le même type de substrat, par exemple en dialecte corse gallurais où zerru signifie "cochon, porc" (basque zerri "id", très probablement apparenté aussi à l'albanais substratique pré-indoeuropéen derr "id.", pour l'albanais cf. aussi plus haut bsq. gotor "robuste" et alb. kotorr "id".). Là encore pas de coïncidences fortuites mais au contraire une parenté quasi certaine. Des formes indubitablement basques sont également présentes en Provence dans le sud-est de la France: l'étude de la toponymie y révèle au moins deux Val d'Aran (tautologies par démotivation du terme le plus ancien, ici le basque aran "vallée" et par extension "cours d'eau de vallée" ou l'inverse) identiques au Val d'Aran du nord-ouest de la Catalogne. Un vaste substrat est donc représenté dans la toponymie. Une forme telle que le pré-roman *kuk, tsuk, suk "hauteur" est observable dans les Alpes (tschugg) et dans tous les Balkans (albanais kok "tête", sukë, çuk "colline, sommet", hongrois csúcs "id.") et même jusqu'en dravidien (kukk) et au-delà (mongol gög-, coréen kokai, japonais kuki "hauteur"). La forme basque correspondante est *juk- avec affablissement de la consonne initiale, phénomène d'évolution phonétique connu par ailleurs comme par ex. avec la racine pré-indo-européenne *kar/gar "pierre" qui a donné le français dialectal jar "caillou de rivière".

Il est regrettable que mes collègues chercheurs n'aient pas été capables de remarquer ou n'aient pas voulu remarquer ces parentés et qu'existent des ouvrages comme le dictionnaire étymologique (inachevé) de R. L. Trask qui nient toute parenté du basque avec d'autres langues, ce qui constitue une grave erreur. Il n'y a pas de secret indomptable, de nuit opaque qui nous ferme à jamais la mémoire de la langue basque. La théorie de l'isolat est plus une théorie de circonstance qu'autre chose. On l'a énoncée faute de mieux et il est bien imprudent d'en faire un dogme. Les faits s'imposeront tôt ou tard et il nous faudra faire litière de cette théorie. Par ailleurs il ne faut pas confondre isolement d'une population et isolement linguistique, même s'il peut y avoir des recoupements entre peuples et langues comme l'a bien montré L.L. Cavalli-Sforza. En la matière on a beaucoup parlé du groupe sanguin des Basques par exemple, à fort pourcentage de sang du groupe O (75%). Mais cela n'indique en réalité que l'isolement ou la dérive génétique (genetic drift) ou encore ce qu'on nomme "effet du fondateur". D'autres populations que les Basques ont connu le même phénomène: Islandais, Aborigènes d'Australie (76% de groupe O) ou Amérindiens (98% de groupe O): comme on le voit chez ces derniers les groupes sanguins A et B ont même quasiment entièrement disparu, notamment chez les Amérindiens non métissés, après le goulot d'étranglement du passage de l'Asie vers l'Amérique et les longs millénaires du peuplement de ce dernier continent.

Reconstruction interne.

La reconstruction interne est importante. Elle permet de restituer des formes proto-basques. Luis Michelena y a apporté une très importante contribution. En observant les emprunts au latin, on s'est aperçu par exemple que le basque ahate "canard" venait du latin anatem "id.". Par conséquent le -n- intervocalique est tombé et a été remplacé par -h- aspiré (anate > anhate > ahate). A partir de là on a pu en déduire qu'il devait en être de même pour des mots purements basques. Il est très probable par exemple que le terme basque ahuntz "chèvre" soit issu du proto-basque *anuntz. Il existe d'ailleurs un toponyme basque Anuntzibay et un toponyme sarde Bacu Anuntza "ravin des chèvres" signalé par E. Blasco Ferrer. Le problème est de savoir où il faut s'arrêter dans la reconstruction interne. Le risque est d'extrapoler à partir d'une constatation correcte en soi. La règle de la chute du -n- intervocalique appelée parfois "loi de Michelena" n'est sans doute pas absolue. Il y a peu de "lois phonétiques" absolues en basque. Et si en plus, à partir de cette règle, certes valable, on extrapole de façon hasardeuse et systématique des reconstructions comme celles de J. A. Lakarra du type ihintz "jonchaie" < *inintz < *ninintz avec redoublement ou ohol "planche" < *onol < *nonol, on obtient des formes étranges qui font du proto-basque une langue quelque peu infantile proche de la lallation ou du babillage, surtout si l'on applique le redoublement (qui existe certes comme pour gogor "dur" qui est clairement attesté en même temps que gor "dur, sourd" dans le lexique) à d'autres termes en dehors même de la règle du -n- intervocalique: adar "corne" < *dadar, odol "sang" <*dodol, etc. Prudence! Attention au biais méthodologique. Ces solutions paraissent bien onéreuses. Il ne suffit pas de paraître "scientifique". En refusant que le basque soit apparenté à d'autres langues et en le maintenant uniquement en situation de se regarder le nombril on risque d'arriver à des reconstructions extravagantes. Le terme basque adar "corne" signifie aussi "arc, branche" (ce qui fait du reste dire à J. D. Bengtson qu'il y a plusieurs mots homonymes (et même homographes) adar en basque alors qu'il s'agit bien d'un seul et même mot !!). Or un terme addar "arc" existe en caucasien du nord et dar "branche" existe en munda (langue de l'Inde pré-indoeuropéenne a côté d'autres langues comme les langues dravidiennes). Voilà des pistes intéressantes à creuser. En revanche il est bien hasardeux d'affirmer comme le fait J. A. Lakarra que arraultze "oeuf" n'a pas de rapport avec erron "pondre" (au contraire il en a bien un!) ou de proposer pour hagin "dent" un emprunt à une forme latine caninu (sic), pour aiher le gascon cranhe "craindre" (sic), pour aulki "siège" un prototype *abedul-gi (sic), que ezkabia est un composé de hatz et scabia et je passe sur bien d'autres invraisemblances qui créent des monstres comme ibai qui viendrait de *hur-ban-i "eau coupée"(sic), ou arraultza de *e-da-ra-dul-tza (sic), ezker de *hertz-gu(n)-ger (sic), etc.

Enfin il est possible que le basque ait été parlé il y a fort longtemps dans une zone plus vaste en Europe peut-être à la faveur d'un recul glaciaire. C'est ce que pense le linguiste allemand Théo Vennemann. Il est exact qu'il y a des formes basques en dehors du Pays basque puisqu'on trouve comme on l'a vu des tautologies comme Val d'Aran (basque aran "vallée") dans le sud-est de la France (Bouches-du-Rhône, Var), fait curieusement peu ou pas signalé jusqu'ici. Mais Vennemann va parfois trop loin. Par exemple lorqu'il voit dans tous les toponymes français Evry, Ivry et même dans la ville normande d'Evreux le terme basque ibar "vallée" alors que tout le monde sait que c'est un nom gaulois (tribu gauloise des Eburovices, et de plus le vieil Evreux situé non loin de là se nommait déjà Mediolanum, nom celte lui-aussi évidemment). Mais sur le principe il n'a peut-être pas tort de remonter aussi haut vers le nord. J'ai ainsi découvert en Bavière une rivière Loisach (-ach est un suffixe hydronymique accolé postérieurement) qui traverse de grandes zones marécageuses au sud de Murnau (le Murnauer Moos). Ce nom Lois s'expliquerait fort bien par le basque lohitz "marécage" (de lohi "boue") qui a donné aussi le nom de Saint-Jean-de-Luz (attesté luis au Moyen-Age). De même le massif alpin bavarois Estergebirge semble répondre à l'Esterel français et aux noms de lieux basques du type Ezterenzubi ("pont des gorges"). Il est donc possible que les noms germaniques en Ebr- ou Ibr- (Ebrach, Ibrach, etc.) soient en effet comme le prétend Vennemann des hydronymes excluant complètement une interprétation par l'allemand Eber "sanglier" bien qu'on puisse avoir parfois également des cas où il s'agit réellement de sangliers. La même chose vaut pour les nombreux Auerbach, Urbach qui ont été sans doute interprétés à tort par "ruisseau des aurochs" alors qu'il faut y voir probablement le préceltique (et par conséquent aussi le basque) ur "eau, cours d'eau". Ce type existe aussi en France, notamment en Alsace: Urbeis, Orbey; Orbais (Marne).

L'origine des Basques:

Il y a environ 30000 à 40000 ans sont arrivés d'Asie les premiers Européens qui vinrent buter à l'ouest sur l'Océan Atlantique. Un groupe de Pré-Basques (pas encore Basques) s'établira dans la zone refuge franco-cantabrique. Là il se constitua en peuple basque proprement dit avec sa langue particulière dont certains éléments sont indubitablement hérités du long parcours qu'ils ont connu depuis des millénaires et dont on trouve encore des traces en Eurasie dans d'autres langues non-indoeuropéennes, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas subi de mélanges avec d'autres populations, notamment néolithiques.

Le basque a quelques particularités phonétiques :

- l'absence de /f/ à date ancienne (d'où l'évolution f > h du castillan et du gascon par effet de substrat).
- l'absence de mots commençant par le phonème /r/ qui impose dans les emprunts romans la présence d'une prothèse vocalique e- ou a- (comme en gascon et, curieusement, dans certaines zones de la Sardaigne ou de la Sicile ) avec redoublement rr: latin rege(m) "roi" donne en basque errege "id.".
- la difficulté de prononciation des groupes de consonnes (en particulier les "muta cum liquida") : le roman proba "preuve" donne en basque boroga, ou bien pluma "plume" devient luma.
- la sonorisation des consonnes initiales : latin pace "paix" devient en basque bake. Cela est dû à son caractère non-indoeuropéen et à son propre caractère basque. Lequel peut expliquer parfois des trajectoires d'évolution phonétique similaire comme par exemple basque apez "prêtre" et ouralien apez "prêtre, chamane".
- la présence en espagnol et en français (mais aussi dans certains dialectes ou autres langues romanes) d'une voyelle devant les groupes de consonnes du type sc-, sp-, st- typiquement indoeuropéens qui laisserait à penser que les populations autochtones pré-indoeuropéennes ne savaient pas prononcer ces groupes de consonnes (appelés parfois "clusters"): lat. scala > fr. escale, lat. spica > esp. espiga "épi", germ. sporn > fr. éperon, etc.


NB. Les datations des premières attestations d'un mot sont évidemment relatives. Avec le basque on n'est pas dans la même situation qu'avec le français par ex. dont on voit la naissance à partir du latin. Beaucoup de termes basques originaux (non empruntés aux langues romanes ou autres) remontent à la préhistoire. En l'absence de textes écrits (on ne débattra pas ici du cas épineux des inscriptions de Veleia tenues pour fausses par certains et authentiques par d'autres, bien que la balance semble pencher en faveur de l'authenticité) et abstraction faite des inscriptions aquitaines ou ibères, il est impossible de dater ces termes préhistoriques, ce qui ne doit nullement empêcher la comparaison avec d'autres langues ou familles de langues très anciennes elles-aussi. Ce serait là encore une lourde erreur. Bien entendu il va de soi que les termes attestés dans la toponymie et l'onomastique seront généralement datés avec des dates plus anciennes que celles des mots qui n'y figurent pas.



Dialectes

B = biscayen
BN = bas-navarrais
HN = haut-navarrais
L = labourdin
R = roncalais
S = souletin


Abréviations

adj. = adjectif
adv. = adverbe
alt. = altaïque
arag. = aragonais
berb. = berbère
Bon. = Bonaparte
Bot. = botanique
Bp. = Belapeyre
bret. = breton
Cap. = Capanaga
cast. = castillan
couch. = couchitique
dict. = dictionnaire
drav. = dravidien
esp. = espagnol
gasc. = gascon
Géo. = géographie
germ. = germanique
gram. = grammaire
hébr. = hébreu
i.-e. = indo-européen
lat. = latin
Lond. = Londres
m. = mètres
ma. = mandchou
Mic. = Micoleta
mo. = mongol
ms. = manuscrit
Mus. = musique
nav. = navarrais
occ. = occitan
Oih. = Oihenart
our. = ouralien
port. = portugais
Pouv. = Pouvreau
préf. = préfixe
préhist. = préhistoire
prov. = provençal
puér. = puéril
rom. = roman
s. = siècle
s.d. = sans date
Sal. = Salazar
sam. = samoyède
sém. = sémitique
suff. = suffixe
sum. = sumérien
syn. = synonyme
to. = toungouse
voc. = vocabulaire
vulg. = vulgaire
Zool. = zoologie


ASJU = Anuario del Seminario de Filología Vasca "Julio de Urquijo"
BSL = Bulletin de la Société de Linguistique
BMB = Bulletin du Musée Basque
BRSVAP = Boletín de la Real Sociedad de los Amigos del País
CNO = Caucasien du Nord-Est
CSM = Cartulario de San Millán de la Cogolla
DEB = M. Morvan, Dictionnaire étymologique basque
DT = Dictionnaire topographique
FHV = L. Michelena, Fonética Histórica Vasca.
FLV = Fontes Linguae Vasconum
FUF = Finnisch-Ugrische Forschungen
FUV = B. Collinder, Fenno-Ugric Vocabulary
GH = Gure Herria
IEW = Indogermanisches etymologisches Wörterbuch
JSFO = Journal de la Société finno-ougrienne
NRO = Nouvelle Revue d'Onomastique
NTB = J.-B. Orpustan, Nouvelle Toponymie Basque
PCT = Théorie de la continuité paléolithique
PIE = Proto-Indo-Européen
RIEV = Revista Internacional de los Estudios Vascos
RIO = Revue Internationale d'Onomastique
RLiR = Revue de Linguistique Romane
SKES = Dict. étymologique de la langue finnoise
TAV = L. Michelena, Textos Arcaicos Vascos
TGF = E. Nègre, Toponymie Générale de la France.
UAJ = Ural-altaische Jahrbücher
UEW = K.Rédei, Uralisches Etymologisches Wörterbuch
ZfVS = Zeitschrift für vergleichende Sprachforschung
ZRPh = Zeitschrift für Romanische Philologie


suite : Bibliographie





Dictionnaire étymologique basque

Contact : Michel Morvan