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Canal du Midi,
robine de Narbonne
et canal de jonction

 

Depuis son inscription au Patrimoine de l'humanité par l'Unesco en 1996, le canal du Midi, surmédiatisé, a presque éclipsé tous les autres canaux, à commencer par celui dont il a été inspiré.

Image classique du canal du Midi : les fameuses écluses ovales. Ici, l'écluse double de Laval (Photo Kader Benferhat)

 

Canal du Midi

(Ci-après sont présentés le canal de jonction et la Robine de Narbonne)

 

 

L'écluse, autrefois double, de Montgiscard (Photo Kader Benferhat)

 

Bassins versants
Garonne, Méditerranée

Sous-bassin
Aude

Type de voie d'eau
Canal de jonction à bief de partage

Relie
Le canal Latéral à la Garonne
à la Méditerranée

Origine physique et administrative
Sète (Hérault)
à la cote 0 m

Extrémité physique et administrative
Toulouse (Haute-Garonne) à la cote 132,25 m

Altitude du bief de partage (Naurouze)
189 m

Sens conventionnel de descente
De la Méditerranée à la Garonne

longueur
257 km
(Nota : L'étang de Thau fait partie administrativement du canal du Midi)

Nombre d'écluses
65 (17 versant Garonne et 48 versant Méditerranée). Plusieurs écluses sont multiples, ce qui donne en fait 104 sas. Ce chiffre comprend l'écluse double abandonnée de Notre-Dame, à Béziers, et aussi celle, enfouie, de descente en Garonne à Toulouse (n°1) ainsi que celle, neutralisée, de Matabiau à Toulouse (n°4), et celle, de garde, de Prade (n°64).

Gabarits
A l'origine, gabarit "Riquet", soit 29,25 m sur 5,50 m, mouillage 1,60 m, hauteur libre 2,60 m.
Actuellement, de Sète à Argens et de Montgiscard à Toulouse : gabarit "faux Freycinet" élargi , soit 39 m sur 5,50 m, mouillage 1,60 m, hauteur libre 3,30 m
Les écluses du canal du Midi ont toutes des sas ovales, à l'exception des trois de la traversée de Toulouse (n°2, 3 et 5) et les deux de Béziers (n°58 et 59) qui sont rectangulaires.

Plus long bief :
n°57 Fonsérannes, (53,868 km)

Plus court bief :
n°43 Fresquel simple (105 m)

Plus hautes écluses :
Bayard, n°5 et Orb n°59 (6,20 m chacune). Orb était une écluse double à l'origine, comme Béziers n°58. Bayard résulte de la suppression de la n°4 Matabiau dont elle a récupéré la chute.
Fontsérannes n°57 (13,60 m, écluse sextuple)
Saint-Roch n°23 (9,42 m, écluse quadruple)

Moins haute écluse :
Bagnas n°65 (1,51 m)

Temps minimum de parcours
7 jours

 

Structure administrative de rattachement
Service navigation du Sud-Ouest, subdivisions de Haute-Garonne, Languedoc-ouest et Languedoc-est

Statut actuel
En service, géré par l'Etat (VNF)

Raisons de sa construction
Eviter aux bateaux le passage par Gibraltar, d'où l'appellation du canal "canal des deux mers". Colbert rêvait même d'y faire passer les galères royales

Personnages à l'origine de sa création
Baron Pierre-Paul Riquet de Bonrepos

Personnalités importantes ayant contribué à sa construction

Préfiguration
Riquet, Colbert

Conception
Pierre-Paul Riquet de Bonrepos, Vauban, Andréossy, Niquet, Garipuy, Clerville

Modernisation Freycinet
Jean Aubert (pente d'eau de Fontsérannes)

Commencé en
1660

Mis en service en
1681

Concédé
en 1666 à la famille Riquet de Bonrepos et Caraman

Repris par l'Etat
sous la Révolution

Concédé
à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, pour 40 ans, le 29 mai 1858 (ratification le 21 juin 1858)

Rachat par l'Etat
loi du 27 décembre 1897
promulguée le 3 décembre 1897
entrée en jouissance le 1er juillet 1898

 

À Toulouse, les lavandières lavaient le linge dans l'eau verte du canal du Midi (Coll. Lucile Dumesnil)

L'écluse des Minimes au début du XXe siècle

Midi

L'écluse de descente en Garonne, à Toulouse
(reconstitution graphique de Charles BERG, 1994)

Naurouze

À Naurouze, l'ancienne écluse n°1 Méditerranée reconvertie en déversoir

Le canal et l'écluse "Bayard" devant la gare Matabiau, à Toulouse. Le site a assez peu changé. Lors de sa mise au gabarit Freycinet, l'écluse a été déplacée de sa propre longueur vers l'amont et a récupéré la chute se celle de Matabiau qui la suivait à 280 m.

Autre vue du même endroit, avec une sapine montant l'écluse Bayard (Coll. Lucile Dumesnil)

Le même endroit sous un autre angle. L'écluse actuelle a été reconstruite, au cours des années 1970, entre celle de la photo et le bateau, et son bief inférieur a été approfondi, car elle a récupéré la chute de l'écluse suivante "Matabiau", neutralisée. Cette écluse, avec ses 6,20 m de chute,était la 5ème plus haute écluse Freycinet en France jusqu'à la mise en service, en 2011, de 4 nouvelles écluses sur le haut Rhône qui la relèguent désormais à la 9ème place.

L'écluse Bayard actuellement. À l'arrière-plan, la gare Matabiau. On ne peut qu'être admiratif devant le génie visionnaire de Riquet qui a fait passer son canal juste devant l'emplacement où allait s'édifier, un siècle et demi plus tard, la grande gare toulousaine... Riquet, il est vrai, a tout inventé... On trouve la même disposition à Carcassonne.

La porte de garde d'Ognon, à côté de Homps, au début du XXe siècle

Castelnaudary

L'écluse quadruple de Saint-Roch, à Castelnaudary

Belle vue, prise certainement depuis un autre bateau, de l'écluse quadruple Saint-Roch, à Castelnaudary, au début du XXe siècle.

La rigole de la Plaine au Laudot, au début du XXe siècle. À l'origine, c'était une petite écluse, la rigole étant conçue pour porter une petite navigation jusqu'à Revel. L'endroit n'a pas changé.

Le canal à Bram, au début du XXe siècle. Le bateau est une sapine du canal.

Le port de Capestang au début du XXe siècle (Coll. Lucile Dumesnil)

 

 

Portrait de Pierre-Paul Riquet par Raymond Moretti (1997). Fresque de la place du Capitole, à Toulouse

Remarques

Classé en 1996 au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, le canal du Midi est une grande oeuvre humaine.

Il ne faut cependant pas oublier que, de son propre aveu, Riquet s'est très largement inspiré de son prédécesseur Hugues Cosnier, auteur du canal de Briare (commencé en 1605, ouvert en 1642).

Riquet a repris, en les améliorant parfois, à peu près tous les principes mis en pratique par Cosnier, à l'exception des aqueducs de fuite dans les maçonneries des écluses, ce qui est une des faiblesses de son canal.

En revanche il est le premier à avoir fait passer des bateaux dans un tunnel (même si Cosnier avait songé à cette solution pour un des tracés envisagés entre la Loire et le Loing), au Malpas, non loin de Béziers. Convaincre les bateliers de s'engager sous terre ne s'est pas fait sans mal : une bonne prime au premier qui se déciderait a facilité les choses.

Il a aussi mis en oeuvre le principe de l'aqueduc pour les bateaux, avec le pont-canal du Repudre, ce que Cosnier n'avait pas fait. Riquet n'est cependant pas l'inventeur du pont-canal : il en existait déjà un en Italie au siècle précédent, et en Bourgogne, les moines de Citeaux avaient déjà fait passer le petit canal de la Cent-Fonds par-dessus la Varaude, aux Arvaux, dès 1221.

En fait, le coup de génie de Riquet est bien compréhensible lorsque l'on se trouve sur les lieux : c'est d'avoir eu l'idée d'aller chercher l'eau nécessaire à son canal au loin, dans la Montagne Noire, à l'extrémité sud des Cévennes, là où vient mourir le Massif Central. Là-haut, il a construit un monument pour l'époque : le premier grand barrage-réservoir, à Saint-Ferréol. (Détail amusant : le réservoir principal du canal de Briare est le lac du Bourdon, sur la commune de Saint-Fargeau (Yonne). Or, quel est l'équivalent occitan de "Fargeau" ? "Ferréol", eh oui ! Mais n'allons pas taxer Riquet de plagiat jusque dans le nom de son réservoir principal : l'étang du Bourdon, dans son état actuel, ne date que de 1905 !)

Mis en service en 1682, six mois après la mort de son concepteur, le canal du Midi fut terminé et amélioré par Vauban lui-même, puis d'autres ingénieurs après lui.

Les dernièrs grands ouvrages de ce canal sont l'ouvrage du Libron en 1855, le pont-canal de Béziers qui, depuis 1856, évite la dangereuse traversée à niveau de l'Orb, et, en 1985, dans le cadre d'une mise au gabarit Freycinet tardive, la pente d'eau de Fontsérannes, destinée à préserver, en la doublant, l'écluse octuple restée au gabarit d'origine. Cet ouvrage original qui n'a comme semblable que celui de Montech, sur le canal de Garonne, est cependant abandonné de nos jours, avec bien peu de chances d'être restauré un jour.

 

Hermignies

Le canal à Herminis

L'écluse ronde d'Agde (Photo Kader Benferhat)

La même dans les années 1950, quand elle était encore vraiment ronde.

Le déversoir d'Argentdouble (Photo Kader Benferhat)

Castelnaudary (Photo Kader Benferhat)

L'écluse de Gardouch (Photo Kader Benferhat)

Le pont-canal de l'Hers (Photo Kader Benferhat)

L'écluse de Bagnas, juste avant le débouché du canal dans l'étang de Thau. L'allongement Freycinet est bien visible sur la tête aval.

 

Ouvrages remarquables
Voûte du Malpas
Ponts-canaux
du Repudre, d'Orbiel, de Cesse, de Béziers...
Ouvrages du Libron (animation Powerpoint)
Ecluses multiples de Castelnaudary, Fontsérannes, etc. (en tout, 19 écluses doubles, 5 écluses triples, 1 écluse quadruple et 1 écluse octuple)
Ecluse de haute chute
(6,20 m) de Bayard, à Toulouse devant la gare Matabiau. Sauf erreur, c'était la 5 ème plus haute écluse Freycinet de France, derrière Réchicourt (Canal de la Marne au Rhin), Crissey (Canal du Centre), Flandre (Canal Saint-Denis) et Bourg-le-Comte (Canal de Roanne à Digoin)
jusqu'à la mise en service, en 2011, des deux groupes de deux écluses de Chautagne et Belley, sur le haut Rhône, qui dépassent toutes les quatre 16 mètres de chute. La haute chute de cette écluse résulte du regroupement en une seule des anciennes écluses Bayard et de Matabiau (et du recreusement du court bief entre celles-ci), lors des travaux de mise au gabarit Freycinet dans les années 1970
Ecluse de haute chute
(6,19 m) de l'Orb (n°58), juste après le pont-canal. À l'origine (1856) c'était une écluse double comme sa suivante, Béziers n°59..
Pente d'eau
de Fontsérannes
Etangs réservoirs
du Lampy, de Saint-Ferréol, du Laudot
Écluse ronde
d'Agde
Ponts-Jumeaux de Toulouse
Rigoles de la Montagne Noire et de la Plaine
Ancien bassin de Naurouze
Site de Castelnaudary

Système alimentaire
Barrages réservoirs du Lampy, de Saint-Ferréol, du Laudot
Prises d'eau sur des ruisseaux rencontrés 

Voies d'eau adjacentes :
Canal de Brienne, Hérault

Principales villes traversées :
Toulouse, Montgiscard, Castelnaudary, Carcassonne, Béziers, Agde, Sète

Départements concernés :
Haute-Garonne, Aude, Hérault

 

Fontsérannes

L'écluse octuple de Fonsérannes, près de Béziers

Un bateau-hôtel monte l'écluse octuple de Fonsérannes, en 2008. (Photo Kader Benferhat)

Une sapine du Midi chargée de vin monte l'écluse octuple de Béziers, entre les deux guerres. Elle semble motorisée, de même que celle de l'image ci-dessous.

Une autre sapine sort montante de l'écluse de Fontet, entre les deux guerres.

La pente d'eau qui double l'écluse octuple de Fontsérannes depuis 1985, trop peu utilisée, ici montant "Volta II", un automoteur de canal de gabarit Freycinet.

Le haut de la pente d'eau en 2005. Un état d'abandon inquiétant.

Libron

Les ouvrages du Libron, entre Béziers et Agde

Les ouvrages du Libron au début du XXe siècle (Coll. Lucile Dumesnil)

Le port neuf de Béziers et son écluse, créés en même temps que le pont-canal, en 1856

Le port neuf de Béziers au début du XXe siècle. Les bateaux sont des coutrillons.

Le pont-canal d'Orbiel (Photo Kader Benferhat)

La voûte du Malpas côté Béziers... (Photo Kader Benferhat)

à l'intérieur... (Photo Kader Benferhat)

et côté Toulouse (Photo Kader Benferhat)

Le Somail (Photo Kader Benferhat)

Tout près de la voûte du Malpas, depuis l'oppidum d'Ensérune, on peut voir la géométrie parfaite de l'étang de Montady, ancien marais asséché au XIIIe siècle par les moines cisterciens, et qui se vide en son centre par un aqueduc qui passe ensuite sous la voûte du Malpas, avant de rejoindre le ruisseau de Clavilongue, à 1300 m de là. (Photo Dane)

 

Quelques images de Saint-Ferréol, dues à Gwenael Berg (1)

Sur la digue du barrage

Commande de la bonde

Départ de la rigole de la Montagne

Chute d'eau de la rigole "des robinets"

Jeux d'eau au pied du barrage

 

(1) Autre oeuvre majeure de l'auteur de ce site : son fils.

 

Le bassin de Lampy et la rigole de la Montagne, en décembre 2008 (Photos Vivian)

 

Attention, bateau voyou !
 

 
Sapajous ! Ornithorynques ! Technocrates ! Moules à gaufres !! Ce balade-couillons, l'Occitania, passe à Ramonville à toute allure, sans aucun égard pour les bateaux amarrés et leurs occupants qui sont secoués comme des paniers à salade et dont les amarres se décrochent sous la violence des secousses. Il y a des moments où l'on aimerait avoir des torpilles...  Ectoplasmes ! Anacoluthes !! Ptéranodons !!


 
Un canal surmédiatisé à éviter à tout prix en été

Il ne se passe pas un mois sans que paraisse un "nouveau" livre sur le canal du Midi, ou qu'une émission de télé lui soit consacré, tandis que les autres canaux français font l'objet d'une quasi-indifférence. Et ceci depuis son classement au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Le résultat : un canal sursaturé pendant les trois mois de l'été, avec un taux de fréquentation de 90 bateaux par jour à certaines écluses comme Trèbes où on assiste à des scènes consternantes de foire à l'empoigne pour passer en premier. Les éclusiers, à qui ces navigateurs n'adressent pas un mot, même pas un bonjour, se contentent d'appuyer sur les boutons de leurs télécommandes et se gardent bien d'aider ces plaisanciers en leur prenant les amarres, ce qui pourtant hâterait les choses. Et si certains se montrent accueillants et serviables dès que la pression touristique se fait moins forte, d'autres conservent cette attitude inhospitalière et donnent de leur profession et de leur administration une image peu brillante.


Cet éclusier se tue à la tâche...
 
Donc, si vous n'avez que les mois d'été pour naviguer, allez donc sur un autre beau canal, ce n'est pas ce qui manque en France.
 
 

(Au-dessus : le canal du Midi, en-dessous : la Robine de Narbonne)

Canal de jonction de Cesse à la Robine

 

 

 

Ce canal de jonction met en communication la Robine de Narbonne avec le canal du Midi

La rectitude quasi absolue du canal de jonction apparaît bien sur cette vue aérienne des années 1950. Au premier plan, l'écluse de Saint-Cyr (Editions Lapie)

 

Bassin versant
Méditerranée

Sous-bassin
Aude

Type de voie d'eau
canal de jonction par dérivation

Relie
le canal du Midi
à la Robine de Narbonne

Origine physique et administrative
La Cesse (Hérault) à la cote approximative 32 m.

Extrémité physique et administrative
Gailhousty, Sallèles d'Aude (embouchure dans l'Aude) (Hérault) à la cote 8,30 m

Sens conventionnel de descente
La Cesse - Sallèles

longueur
8 km

Nombre d'écluses
7

Gabarit
A l'origine, gabarit "Riquet", soit 29,25 m sur 5,50 m, mouillage 1,60 m, hauteur libre 2,60 m.
Aujourd'hui : gabarit "Freycinet" un peu gonflé , soit 40 m sur 5,50 m, mouillage 2 m, hauteur libre 3,30 m

Temps minimum de parcours
2 heures

Ouvrages remarquables
Ecluse et épanchoir de Gailhousty

Système alimentaire
Par dérivation du Canal du Midi

Plus long bief 
N°7 Gailhousty (1,3 km)

Plus court bief 
N°6 Sallèles (0,7 km)

Plus hautes écluses
N°2 Truilhas (3,11 m), N°7 Gailhousty (écluse double, 3,46 m)

Moins haute écluse
N°1 Cesse (2,53 m)

Structure administrative de rattachement
Service navigation du Sud-Ouest, subdivision de Languedoc-est

Statut actuel
En service, géré par l'Etat (VNF)

Raisons de sa construction
Relier le canal du Midi à la Robine de Narbonne et lui donner un second débouché maritime à La Nouvelle

Compagnie ayant financé sa création
Etats du Languedoc, ville de Narbonne

Personnalités importantes ayant contribué à sa construction

Préfiguration
Archevèque Arthur Richard Dillon

Conception
Garipuy

Modernisation Freycinet

Commencé en
2ème moitié XVIIIe siècle, vers 1775

Mis en service en
2ème moitié XVIIIe siècle, vers 1780

Radié
le 28.12.1926

Confié à VNF
en 1992

 

Remarques

Le canal de Jonction est quasiment rectiligne. Sa réalisation est d'un siècle plus tardive que celle de la canalisation de la Robine présentée ci-après : la compagnie du canal du Midi freinait des quatre fers, craignant que le commerce sur son canal en souffre entre Sète et La Cesse.


Gailhousty

L'ouvrage de Gailhousty, par lequel ce canal entre dans l'Aude, est exceptionnel : il combine à la fois une écluse ordinaire, une écluse de garde, une cale sèche et un épanchoir surmonté de son bâtiment de manoeuvre. La qualité architecturale de l'ensemble est remarquable. (retour au texte)

 

 

(Au-dessus : le canal du Midi et le canal de jonction de Cesse à la Robine)

Robine de Narbonne, ou "canal de la Nouvelle", ou "canal de Sigean", ou "canal de Sainte-Lucie"

 

 

 

La Robine est un ancien lit de l'Aude, navigué depuis l'Antiquité, et réutilisé comme branche secondaire du canal du Midi.

Moussoulens

L'écluse de garde de Moussoulens

La même dans les années 1950. La connexion entre la Robine et le canal de Jonction s'effectue par une courte section de l'Aude soutenue par un barrage fixe, bien visible sur la photo. le canal de jonction arrive en amont du pont de chemin de fer, derrière les arbres à droite. On devine son débouché.(Editions La Pie)

Bassin versant
Méditerranée

Type de voie d'eau
Rivière canalisée

Relie
Le canal de jonction de Cesse à la Robine
à la Méditerranée

Origine physique et administrative de la partie navigable
Moussoulens (Hérault)
à la cote 8,30 m

Extrémité physique et administrative
La Nouvelle (Hérault) à la cote 0 m

Sens conventionnel de descente
De Moussoulens à La Nouvelle (bien logiquement)

Longueur de la partie classée navigable
32 km

Nombre d'écluses
6

Gabarit
A l'origine, gabarit "Riquet", soit 29,25 m sur 5,50 m, mouillage 1,60 m, hauteur libre 2,60 m.
Aujourd'hui : gabarit "Freycinet" un peu gonflé , soit 40 m sur 5,85 m, mouillage 2 m, hauteur libre 3,30 m

Temps minimum de parcours
Une journée

Plus long bief 
N°4 Sainte-Lucie (10,2 km)

Plus court bief 
N°3 Narbonne (1,1 km)

Plus haute écluse
N°2 Gua (2,1 m)

Moins haute écluse
N°4 Sainte-Lucie (0,8 m)

Structure administrative de rattachement
Service navigation du Sud-Ouest, subdivision de Languedoc-est

Statut actuel
En service

Raisons de sa canalisation
Rivière utilisée depuis l'Antiquité.

Compagnie concessionnaire à l'origine de sa création
??

Personnalités importantes ayant contribué à sa construction

Préfiguration
Le romain Agrippa, le même qui conçut la voie romaine qui porte son nom de Lyon à Boulogne par la Bourgogne. D'autres sources attribuent la création d'un premier canal de la Robine à Antonin le Pieux.

Conception
Antoine de Niquet, Montegut

Commencée en
1690

Mise en service en
Fin XVIIe siècle

Radiée
le 28.12.1926

Confiée à VNF
en 1992

 

Magnifique vue de la Robine à Sallèle d'Aude, au début du XXe siècle, qui nous montre deux miolles garonnaises chargée de sable, et à l'arrière-plan une barque de patron du canal.

 

Ouvrages remarquables
Site de Narbonne
Pont couvert des Marchands à Narbonne

Traversée de l'Aude entre Gailhousty et Moussoulens
Ecluse de garde de Moussoulens

Système alimentaire
La rivière Aude

Origine du nom de la rivière Robine
Nous y voyons volontiers la racine Rod, couler, que l'on retrouve dans Rhône, Roanne, Rhin... Notons au passage que l'étang de Sigean s'appelait Rubiesus

Origine du nom de la rivière Aude
Pline (1er siècle) mentionne Atax, d'un nom pré-celtique Atace, qui devient Adice au VIIIe siècle, puis Azate au Xème. Par métathèse, le nom devient Azède, puis Azde et enfin Aude. Le radical est peut-être à rapprocher de Atr- que l'on retrouve dans Atrica, l'Ardèche.

Remarques

Ce que l'on appelle la Robine de Narbonne est en fait un ancien lit abandonné de l'Aude. Les Romains (Agrippa ou Antonin le Pieux) l'avaient déjà canalisée. Il semble que cette Robine de Narbonne ait toujours été plus ou moins naviguée depuis l'époque gallo-romaine jusqu'au XVIIe siècle, de la mer à Narbonne.

Le canal de Grazel

Non loin de l'embouchure de la Robine dans la Méditerranée se trouve le canal de Grazel. Ce canal navigable relie l'étang de Gruissan à la mer. Il mesure environ deux kilomètres.

Le canal du Roussillon

Antoine de Niquet avait prévu de prolonger le canal de la Robine au sud, vers Rivesaltes et Perpignan, en utilisant les étangs de Lapalme et de Leucate. Seul subsiste aujourd'hui sa première portion à La Nouvelle, appelée localement "Canélou". La suite, jusqu'à l'étang de Lapalme, a disparu sous la rue... Antoine de Niquet et le chemin des Vignes. À l'autre extrémité, au sud de l'étang de Leucate, subsiste aussi un tronçon nommé "canal de St-Hippolyte". La jonction entre les deux étangs n'a jamais été commencée. Le contexte politique (paix avec l'Espagne), le manque de moyens financiers, l'opposition des héritiers de Riquet craignant qu'une partie du fret ne leur échappe, la concurrence avec les ports de Sète, Agde et La Nouvelle et la disparition de bâtisseurs de talent tel que Riquet, Vauban et Niquet, sont les raisons habituellement invoquées pour expliquer l'avortement de ce projet qui aurait relié Perpignan au réseau fluvial sans trop de mal.

Liens : Le canal du Midi, site plutôt bien fait avec beaucoup d'infos

 

Deux vues de la Robine et de l'écluse de Narbonne au début du XXe siècle (champ et contre-champ). Remarquer le bateau-lavoir à côté de l'écluse. Dans la photo du haut, le Pont des Marchands est visible à l'arrière-plan.

Narbonne

L'écluse de Narbonne aujourd'hui. Le site a assez peu changé : l'écluse a été transformée au gabarit Freycinet, et le bateau-lavoir a disparu. La grève sauvage est devenue un square.

Narbonne pt des marchands

Le Pont des Marchands, à Narbonne

L'écluse de Sainte-Lucie, au bout de la Robine. Au loin, la Méditerranée. (Photo de Danoo Carie. Voir son site)

 

Liens :

Le canal du Midi, par Philippe Calas, un travail très sérieux sur le canal

Le canal du Midi sur Wikipédia

Voyage virtuel sur le canal du Midi

Plein de photos (pas loin d'un millier) du canal du Midi, de celui de jonction et de la Robine

Le canal du Midi en superbes aquarelles

Le canal du Midi en péniche-hôtel (site du Porthos)

La même chose à bord de Surcouf

Durandal, automoteur de canal et chambres d'hôtes, à Portiragnes

Photos du canal du Midi

D'autres photos du canal, et surtout de son système alimentaire

Les canaux du Midi et de Garonne

Lien utile sur la ville de Narbonne

La "Carte du Canal Royal de la Province de Languedoc", par François Garipuy, (1711-1782)

Le canal du Midi est traité dans le guide fluvial n°7 des Editions du Breil

Un diaporama sur le canal du Midi. (Il se baladait sur Internet, avec quelques erreurs et imprécisions. Votre serviteur l'a complété et corrigé)

 
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Retrouvez les bateaux de Gascogne et d'Aquitaine dans le CDrom "Bateaux des Rivières et Canaux de France", version très enrichie (plus de textes, plus d'illustrations, et même quelques bateaux supplémentaires) du département "Bateaux" du présent site, édité par l'association HiPaRiCa. Voir la présentation et la commande ici et ici.