Les grandes familles de mots

par Jean-Claude Rolland

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> index par racines indo-européennes
Quelques regroupements lexicaux sur des bases étymologiques

El que descubre con placer una etimología

Jorge Luis Borges, Los Justos, in La Cifra


L’exploration du passé de la langue maternelle débouche naturellement, d’abord sur la fascination de l’origine, bien connue par ceux qui ont fait part à des auditoires de données étymologiques, et surtout sur l’altérité, dès que l’exploration remonte assez avant pour rencontrer les langues parentes, à des degrés successivement plus lointains.

Jean Rousseau, Comparaison des langues et intercompréhension (CIEP, Sèvres, 1995, p. 72).



Cet essai - également disponible sous forme de livre sur le site lulu.com - propose quatre-vingt-un regroupements lexicaux reposant sur l’histoire de quelques milliers de mots. Ces mots sont classés ici en fonction des liens étymologiques et morphologiques qui les unissent, et qui les relient aussi à d’autres langues, qu’il s’agisse des lointains ancêtres dont ils sont issus ou de leurs contemporains cousins dans d’autres langues modernes. Pour qu’on ne se méprenne pas sur les tenants et aboutissants de ces regroupements, il est peut-être utile de préciser ici qu’ils ont été effectués initialement dans un but exclusivement pédagogique à l’intention des non-francophones. Cela dit, s’il y a aussi des francophones qui en font leur miel, on ne pourra que s’en réjouir. [1]


En confrontant nos sources bibliographiques – parmi lesquelles et en première place, le Dictionnaire Étymologique du Français de Jacqueline Picoche (Usuels du Robert) [2] – nous nous sommes efforcé de sélectionner les racines indoeuropéennes les plus productives, du moins en français [3]. Chacune de ces racines – dans sa graphie la plus communément admise – figure en majuscules dans l’intitulé du chapitre [4], suivie de son sens supposé le plus général (Ex. *BHĀ-, « parler ».) Pour que l’intitulé soit moins austère et plus immédiatement lisible, nous avons cru bon de faire précéder ce « patriarche indoeuropéen » du mot français le plus représentatif de la famille et qui lui donne son nom (Ex. La famille FABLE), ce nom lui-même précédé d’un intitulé un peu plus ludique (Ex. La faconde du fantassin), qui complète les informations précédentes par une courte phrase ou un syntagme composé d’autres mots issus de cette même racine. Ce triple intitulé constitue à lui seul une petite introduction à l’ensemble du chapitre.


La première partie de chaque chapitre, intitulée Les branches, présente les sous-familles en donnant soit la totalité de ses membres s’ils sont peu nombreux, soit ses principaux représentants, précédés de leurs ancêtres latins, grecs, ou germaniques, avec les radicaux graphiques communs qui permettent de les reconnaître à simple vue.


Viennent ensuite Les invités masqués. Ce sont des mots qui font bel et bien partie de la famille mais qui ont subi de telles transformations au cours de leur histoire qu’il n’est plus possible de les rattacher d’emblée à simple vue à telle ou telle des branches examinées dans la première partie.


Les Curiosités constituent la troisième partie. Nous y avons repris ici quelques-uns des mots relevés dans les deux parties précédentes qui nous ont paru dignes de faire l’objet d’un petit paragraphe explicatif [5] ; par exemple, dans la famille FABLE, ce sera entre autres le cas des mots infanterie et mauvais.


La plupart des chapitres contiennent une quatrième partie intitulée quant à elle Homonymes et faux frères et qui est, pensons-nous, une des plus utiles originalités de ce travail. Les choses seraient effectivement trop simples si tous les mots étaient immédiatement et sans hésitation possible, par un radical assez facile à repérer, rattachables à une branche ou à une famille bien précise. Cette partie est l’occasion d’excursions étymologiques qui enrichissent d’autant le contenu du chapitre. On verra ainsi dans FABLE que face n’a aucun rapport avec préface et que l’adjectif feu ne signifie pas ... « incinéré », comme on pourrait être tenté de le croire !


Enfin nous concluons chaque chapitre par un échantillon de mots appartenant aux lexiques de trois langues romanes (espagnol, portugais, italien), de deux langues germaniques (anglais, allemand) et d’une langue slave (russe) ; ces mots – donnés dans l’ordre alphabétique et sans traduction – sont évidemment issus de la même grande famille indoeuropéenne que les mots français ayant fait l’objet du chapitre.




Remerciements

à Daria, ma première lectrice,

et à Michèle Debrenne pour l’apport des mots russes, pour avoir bien voulu relire l’ensemble du manuscrit avec un soin méticuleux, et pour ses pertinentes remarques qui ont toujours permis de nombreuses améliorations du texte.



Jean-Claude Rolland
(contact : envoyer un )


Notes

1- Notre travail devrait susciter un intérêt particulier dans les pays de langue arabe notamment, où l’on a l’habitude, dans les dictionnaires, de regrouper les mots non par ordre alphabétique mais à partir des lettres radicales de bases (généralement trois consonnes) sur lesquelles ils sont construits, et ce, quelles que soient les différences de sens – parfois très grandes - intervenant au sein de ces « familles » généralement aussi nombreuses que disparates.

2- Cet ouvrage constamment réédité depuis sa toute première parution en 1971, a fait l’objet d’une nouvelle édition en mars 2008, à laquelle l’auteur de cet essai a eu l’honneur de collaborer.

3- Étant donné le caractère la plupart du temps très hypothétique des études scientifiques dans ce domaine, nous avons écarté d’emblée les racines ne faisant pas l’objet d’un large consensus.

4- Conventionnellement, on fait précéder les racines indoeuropéennes d’un astérisque, pour signifier qu’il s’agit de formes hypothétiques, non attestées. C’est aussi le cas des étymons germaniques et de certains mots de latin populaire.

5- Disons ici notre gratitude pour les auteurs des articles du Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert) ; les textes de nos Curiosités leur doivent beaucoup.

Jean-Claude Rolland

Linguiste, traducteur, ex-chargé d’études au Centre International d’Études Pédagogiques de Sèvres, Jean-Claude Rolland est co-auteur avec Jacqueline Picoche du Dictionnaire du français usuel (De Boeck Université, 2002).

Il collabore depuis 2008 aux nouvelles éditions du Dictionnaire étymologique du français (Dictionnaires Le Robert) de Jacqueline Picoche.

Il est par ailleurs auteur ou co-auteur des ouvrages suivants :

L’arabe parlé au Caire, méthode d’arabe égyptien pour débutants, Le Caire, 1978, publication reprise par le CIEP en 1988. En ligne sur Projet Babel depuis 2010.

De l’espagnol au français, en collaboration avec Daria Rolland. Éditions De Boeck Université, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2007.

Du néerlandais au français, en collaboration avec Étienne Meul. Éditions De Boeck Université, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2007.

De l’allemand au français, en collaboration avec Sevrine Ketterer, Danièle et Françoise Barnier. Éditions De Boeck Université, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2007.

Lexique de base du néerlandais, en collaboration avec Johan Vanparys et Marc Miceli. Éditions De Boeck Université, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2010.

Deux études de grammaire française, autoédité, 2010.

Les grandes familles de mots, 2e édition, 2012.



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